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    Pour un candidat de la transformation sociale

    Cap à gauche  

     

    Le collectif de Manca Alternativa/Ensemble Corse apporte sa contribution au débat national sur la question d'une primaire à "gauche".

    Nous publions ci dessous le contenu de cette contribution, qui avec d'autres, sera débattue lors du collectif national d'Ensemble les 19 et 20 mars 2016 

    Manœuvres politiciennes

    C’est dans ce contexte de mauvais coups et d’aggravation de la situation sociale et économique du pays que commencent les manœuvres politiciennes, dans la perspective des futures présidentielles. On ne s’étendra pas sur les  primaires à droite. Celle-ci, revancharde, résumera son activité à la lutte pour la place. Sur le fond, les programmes des uns et des autres sont semblables et ressemblent étrangement à celui de nos gouvernants actuels.

    François Hollande quant à lui, cache encore son intention de se représenter. Il hésite. Il attend parait-il une diminution du chômage qui comme par hasard semble se préciser si l’on en croit les médias…

     Une primaire à gauche pour quoi faire ?

    L’idée d’une primaire à « gauche » est sortie récemment d’un chapeau. Curieux hasard. Elle a été initiée par un certain nombre de personnalités politiques, d’économistes et autres universitaires. On peut se poser des questions. Une primaire pour quoi faire ? Avec qui ? Et surtout sur quelles bases ? S’agit-il de présenter un candidat de gauche, afin de remplacer Hollande, largement discrédité, avec un programme de rupture fondamentale ou bien un simple changement de personnel politique ?

    Ces questions sont légitimes d’autant que parmi les signataires de la primaire il y en a pas mal qui ont accompagné et qui accompagnent toujours la politique de François Hollande. C’est un problème de crédibilité. On ne peut pas faire du neuf avec un simple replâtrage. Le risque dans ce genre d’opération, c’est de jeter un peu plus d’électeurs dans le camp de la résignation et de la désespérance ou encore dans les bras du Front national, plus que jamais en embuscade. Nous ne tomberons pas dans ce piège.

    Le PS favorable et pour cause…

    Le Parti socialiste a senti l’aubaine d’une primaire à gauche. Il s’en déclare favorable. Une primaire qu’il voudrait voir aller de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron. Une primaire arc-en-ciel ! Belle formule qui sent l’enfumage. L’objectif est tout simplement de faire adoubé de nouveau François Hollande par toute la gauche ou au pire un de ses affidés. La boucle serait ainsi bouclée. Le piège est grossier. Dans cette affaire de primaire à gauche on peut regretter la position de certaines formations politiques en particulier celle du Parti communiste. Ce dernier se dit favorable à la procédure, même s’il l’agrémente de certaines conditions, entre autres celles de la constitution d’un socle commun. Aller à cette primaire, c’est perdre son âme et son identité. Aussi plus dure sera la chute. Nous avons besoin d’un candidat clairement à gauche pour la transformation sociale.

    Reste la candidature possible de Jean-Luc Mélenchon. On peut s’interroger sur cette démarche pour le moins solitaire. Mais elle a au moins un mérite, celui de donner un grand coup de pied dans la fourmilière et de démasquer l’imposture des primaires.

    Il est grand temps de poser clairement la question de la rupture avec ce système capitaliste qui entraîne de plus en plus de citoyens dans la pauvreté, le chômage et la désespérance. Ce système n’est pas éternel, l’austérité n’est pas fatale.

     Poser clairement la question de la rupture avec ce système capitaliste

    Au Bourget en 2012, en pleine campagne des présidentielles, le candidat François Hollande, avait voué aux gémonies la Finance ! Il en rajoutait une louche en proclamant, avec des trémolos dans la voix, « le changement, c’est maintenant ». Il a été élu, y compris grâce aux voix qui s’étaient portées sur Jean-Luc Mélenchon. Une excellente occasion s’offrait à lui de passer du discours électoral à la pratique. Il n’en fut rien, tout le contraire..

    Depuis près de quatre ans, qu’en est-il des promesses, des engagements ? Qu’en est-il de la réalité au quotidien ? Notre président et son gouvernement ont-t-ils combattu la Finance et à minima esquissé un début de ce fameux changement ?

     Les valeurs de la gauche  foulées aux pieds

    Personne, aujourd’hui, se risquerait à dire que ces quatre années de pouvoir se sont traduites par des avancées significatives dans le domaine social et économique. Bien au contraire. Le bilan est globalement négatif. Toutes les mesures prises depuis le début du quinquennat vont à l’encontre des attentes de la grande majorité des électeurs qui ont porté François Hollande au pouvoir. Les valeurs de la gauche, basées sur le progrès social et la solidarité sont foulées au pied. François Mitterrand avait mis deux ans pour renier ses engagements et changer de cap. François Hollande s’est aligné d’emblée sur les exigences de la Troïka, des marchés financiers et du Medef, sans rechigner, allant à Canossa le sourire aux lèvres.

    Hollande n’est pas de gauche et le patronat ne s’en plaint pas.

    Quelques exemples significatifs :

    Le pacte de stabilité européen a été intégré avec une remarquable docilité. Ce pacte s’inscrit dans l’acceptation des politiques d’austérité et de régression sociale imposées à tous les pays membres. Il entraîne une réduction drastique des dépenses publiques, avec les conséquences désastreuses dans les domaines de la santé, de l’Education nationale, de la recherche, de la justice, des collectivités locales et autres.

    Deuxième exemple, le crédit d’impôts aux entreprises pour relancer les activités et l’emploi. Des dizaines de milliards d’euros ont été injectés, aux frais du contribuable français, sans aucune contrainte et contrôle pour le bénéficiaire, pour quel résultat ? Néant. De même pour le fameux et fumeux pacte de responsabilité. Là encore beaucoup d’euros pour rien, sinon pour permettre à certaines entreprises, en particulier les multinationales, d’arroser leurs actionnaires, spéculer en bourse, ou encore poursuivre leur œuvre de délocalisation.

    Nous ne parlerons pas de la déchéance de nationalité, cette monstruosité…

    La contre-réforme du Code du travail

    Enfin, le top du top, le projet de loi sur le travail, appelé El Khomri. Ce projet de loi, s’il était voté par le Parlement, dynamiterait le code du travail, fragiliserait considérablement les salariés, déjà largement malmenés, et donnerait au patronat les pleins pouvoirs pour décider à tout moment du sort de ce ces propres salariés. Contrairement à ce que clame Manuel Valls, les propositions avancées dans la contre-réforme n’ont rien de moderne. Ce sont des vieilles recettes préconisées par le CNPF et son épigone le MEDEF. « Tout change, mais rien ne change » dans la volonté du Capital de reprendre des droits acquis par les salariés, les syndicats et les partis de gauche pendant des décennies de dures luttes.

    Fort heureusement, sur ce projet de loi, déjà une forte mobilisation se précise plus de 800000 signatures pour en réclamer l’abandon pur et simple.

     Pour Manca Alternativa/Ensemble Corse

     

    Robert Armata, Jean-Pierre Bizon, Bernard Bouquet, Muriel Buisson, Jacques Casamarta, Baptiste Chanrion, Françoise Heintz, Guy Lannoy, Pascale Larenaudie, Christine Malfroy, Christian Mela, Jean-Pierre Orsi, Francis Peretti.

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