• TrioFN2

    La curiosité locale la plus stupéfiante est que le Front national a mis le pied en Corse qui a connu un autre Front national n’ayant rien à voir avec le lepénisme puisque c’était celui de la libération  constitué contre l’occupation allemande et italienne lors de la dernière grande guerre. La confusion ferait injure à tous nos compatriotes (un grand nombre d’entre eux y ont laissé la vie) qui ont combattu le nazisme et le fascisme lorsque l’on connaît les racines de l’Extrême-droite passée de l’antisémitisme à l’anti-Islam. Le Front national du clan Le Pen n’a pas davantage à voir avec le nationalisme corse si ce n’est celui qui écrit sur les murs « Arabi fora ! » et dont on ignore la véritable origine. L’histoire leur a rappelé cette année que des Marocains avaient participé à la libération de la Corse. Le peuple corse ne doit pas se laisser tenter par le racisme alors même qu’il fait lui-même l’objet de propos racistes des beaufs franchouillards du FN. Le Jacobisme radical est l’un des piliers du Front national dans les rangs duquel on vous expliquera qu’il ne faut pas « renforcer et légitimer une classe politique locale étrangère au bien public, à bout de souffle et malade de ses vices ». Ces propos qui attaquent les hommes visent à fustiger la décentralisation et le statut spécial de la Corse. Pour le Front National, tous les autonomistes ou  indépendantistes sont des terroristes qui mettent en danger l’intégrité du territoire national.

    Le Front National de Marine Le Pen n’a jamais caché son identité jacobine.  Marine Le Pen s’était émue de l’existence d’une signalisation routière en langue bretonne en Bretagne. En 2012  le Front National avait demandé, par la voix de son secrétaire général Steeve Briois, une véritable recentralisation de l’état français : « l’Etat doit reprendre la main sur les deniers publics et récupérer un certain nombre de compétences qui ont été dévolues aux collectivités ».  La Collectivité Territoriale Corse peut se sentir visée.

    Un article d’Alexandra Profizi sur le site du journal La règle du jeu (RDJ) est revenu sur l’étape corse de la candidate FN aux dernières Présidentielles. Nous reproduisons deux extraits ci-dessous :

    « Le 17 mars 2012, quelques jours avant François Hollande et François Bayrou, Marine Le Pen a été la première candidate à la présidentielle 2012 à fouler le sol corse. Au palais des congrès d’Ajaccio, elle a donné un meeting devant 700 personnes, parmi lesquelles des nationalistes. Une première, quand on se souvient de la façon dont Jean-Marie Le Pen avait été accueilli à Bastia en février 1992. Brandissant des bannières « I fascisti fora » (les fascistes dehors), les nationalistes de la Cuncolta avaient tout bonnement empêché l’atterrissage de l’avion transportant celui qui était alors président du Front national ».

    Malgré toute la démagogie étalée et les contradictions de la candidate FN pour tromper les Corses sur ses intentions, «  il est inscrit dans son programme pour la présidentielle 2012 qu’elle souhaite mettre un frein total à la décentralisation (http://www.marinelepen2012.fr/le-projet/refondation-republicaine/democratie-institutions-et-morale-publique/). Cette volonté de régression va à l’encontre des efforts politiques qui ont été faits ces dernières années pour accorder plus d’autonomie politique et administrative à la Corse, en raison de sa situation géographique unique au sein du territoire métropolitain ».

    Malheureusement, la flatterie dépend de celui qui l’écoute et trop de compatriotes ont été abusés par une mise en scène poussée au comble de la flagornerie puisque Marine Le Pen a même entonné le Diu vi salvi Regina. Nous vous conseillons la lecture de l’article d’Alexandra Profizi qui ne manque pas d’idées pour faire baisser le Front national en cliquant ICI.

    La montée du Front National en Corse est contraire aux intérêts des Corses de tous les bords politiques. La xénophobie aurait en outre fait de la Corse un désert humain puisque deux tiers de la population corse n’est pas d’origine insulaire lointaine. Il est encore temps d’en prendre conscience malgré les difficultés et les carences de la classe politique nationale et locale dont se servent quelques mercenaires racistes. Si « problème corse » il y a comme ils le disent, ce n’est certainement pas le FN qui va lui trouver une solution. Ce n’est pas le FN qui va favortiser la paix sociale en Corse. En dehors de la préservation de leur culture et de leur langue, donc de leur identité,  les Corses ont les mêmes problèmes que toutes les autres victimes de la crise financière et de leur exploitation par un patronat avide de profit. En Corse, il y a un taux de chômage supérieur à 14%, la spéculation immobilière s’accentue au lieu d’être freinée, les agriculteurs et les éleveurs ne trouvent plus de terres et de pâturages à louer, les emplois précaires ne permettent pas d’y vivre décemment et les salaires sont les plus bas sans perspectives de carrières. Ce sont les problèmes économiques qui sont à l’origine de l’exil. En Corse comme ailleurs, il est urgent de réclamer « L’humain d’abord ! ». Quant à la violence, contrairement à ce qui est dit, ce sont les Corses qui la subissent d’où qu’elle vienne et ce n’est pas eux qui l’entretiennent par une sorte de masochisme héréditaire. Le racisme et la xénophobie importée par le FN ne fait qu’ajouter  de partout la violence à la violence.

    Comment peut-on penser que le Front national a changé lorsque c’est la fille qui remplace le père et que la relève sera assurée par la petite fille. Le patriarche, ancien député poujadiste, n’est jamais très loin  de sa fille qui veut donner des leçons d’économie tout en faisant croire aux salariés bons français qu’elle les défend. Son père avait publié une brochure intitulée Droite et démocratie économique. Ce fut aussi le titre en 1984 du programme économique du FN. Jean-Marie Le Pen faisait l’apologie de l'entreprise privée, de son chef (le patron) et du profit, considérés comme des "moteurs de l'économie". A contrario il stigmatisait l'impôt au nom de l'économie de l'offre, de la "révolution conservatrice américaine" et du reaganisme. Jean-Marie Le Pen voulait  aller jusqu’à prôner la suppression pure et simple de l'impôt sur le revenu.

    Malgré les apparences données par Marine Le Pen et son souci d’attirer un électorat des classes moyennes et populaires, les propositions actuelles du FN relooké en vague bleu Marine  ne sont pas en contradiction profonde avec celles de son père. La nouvelle vague FN  instruit un faux procès au capitalisme en utilisant abusivement un langage de gauche détourné de sa vérité. Elle fustige l’ultralibéralisme, la spéculation, les élites mondialiste, l’Europe… mais elle ne vise pas le capitalisme dans son ensemble. Lorsqu’elle emploie ces mots, elle parle de la Finance. Le programme idéologique reste le même : rejet de l’assistanat et de l’Etat-providence, dénonciations des « rigidités réglementaires » pour ne pas employer le terme de « dérèglementation »,  baisse de la pression fiscale pour donner « un cadre favorable aux entreprises », comme le réclament le Medef, l’UMP, la Banque mondiale et tous les ultralibéraux, sauf que le Front national veut combiner ultralibéralisme et préférence national. Il s’agit donc d’un ultralibéralisme national  à l’intérieur des frontières rétablies avec un retour au franc et au protectionnisme. Autant dire un suicide économique et social à huis-clos !

    On voit bien que, au sein du Front national, tous les thèmes politiques, y compris économiques, tournent autour de la xénophobie. Pour lisser le discours officiel, Jean-Marie Le Pen a laissé la place à sa fille avocate et à  un diplômé de Sciences Po et de l'ESCP, actuellement directeur des études politiques de l'Institut français d'opinion publique (IFOP). Il s’agit de Florian Philippot, vice-président du FN. Ce dernier est rodé à la rhétorique et son style BCBG rompt avec celui de Jean-Marie Le Pen. Quant à Marine, elle continue son rôle d’avocate du FN qui a pris la place de son client et père dont elle perpétue l’idéologie néofasciste.

    Il y a une chose qui est insupportable chez Marine Le Pen (parmi beaucoup d’autres) c’est lorsqu’elle explique que ce ne sont  pas les élus de la « Gauche caviar » qui vivent dans les quartiers avec les immigrés et qui donc en supportent l’existence. Il ne reste plus qu’à ajouter l’odeur, le bruit et l’insécurité. Comme si Marine Le Pen avait vécu dans un de ces quartiers, elle qui a été élevée dans le château de son père.  Elle met souvent en avant son métier d’avocate. Nous serions curieux de connaître la liste des affaires qu’elle a défendues en dehors des intérêts du Front national.  Elle n’a sans doute jamais défendu la veuve et l’orphelin d’un quartier dit sensible. La  forme rampante de racisme  qu’elle affiche s’en prend d’abord aux populations les plus précaires, au salariat dans ses catégories les plus défavorisées et stigmatise - au prétexte de leur religion réelle ou supposée - une grande partie des habitants et surtout des habitantes des quartiers les plus déshérités. Ce sont aussi celles et ceux dont l’exclusion politique est la plus marquée et la plus préoccupante.

    La version relookée du Front national est une imposture politique à laquelle participent des média ainsi qu’une partie de la Droite et de la Gauche. On peut aussi s’interroger sur certains instituts de sondage lorsque l’on sait que le vice-président du FN est directeur des études politiques de l’IFOP qui n’est du reste pas le seul institut de sondage dont on peut douter de l’objectivité.

    C’est bien connu des sociologues et autres spécialistes des masses, l’information a une action incitative sur le comportement des gens. C’est d’ailleurs le but des campagnes de promotion. A force de dire et de répéter que le Front national est un parti républicain et que les Français ne le craignent plus, on fait d’une fausse information une réalité induite. Plus la publicité dit qu’un produit a du succès et plus il en a auprès du public. Le principe est simple mais efficace. Si un produit remplace rapidement un autre en économie, c’est différent en politique : un parti arrivé au pouvoir peut s’y maintenir malgré l’opposition de la majorité des citoyens. La constitution de la Cinquième république est faite pour cela et chaque parti arrivé au pouvoir s’en est accommodé même ceux qui avaient un temps parlé d’une réforme constitutionnelle nécessaire à la démocratie.

    Si vous êtes xénophobes, racistes ou fascisants, il vous suffit d’aller lire les commentaires des sympathisants du FN sur les réseaux sociaux pour être rassurés sur l’idée qu’ils ont de la démocratie… C’est la même que la vôtre avec le même  fumet nauséabond des petits nervis de l’Extrême-droite.

    Sous le vernis des mots, Marine Le Pen et Florian Philippot maquillent la vérité du FN qui est toujours la même avec l’image en arrière-plan du visage tutélaire du père qui nous inspire à leur sujet l’adage : « gentil n’a qu’un œil ! ».  La dernière intervention faussement sibylline de la présidente du FN est son commentaire sur le retour des otages français. Invitée d'Europe1, elle s'est dite gênée par les images des otages avec leur barbe et leur habillement. Elle aurait ressenti un malaise et a déclaré en prenant un air gêné et dubitatif : « Leur barbe taillée d'une manière qui était tout de même assez étonnante, l'habillement était étrange… le chèche sur le visage. Cela mérite quelques explications de leur part ». Bien évidemment elle a réfuté hypocritement toute allusion de sa part à l’Islam. En outre, elle estimait que, si une rançon est demandée, « ne pas payer de rançon ne veut pas dire que les otages vont mourir. C'est un risque à prendre ». On peut se demander ce que Marine Le Pen au pouvoir dirait et ferait si des otages français étaient de confession musulmane. Chasser le naturel, il revient au galop mais, après réflexion,  l’hypocrisie a vite repris le dessus... "Manifestement, je me suis exprimée de manière maladroite puisqu'il ne s'agissait en aucun cas, dans mon esprit, d'émettre la moindre critique à l'égard des otages", a-t-elle expliqué en milieu de journée sur RTL. "Donc, tout à fait évidemment, je me réjouis de leur libération." Ainsi elle a fait d’abord plaisir à ses troupes et ensuite elle rassure les autres. Elle a aussi tenter de se justifier en impliquant des journalistes et des oibservateurs anonymes : « J'ai exprimé le sentiment qui avait été celui d'un certain nombre de journalistes, aussi ne soyons pas hypocrites, et d'observateurs, parce que les images rompaient avec le cérémonial traditionnel qui est celui en général des libérations d'otages." Experte en matière d’hypocrisie, elle sait de quoi elle parle. Avec cette bavure médiatique, son travail de dédiabolisation du FN apparaît comme un vernis craquelé. C’est une sainte de l’espèce de celles qui chient des diables pour reprendre une vieille expression corse qui dit bien ce qu’elle veut dire..

    Le FN et ceux qui s’en servent pour le vote dit « utile » entretiennent la confusion et la xénophobie. Il n’y a pas une délepénisation du FN mais une lepénisation sournoise du débat public qui met en danger la démocratie et la paix sociale. Dans ce débat, il y a les xénophobes médiatisés sur les plateaux de télévision et présents dans les librairies…

    Dans son dernier ouvrage, "L'Identité malheureuse", Alain Finkielkraut fait de l'immigration une menace et vient polluer un peu plus le débat public en multipliant sa présence sur les plateaux de télévision. Cet historien de la philosophie plutôt que philosophe multiplie les citations tout en voulant justifier  la xénophobie. Sur les réseaux sociaux, les racistes font référence à son livre avec des propos lamentables comme : « Et vous allez dire que Finkielkraut est un idiot lui aussi ? Il l’a parfaitement démontré, le multiculturalisme bougnoule n’est plus acceptable… »  Finkielkraut est coupable de tous les outrages à la pensée, de toutes les insultes à la philosophie. C’est la philosophe Laura-Maï Gaveriaux  qui l’écrit dans un article « Alain Finkielkraut, vous êtes tout sauf un philosophe : vous gangrenez le débat public » publié dans la Chronique le Plus du Nouvel Obs. Elle lui reproche entre autres griefs de cautionner moralement des gens qui ne savent rien de la pensée philosophique du multiculturalisme en reprennent le nom, en agitent le spectre, en pensant naïvement, bêtement, qu’il suffit de coller multi à culture pour le définir.

    Au  nom  de ce philosophe trop médiatisé et avec sa caution morale, il y a des gens qui évoquent le choc de civilisations pour justifier la xénophobie facile, mesquine, du petit Français frustré de ne réussir à donner un nom à sa détresse sociale et matérielle.

    Le lepénisme a recruté les humoristes qu’il mérite avec Dieudonné et Roucas… Vient s’ajouter le philosophe qu’il mérite en la personne de  ce « type tout agité avec les cheveux gras et des pompes ridicules qui parle en déclamant comme au théâtre de boulevard des années 1900 ».

    Le FN est à la démocratie ce que le cancer est à la santé. Il conduit à des métastases dont  l’issue est fatale si de nouveaux remèdes politiques ne sont pas trouvés contre ce mal sournois.

    Fiadone

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  • De mauvaises langues disent que François Hollande serait un champion de la synthèse et excellerait dans l’art du louvoiement. Cette réputation, il la tiendrait de son passage au secrétariat du parti socialiste. Depuis son élection, il en jouerait à merveille. En effet, après 18 mois de pouvoir, il a réussi une formidable synthèse. Selon le dernier sondage, sa cote de popularité est au plus bas (26% d’avis favorables). Il a réussi à se mettre sur le dos, non seulement les électeurs de Sarkozy  – c’est de bonne guerre – mais aussi et surtout de larges franges de l’électorat de gauche. Ces gens-là sont d’une ingratitude désarmante. Ils n’ont pas compris que notre président et son gouvernement oeuvrent dans l’intérêt de la France. Des preuves ? Toutes les mesures prises depuis juin 2012. Des exemples ? On a le choix.  Le traité budgétaire européen qui enferme les pays dans des politiques de régression et d’austérité. La contre-réforme des retraites, exit la retraite à soixante ans. Le matraquage fiscal des couches les moins favorisées. Le crédit d’impôts de 20 milliards aux entreprises, sans contrôle. L’augmentation de la Tva, au premier janvier 2014. Les coupes sombres dans les dépenses publiques, avec des incidences négatives sur la santé, l’éducation nationale, les transports, etc.

    Oui, François Hollande a réussi à dresser contre lui et sa politique beaucoup de monde, pas toujours pour les mêmes motivations. Apparemment, il ne semble pas bien mesurer l’ampleur du mécontentement populaire. Comme dirait ma grand-mère, il joue au canard et mise sur une hypothétique relance à terme. Il reste sourd aux cris d’alarme du Front de gauche et même de la gauche du parti socialiste et rejette dédaigneusement toute perspective de changement de cap. Il a tort. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il a réussi à jeter dans les bras du Front national une partie de la désespérance qui se répand dans le pays ou dans l’abstention et dans le  repli sur soi. Enfin, il a réussi à dresser contre lui une région entière : la Bretagne. Que se passe-t-il dans cette région sinistrée ? Une crise sociale et économique d’une ampleur inégalée la secoue. L’agriculture et l’industrie agro-alimentaire sont durement touchées. Des usines ferment, comme celle du groupe Gad à Limpault (Finistère). La révolte gronde et les manifestations se multiplient, parfois violentes. Une sorte de bloc social et politique est en train de se constituer dans ce contexte de crise aiguë. L’événement ne doit pas être sous-estimé, ni nié. On assiste à une étrange alliance entre les paysans, les industriels, les commerçants et artisans et les salariés, baptisée pour la circonstance « bonnets rouges » ! Mais voilà, comment comprendre que des salariés en colère – et ils ont mille fois raison de l’être – peuvent-ils se retrouver avec ceux-là même qui les exploitent, ferment leurs usines, les jettent dehors, délocalisent à l’étranger ou encore recrutent des ouvriers roumains pour des salaires dérisoires. Il y a danger.

    Les chouans seraient-ils de retour ?

    Maria Maddalena Lanteri

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  • lepoint_assistés

    Ceux qui l’ont lu se souviennent peut-être de la 4ème page de couverture de l’opus « Qu’ils s’en aillent tous ! » écrit par Jean-Luc Mélenchon dans laquelle il  fustige « les barons des médias qui ont effacé des écrans le peuple ». Les barons et leurs vassaux du Point et des Echos ont encore frappé, de mauvaise foi et de concert, en publiant des articles cyniques de propagande ultralibérale au service du patronat et des banquiers.

    Le Point  a titré sa Une : « Les assistés. Comment la France les fabrique. » D’emblée, ça pue le bouc-émissaire. Alors, sans reprendre ce torchon en guise de serviette pour vendre sa soupe, nous répondons  « avec 4,5 millions d’euros versés chaque année par l’État au titre des aides à la presse (moyenne sur les années 2009 – 2011), ainsi que le relevait récemment la Cour des comptes dans un rapport ». Voilà ce qui s’appelle l’arroseur arrosé par ses propres turpitudes et son indigence journalistique démentie par  une contre-analyse accablante réalisée par ATD Quart monde pour Politis.  Cette article du Point relève de la propagande et d’une campagne de dénigrement orchestrée par les amis politiques de Monsieur Pinault et de son rédacteur en chef qui guette dans ses cheveux d’où souffle le vent  pour se mettre dans le courant qu’il juge gagnant.  Cette presse d’opinion droitière s’aligne sur les mensonges, les contre-vérités et les fantasmes politiques de l’Ifrap. On connaît les discours ultralibéraux haineux envers la fonction publique de cet organisme ultralibéral qui est présenté comme une veille des dépenses publiques et qui intervient dans les débats télévisés avec des pseudo-experts comme l’inénarrable Madame Agnès Verdier-Molinié. Cette dernière acère régulièrement ses griffes sur la fonction publique en fréquentant les plateaux de télévision. Elle est l’auteur de cette phrase : « La plupart des défauts que l'on attribue au capitalisme financier sont imaginaires ou proviennent de règlementations inadaptées » et d’un opus intitulé : « Les fonctionnaires contre l’Etat ».  Lorsqu’elle parle du chômage, elle s’attaque aux impôts : « Créer des emplois marchands ne se fera pas contre mais avec les entreprises. Et aussi avec les plus fortunés qui sont potentiellement, si la fiscalité les y incite, les investisseurs des start-up et des emplois de demain ». Rappelons que cet organisme pseudo-indépendant émane des  lobbies ultralibéraux contre  la fiscalité.

    Echos2

    En écho à la désinformation des ultralibéraux au service du capitalisme, quoi de plus naturel que de trouver le journal Les Echos et notamment sous la plume d’un Monsieur Jean-Francis Pécresse, beauf de la sarkoziste Valérie Roux-Pécresse, ancienne Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche en 2007 dans le premier gouvernement Fillon. De 2011 à 2012, elle est ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat et porte-parole du gouvernement. À nouveau députée des Yvelines depuis 2012, elle devient début 2013 secrétaire générale déléguée de l’UMP. En l’absence de Nicolas Sarkozy, elle soutient son ancien premier ministre François Fillon face à Jean-François Copé. Le beauf Jean-Francis Pécresse est brocardé par le journal Marianne pour avoir publié le classement économique le plus nul de l’année dans lequel la France est placée à la 38ème place par la Banque mondiale « derrière de grandes puissances industrielles comme la Géorgie (8ème), l’Arabie Saoudite (26ème) et même le Rwanda (32ème) Non, je ne plaisante pas . J’ai bien dit l’Arabie Saoudite et le Rwanda », s’amuse Jack Dion, Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre. Ce classement mis en scène médiatique  s’appuie non pas sur la réalité économique mais sur tous les critères qui, selon la Banque Mondiale, favorisent les entreprises. Le Beauf Pécresse, perroquet éditorialiste du Medef répète donc : « Enrayer la spirale du déclin suppose un choc de réformes identifiées de longue date par les chefs d’entreprise: allègement des charges patronales, remontée du temps de travail, assouplissement des règles d’embauche et de licenciement, stabilité fiscale». 

    Jack Dion ironise alors : « Eh bien voilà. Il suffisait de le dire. En somme, il faut aggraver tout ce qui ne marche pas, ajouter de l’austérité à l’austérité, de la flexibilité à la flexibilité, bref appliquer la recette qui fonctionne si bien en Grèce et la France rattrapera enfin le Rwanda et l’Arabie Saoudite ».  

    On résume l’argumentation en une phrase : « Tout ce qui est bon pour le patronat et les banques  est bon pour l’économie ».

    Les propagandistes ultralibéraux du Point et des Echos fourvoient  le journalisme et le discréditent à force de désinformation et de propagande éhontée. La nullité des deux articles indignes publiés est une injure à l’intelligence des lecteurs. Celui des Echos est l’illustration de la collusion des mondes médiatique, patronal et politique.

    Un Pécresse peut en cacher un autre…

    Pour en revenir à Jean-Francis Pécresse, il paraît qu’il est aussi vigneron d’un grand cru bordelais « Château Canon-Pécresse » et qu’il connaît mieux le vin que l’économie en qualité de chroniqueur “ vins ” pour les publications du groupe “ Les Échos … C’est le multicarte du journal. Peut-être faudrait-il qu’il reste sobre lorsqu’il rédige un éditorial économique ?

    Qui est son frère Jérôme, mari de l’ancienne ministre depuis 1994 ?

    eramet_pécresse

    Après un début d’activité au Crédit Suisse, Jérôme Pécresse, ingénieur des Ponts et Chaussées, a fait l’essentiel de sa carrière au sein du groupe minier Imerys(ex Imetal). Un géant du secteur : 15 000 personnes, 3,4 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Au siège du groupe à Paris, il occupe depuis 2008 le poste de directeur général délégué. À travers le monde, Jérôme Pécresse apparaît également dans d’autres sociétés rattachées aux activités minières du groupe. C’est le cas d’une société Suisse, Timcal, basée dans le canton italophone du Tessin, et que Jérôme Pécresse préside.

    Le site OWNI avait noté l’absence de Jérôme Pécresse dans la déclaration d’intérêts de la Ministre. Dans une tribune publiée en février 2011 par les Echos, Jérôme Pécresse appelait à la création en France d’un pôle industriel dédié à la gestion des minerais rares. Suggérant à l’État de fonder un consortium spécialisé sur ce secteur, en s’appuyant sur le groupe français Eramet (spécialisé dans les minerais rares),et sur Areva (actionnaire d’Eramet). Trois semaines après cette intervention remarquée, la Lettre A (sur abonnement), publication professionnelle consacrée aux réseaux politiques, estimait que l’Agence des participations de l’État (APE), dépendant de Bercy, soutenait une candidature de Jérôme Pécresse à la tête d’un éventuel consortium français spécialisé dans les minerais rares. Le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies – dépendant du ministère de l’Économie et des Finances – détermine la politique industrielle en ce domaine. En synergie avec les puissants réseaux de l’École des Mines, eux-mêmes en relation étroite avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dirigée par Valérie Pécresse. L’article date de février 2011 et Valérie Pécresse sera mutée à Bercy en juin de la même année.

    mélenchon_4èmecouv

     

    Finalement, avec son parler cru et dru, Jean-Luc Mélenchon ne fait qu’exprimer le dégoût et le raz-le-bol face à l’arrogance des amis de l’argent… « de toute l’oligarchie : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qi est humain en marchandise, les financiers qui vampirisent les entreprises, les barons des médias qui ont effacé des écrans le peuple… Du balai ! Oust ! De l’air ! »

    Fucone

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  • asterix_figatellix

     

    En mars 2014, les élections municipales seront le théâtre des promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. Des listes concoctées dans les coulisses des partis politiques solliciteront les suffrages des Ajacciens. A l’occasion des élections municipales du 19 décembre 1954, un journaliste de « L’informateur » qui signait « Diogène » avait imaginé le manifeste d’une liste imaginaire baptisée « Comité Ajaccien Contre les Abus ».  Il y aura bientôt 49 ans,  ce manifeste était rédigé comme suit :

    ELECTIONS MUNIICIPALES du 19 Décembre 1954.

    Comité Ajaccien Contre les Abus (C.A.C.A)
     AJACCIENS, AJACIENNES,
     
    Dans notre petite ville de 33.000 habitants (y compris les recensés pour les besoins de  la cause), 124 citoyens réclament vos suffrages…
    Plus on est de fous, plus on rit !
    En vertu du vieil adage, le C.A.C.A présente lui aussi ses 31 candidats… jeunes, dynamiques, au printemps de leur vie, ils mettront leur ardeur et leur virilité au service du bien public.
    Depuis un demi-siècle, les hommes stériles qui ont occupé l’Hôtel de ville vous ont promis : la stérilisation de la Gravona, la démolition du vieux séminaire et autres travaux d’utilité publique qui n’ont pas été et ne seront jamais réalisés.
    Nous pouvons nous vous promettre beaucoup mieux :
    La Gravona, comme la Seine, est un fleuve navigable à condition de l’élargir et  l’additionner d’eau. Grâce à nous, vous pourrez, dans un avenir prochain, aller d’AJACCIO à VIZZAVONA en bateau-mouche.
    L’immeuble du Vieux séminaire, objet de tant de discussions et de litiges ne sera pas démolis ! Nous le transformerons en un monumental chalet de nécessité, avec entrée payante, digne de notre cité impériale et à la mesure de l’incontinence de ses habitants !
    Nous ne pouvons exposer ici en entier notre programme vaste et éminemment constructif.
    Qu’il nous suffise en passant d’apaiser les craintes de la corporation des joueurs professionnels de poker, qui compte dans notre ville tant d’estimables personnalités : nous prévoyons pour eux la retraite des vieux travailleurs avec péréquation.
     
    CITOYENNES et CITOYENS, des signes avant coureurs annoncent notre victoire ! Le C.A.C.A submergera AJACCIO !

    Vive la république ! Vive l’Empereur ! »

    Bien sûr, il s’agissait d’une macagna, un canular qui voulait mettre en garde contre les fausses promesses électorales dont font assaut les candidats en campagne électorale. A Ajaccio, la campagne s’est déjà ouverte avec une bataille des chiffres en perspective annoncée par les premiers assauts entre PS et UMP. Simon Renucci défendra son bilan et le candidat UMP promettra de mieux faire, estimant déjà que les dépenses salariales ont été trop importantes. Ce dernier reste dans la logique droitière de la réduction du nombre des fonctionnaires. Il prétend dépenser mieux et moins avant de promettre de travailler plus pour gagner moins aux employés municipaux moins nombreux. Chacun cherche et trouve des alliances qui feront le jeu du bipartisme pour avoir quelques strapontins. Sur l’ensemble de l’île, les alliances se font donc ou ne se font pas dans la plus grande confusion.  Au-delà des enjeux locaux,  du clientélisme et des unions de personnes, les élections municipales concernent tout le territoire national. Leurs résultats peuvent infléchir la politique du gouvernement et du chef de l’Etat. En, faisant appel à l’esprit de clocher, on veut faire croire aux électeurs que ces élections ne concernent que les communes alors que les maires sont des grands électeurs nationaux qui participent notamment aux élections sénatoriales. Il n’est d’ailleurs par rare que le maire d’une grande ville soit aussi sénateur ou cumule d’autres mandats électifs. Tous les hommes politiques sont rattachés à des appareils et ont donc embrassé les programmes de leurs partis et de leurs leaders. Lorsque l’électeur vote pour un candidat du Front national, c’est la politique xénophobe de ce parti qui sera imposée sur le plan local avec des tensions et les conséquences graves sur le « vivre ensemble » mais aussi sur l’économie de la commune. Un candidat de l’UMP voudra appliquer la politique libérale en ayant recours aux sociétés privées au détriment des services communaux. Il pourra ainsi multiplier les marchés publics et favoriser le clientélisme auprès des entrepreneurs. Si Nicolas Sarkozy se représente aux Présidentielles de 2017, le maire UMP fera campagne pour l’ancien Président de la république comme les maires socialistes pour François Hollande.  Il ne faut pas perdre de vue que les politiques nationales ont plus d’incidences sur la vie de chacun de nous que les politiques locales. Ce ne sont pas les promesses d’un nouveau parking ou la construction d’un crématorium qui changeront la vie du chômeur et de ceux ou celles qui vivent d’emplois précaires. Ce ne sont pas les PLU arrangés par les maires avec la connivence des préfets qui stopperont la spéculation immobilière tant que l’Etat se fera complice et ne fera pas respecter la loi sur le littoral et les sites remarquables. Ce ne sont pas quelques caméras et policiers municipaux qui viendront à bout du sentiment d’insécurité. La sécurité est surtout du ressort de la justice,  de la police et de la gendarmerie qui sont les institutions nationales disposant des moyens juridiques et des compétences nécessaires. En outre, ce n’est pas un conseil municipal qui changera les mœurs politiques pour que cesse la corruption. La question du mode de scrutin majoritaire devenu obsolète dans une démocratie moderne et l’introduction de la proportionnelle doivent faire l’objet d’une loi et non d’un arrêté municipal. C'est l'Etat et ses gouvernements qui contrôlent en grande partie les finances locales et son contrôle s'est accentué depuis la suppression de la taxe professionnelle. C'est l'Etat et le pouvoir législatif qui mettent de nouvelles charges sur les comptes des communes. On pourrait multiplier les exemples…  Les  problèmes locaux importants trouvent leurs vraies solutions dans la politique nationale au niveau du pouvoir législatif, de l’exécutif et du chef de l’Etat.

    Même si la Gravona n‘est pas la Seine et si l’on peut y faire du pédalo, les prochaines élections municipales ont donc bien un principal enjeu national qui devrait exclure les alliances de personnes au détriment des idéaux et de la justice sociale. Ce ne sera pas une bataille fluviale entre deux bateaux-mouches si le pluralisme s’impose. Pour que les choses évoluent, il ne s’agit pas de déclencher une tempête dans un verre d’eau mais de faire bouger les lignes. Ce sont les alliances qui conduisent à l’immobilisme et participent aux croisières du  bipartisme. Il ne sert à rien de se cacher derrière son pavillon local pour espérer échapper à l’alternance programmée de l’UMP et du PS mais aussi à une situation qui profite au FN.  Les quelques maires FN déjà élus ont montré leur gestion catastrophique dans quelques communes. On sait donc où mène le chant des sirènes xénophobes. Voter pour un candidat FN, c’est adhérer au discours de Marine et Jean-Marie Le Pen. Voter pour un candidat UMP, c’est cautionner la politique antisociale de Sarkozy. Voter pour un candidat PS, c’est cautionner celle de François Hollande sans vouloir l’infléchir. Voter pour un candidat nationaliste, c’est espérer l’autonomie puis l’indépendance de la Corse. S’abstenir serait un acte politique si un parti des abstentionnistes prenait place dans la vie politique en mettant en cause la légitimité des élections en dessous de 50% de suffrages exprimés. Ce n’est pas le cas et l’abstention ne fait qu’entretenir une situation pourtant refusée par les abstentionnistes. Les choses doivent être dites clairement aux électeurs : les Municipales auront une incidence sur la politique nationale de la France en l’infléchissant à gauche ou à droite. Si c’est à droite, cela ne fera qu’aggraver les mesures antisociales déjà prises par Sarkozy et poursuivie par  Hollande. Si le changement n’a pas été « maintenant » comme promis, il faut donc l’obtenir pour demain en ne ratant pas les rendez-vous dans les isoloirs des bureaux de vote, dès mars 2014. Dans la BD « Asterix en Corse », on relève un dialogue entre ce héros qui dit à Figatellix : « Chez vous les urnes sont pleines avant les élections ! » et le Corse lui répond : « Oui mais on les jette à la mer sans les ouvrir. Et, après. C’est le plus fort qui gagne. Une coutume de chez nous. » Il ne faudrait pas encore et encore que le résultat des élections soit le même que cette plaisanterie en perpétuant les clans et les fiefs.  « L’humain d’abord ! » Voilà le message à faire passer sur le plan local et national en sachant que « La vérité est si obscurcie en ces temps [nous ajouterons : de campagne électorale] et le mensonge si établi, qu'à moins d'aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître. » (Pascal).

    Mancone

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  • carte_cooruption

    Si on regarde les indices de corruption et de démocratie dans les tableaux publiés par l’organisation Transparency International, la France était en 2008 au 23ème rang des bons élèves pour la corruption (à égalité avec le Chili et l’Uruguay) et au 24ème rang pour la démocratie (derrière la Grèce et l’Uruguay). Toutefois l’indice « démocratie »  est à la baisse fin 2010 et l’indice de corruption reste stable jusqu’en 2011. Selon les résultats de cet organisme, la France n’aurait donc pas progressé en matière de lutte contre la corruption et d’amélioration de sa démocratie. Le pays qui se dit « celui des droits de l’homme » ne serait qu’un élève moyen dans des domaines où il devrait atteindre l’excellence.

    Le monde est toujours aussi corrompu. C'est le bilan, sans doute caricatural mais vraisemblable que l'on peut tirer du classement 2012 publié par Transparency International. Selon l'ONG, "deux tiers des 176 pays évalués dans l'indice 2012 obtiennent un score inférieur à 50, sur une échelle allant de 0 (perçu comme fortement corrompu) à 100 (perçu comme très peu corrompu)". Le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande sont toujours en tête des bons élèves. occupent conjointement la première place avec un score de 90, grâce notamment à  des règles régissant le comportement de leur dirigeants. En dernière place, on trouve l'Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie. La France a avancé d’une place en étant 22ème  derrière les Bahamas, l’Uruguay et le Chili. Elle a gagné une place en passant notamment devant Sainte Lucie (22ème en 2008) mais est décrochée par l’Uruguay et le Chili. On peut dire qu’elle reste, aux yeux de l’ONG, dans l’immobilisme contre la corruption.

    linvite2h15

    Dans chaque pays, comme au sein du Conseil de l’Europe, les débats sur la corruption conduisent au besoin de nouvelles normes, visant à l’éradiquer. Les historiens nous expliquent que les phénomènes de corruption, dans leurs formes actuelles, sont apparus, en France et en Allemagne, entre le début du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. La corruption politique aurait une histoire et correspond le plus souvent à  l’abus d’une position publique à des fins privées.  Ainsi se perpétuent des pratiques politiques dominées par des faveurs. Les scandales se succèdent et nous interrogent sur la morale publique et sur la probité des gouvernants. Les affaires de corruption seraient non seulement des révélateurs de cultures civiques préexistantes, mais aussi des moments clés d’institution de ces modèles éthiques.  Olivier Dard, historien de la corruption a fait un point sur le sujet sur le site Novaplanet dans la rubrique « L’invité de 2H15 avant la fin du monde. Vous pouvez l’écouter en cliquant ICI

    Force est de constater que ceux qui devraient mettre un terme aux conditions qui favorisent le passage à l’acte de corruption sont ceux qui sont placés dans les dites conditions et s’évertuent à ne perdre aucun de leurs avantages qu'ils se sont employés à augmenter régulièrement. Dès que l’on parle de transparence, ils se montrent offusqués qu’on leur fasse des procès d’intention, se disent élus du peuple et à ce titre insoupçonnables. Nous l’avons vu lorsque nous comparons les annonces de réforme du candidat Hollande et la réalité de la réformette qui s’en est suivie. On ne peut plus s’étonner de l’ampleur prise par la corruption et de la dégradation des mœurs politiques dans un système où des élus et des hauts fonctionnaires s’installent confortablement dans des rentes de situation. D’ailleurs ces rentes ont été multipliées par la création de nouvelles collectivités locales sensées répondre à plus de démocratie et d’efficacité. Ainsi, pour exemple,  la France a été dotée de Conseils régionaux comme si les conseils généraux et les mairies ne suffisaient pas. Dans le monde politique, il n’y a pas de chômage, pas de petits salaires et pas de problèmes de retraite. Si un politique perd des élections au suffrage universel, il peut être recasé par des grands électeurs dans des fonctions dont celles de sénateur.  Et comme les élections sont aussi une question d’argent, les financements occultes sont moralement admis sous le faux prétexte qu’il n’y a pas eu enrichissement personnel. Malgré les règles en vigueur, le favoritisme et le clientélisme sont tolérés. Quel sont les critères qui définissent la corruption ? C’est le scandale qui éclate, les articles de presse et les mises en examen par la Justice. Alors les corrompus crient leur innocence, leurs amis politiques donnent de la voix, les juges sont accusés de partialité, une kyrielle de maîtres du Barreau cherchent les vices de forme dans les procédures… etc. Si l’affaire va à son terme et si l’immunité n’est plus effective, ce sont des lampistes qui trinquent et seront remerciés plus tard lorsqu’ils auront purgé quelques années d’inéligibilité. Ils arrivent même à se faire réélire dans leurs fiefs.

    Comment cette tradition de la corruption peut-elle cesser dans ces conditions ? Qu’a-t-il était fait pour que cela cesse vraiment ? Rien. Un Président de la république peut être suspecté d’avoir commis des malversations pendant son quinquennat mais il ne sera pas poursuivi. Au bout de cinq ans, si des malversations datant d’avant son élection pourraient lui être reprochées, le problème de la prescription se pose, à moins que des juges tenaces n’arrêtent pas pendant plusieurs années de faire des actes interruptifs pour reculer la date de prescription. Les députés et les sénateurs sont couverts par l’immunité parlementaire. Ils peuvent compter sur le soutien de leurs aliés politiques, des ministres, du Premier ministre et du Président de la république lorsqu’ils font partie de la même majorité. Nous l’avons vu récemment avec Woerth et Cahuzac. Ce dernier n’a été lâché que tardivement. Woerth a toujours été soutenu tant que Nicolas Sarkozy était mis en examen dans la même affaire. Nous verrons la suite puisque l’ancien Chef de l’Etat ne sera pas renvoyé en Correctionnelle.

    François Hollande a, sur les points de la transparence et de la moralisation des mœurs politiques, fait là encore marche arrière. Contrairement à son engagement, il s’inscrit donc dans la lignée de ceux qui participent à  l’histoire de la corruption : une histoire qui n’en finit pas et rend l'immobilisme législatif coupable. 

    Pourtant on sait depuis des siècles que le pouvoir corrompt et qu’il faut apporter , aujourd’hui encore, de nouvelles normes pour sauver la démocratie. Pour commencer il faudrait non seulement limiter le cumul des mandats mais aussi le nombre de mandats successifs pour éviter l’enracinement d’éléphants politiques  dans des fiefs électoraux et pour accélérer le renouvellement de la classe politique. Il faut empêcher le système des carrières politiques qui durent soixante ans et à l’issue desquelles des vieux laissent la place à de jeunes vieux après leur avoir  transmis leurs us et coutumes. Ces vieux jeunes loups aux dents qui rayent le parquet se montrent de moins en moins soucieux du bien public et de plus en plus perméables aux lobbies de tous poils. Ils développent après cinquante ans des appétits féroces dont l’apogée se situe au plus haut niveau de l’Etat.

    Battone

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  • AfficheReferendum1962

    Le 28 octobre 1962 est la date du référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel. C'était le quatrième referendum organisé depuis 1958. La procédure était réservée aux grandes occasions : l'acceptation de la Constitution, la politique algérienne...  Les Français se prononçaient à 62,25 % en faveur de ce mode de scrutin qui a présidentialisé la constitution de la Cinquième république. Alors que la nouvelle constitution de 1958 prévoyait une élection par un collège électoral de grands électeurs (parlementaires, conseillers généraux, élus municipaux), le Général de Gaulle a voulu rompre avec la tradition de la troisième et quatrième république alors que, auparavant, seule l’Assemblée nationale était élue au suffrage universel direct, source forte de légitimité.

    Malgré l’opposition d’un grand nombre de parlementaires et l’opposition du Conseil d’Etat qui jugeait cette réforme anticonstitutionnelle,  le conseil constitutionnel (d’abord officieusement opposé à ce mode de scrutin) se déclarait officiellement incompétent pour juger de la conformité constitutionnelle d'une loi adoptée directement par le peuple français, légitimant ainsi la procédure employée. Le « oui » l’a emporté avec 62,25% des suffrages exprimés. Ce résultat doit toutefois être nuancé du fait de l’abstention relativement importante compte tenu de l’enjeu de la consultation : 23% des inscrits n’ont pas pris part au vote, contre 15% au référendum du 28 septembre 1958 approuvant la Constitution.

     

    Suffrages

     % des inscrits

     % des exprimés

    Inscrits

    28 185 478

    100,00

    -

    Votants

    21 694 563

    76,97

    -

    Abstentions

    6 490 915

    23,03

    -

    Blancs et nuls

    569 509

    2,02

    -

    Exprimés

    21 125 054

    74,95

    100,00

    Le général de Gaulle a voulu présidentialiser la constitution. Le Canard enchaîné", à l'époque, publiait une rubrique intitulée "La Cour". "Le Roi, y était-il écrit, est passé maître dans le jeu oblique et pipé des oui et des non. Il s'en est servi plusieurs fois spécialement ce 28 octobre 1962 pour faire adhérer le peuple à la réformation de la dévolution du trône."

    Avec l’élection au suffrage universel direct,  la Ve République devait donner à de Gaulle et à ses successeurs la légitimité et les assises nécessaires à un rôle d' arbitre au dessus des partis. Le Président de la République est  réduit à des fonctions régaliennes lors des cohabitations. Toutefois  il est  puissant car préservé par le "fusible" primo-ministériel lorsque le parti dont il est issu est majoritaire mais n’apparaît plus dans sa fonction d’arbitre.  Le quinquennat a complètement effacé cette fonction pour faire du Président un chef de parti et a favorisé le bipartisme avec ses alliances électorales. En outre, notre république a pris une allure bananière avec la succession des scandales politico-financiers et, malgré des déclarations de principe, une moralisation des mœurs politiques qui reste en panne.

    Aujourd’hui, un journal en ligne qui fait du lobbying ultralibéral pose la question : dans quel état serait la France si François Hollande n’avait pas les institutions de la Ve pour le protéger ? Nous ne partageons pas l’analyse bien entendue orientée de cet organe de propagande mais nous acceptons une phrase de David Valence : « Nous avons désormais à l’Élysée une sorte de chef de parti avec les pouvoirs d'un super-Président ».

    Mettre fin à la «tour d'ivoire présidentielle »… C’est la formule employé par Bastien François dans un article du Monde. La sur-présidentialisation française du système politique  n'a pas d'équivalent en Europe et n'est plus en phase avec la société actuelle. L'exercice solitaire du pouvoir a subi une dérive monarchique présidentielle et laisse de côté des électeurs trompés par le vote utile en faisant monter le nombre abstentionnistes. De cette désertion des urnes, le Front National pourrait profiter demain avec une légitimité de façade qui serait la conséquence de l’abstentionnisme et du vote « utile ».

    Pour sauver la démocratie, il faudra rendre au Parlement son pouvoir législatif et au gouvernement tout le pouvoir exécutif. Le Parlement avec des majorités gouvernementale et présidentielle n’est plus qu’une chambre d’enregistrement des projets du Président. Dans «L'Humain d'abord», livret-programme du Front de Gauche pour la présidentielle de 2012,  il est question de défendre «le régime parlementaire et restaurer la balance des pouvoir». Le Parlement doit opérer un contrôle permanent du gouvernement, avec des moyens renforcés. «On peut notamment envisager que les conditions de la motion de censure soient modifiées, et que celle-ci soit adoptée à la majorité relative et non plus à la majorité absolue», suppose Jean Garrigues. Il faut aussi que l’Assemblée nationale soit plus représentatives des voix plurielles des citoyens en introduisant la proportionnelle dans le mode de scrutin pour éviter le bipartisme et ses alliances aux quelles on distribue des sièges alors que des partis en ont peu ou pas malgré des résultats meilleurs.  Il faudra s’appuyer sur la participation citoyennecomme le propose le Front de gaucheet notamment par voie référendaire. Enfin il reste nécessaire d’instaurer davantage de transparence.

    Aujourd’hui est donc le jour d’anniversaire du référendum instaurant l’élection du Président de la république au suffrage universel direct. Nous le marquons pour souhaiter la constitution d’une Sixième république afin de dire demain : « Le Président-roi est mort ! Vive le Président citoyen ! »

    Fucone

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  • Hollande_copé_sarko

    51% des Français ne font pas confiance à Jean-François Copé "pour faire en sorte que l'UMP soit le principal opposant à François Hollande et au gouvernement", 62% jugent qu'il n'est pas à même de « définir une politique meilleure que celle du gouvernement ». Enfin une écrasante majorité de Français (78%) ne lui font confiance ni « pour lutter efficacement contre le Front national » ni « pour apaiser les tensions au sein de l'UMP (80%) ». Quarante-quatre pour cent des sondés le trouvent d'ailleurs "trop à droite". Il est cependant préféré à Marine Le Pen (53% contre 31%)… Qui devance-t-il  légèrement ? Le dernier de cette classe politique : François Hollande (47% Copé  contre 44% Hollande).

    Nous n’avons pas une grande confiance dans les sondages, mais celui de BVA[1] (publié ce jour  par Aujourd'hui en France/Le Parisien) est significatif de l’impopularité de l’actuel Président de la république. Pour être derrière Jean-François Copé, il faut faire une politique de droite en étant élu par le peuple de gauche.

    Chacun de ces deux « futurs adversaires aux prochaines Présidentielles » fait de la surenchère politique notamment en matière d’immigration. François Hollande a chargé des basses œuvres son Ministre de l’Intérieur qu’il soutient lorsque celui-ci est en difficulté. Nous l’avons vu avec l’affaire Léonarda et sa mauvaise gestion au plus haut niveau de l’Etat. Jean-François Copé en profite pour « réagir fébrilement » (Ce n’est pas nous qui le disons mais Alain Juppé) en proposant dans les 24 heures une loi remettant en cause le droit du sol. Cette proposition de loi passe outre la complexité du problème sans concertation avec des collèges de juristes, alors qu’elle nécessite un débat serein (C’est encore Alain Juppé qui l’a dit).  Elle apparaît donc comme une des péripéties électorales de la lepénisation du débat public avant les élections municipales.  Ainsi, en quête d’un « feu de consolation » des Primaires manquées de l’UMP et pour ne pas se laisser déborder par Fillon,  Jean-François Copé joue avec la flamme du FN en abordant frontalement un sujet délicat et sensible. En voulant revenir sur le droit au sol comme règle républicaine immuable,  il veut toucher à un pilier de la république française et rejoint la politique xénophobe du Front National.

    L’affaire Léonarda a révélé une fois encore  les personnalités du Président de la République et de son adversaire putatif. Il n’est donc pas étonnant de les retrouver coude à coude non pas au sommet des sondages mais en bas du tableau. Pour ce qui est de la politique sociale, on concédera à François Hollande que Jean-François Copé pourrait faire comme lui ou pire.

    En ce qui concerne l’actualité du gouvernement, c’est toujours la politique d’un grand pas antisocial en avant et du petit pas prudent en arrière. Après avoir annoncer le projet de taxe de produits d’épargne touchant les petits épargnants, le PEL et le PEA seront « épargnés » par la nouvelle loi , c’est-à-dire ne seront pas concernés  par le  taux unique de 15 ;5%.

    Ségolène Royal a posé dans une longue robe blanche, drapeau tricolore en main à la manière du tableau de Delacroix, "La Liberté guidant le peuple". L’ex-compagne de François Hollande  illustre de façon ridicule un sondage BVA[2] pour Le Parisien magazine, en partenariat avec BFMTV, sur le courage des hommes politiques. Et la réponse est cinglante à l’adresse des élus: 8 sur 10 (78%) des gens sondés  estiment qu’ils en manquent (54%) ou n’en n’ont pas du tout (24%). François Hollande y apparaît encore en bas du tableau et ce n’est pas l’engagement de notre armée au Mali qui lui a fait remonter sa mauvaise côte auprès des Français. Seuls 8% des sondés lui accordent du courage et pour 70% il est un « mauvais président ».

    Sans doute, pour François Hollande, le courage eût été de respecter ses promesses et en premier lieu celle du « changement maintenant ». En tournant le dos à la Gauche, il fait évoluer la démocratie sociale vers la droite libérale, tout en gouvernant avec des arguties d’énarque coulé dans le moule de cette grande école réactionnaire. Il continue à prédire l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année alors que le nombre des demandeurs d’emplois a bondi de 60.000 en septembre après un mois d’août faussé par une énorme erreur informatique. Au mois de septembre Pôle emploi a recensé 5,1 millions d’inscrits. En Corse le taux de chômage a dépassé les 14%. Malgré tout cela, François parle d’une décélération du chômage pour éviter de parler d’une « hausse en baisse ». « Inverser la courbe du chômage », voilà une vision déshumanisée de ce fléau social. Les chômeurs n’ont pas les yeux rivés sur la courbe du chômage qui, en fait, est plutôt une ligne toujours ascendante mais ils les ont sur les créations d’emplois et les plans de licenciements boursiers. François Hollande aime inverser les choses. Son quinquennat « inversé » (comme il le dit) est une perversion de la Gauche. Tout dépend comment on le comprend. « Inversé » signifie aussi « à l’inverse » d’une politique sociale alors que l’on attendait des actes à l’inverse de la politique de Nicolas Sarkozy. Va-t-il inverser sa politique pour des raisons électorales à l’approche de 2017 ? Toutes ces inversions donnent le tournis et, à force de faire la girouette, il finira par perdre définitivement le cap à gauche pour s’échouer avec la droite sur le récif du Front National.

    Les électeurs se contenteront-ils encore et encore de faire le choix du « moins pire » alors qu’ils aspirent à un mieux ? Se désintéresseront-ils des urnes au détriment de la démocratie pour laisser le champ libre à des majorités squelettiques nées d’arrangements entre des partis politiques qui ont posé  leurs ventouses sur la république ? Continueront-ils à croire le politiquement correct qu’on leur sert pour le Front national avant de les appeler à un vote républicain contre le même Front national mais aussi contre les mouvements que les média appellent l’extrême-gauche et qui constituent le dernier carré d’une alternative sociale et écologique ? Plutôt que l’abstention ou le vote « utile » quand cela arrange l’UMP ou le PS, les déçus des partis dominants et les adversaires de l’extrême-droite devraient opter pour cette alternative politique dont le Front de gauche est porteur. Il ne s’agit pas de voter pour des hommes providentiels mais pour des idées qui ont inspiré tous ceux ayant contribué à des avancées sociales et démocratiques remises en cause aujourd’hui par la droite mais aussi par le PS.  Il s’agit de constituer une Sixième république pour donner du souffle à la démocratie et sortir de l’alternance des politiques libérales et réactionnaires.

    Chaque élection peut être un pas vers plus de démocratie, plus de social, plus de liberté, plus d’égalité et plus de fraternité. Il suffit d’avoir la volonté et le courage de mettre « l’humain d’abord ».

    Pidone



    [1] Enquête effectuée les 24 et 25 octobre par internet auprès d'un échantillon de 1050 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

    [2] Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone et interrogés par Internet les 10 et 11 octobre 2013. Échantillon de 1 091 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

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