• jules_ferry

     

    Nous nous y attendions et, à Montpellier, nous avons entendu le pire du sarkozysme.  Hier, Sarkozy y a fait un long discours ponctué de formules à l’emporte pièce, de lieux communs, de poncifs, de fausses bonnes intentions… un discours populiste dans le sensle plus  péjoratif du terme. L’école est l’affaire de tous, clame-t-il. Il veut une école de l’excellence dans une république du mérite. Et pour cela il accouche de deux propositions perverses, sans aucune distinction entre les différents niveaux de l’enseignement, les différents établissements scolaires,des études proposées, des différents statuts des enseignants…. Son seul objectif est de casser, d’opposer les syndicats, les enseignants et les parents d’élèves pour démanteler l’éducation nationale.

    Aux enseignants, il veut imposer de travailler plus pour gagner plus dans un marché de dupe…

    "Comment faire quand il n'y a pas d'argent pour embaucher? Comment faire quand, pour réduire nos déficits, il faut diminuer les effectifs en continuant d'appliquer la règle du 1 sur 2 aux collèges et aux lycées ? Il n'y a qu'une seule solution, faire travailler les enseignants plus longtemps en les payant davantage", a affirmé M. Sarkozy et il ajoute : "Je propose que désormais tout enseignant qui voudra travailler davantage puisse le faire avec 26 h de présence dans l'établissement au lieu de 18h de cours, avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25%, soit près de 500 euros net par mois", a-t-il affirmé. Selon lui, seront ainsi "résolus deux problèmes: celui de l'augmentation de la présence des adultes" dans les établissements scolaires, et "celui de l'amélioration du statut des enseignants".

    Améliorer le statut des enseignants ? Il le dit après avoir fustiger leur corporatisme et leur statut comme autant de freins à ses réformes…

    Que dis-je réforme ! Voilà qu’il nous parle de révolution dans l’éducation nationale. Réforme ? On sait ce que cela signifie pour lui : revenir sur tous les acquis sociaux. Alors révolution, on pouvait s’attendre au pire et là, il fait sa deuxième proposition : l’autonomie des établissements scolaires…

    Il affirme vouloir donner "à chaque établissement la possibilité de constituer de véritables équipes pédagogiques en lui donnant la liberté de recruter directement les professeurs avec une plus grande souplesse dans les régimes indemnitaires pour rendre plus attractifs les établissements confrontés à des difficultés plus importantes".

    Faire fonctionner les établissements publics comme des établissements privés avec des petits chefs administratifs, seuls maîtres à bord en matière de recrutement et d’utilisation des budgets.

    Il annonce la constitution de « véritables équipes pédagogiques » comme si cela n’existait pas déjà. Quel mépris pour le travail de ces équipes pédagogiques qui, depuis des années, œuvrent dans chaque établissement et doit faire preuve de beaucoup de dévouement pour mener à terme des projets pédagogiques toujours soumis à des restrictions budgétaires. Un bon nombre de ces enseignants obtiennent des participations gratuites d’intervenants extérieurs.

    Quelle méconnaissance du travail des enseignants et de ce que représente une heure de cours en préparation et corrections. Les enseignants font 18 heures de cours, annonce Sarkozy. Faux ! La plupart font déjà des heures supplémentaires avec une moyenne de 20 Heures par semaine, sans compter les conseils de classe, les contacts avec les parents et les tâches administratives. Comment peut-on parler de qualité de l’enseignement en surchargeant les classes et en demandant 26 heures de cours… sauf que Sarkozy ne parle pas de 8 heures de cours supplémentaires mais de 8 heures de présence supplémentaires. Toujours la même technique du glissement des mots pour entretenir le flou. De la présence pour quoi faire ?  Des cours, de la garderie ou peut-être le nettoyage des classes qui souvent est bâclé faute de budget ?

    De quelle revalorisation salariale s’agit-il ? Sarkozy propose de payer 44% d’augmentation horaire par une augmentation de 25% du salaire de base d’un débutant. Et oui, huit heures de plus représentent une augmentation horaire de 44%. Ensuite les enseignants ne perçoivent pas tous le même salaire, selon leur ancienneté et leur qualification. Donc il s’agit de travailler plus tout en coûtant moins cher. Il s’agit d’une dévalorisation du travail des enseignants. Si les heures supplémentaires restent défiscalisées, on peut même assimiler cela à du travail au « black » en remplacement des emplois supprimés.  

    Quel mépris aussi pour le niveau de notre enseignement reconnu dans le monde entier lorsqu’il affirme que si l’enseignement était une question de quantité, nous aurions le meilleur enseignement du monde et cela se saurait.

    Le comble est lorsque Sarkozy met en cause le collège unique comme la cause des inégalités en se faisant le défenseur des élèves d’origine modeste, tout en relevant un abaissement du niveau du baccalauréat qu’il souhaite plus sélectif. A côte de cela, il se réjouit des suppressions d’allocations familiales pour absentéisme scolaire et semble ignorer que la majorité des jeunes des ghettos urbains ne fréquentent pas les lycées huppés, antichambres des prépas. Il semble aussi ne pas savoir que leurs difficultés scolaires sont le plus souvent dues aux difficultés financières et familiales de leurs parents.  

    Décidément, l’éducation nationale n’est pas le point fort de cette France forte que proclame le candidat de l’UMP. La France forte, c’est le passage en force d’un politique de régression sociale et culturelle. Les enseignants le savent bien et  les rodomontades du mauvais élève Sarkozy sont des injures à leur intelligence.

    Comme Sarkozy se fait aussi le chantre de la notation scolaire et du redoublement, nous lui attribuerons un zéro pointé. Il ne devrait pas avoir convaincu un seul enseignant de voter pour lui. Selon un récent sondage de l’Ifop publié dans Le Monde, il plafonnerait à 12, 5% d’intention chez les enseignants au premier tour et seulement 21% au second tour contre 79% si Hollande est présent. Par ailleurs, nous ne lui accordons pas le redoublement mais prononçons son exclusion de l’Education nationale avant qu’il en fasse un champ de ruines.

    Signé: Pidone

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  • L’Argentine est sortie de la crise par  une politique sociale, contrairement à ce que veut  imposer la Troïka ( FMI, BCE, UE)  à la Grèce.

    En  2001, l’Argentine sombrait dans une crise économique et financière qui la paralysait, multipliait les faillites et plongeait près de la moitié de la population  sous le seuil de pauvreté. Dix ans après, le pays affiche une croissance record, la consommation intérieure est florissante et le chômage est proche de son plus bas historique. La réorientation de la politique économique et la restauration de l’autorité de l’Etat ont favorisé  ce formidable redressement.

    Le 20 décembre 2001, Fernando De la Rúa démissionne de la présidence et s’enfuit de la Casa Rosada en hélicoptère. Il laissait  un pays en ruines. Sous les fenêtres du Palais présidentiel, la police avait tiré sur les manifestants. Les 19 et 20 décembre, des dizaines de milliers d’Argentins étaient descendus dans la rue pour protester contre la crise et le « corralito », le blocage des comptes bancaires décidé quelques semaines plus tôt par un gouvernement dépassé par la crise. Etranglé par la dette, par les plans d’austérité imposés par le FMI et par la parité fixe qui lie le peso au dollar, le pays est en récession depuis 1998.

    Dix ans après, tout a changé. Il est vrai que depuis 2003, la croissance est de 8% par an et, même si la pauvreté touche encore une partie de la population, le taux de chômage est restél’un des plus bas de l’histoire du pays. Les salaires ont augmenté, les profits des entreprises, aussi, et les Argentins consomment.

    Comment expliquer un tel redressement ? En 2002,  le président Eduardo Duhalde a décidé, avec son ministre de l’Economie Roberto Lavagna, de tourner le dos au Fonds monétaire international, qui réclamait plus d’austérité pour payer la dette. Le gouvernement a donné la priorité à la lutte contre la pauvreté, en destinant des budgets importants aux prestations sociales, et à la remise en ordre de l’économie réelle. La demande a repris et les entreprises, plus compétitives du fait de la dévaluation, ont pu y répondre. La machine a recommencé à tourner. Elu en 2003, Néstor Kirchner a poursuivi et approfondi cette politique. Il rompt avec le FMI et impose aux créanciers de la dette une décote de plus de 50% sur la dette, estimant que l’Argentine ne pouvait payer plus. Avec des finances publiques assainies et des rentrées fiscales en hausse, Néstor Kirchner multiplie les investissements publics dans les infrastructures, l’éducation et les programmes sociaux. Lorsque son épouse lui succède en 2007, l’autorité et le rôle de l’Etat sont restaurés. L’économie tourne à plein régime, la présidente améliore les retraites et généralise les allocations familiales, tandis que les conventions collectives augmentent les salaires d’année en année d’un pourcentage supérieur à celui de l’inflation. Des coopératives ouvrières ont vu le jour et créé des emplois avec l’aide des collectivités territoriales et de l’Etat argentin. Tous les problèmes ne sont pas réglés mais les Argentins ont résisté et pris en main leur destin.

    signé: Pidone

     

     

     

     

    Raquel Garrido, responsable du secteur International au mouvement  Pour une République Sociale (PRS)  revient sur les enseignements que l'on peut tirer de la crise argentine de 2001. Elle évoque Fernando e. Solanas , réalisateur argentin . Vous pouvez aller voir sur le site Dailymotion son film « Mémoire d’un saccage »en 8 parties à l’adresse ci-desous :

    http://www.dailymotion.com/video/xeg9o4_memoire-d-un-saccage-1-8_news

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  • Amateurisme consternant

    De qui est cette expression imaginée ? De notre candidat-président, en réponse à une proposition formulée par François Hollande, lundi soir, dans le cadre de l’émission : « Parole de candidat » sur TF1. Quelle est cette proposition qui a provoqué la consternation de Sarkozy ? La taxation à hauteur de 75% des revenus supérieurs à 1.000.000 d’euros par an. Une telle proposition n’a rien de révolutionnaire. Malgré cela, on a assisté à un tollé chez les gens de droite. Parmi les nombreuses déclarations qui n’ont pas manqué de fuser, nous avons relevé quelques perles.

    Sarkozy, surnommé la tornade blanche, en raison de sa propension à effacer tout sur son passage, surtout son propre bilan, a donc parlé d’amateurisme consternant. Il est bon de lui rafraîchir la mémoire. N’a-t-il pas déclaré encore récemment qu’il était le candidat du peuple et qu’il voulait redonner du pouvoir d’achat à ce même peuple. Il s’est même payé le luxe, avec un culot consternant, de tancer vertement ses amis les grands patrons qui s’octroient des salaires, des parachutes dorés et autres stocks options à un niveau indécent. Félicitations pour cette acrobatie sans filet.

    Autre perle. Nous l’avons trouvée chez François Bayrou, l’homme qui est ailleurs. Parodiant le cinéaste Michel Audiard, il a déclaré sans rire : «  le déconomètre fonctionne à plein tube ». Chassez le naturel il revient au galop.

    Enfin, nous avons réservé un autre bon morceau pour la fin. La blanche colombe qui n’aime pas les étrangers, châtelaine à ses heures à Saint-Cloud, défenseuse acharnée des invisibles et des laissés pour compte a déclaré à propos de la proposition socialiste : « Elle est complètement absurde et idéologique ». Marine Le Pen aime les pauvres. Mais les pauvres doivent rester pauvres. Assurément elle préfère les nantis.

    Dans les trois cas cités, on pourrait dire : « Ne touchez pas à mon grisbi ».

    Tout ces gens-là font-ils encore illusion ? Ce serait désespérer, comme on disait à une certaine époque, de Billancourt.

    Lazio

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  • sarkoprofNicolas Sarkozy annonce qu’il fera des propositions fortes pour une "revalorisation d'urgence" des enseignants et sur une redéfinition de leur métier qui passerait par une augmentation des heures de présence sans augmenter leurs effectifs. Interrogé par RTL, il s'est cependant quelque peu embrouillé avec les chiffres cités à l'appui de ses propositions, tout en critiquant les 60.000 postes promis par François Hollande dans l'Education nationale. Il y voit de "la démagogie dans ce qu'elle a de plus extravagant".

    Pour contrer le candidat socialiste, Nicolas Sarkozy veut faire de l'éducation un thème central de son prochain meeting, aujourd’hui à Montpellier. Il estime qu'il faut "repenser" le rôle des enseignants et rediscuter, sur une base volontaire, de leur mission telle qu'elle est fixée dans un décret de 1958, qui encadre notamment leurs heures de présence. "Il faut plus d'adultes dans l'école, il faut mieux rémunérer les adultes auprès de nos enfants, il faut que les enfants aient des adultes avec qui discuter", a-t-il dit. Il faisait alors valoir qu'en dix ans, le nombre d'élèves avait diminué d'un peu plus 400.000 quand celui des enseignants augmentait de 45.000, pour justifier son refus d'envisager une augmentation des effectifs de l'Education nationale. Ces chiffres sont faux. Si l'on considère le nombre d'élèves dans l'ensemble du secteur éducatif, du premier degré au supérieur, les effectifs, hors lycées agricoles, sont passés de 14.935.400 en 2000-2001 à 14.998.200 en 2010-2011, soit une augmentation de 62.800 sur cette période de 10 ans. Si l'on ne considère que les premier et second degrés, les effectifs passent de 12.166.400 en 2000-2001 à 12.017.500 en 2010-2011, soit une diminution de 148.900 (et non 400.000). En ce qui concerne les enseignants, les effectifs totaux sont passés dans le premier cas de 989.890 en 2001 à 928.458 en 2011, soit une baisse de 61.432 et non une hausse de 45.000.  Si l'on ne retient que les enseignants du second degré du secteur public, ces effectifs sont passés de 389.249 en 2000-2001 à 349.119 en 2010-2011, soit une baisse de 40.130.

    Il suffit de revoir le bilan du quinquennat en ce qui concerne l’éducation nationale pour comprendre le mépris de Sarkozy pour les enseignants à qui il a attribué un ministre qui a pour seule compétence la direction des ressources humaines chez Loréal, c’es-à-dire un spécialiste des licenciements économiques. C’est Sarkozy qui a supprimé la formation des enseignants et jeter de jeunes diplômés désemparés dans des lycées difficiles. Comme le dit un parent d’élève, un enseignant sans formation pédagogique est un bon élève qui a trouvé un travail... mais dans quelles conditions. Il ne faut pas s’étonner si l’éducation nationale ne suscite plus les vocations. Le nombre de candidats au professorat a chuté de 35.000 en 2009 à 18.000 en 2010. Peut-être le Chanoine de la république proposera-t-il de remplacer un jour les enseignants par des prêtres.  Souvenons-nous qu’il avait déclaré  au Vatican : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.» Quel mépris à rebours pour la laïcité, le service public et le métier d’enseignant !

    Pour justifier son bilan calamiteux sur l'éducation nationale, Sarkozy ment aux Français et, comme il en a l’habitude, renvoie les responsabilités à ses prédécesseurs. Il n’hésite pas à manipuler les chiffres. Ensuite ses hommes liges assurent le service après vente et trouvent des explications. Pour les chiffres annoncés par Sarkozy, il se serait trompé de période. Il faudrait remonter sur vingt ans et non sur dix ans. Ce sont des querelles de chiffres qui ne tiennent pas compte de la réalité. Sarkozy s’évertue à  brouiller le débat démocratique pour faire oublier son passif en justifiant une politique de régression sociale et culturelle. Toutefois son bilan est éloquent dans l’éducation nationale où son action est uniquement  concentrée sur les suppressions de postes. Les enseignants sont de plus en plus rares et, aux yeux de Sarkozy, c’est sans doute  cette rareté qui fait leur valeur. Allegre, dégraisseur du Mammouth, lui a apporté son soutien.

    Signé: Pidone

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  • Nous publions un appel que Mikis Theodorakis, célèbre compositeur grec, lance aux peuples d'Europe.

    theo2Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.

    Jusqu’en 2009, la situation économique de la Grèce n’avait rien de très grave. Les grandes plaies de notre économie étaient les dépenses immodérées pour l’achat du matériel de guerre et la corruption d’une partie du monde politique, financier et médiatique. Mais une part de responsabilité appartient aussi aux Etats étrangers, parmi eux l’Allemagne, la France, L’Angleterre et les Etats-Unis qui gagnaient des milliards d’euros au dépens de notre richesse nationale par la vente annuelle de matériel de guerre. Ce saignement constant nous a écrasés et ne nous permettait plus d’aller de l’avant, alors qu’il était la source d’enrichissement d’autres pays. On peut dire la même chose pour le problème de la corruption. Par exemple, l’entreprise allemande Siemens avait une branche spéciale pour corrompre des Grecs, afin de mieux placer ses produits sur le marché grec. Ainsi le peuple grec a été victime de ce duo des prédateurs allemands et grecs qui s'enrichissaient au dépens de la Grèce.

    Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux parties politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut).

    Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement: d’une part, par la vente d'armes et de leurs produits et d'autre part, par les intérêts sur l'argent prêté au gouvernement (et non pas au peuple). Comme nous l'avons vu, le peuple grec était la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour vous convaincre: en 1986, Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de cet emprunt n’ont été remboursés qu’en 2010 et ils s’élevaient à 54 milliards d’euros.

    L’année passée, M. Juncker a déclaré qu’il avait remarqué lui-même l’hémorragie financière massive de la Grèce qui était due aux dépenses excessives (et forcées) pour l'achat de matériel de guerre – de l'Allemagne et la France en particulier. Et il a conclu que ces vendeurs nous conduisaient à un désastre certain. Hélas, il a avoué qu'il n'a rien fait pour contrecarrer cela, afin de ne pas nuire aux intérêts des pays amis!

    En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’a pas été épargnée. Cependant, le niveau de vie qui était jusque-là assez haut (la Grèce se classait parmi les 30 pays les plus riches du monde), est resté pratiquement inchangé, malgré une augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement par une crise économique. La dette des grands pays tels que les États-Unis et l'Allemagne sont estimées à des milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si ces deux facteurs sont positifs, il est possible d’emprunter auprès des grandes banques à un taux d'intérêt inférieur à 5%, jusqu'à ce que la crise soit passée.

    En 2009, (en novembre), au moment de l’arrivée de G. Papandréou au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour faire comprendre ce que le peuple grec pense aujourd’hui de sa politique désastreuse, je cite deux chiffres: aux élections de 2009 PASOK - le parti politique de G. Papandreou - a remporté 44% des voix. Aujourd'hui, les sondages ne lui donnent plus que 6%.

    M. Papandréou aurait pu faire face à la crise économique (qui reflétait celle de l’Europe) avec des prêts de banques étrangères au taux habituel, c’est-à-dire inférieur à 5%. S'il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problème. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.

    Mais M. Papandréou avait déjà commencé sa conspiration contre le peuple grec en été 2009, lorsqu’il a rencontré secrètement M. Strauss-Kahn, dans le but de passer la Grèce sous la tutelle du FMI. Cette révélation a été divulguée par l’ancien président du FMI.

    Pour y arriver, la situation économique de notre pays devait être déformée, afin que les banques étrangères aient peur et augmentent les taux d’intérêt de prêt à des montants prohibitifs. Cette opération onéreuse a commencé avec l’augmentation artificielle du déficit publique de 12% à 15% pour l’année 2009 (n.d.t : M. Andreas Georgiou, président du conseil d’administration de l’Institut National de Statistique, ELSTAT, a subitement décidé en 2009, sans demander l’accord, ni informer son conseil d’administration, de comptabiliser dans le calcul du déficit public certains organismes et entreprises publiques qui ne l’avaient jamais été auparavant dans aucun autre pays européen, excepté la Norvège. L’objectif était de faire passer le déficit de la Grèce au-dessus de celui de l’Irlande (14%), afin que ce soit elle qui joue le rôle de maillon faible de l’Europe.)
    Pour ce forfait, le procureur M. Pepònis a déféré M. Papandréou et M. Papakonstantinou (ministre des Finances) à la justice, il y a 20 jours.

    Ensuite, M. Papandréou et le ministre des finances ont mené une campagne de discrédit pendant 5 mois, au cours de laquelle ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce est, comme le Titanic, en train de couler, que les Grecs sont corrompus, paresseux et donc incapables de faire face aux besoins du pays. Après chacune de leurs déclarations, les taux d'intérêt montaient, afin que la Grèce ne puisse plus faire des emprunts et afin de donner un caractère de sauvetage à notre adhésion au FMI et à la Banque Centrale Européenne. En réalité, c'était le début de notre fin.

    En mai 2010, un ministre, celui des finances, a signé le fameux Mémorandum (Mnimònio, en grec), c’est-à-dire notre soumission à nos prêteurs. D’après le Droit grec, l'adoption d'un tel accord nécessite d’être mis aux voix et d’être approuvé par les trois cinquièmes des députés. Donc, le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent, fonctionnent illégalement - non seulement par rapport au Droit grec, mais aussi au Droit européen.

    Depuis lors, en supposant que notre parcours vers la mort soit représenté par un escalier de 20 marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Imaginez que le Mémorandum accorde aux étrangers notre indépendance nationale et le trésor publique, à savoir: nos ports, nos aéroports, le réseau routier, l’électricité, l’eau, toute la richesse naturelle (souterraine et sous-marine) etc. Même nos monuments historiques, comme l'Acropole, Delphes, Olympie, Epidaure etc. après avoir renoncé à tous nos droits.

    La production a été freinée, le taux de chômage a grimpé à 18%, 80.000 magasins ont fermé, tout comme des milliers d’usines et des centaines d’artisanats. Un total de 432.000 entreprises ont déposé leur bilan. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques quittent notre pays qui s'enfonce de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Age. Des milliers de personnes qui étaient aisés jusqu’à un temps récent, sont maintenant à la recherche de nourriture dans les ordures et dorment sur le trottoir.

    Entretemps, nous sommes censés vivre grâce à la générosité de nos prêteurs d’argent, les banques européennes et le FMI. En fait, l’intégralité du paquet de dizaines de milliards d’euros versé pour la Grèce, retourne à son expéditeur, tandis que nous sommes de plus en plus endettés à cause des intérêts insupportables. Et parce qu’il est nécessaire de maintenir en fonction l’Etat, les hôpitaux et les écoles, la Troïka charge la classe moyenne et inférieure de notre société de taxes exorbitantes qui mènent directement à la famine. La dernière fois que nous avons vécu une situation de famine généralisée dans notre pays était au début de l'occupation allemande, en 1941, avec près de 300.000 morts en six mois seulement. De nos jours, le spectre de la famine revient dans notre pays infortuné et calomnié.

    Si vous pensez que l'occupation allemande nous a coûté un million de morts et la destruction complète de notre pays, comment pouvons-nous accepter, nous les Grecs, les menaces de Mme Merkel et l'intention des allemands de nous imposer un nouveau Gauleiter... mais cette fois-ci, il sera porteur d’une cravate...

    La période de l'occupation allemande, de 1941 jusqu'à octobre 1944, prouve à quel point la Grèce est un pays riche, et à quel point les Grecs sont travailleurs et conscients (conscience du devoir de liberté et de l'amour pour la patrie).

    Lorsque les SS et la famine tuaient un million de personnes et la Wehrmacht détruisait notre pays, confisquait toute la production agricole et l'or de nos banques, les Grecs ont pu survivre grâce à la création du Mouvement de Solidarité Nationale et d’une armée de partisans comptant 100'000 soldats, – ce qui a retenu 20 divisions allemandes dans notre pays.

    En même temps, non seulement les Grecs ont-ils survécu grâce à leur application au travail, mais il y a eu lieu, dans des conditions d'occupation, un grand développement de l'art grec moderne, en particulier dans le domaine de la littérature et de la musique.

    La Grèce a choisi la voie du sacrifice pour la liberté et la survie en même temps.

    Nous avons été attaqués, nous avons répondu avec Solidarité et Résistance et nous avons survécu. Nous faisons maintenant exactement la même chose, avec la certitude que le peuple grec sera finalement vainqueur. Ce message est envoyé à Mme Merkel et M. Schäuble, en soulignant que je reste un ami du peuple allemand et un admirateur de sa grande contribution à la science, la philosophie, l'art et la musique en particulier. La meilleure preuve de cela est le fait que j’ai confié l’intégralité de mon œuvre musicale à deux éditeurs allemands, Schott et Breitkopf, qui sont parmi les plus grands éditeurs dans le monde, et ma collaboration avec eux est très amicale.

    Ils menacent de nous expulser de l'Europe. S'ils ne veulent une fois pas de nous, c'est dix fois que nous ne voulons pas faire partie de l'Europe de Merkel – Sarkozy.

    Aujourd'hui, dimanche 12 février, moi et Manolis Glezos – le héros qui a arraché la croix gammée de l'Acropole, donnant ainsi le signal du début, non seulement de la résistance grecque, mais aussi de la résistance européenne contre Hitler – nous nous préparons à participer à une manifestation à Athènes. Nos rues et nos places vont être remplies de centaines de milliers de personnes qui manifesteront leur colère contre le gouvernement et la Troïka.

    J'ai entendu hier le premier ministre-banquier dire, en s’adressant au peuple grec, que nous avons presque touché le fond. Mais qui nous a amené à ce point en deux ans? Ce sont les mêmes qui, au lieu d’être en prison, menacent les députés, afin qu’ils votent pour le nouveau Mémorandum pire que le premier, qui sera appliqué par les mêmes personnes qui nous ont amenés là où nous sommes. Pourquoi? Parce que c’est ce que le FMI et l’Eurogroup nous obligent à faire, en nous menaçant que, si nous n’obéissons pas, c’est la faillite... Ici l'on joue du théâtre de l'absurde. Les cercles qui nous haïssent (grecs et étrangers) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique de notre pays, nous menacent et nous font du chantage, afin de pouvoir poursuivre leur œuvre destructrice, jusqu’à notre extinction définitive.

    Au cours des siècles, nous avons survécu dans des conditions très difficiles. Il est certain que, non seulement les grecs vont survivre, mais ils vont aussi revivre s’ils nous amènent de force à l'avant-dernière marche de l’escalier avant la mort.

    A présent je consacre toutes mes forces à unir le peuple grec. J'essaie de le convaincre que la Troïka et le FMI ne sont pas une route à sens unique. Qu'il y a une autre solution: changer l’orientation de notre nation. Se tourner vers la Russie pour une coopération économique et la formation de partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse de notre pays en des termes favorables à notre intérêt national.

    Je propose de ne plus acheter du matériel militaire des Allemands et des Français. Nous allons tout faire pour que l'Allemagne nous paie les réparations de guerre dues. Ces réparations s'élèvent, avec les intérêts, à 500 milliards d’euros.

    La seule force capable de faire ces changements révolutionnaires, c'est le peuple grec uni en un Front de Résistance et de Solidarité pour que la Troïka (FMI et banques européennes) soit chassée du pays. En parallèle, il faut considérer comme nuls tous ses actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats de la richesse publique). Bien sûr, leurs partenaires grecs – qui ont déjà été condamnés dans l'esprit de notre peuple en tant que traîtres – doivent être punis.

    Je suis entièrement concentré sur ce but (l'Union du peuple en un Front) et je suis persuadé que nous l’atteindrons. Je me suis battu les armes à la main contre l'occupation hitlérienne. J'ai vu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j'ai fondé PAM (Patriotikò Mètopo - front patriotique), la première organisation de résistance contre la junte militaire. Je me suis battu dans la clandestinité. J'ai été arrêté et emprisonné dans «l'abattoir» de la police de la junte. Finalement, j'ai encore survécu.

    Aujourd'hui, j’ai 87 ans, et il est très probable que je ne serai pas vivant le jour du sauvetage de ma patrie bien-aimée. Mais je vais mourir la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin de faire mon Devoir envers les idéaux de Liberté et de Droit.

    Athènes, 12.02.2012

    Mikis Theodorakis

     

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  • guaino_lepenLorsqu’il s’agit d’immigration, Henri Guaino ne reste courtois que face à Marine Le Pen.  On apprend qu’il est d’accord avec cette dernière sur le fond mais pas sur la forme et qu’il considère l’immigration comme un problème pour la France. Il est curieux de voir une Marine Le Pen accepter le débat avec le conseiller de Sarkozy et le refuser avec un élu de la république, candidat officiel à la Présidentielle alors qu’elle-même ne dispose pas encore des signatures. Curieuse conception de la démocratie et du respect des électeurs ! Il est évident qu’avec Henri Guaino, elle ne risquait que d’être séduite alors qu’avec Jean-Luc Mélenchon elle se retrouvait devant ses mensonges, ses incohérences et son incompétence.

    Avec Marine Le Pen, M. Henri Guaino est en phase. Ce n’était plus un face à face mais un côte à côte. Par contre ce dernier  ne supporte pas qu’on lui dise que le débat sur l’identité nationale était « indigne ».  Il perd alors son sang-froid, se met dans une colère noire et montre son vrai visage. Cela a été le cas à deux reprises face au journaliste Joseph Macè-Scaron et à Jérôme Guedj, élu socialiste.

    Homme de cabinet, Henri Guaino a fait une carrière dans l’ombre des Seguin, Chirac et Pasqua. Depuis 2007, il intervient de plus en plus dans les média avec, pour seule légitimité, d’être le conseiller spécial de Sarkozy, c’est-à-dire celui qui rédige les discours dans lesquels il glisse, avec son alter ego Claude Guéant, toute l’idéologie d’une droite aux relents pétainistes. On lui attribue bon nombre de dérapages contrôlés dans les interventions de Sarkozy sur l’immigration et la colonisation notamment.  En 2001, il a bien tenté une élection en se présentant à la Mairie du Vearrondissement sur la liste officielle du RPR, lorsque Philippe Séguin se présenta à la mairie de Paris. Jean Tibéri s'était constitué en candidat dissident : Guaino a recueilli 9,6 % des voix contre 40 % pour Tibéri, malgré l’absence d’investiture et les ennuis judiciaires de ce dernier . Il n’y a pas de quoi pavoiser même si ce fiasco n’a pas mis fin à ses ambitions politiques..

    Proche de Philippe Séguin, catalogué comme « gaulliste social », , il est nommé en 1994 conseiller technique auprès de Charles Pasqua alors ministre de l'Intérieur. Il a inspiré ensuite la campagne présidentielle de Jacques Chirac de 1995, autour de la « fracture sociale » (même si la formule est de Marcel Gauchet, reprise par Emmanuel Todd). Évincé par Lionel Jospin, alors Premier ministre, qui lui reproche la publication d'un rapport sur le chômage (« Chômage : un cas français », écrit' en collaboration avec Robert Castel et Jean-Paul Fitoussi), rapport jugé non conforme à l'analyse gouvernementale, il se voit cependant confier par Charles Pasqua ( un grand républicain selon lui)  l'élaboration d'une charte d'aménagement et de développement du territoire des Hauts-de-Seine (1999-2000). Conseiller scientifique de l'Agence pour la diffusion de l'information technologique (2002-2004), il devient aussi administrateur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (depuis 2003). Il est conseiller-maître à la Cour des comptes depuis septembre 2006. Il a été chroniqueur aux Échos et à La Croix.

    Henri Guaino est souvent qualifié d'eurosceptique car il a voté non au traité de Maastricht et au traité établissant une Constitution pour l'Europe. C’est son côté souverainiste et proche de Pasqua. Il a pris part au parti souverainiste Rassemblement pour la France créé par Charles Pasqua en 1999 pour les élections européennes. Il est maintenant partisan du traité de Lisbonne, du MES et du futur trraité européen.

    Depuis 2007, il est donc le conseiller spécial, l’homme-lige de Sarkozy. Il est la plume des discours de Nicolas Sarkozy Avec Claude Guéant, ils sont les plus proches conseillers du président de la République et influencent les orientations que prend le Président. Henri Guaino a rédigé la plus grande partie des les discours du candidat Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, dont celui de Toulouse en 2007 faisant référence à l’héritage de Jean Jaurès. C’est lui qui a poussé le prétendant à l’Elysée à adopter une attitude moins atlantiste pour ouvrir à tous l’électorat potentiel de l’UMP et au-delà. Il est aussi l’un des inspirateurs de «L'Union pour la Méditerranée», le grand projet au point mort qui consisterait à rassembler les états du pourtour méditerranéen sous le modèle de l’Union Européenne. Il en est le chargé de mission depuis 2008. C’est sous cette casquette qu’il est intervenu sur les évènements en Tunisie et en Egypte pour fustiger l’incapacité des diplomates français sur place à prévoir ce qui allait se passer, concédant mi-janvier 2011, la « maladresse» de la diplomatie française sur ces dossiers. Henri Guaino participe activement et en plein jour  à la campagne de la Présidentielle 2012. Les discours, ce « petit Malraux » les écrit maintenant aussi  pour lui-même. On lui prête l’intention de se présenter aux législatives. À quelques encablures de Nîmes, s'étend la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, où est élu Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Une circonscription où aucun député n'a été réélu depuis vingt ans. Guaino, l'enfant du pays, pourrait vouloir y mener une campagne coup de poing pour rester sous les sunlights de la politique. En attendant, Henri Guaino comme de Villepin est un personnage sorti de l’ombre sans aucune autre légitimité que des amitiés politiques. Ce sont des technocrates de la politique qui ne passent pas par les urnes. Des carrières dangereuses pour la démocratie. On attribue à Henri Guaino le discours de Dakar lu par Sarkozy en juillet 2007 et jugé raciste par les Africains. On se souvient de cette phrase : « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ».

    Henri Guaino a écrit plusieurs essais politiques dont ‘L'étrange renoncement’ en 1998, et  ‘La France est-elle soluble dans l'Europe ?’ en 1999, avec Daniel Cohn-Bendit. « Le dialogue euro-méditerranéen ne résout rien. Au contraire, il creuse une ligne de fracture entre le Nord et le Sud » expliquait  Henri Guaino dans ce dialogue avec Dany le rouge… La colère allemande sur le sujet semble faire infléchir la France, et même ses éléments eurosceptiques qui vantent aujourd’hui le modèle allemand…

    En 2002, paraît un autre ouvrage de cet idéologue en coulisse : « La Sottise des modernes ». Ce n’est pas un succès de librairie mais nous vous en donnons un court extrait : « "Nous sommes passés de la dialectique au sophisme, de la culture à l'opportunisme, de l'intelligence à la sottise. A force de confondre la modernité avec la mode, nos Modernes tournent en rond. Ils sont archaïques. Leur modernité est un abus de langage, une falsification qui rend incompréhensible la crise de la culture et de la politique." C’est une magnifique autocritique involontaire, n'est ce pas ? Nègre de Sarkozy, Henri Guaino a-t-il été lui-même victime d’un nègre chez son éditeur?Ce passage peut tellement s'appliquer à lui même (comme à d'autres, je suis parfaitement d'accord). C'est vraiment la base du "faites ce que je dis, mais pas ce que je fais". Lire ce passage calme de suite. Pour l'analyse, penchez vous de plus près sur le sophisme, l'art de la rhétorique et des argumentations fallacieuses, vous comprendrez sans peine que Guaino est un spécialiste. Il critique le sophisme lorsqu’il en abuse... Et qui parmi son entourage s'intéresse davantage à la presse people et à son image qu'au pouvoir d'achat du peuple qu'il représente ?

    Henri Guaino fait partie de ces hauts fonctionnaires qui, au lieu de rester au service de l’Etat, se mettent à celui d’un homme politique. Ils font ainsi carrière en espérant par la suite accéder à des hautes fonctions ministérielles ou électives. Claude Guéant a eu son poste de Ministre. Henri Guaino aura sa circonscription de député.  Sous Chirac, nous avons eu l’exemple de Dominique de Villepin dont la seule légitimité est d’avoir été nommé conseiller puis Premier ministre par Chirac.  Ces carrières de nègres de la politique et d’éminences grises de  cabinets noires n’ont rien de républicaines et donnent la parole à des fonctionnaires sortis de leur devoir de réserve et du service public.  

    Il faut en finir avec ces hommes politiques qui s’entourent de gardes noires et de conseillers personnels… Il  faut en finir avec cette pratique post-gaullienne des éminences grises comme Focard, Marchiani, Guéant, Guaino  et autres sous-marins de la politique qui aujourd’hui n’hésitent plus à faire surface pour réclamer leur part de lumière.

    Le Canard enchaîné évalue le salaire annuel d’Henri Guaino à  à 290.368,93 euros : 132.856,93 euros en tant que conseiller maître de la Cour des comptes, auxquels s’ajoute «une indemnité de sujétion particulière» de 157.512 euros. Henri Guaino refuse de confirmer ces chiffres et  de donner les siens. L’homme des coulisses élyséennes refuse la dictature de la transparence. Il fallait oser l’expression. On le sait : Henri Guaino ne recule devant rien, y compris la récupération hypocrite  des hommes comme Guy Mocquet ou Jean Jaurès pour faire croire à une politique d’ouverture. La clarté et la transparence ne font pas partie de ses attributions d’homme  lige au service de Sarkozy.

     Signé: Pidone

     

     

     

     

     

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