• La tombera (abattage saisonnier du cochon), le solstice d’hiver et Noël 2013 sont déjà derrière nous. Les boudins, les prisutti, les lonzi,  les figatelli et le ghialaticciu sont fabriqués. Et surtout n’évoquez pas le saucisson d’âne ! L’âne Manfarinu du conte de l’Avent écrit par Angèle Paoli pourrait venir vous mordre les fesses et vous donner son coup de pied.

    Pour l'homme de la terre corse, Noël reste une fête solsticiale, un moment magique consacré aux présages, à la transmission des "incantesimi" et à la lecture de l'avenir, dans les sauts des grains de blé, des feuilles d'olivier, chauffés sur la grille chaude du foyer, ou dans les cendres de la grande bûche. La transmission des dons des Signatore s’est faite dans les temps. Si l'on dévoile les prières ("e prigantule") du rituel, ou si on les transmet hors de la date voulue, le pouvoir est perdu. Cette date est dans toute la Corse, celle de la nuit de Noël. Dans certains endroits, on étend la période de transmission aux sept derniers jours de l'année (de Noël au jour de l'an). Les dons de la Signatora ne se limitent pas à conjurer le mauvais œil, ils soignent aussi certaines maladies auxquelles on n'attribue pas de causes magiques : piqûres d'insectes par exemple.

    Capu d’Annu ! Ce soir, on arrive au bout de l’An 2013. On s'affaire aux préparatifs pour essayer de faire mieux que l'année précédente Dans les maisons, on s’affaire et on fait l’inventaire des provisions. In palmentu (à la cave) on décroche le plus beau prisuttu (jambon corse) conservé pour l'occasion. On choisit un vin di sottu scala pour accompagner le cabri. Voilà, le grand jour est arrivé. On se rase de près et on enfile de beaux habits. Toute la famille va se réunir dans le salottu où l’on dresse une grande table réservée pour les grandes occasions. Après le repas bien arrosé, certains entonneront une paghjella, la main en forme de conque portée à l'oreille. Les plus vieux se livreront à un chjam’e rispondi en improvisant une histoire à laquelle chacun à son tour, donnera la réplique et ajoutera son épisode. On ne danse plus la tarantella, la manfarina ou la moresca mais les jeunes ont d’autres danses internationales plus modernes et vont en boîte de nuit. Bien sûr, nous leur recommandons la prudence lorsqu’ils reprendront leur véhicule car les routes corses tuent trop. Après les embrassades et les « Pace é salute », dans la fraîcheur de la nuit, la fête s'achèvera en 2014.

    Que cette nouvelle année nous préserve de l’Occhju (œil), des forces occultes et de toutes ces sorcelleries financières qui sont les causes des grands maux de notre société. En 2014, n’écoutez pas toutes les prières électorales qui ne sont que des incantations trompeuses d’un rituel ultralibéral.  « Travailler plus pour gagner plus » n’a rien de magique, pas plus que le lyrisme des anaphores présidentielles.

    Selon Albert Goshman, la magie ne se trouve pas dans la main du magicien, mais dans l’œil de celui qui regarde… Et La vraie magie, c’est quand « l’âme agit », ce qui nous amène à méditer une citation de Romain Rolland : « La fatalité, c'est l'excuse des âmes sans volonté ». La crise économique n’est pas une fatalité et le chômage non plus. Les acquis sociaux sont l’œuvre de la volonté humaine.

    Bon Annu !  Pace e salute !

    A ringraziavi di a vostra fedeltà cù e nostr'ome per u 2014…

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  • Les fralib continuent inlassablement leur lutte pour leur survie et surtout pour leur devenir qui passe par la création d'une scop de production, malgré l'acharnement déployé par la multinationale Unilever pour les faire taire. Ils terminent l'année 2013 en chanson. A cette occasion,  Manca alternativa renouvelle son soutien à leur lutte sociale exemplaire et leur souhaite  un succès complet  dans leur combat pour la dignité et le travail, en 2014.

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  • Les traumatisés de la quenelle sont déjà nombreux : gluante dans sa sauce fluo à la cantine de l’école, elle est souvent maltraitée dans la restauration collective ! Voilà que Dieudonné en a fait un sujet de polémique en se gardant bien d’en donner sa vraie recette médiatique.  Il s’agirait d’un geste à la fois antisystème et antisioniste, une sorte de bras d’honneur si on en croit un de ses commentaires sur le sujet lorsqu’il a dévoilé son intention : « glisser une quenelle dans le fond du fion du sionisme ». Est-ce un salut nazi inversé ou pas? l’ambiguïté est entretenue par les dérives antisémites de l’humoriste et sa proximité avec l’extrême-droite. Pour autant est-il le seul responsable de la montée des idées xénophobes de cette extrême-droite ? Assurément pas même si sa quenelle est devenue un sport répandu parce que le racisme et la xénophobie progressent jusque dans les milieux sportifs. Non seulement le racisme progresse mais il s’affiche de plus en plus ouvertement. Que faut-il faire pour inverser cette tendance nauséabonde ? D’abord, c’est une évidence : sortir de la crise et du chômage. Ensuite ne plus propager un sentiment d’insécurité en désignant des boucs émissaires. Enfin il reste un travail constant d’information auprès des jeunes pour éviter qu’ils perpétuent la haine inoculée par des parents comme ceux de cette fillette qui a offert une banane à Christiane Taubira.  Cette banane reprise par le journal d’extrême-droite « Minute » ne vaut pas mieux que la quenelle,  plat de résistance de Dieudonné. Que dirait-il si une gamine lui offrait une banane comme dessert ?  

    Des millions de gens ont pratiqué le salut nazi en Allemagne et ailleurs. D’autres singent Dieudonné qui devrait se sentir visé par la banane de la honte. Tout cela est bête et méchant. Faut-il interdire la quenelle et la banane ? Certainement pas dans nos menus. Par contre il faut dénoncer le racisme rampant et l’antisémitisme si proche de l’idéologie nazie.

    Les propos tenus par Dieudonné sur le journaliste Patrick Cohen et ses multiples condamnations pour propos antisémites ne plaident pas en la faveur d’une quenelle sans arrière-pensée antisémite. Au théâtre de la Main d’or, ce triste humoriste a dit « « Moi, tu vois, quand je l'entends parler, Patrick Cohen, j'me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage » : une ellipse qui ne laisse aucun doute sur le caractère antisémite du propos.

    Il peut expliquer qu’il est antisioniste, antisystème et que sa quenelle est un bras d’honneur, mais, derrière la grossièreté du geste, on trouve la haine. Ce n’est même pas de l’humour noir, c’est de la propagande haineuse à l’attention d’une clientèle en majorité raciste et xénophobe. C’est un humour agressif, négationniste et malveillant. Il est à craindre qu’une interdiction administrative prônée par le Ministre de l’Intérieur se termine par son annulation devant un tribunal et soit l’occasion d’une nouvelle tribune pour ce camelot de l’humour qui a trouvé son fond de commerce en se faisant de la promotion gratuite grâce à des provocations. Faut-il prendre le risque de victimiser un provocateur et de lui faire de la publicité ? Si l’intention du Ministre de l’Intérieur paraît hasardeuse, il existe en revanche des lois réprimant les propos racistes et antisémites. Elles doivent être appliquées dans toute leur rigueur.  Dans le cas où Dieudonné ne réglerait pas les amendes, ses cachets pourraient faire l’objet de saisies. Il paraît que l’argent n’a pas d’odeur.

    Fucone

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  • Le père Noël est passé et n’a pas inversé la courbe du chômage, malgré ce qui a pu être dit. Pour que la courbe s’inverse, il faudrait que le chômage diminue, ce qui n’est pas le cas. Elle n'a que légèrement « infléchi ». Donc il ne s’agit que d’un ralentissement de l’augmentation des demandeurs d’emplois et il peut n’être que conjoncturelle. La droite se gausse de cette promesse d’inversion de courbe et le gouvernement fait le dos rond. Pourtant, l’UMP et le PS ont la même politique économique et sociale. On peut même penser qu’il n’y aurait même pas de fléchissement avec cette droite qui n’aurait pas créé d’emplois aidés. Aujourd’hui, on dénombre 400 000 emplois aidés en France qui coûtent cinq milliards au budget de l’État. Même lorsque l’on parle de fléchissement, il faut savoir que le constat est établi sur les chiffres de Pôle Emploi et ne concerne que la catégorie A, c’est-à-dire celle des personnes qui n’ont exercé aucune activité dans le mois et sont activement à la recherche d’un travail. Ils sont 3 293 000 chômeurs en novembre avec une hausse de 0,5% soit 17800 inscrits de plus à Pôle Emploi : une nouvelle poussée  qui intervient après un mois d’octobre qui avait vu le nombre de demandeurs d’emploi diminuer de 20 500 personnes soit une baisse de 0,6 %. Un chiffre d’octobre plutôt bon qui intervenait après une progression ininterrompue du chômage depuis avril dernier. Rien n'est donc acquis.

    La statistique officielle n’inclut pas tous les chômeurs. Déjà si on reprend les chiffres de toutes les catégories, le Ministère du Travail a publié ce communiqué :

    Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégories B et C s’établit à 1 583 100 en France métropolitaine fin novembre 2013. En novembre, le nombre de ceux de catégorie B est en baisse de 3,1 % (+4,2 % sur un an) et le nombre de ceux de catégorie C diminue de 0,4 % (+8,2 % sur un an).

    Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégories A, B, C s’établit à 4 876 100 en France métropolitaine fin novembre 2013 (5 174 300 en France y compris Dom). Ce nombre est en baisse de 0,1 % (-6 900) au mois de novembre. Sur un an, il augmente de 5,9 %.

    Le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi en catégories D et E s’établit à 659 900 en France métropolitaine fin novembre 2013. En novembre, le nombre d’inscrits en catégorie D est en hausse de 0,9 % et le nombre d’inscrits en catégorie E augmente de 3,1 %.

    Le Ministère du Travail ne comptabilise pas les chômeurs qui ne sont plus ou pas inscrits à Pôle emploi. De son côté l’Insee publie tous les trimestres des chiffres basés sur un « échantillon » de 100 000 personnes et qui concernent toutes les personnes de plus de 15 ans, disponibles, cherchant du boulot et qui n’ont pas travaillé et peu importe qu’elles soient inscrites à Pôle Emploi.

    Selon les calculs récents de l’Insee, la croissance  trop faible dans les mois à venir n’inversera pas la courbe du chômage. Elle ne dépasserait pas 0,2 % sur l’ensemble de 2013 et se limiterait à ce chiffre aux premier et deuxième trimestres 2014. Il faudrait 1,5 % de hausse du PIB pour simplement stabiliser le chômage et 1,8 % pour le faire reculer. Le chômage restera, selon l’Insee, à 10,5 % de la population active en métropole jusqu’à la fin du premier semestre 2014... Et la courbe devrait repartir à la hausse pour atteindre 10,6 % mi-2014 voire 11 % en fin d’année prochaine. Les emplois aidés et le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) ne suffiraient pas pour inverser la tendance, pas d’avantage les 40 000 places de formation annoncées dès début 2014 pour les chômeurs. Ce n’est pas en faisant sortir temporairement des staistiques de Pôle Emploi ces chômeurs en formation que l’on traitera le problème de fond dans lequel il faut inclure les licenciements boursiers, le dumping social et la politique ultralibérale imposée par la Troïka.

    La publication « Demandeurs d’emploi inscrits et offres collectées par Pôle emploi en décembre 2013 » paraîtra le lundi 27 janvier 2014 à 18 heures. Elle fera l’objet de faux discours, des pronostics, des joutes verbales, des satisfécits, des critiques virulentes… et beaucoup de mauvaise foi de part et d’autre. Pour l’heure, nous sommes toujours dans une aggravation du chômage qui est traité comme un mal endémique dont on refuse les bons remèdes. Il faut croire que ce mal est nécessaire à l’enrichissement du monde de la Finance et à tous ceux qui profitent du dumping social.

    Pidone

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  • 45 indignati avaient occupé pendant plusieurs semaines les aéroports de Bastia et d’Ajaccio. Travailleurs saisonniers, ils revendiquaient leur intégration dans la compagnie Air France. Nous avions en son temps suivi leur lutte exemplaire et rencontré plusieurs d’entre eux à l’aéroport d’Ajaccio. Nous avions également diffusé plusieurs interviewes sur notre site Manca alternativa*.

    En mars 2012, la cours d’appel de Bastia devait rejeter la demande d’intégration  au sein de la compagnie aérienne, tout en octroyant aux indignati des indemnités allant de 9.000 à 14.000 euros. Rappelons que la plupart de ces salariés n’ont toujours pas trouvé de travail et sont dans une situation précaire. Aussi, la décision de la cour de cassation d’Aix-en-Provence, de ce mardi 24 décembre 2013, leur apporte une grande bouffée d’air frais et quelques motifs de satisfaction. En effet, le jugement annule toutes les décisions de la cour d’appel de Bastia. Il se prononce pour l’intégration en CDI des 17 indignati de Bastia, dans la société Air France. En outre, la compagnie aérienne devra verser 15 millions d’euros d’astreinte, conformément aux décisions des prudhommes. Un nouveau jugement devrait être prononcé, probablement dans le même sens, pour les 28 indignati d’Ajaccio.

    Air France prend acte de la décision de la cour de cassation d’Aix-en-Provence et se dit prête à s’y conformer, tout en n’excluant pas la possibilité de faire rejuger l’affaire.

    Toutefois, nous saluons la décision qui a été prise et nous renouvelons notre soutien aux jeunes indignati de Bastia et d’Ajaccio. E una grande vittoria.

    Cumplimenti.

    * voir vidéos : http://www.youtube.com/watch?v=MfxodmKw0PU#t=33

                          http://www.youtube.com/watch?v=J5oSTZaM-P4

                          http://www.youtube.com/watch?v=jpMkd9tqzWA

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  • Depuis des mois notre président nous  prend la tête en nous assurant, avec une conviction sidérale, que la courbe du chômage connaîtra une inversion significative, avant la fin de l’année 2013. Manque de pot pour lui et pour les chômeurs, les chiffres pour novembre infirment ses prédictions, à l’exception d’une timide embellie en octobre. La courbe du chômage continue allègrement son ascension. Les principaux clignotants sont dans le rouge : chômage des jeunes, chômage des séniors, chômage de longue durée. Résultats : 3,29 millions de demandeurs d’emploi. Un record. François Hollande et son gouvernement auront-ils la lucidité et le courage politique de reconnaître l’ampleur du problème, de sortir de l’incantation et d’examiner enfin les vraies causes du chômage ? Aux dernières nouvelles il semblerait que non. Nos gouvernants persistent et signent. Ils maintiennent le cap et demeurent convaincus que leur pari sera gagné tôt ou tard. Comme l’a dit sans rire, Michel Sapin, ministre du Travail, les chiffres de novembre ne sont pas significatifs. Ils sont dus à la « volatilité des données de Pôle emploi » !

    Alors devant ce nouvel échec, les réactions sont nombreuses. La droite exulte et tombe à bras raccourcis  sur le gouvernement socialiste. Au passage, disons qu’elle a la mémoire courte. La politique d’austérité qu’elle a menée sous le règne de Sarkozy y est grandement pour quelque chose. Le Front national en profite pour en rajouter une louche. Le Medef voit dans la montée du chômage des charges sociales trop lourdes et des impôts trop élevés. De qui se moque-t-il ? A quoi ont servi les dizaines de milliards d’exonérations de charges sociales et les baisses substantielles d’impôts sur les sociétés accordées au cours de ces dernières années ?  Mais qu’à cela ne tienne, ce même Medef a l’outrecuidance d'en demander toujours plus. Comme on dit à Marseille : "Tous les couillons vont à la ville ".

    Il est grand temps que le gouvernement socialiste ouvre enfin les yeux. Le chômage puise ses racines dans la politique d’austérité imposée par la Troïka. On peut en mesurer  aujourd’hui les immenses dégâts en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Italie et en France. Continuer dans cette voie, c’est conduire le pays au désastre social et économique. Il est grand temps de tourner le dos à cette politique ultralibérale, contraire aux intérêts des plus larges couches de la population. Un pays ne se mène pas avec de bonnes ou de mauvaises  blagues.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • La Fédération Générale du Travail de Belgique  (FGTB) de Charleroi-Sud Hainaut a publié un document présentant les dix objectifs d’un programme anticapitaliste d’urgence et appelle à un changement de cap maintenant. Ce document montre la convergence des idées qui a conduit à la création du parti de la gauche européenne. Ce syndicat belge a un slogan unificateur « Ensemble, on est plus fort ! ». « Ensemble » est le nom pris par le troisième pilier du Front de gauche, auquel Manca alternativa participe au sein de la FASE. Nous nous devions de publier ce document qui démontre que notre combat politique et social n’est pas  isolé dans l’Union européenne. Pour le lire cliquer ci-dessous…

    http://www.lcr-lagauche.org/d/10-objectifs-web.pdf

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