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    Dans le dossier SNCM, l’Etat n’a cessé de jouer la montre et pratiquer la douche écossaise. Le conseil de surveillance de la compagnie nationale n’a pas donné mandat au directoire pour  passer commande de deux nouveaux navires promis pour assurer le développement de la compagnie maritime qui a perdu son plus beau fleuron le Napoléon Bonaparte. L’actionnaire majoritaire Transdev (donc Véolia et la caisse des dépôts) a voté contre et l’Etat s’est abstenu prétextant que le financement n’est pas bouclé au lieu de signer une lettre d’intention sous réserve de bouclage du financement. Cette abstention peut être lourde de conséquence si la situation se reproduit au prochain conseil de surveillance prévu le 7 mars sous la pression des élus salariés. Si de nouvelles tergiversations se reproduisent, la SNCM ne disposera pas d’un nouveau navire en mai 2016 qui est l’échéance fixée pour un premier nouveau navire par la délégation de service public. <o:p></o:p>

    On constate que, en dehors de déclarations de soutien, le premier ministre et le Chef de l’Etat ne s’engagent pas dès qu’il s’agit de financement. L’urgent semble toujours d’attendre comme le fait un joueur lorsqu’il remplit sa grille de loto. Le problème est de savoir qui seront les gagnants et qui seront les perdants Est-ce que le résultat du tirage arrivera après les Municipales ?<o:p></o:p>

    Si les salariés de la SNCM et leurs syndicats ne sont pas contents de la lenteur de la mise en œuvre des promesses faites et des accords signés, la CGT du chantier naval STX de Saint-Nazaire ne décolère pas depuis ce conseil de surveillance qui jette à nouveau le froid. . « C’est scandaleux, cela démontre qu’il n’y a aucune volonté politique pour faire renouveler la flotte de la SNCM, et donc d’assurer son avenir » a commenté Joël Cadoret, représentant de ce syndicat.  Se pourrait-il que, si commende il y a, elle échappe au chantier nazairien ? D’autres chantiers sont-ils postulants à l’appel d’offre comme celui en Finlande ? On voit que la bataille navale est engagée sur plusieurs fronts.<o:p></o:p>

    Les salariés de la SNCM ne se laisseront pas mener en bateau par l’Etat et Véolia. Alors que les syndicats appellent  une décision claire de l’État pour aboutir le 7 mars à une commande en bonne et due forme promise aux chantiers navals de Saint-Nazaire, Antoine Frérot, le PDG de Véolia, lance une nouvelle pierre dans la marre. Même lorsque la coupe est pleine à déborder, il est coutumier de ce type de proposition en espérant faire des ricochés médiatiques. Il propose tout benoîtement le placement en redressement judiciaire de la SNCM pour son bien et son avenir.  Cette procédure collective est en général prononcée par le Tribunal de commerce lorsque la cessation de paiement est constatée par des inscriptions de créances non apurées, soit sur dépôt de bilan soit sur assignation d’un créancier.  C’est alors un administrateur judiciaire qui prend en main la destinée de l’entreprise et cela se termine le plus souvent par une liquidation judiciaire avec vente de tous les actifs pour régler le passif. Hors si la SNCM se retrouve en état de cessation de paiement, ce sera de la responsabilité des actionnaires et de l’Etat. Ce serait aussi, pour eux, la façon la moins courageuse, de se défaire de la compagnie maritime et de la céder au plus offrant. On se souvient que le même Antoine Frérot avait déjà fait de la provocation en proposant la SNCM à l’euro symbolique. Il la qualifie de boulet pour Véolia. Il est depuis longtemps favorable à un dépôt de bilan qu’il cherche à obtenir. Il est l’un des artisans du naufrage de la SNCM en demandant constamment l’intervention du Tribunal de commerce pour, in fine, procéder à sa liquidation.<o:p></o:p>

    Antoine Frérot, faux-frère d’Henri Proglio qu’il désapprouve,  vient d’être reconduit à la tête de Véolia. Il a ajouté au dépôt de bilan souhaité la réduction de l’activité de la SNCM aux trajets entre Marseille et la Corse, en laissant ainsi les ports de Toulon et de Nice à la Corsica ferries. <o:p></o:p>

    L’histoire de la SNCM n’aura été qu’un grand gâchis depuis sa privatisation débutée avec un fonds d’investissement amené par de Villepin, avant l’entrée forcée de Véolia dirigé par son ancien PDG, Henri Proglio, proche de la droite et enfin le désengagement voulu de Véolia sous l’impulsion d’un nouveau PDG Antoine Frérot qui  refuse toujours de payer pour une société que son prédécesseur aurait reprise sous la pression de l’Etat, c’est-à-dire de Chirac et de Villepin. Enrico Porsia avait écrit à ce sujet dans un article sur son site Bakshish : « La tentative de liquider purement et simplement la compagnie nationale arriva, ensuite, avec le gouvernement De Villepin. Ce dernier avait imaginé  de privatiser la SNCM en la confiant à Butler Capital Partners un fond d'investissement très proche de l'ancien premier ministre, qui envisageait purement et simplement de revendre par étages l'entreprise en récupérant une confortable plus-value en passant. Face à la mobilisation des salariés et face au risque de voir Marseille et la Corse s'embraser, le gouvernement avait changé son programme : Veolia devint l'actionnaire principal de la compagnie, désormais privatisée dans des conditions plus qu'opaques. Face aux pressions amicales exercées par de Villepin et même par le président Chirac, Henri Proglio, à l'époque patron de Veolia, avait accepté », mais «  ni Transdev ni Veolia ne sont solidaires des engagements de Proglio » reste le leitmotiv d’Alain Frérot. Il reste à savoir si François Hollande va être solidaire de ses prédécesseurs ou tenir la parole donnée aux salariés.<o:p></o:p>

    La CGT dénonce depuis des années les manigances commerciales et politiques pour liquider leur compagnie. La responsabilité de l’Etat est grande dans la situation actuelle. Si la droite a une part trouble de cette responsabilité, l’attitude de François Hollande et de son premier ministre apparaît de plus en plus fuyante et questionne les syndicats sur leurs réelles intentions. L’actualité a fourni ses légions de salariés trompés dans le secteur industriel, il ne faudrait pas que cela devienne une habitude au sein de l’Etat dont les représentants ont tendance à appliquer l’adage « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».<o:p></o:p>

    Le journaliste indépendant AlainVerdi a consacré de nombreux articles à l’affaire SNCM sur son site « Pericoloso sporgersi » et les éléments rassemblés montrent l’ampleur des manigances qui ont conduit la SNCM dans la situation actuelle.

    Rendez-vous donc au 7 mars prochain ! Quelle décision sortira du Conseil de surveillance ? L’Etat et Véolia doivent tenir leurs engagements. C’est la seule issue acceptable. <o:p></o:p>

    Matelone<o:p></o:p>

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  • Des transports publics gratuits à Ajaccio ?

    C’est possible et souhaitable

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    Manca alternativa  a ouvert un débat sur les grandes questions qui préoccupent la Corse : l’emploi, en particulier l’emploi des jeunes, l’économie solidaire, l’agriculture, le tourisme, la spéculation foncière et immobilière, l’environnement, etc. Des groupes de travail ont été constitués, notamment sur les transports urbains et leur gratuité, la gestion publique de l’eau, l’environnement, la culture et l’associatif. Ces groupes de travail sont en liaison directe avec la population, grâce un système de va et vient qui devrait permettre l’élaboration de propositions concrètes. Parmi les thèmes en discussion, il y a la question des transports urbains et interurbains et leur gratuité. Sur le continent une vingtaine de villes et d’agglomérations de villes ont résolu le problème dans un sens positif. Nous sommes allés voir comment ça fonctionne dans le pays d’Aubagne et de l’Etoile et comment divers problèmes ont été résolus, entre autres celui du financement. Reportage. 

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  • Manca alternativa suit attentivement et soutient les salariés de Fralib dans leur lutte pour le redémarrage de leur usine de Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône, malgré l'indécente opposition du groupe Unilever. Leur objectif étant de créer une coopérative ouvrière de production. Nous avons déjà eu l'occasion de montrer à plusieurs reprises des moments de cette lutte, en réalisant plusieurs interviews sur le terrain. Nous diffusons trois vidéos sur une action originale qui a été menée dans un supermarché. Des clowns demandent le retrait des produits Lipton des rayons, car, affirment-ils, ces produits contiendraient des "traces de viande d'ouvriers français ! "

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    Communiqué du Parti de gauche et de Manca alternativa

    Les élections municipales approchent. C’est dans un mois. De ci de là on s’agite, on grenouille, on palabre. On noue des alliances au gré des circonstances et surtout des ambitions personnelles. On s’allie parfois avec le diable, (on fait des alliances contre nature comme à Porto-Vecchio, alliance naguère vilipendée). On peut dire que toute cette agitation ne se fait pas toujours dans la clarté, mais relève plutôt de la sempiternelle « pulitichella » qui pollue depuis bien des lustres l’atmosphère de la Corse et sans doute bien au-delà.

    Le Front de Gauche, qui a suscité tant d’espoirs aux Présidentielles, et à Ajaccio avec un score de 9.56%, partisan d’une autre politique autour de son programme « l’humain d’abord » et de sa lutte contre la droite et le capitalisme et dont on aurait pu espérer mobilisation, engagement et clarté politique, ne présentera aucune liste en Corse. Le rassemblement au premier tour pour créer un rapport de force à gauche de ses trois composantes organisées, (le Parti Communiste, le Parti de Gauche et le mouvement Ensemble avec Manca alternativa) n’aura pas lieu. Comme dans plus de 200 villes de plus de 20 000 habitants en France, c’est la confusion qui va régner.

    En Corse, à Ajaccio, le Parti Communiste a préféré l’alliance avec la « Gauche Plurielle », le PS, Corse Sociale Démocrate et bien au-delà, allant des écologistes à la droite en passant par les nationalistes. A Bastia, l’alliance s’est faite avec les Radicaux et enfin à Porto-Vecchio avec les nationalistes. Les nationalistes pour qui, la droite et la gauche sont la même chose, espèrent à Porto-Vecchio et avec l’appui des communistes battre le vieux clan de droite. A Bastia, ils espèrent avec d’autres appuis battre la coalition dite « Radicalo-Communiste ». Bonjour la confusion…

    Pour Manca alternativa, (Ensemble) et le Parti de Gauche, composantes du Front de Gauche, il s’agit d’une erreur tout à la fois politique et stratégique et cette situation confuse traduit et aggrave la crise de la représentation politique qui caractérise la situation dans le pays, le désarroi dans l’électorat de gauche et permet au Front National de rassembler sur la désespérance.

    Manca alternativa (Ensemble) et le Parti de Gauche tiennent à se dissocier de cette confusion politique. Nous sommes pour travailler à l’émergence d'une vraie alternative unitaire à gauche et anti austérité, tant au plan national que local, parce qu’en fin de compte tout est lié. Une occasion de clarification politique à gauche a été perdue et tout cela, nous le regrettons, n’est pas un modèle de clarté pour les électeurs du Front de Gauche et les déçus du Parti socialiste..

    Ces élections seront donc marquées du sceau de la confusion politique et il faudra, pour les européennes qui arrivent immédiatement après les municipales, redoubler d’efforts et restaurer la confiance pour mettre la barre et le cap résolument à gauche  et ainsi intervenir en toute clarté contre le social-libéralisme européen et la politique tout aussi réactionnaire de François Hollande et de son gouvernement.            

    Nous nous prononçons pour un programme clair, tel que porté par " l'humain d'abord ", qui réponde aux besoins et aux préoccupations de la grande majorité des habitants de nos communes.

    Osons inventer l'avenir. Les grandes lignes du programme que nous voulons défendre avec les citoyens s’articulent autour de huit grands thèmes : les transports publics et leur gratuité, la gestion publique de l'eau en régie, le logement social, la défense et le renforcement des services publics, la défense du monde culturel et associatif, la lutte contre la spéculation foncière et immobilière, la protection de l'environnement et enfin les emplois utiles. 

    L'union est un combat, restons mobilisés.

    Ajaccio, Le 26 février 2014

     

                             

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  • Le squale a quitté les bas-fonds de la république et refait surface dans les médias pour rapporter les voix des sirènes mais de quelles sirènes s’agit-il lorsque l’on connaît ses liens politiques et son ascension professionnelle dans l’ombre de Sarkozy ?

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    L'ancien patron de la DCRI profite de son procès sur les fadettes d’un journaliste du Monde et de sa comparution  le 18 février dernier devant le tribunal correctionnel de Paris, pour faire la promotion d’un livre, coécrit avec Etienne Pellot, au titre de "Renseignement français : nouveaux enjeux ». Le tribunal a requis une amende de 5000€ et donc il faut bien faire fonctionner le tiroir caisse. Alors, pour cela, on donne à la presse du sensationnel maîtrisé. Il a balancé les noms de deux informateurs corses… décédés. En dehors de salir leurs mémoires, il ne met donc pas en jeu leurs vies mais ne ménage pas leurs familles et leurs amis. Par ailleurs, a-t-il demandé l’avis des fonctionnaires de police qui traitaient avec eux.  Il reconnaissait dans un entretien « n’avoir pas supervisé le traitement de cette source » en parlant de Jean Nivaggioni. Il semble que ce haut fonctionnaire ait violé le secret promis sans aucun doute aux informateurs. Ce n’est pas l’attitude d’un policier qui se respecte. Il faut dire que le Squale se voit reprocher d’avoir violé le secret de la correspondance d’un journaliste pour identifier ses sources. Comme les policiers, les journalistes se doivent de protéger leurs sources et de ne pas jeter en pâture ceux à qui ils ont promis l’anonymat. C’est valable lorsque l’informateur est encore vivant mais c’est aussi valable lorsqu’il est mort car la divulgation de sa collaboration nuit à leurs familles qui ne sont pas responsables de leurs agissements.

    Toutefois sur le plan politique, même si  ce genre de révélation est anecdotique, on se souvient qu’elle peut  provoquer l'affrontement mortel entre nationalistes et cela a débuté avec l'assassinat de Robert Sozzi en 1993. Selon certains d’entre eux, cet affrontement aurait favorisé le mouvement autonomiste à un moment (1998) où il n'avait plus de représentant à l'assemblée territoriale avec la mise en place de la coalition "Unione naziunale" pour les territoriales de 2004.  C’est que pensait déjà en juillet 1993, Jean-Pierre Santini lorsqu’il écrivait : " Le FLNC a été infiltré par des réformistes et VRAISEMBLABLEMENT AUSSI PAR DES HOMMES AU SERVICE DE L'ÉTAT FRANÇAIS. Ils se sont emparés du pouvoir par la ruse et la magouille. Ils ont détourné le FLNC de son objectif. Ils l'ont liquidé en tant qu'organisation. Ils se sont partagé ses dépouilles. Ils se sont dotés de groupes armés pour tenter d'asseoir leur influence politique dans la perspective régionaliste d'une Corse intégrée à la République française." On peut retrouver ce texte dans le livre "Independenza" qu’il vient de publier. Vu sous cet angle, on comprend mieux certaines alliances pour les Municipales 2014.

    L’attitude d’un ancien haut-fonctionnaire de la police nuit donc à la paix en Corse mais aussi au travail des policiers pour qui le renseignement est essentiel. Elle ne peut donc profiter qu’au banditisme. Les policiers ont un devoir de réserve dont Monsieur Squarcini s’affranchit. Bien sûr, il donne sa vision de l’avenir du renseignement en France mais, pour l’heure, la presse s’est surtout intéressée aux deux noms qui lui ont été donnés en pâture. Par ailleurs, il ne fait que jeter de l’huile sur  le feu entre autonomistes et indépendantistes.

    Le mensuel Corsica a fait sa Une sur les révélations de l’ancien patron des renseignements, en même temps qu’il attaquait à la Kalach Marseille avec son nouveau mensuel BBdeM. En ce qui concerne la presse locale, FR3 Corse Via Stella lui a consacré des articles et un entretien en décembre 2013 davantage tourné vers sa vision des renseignements qui s’adresse davantage aux spécialistes et aux décideurs. Plus récemment l’émission Contrastu du 23 février dernier lui a consacré un nouvel entretien avec Jean-Vitus Albertini. La promotion est assurée. En outre Bernard Squarcini est actuellement à la tête d’une société privé de sécurité. Son procès lui aura assuré une belle publicité contre une amende demandée de 5000€. Cet adepte du secret-défense sait parler lorsque ça l’arrange. Tout ce qu’il dit est à prendre avec des pincettes.

    squarcini

    Un ouvrage a été consacré en 2012 à celui qui chasse depuis plus de trente ans dans le milieu du renseignement, son élément. L'un après l'autre il a écarté tous ses rivaux. Il a dirigé le plus puissant service de contre-espionnage que la France n’ait jamais connu : la Direction centrale du renseignement intérieur. La DCRI est l'œuvre de Nicolas Sarkozy qui l'a créée le 28 juin 2008 et l'a confiée naturellement à celui qui nage dans son sillage depuis 2002. Bernard Squarcini était censé en finir avec la police politique qu'incarnaient les célèbres RG, soupçonnés de verser dans les secrets d'alcôve et les barbouzeries en tout genre. Officiellement, le "FBI à la française" devait se concentrer sur la seule défense de l'intérêt général. Au terme de l’enquête menée par les auteurs, ils affirment : c'est tout le contraire. Jamais un service de renseignement n'aura été autant instrumentalisé au profit d'un seul homme, Nicolas Sarkozy.

    Fucone

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  • Daniel Cohn-Bendit s’est bâti une carrière sur les souvenirs soixante-huitards. Dany le rouge est devenu Cohn-Bendit le vert. Il faut dire que la couleur rouge ne faisait référence qu’à la rousseur de ses cheveux qui ont blanchi au parlement européen de Strasbourg.  L’eurodéputé (ou heureux député si l’on veut) ne se plaît pas à Strasbourg et voudrait que le Parlement européen soit installé à Bruxelles et, en compensation installer dans les locaux une grande université européenne.

     «La majorité des députés européens plébiscite un siège unique du Parlement à Bruxelles», avait-il fait valoir, en jugeant «complètement anachronique» le maintien à Strasbourg du Parlement européen. Selon lui, ce  serait «tout bénef, même pour les hôtels strasbourgeois». Sans doute se voit-il chargé de cours dans cette grande université après son intrusion dans l’université Paris X en avril 2012.  Sur Europe 1, l’eurodéputé est revenu sur ce projet qu’il défend depuis plusieurs années: recentrer  le Parlement européen à Bruxelles et créer à Strasbourg un pôle universitaire.

    Il faut dire que la radio Europe N°1 lui a ouvert une tribune « L’humeur de Daniel Cohn-Bendit » dans laquelle il peut s’en donner à cœur-joie. Après Canteloup, voici Cohn-Bendit en moins marrant ! Aujourd’hui il a dénoncé le gouvernement vénézuélien et apporter son soutien aux manifestants. Il a désigné les gentils et les méchants. Il en a profité pour donner  sa vision négative de la gouvernance cubaine de feu Chavez et son successeur Madero. Il dénonce l’anticapitalisme et l’antiaméricanisme bête et méchant. Tout cela pour finalement étriller Jean-Luc Mélenchon comme étant le Chavez français qui rêvent de faire d’interminables discours à la radio et à la télévision publique comme Castro, Chavez et Maduro. Cohn-Bendit joue au billard à trois bandes pour atteindre sa cible : la gauche anticapitaliste et le Front de gauche. Il en arrive même à critiquer le point de vue de son journal libertaire préféré, Libération.

    Dernière intervention de Dany Cohn Bendit sur Europe 1 : À l'ombre de l'Ukraine, le Venezuela (Cliquer)

    Mai 68 est bien loin de ce personnage qui butine entre la France et l’Allemagne sur des fleurs écologiques. Daniel Cohn-Bendit dit aujourd'hui être favorable au capitalisme, à « une écologie qui prenne acte de l'économie de marché pour mieux la réguler ». Membre des Verts Allemands depuis 1984, il a déclaré dans L'Humanité à l'occasion de la campagne pour les élections européennes de 1999 qu’il prône un « réformisme écologico-social liée à une tradition libertaire qui est effectivement non étatique ». C’est sa façon de se dire libéral. Il a ensuite revendiqué à cette même occasion l'étiquette de « libéral-libertaire ». Lorsqu’il utilise aujourd’hui le mot libertaire, il faut traduire « libertin » si on en croit certains de ses écrits sur la sexualité des enfants. L’association « libéral » et « libertaire » est un oxymore qui joue sur le mot liberté. Le libertaire est un anarchiste.  

    L'anarchie n'est pas le désordre social mais au contraire l'ordre social absolu grâce notamment au collectivisme anticapitaliste qui contrairement à l'idée de possessions privées capitalisées, suggère l'idée de possessions individuelles ne garantissant quant à elles aucun droit de propriété concernant l'accumulation de biens non utilisés. Le projet libertaire n’a rien à voir avec une politique libérale qui organise le désordre social par la dérèglementation du travail et le libre-échange des produits et des hommes. Le capitalisme permet l’accumulation de bien non utilisés et la spéculation. Les libertaires ne reconnaissent certainement pas Cohn-Bendit comme un des leurs et il ne cesse de les ostraciser pour leur anticapitalisme. Il a du reste été élu sous la couleur verte et non pas la noire de l’anarchie.

    Daniel Cohn Bendit est un écologiste allemand de droite qui vient s’amuser de la politique en France où il est entré dans le jeu des socio-libéraux et de la Droite. Il s’est fait élire alternativement sur les listes des Verts des deux côtés du Rhin. Il a pu ainsi garder un siège de député européen depuis 1994. En se posant en défenseur de la liberté, il fait de la propagande libérale.

    Bien qu'ayant jadis dénoncé les « élections bourgeoises», il a donc entamé une carrière politique en Allemagne. En juin 2009, il s’est présenté aux élections européennes en France, au sein de la liste Europe Écologie, qui rassemblait les Verts et des personnalités proches des idées écologistes, notamment Eva Joly, Cécile Duflot, et José Bové. Il était en tête de la liste Europe Écologie pour la circonscription Île-de-France, l'ancienne magistrate Eva Joly y figurant en deuxième position. Le 2 avril 2012, il est nommé au conseil d'administration de l'université Paris-X en tant que personnalité extérieure. « Personnalité extérieure » ? Cela lui va bien et s’accorde avec le mot « entrisme » qui résume sa carrière politique chez les Verts.

    Le 23 septembre 2012, il déclare après le «non» d’EELV au traité européen qu'il « suspend son adhésion » au parti écologiste. Le 27 septembre 2012, il lance le groupe de réflexion « Europe et Écologie » pour promouvoir une « approche pragmatique mais ambitieuse » de l'Europe… « Pragmatisme » et « ambition » les mots trompeurs pour se servir du fond de commerce écologique. Ce sont ceux de la Droite libérale et de la social-démocratie des deux côtés du Rhin. Le 7 décembre  2012, il annonce officiellement avoir quitté EELV et déclare se consacrer maintenant uniquement à son groupe de réflexion. Il ne sera pas candidat aux prochaines élections européennes. A se demander si la vraie raison est que les écologistes allemands et français ne veulent plus de lui.

    En 1989, il a été nommé adjoint au maire SPD de Francfort-sur-le-Main, chargé des affaires multiculturelles. Il avait donc évolué officiellement vers la social-démocratie dans l’espoir sans doute d’obtenir un poste de ministre si le parti social-démocrate allemand remportait des élections nationales. Il est sans aucun doute avec Cécile Duflot l’un des artisans du rapprochement EELV et PS pour les élections présidentielles en France et l’entrée de ministres verts au gouvernement Ayrault.

    A 68 ans, Daniel Cohn-Bendit a donc entamé une carrière de responsable de Think tank, club de réflexion à la solde de lobbies. Du parlement européen, il passe au lobbying direct mais finalement n’est-ce pas sa véritable activité depuis longtemps ? Nul n’ignore l’influence des lobbies dans l’Union européenne. Pour qui roule-t-il ? Bien sûr pour lui-même en premier lieu. Il ne faut toutefois pas perdre de vue qu’il a choisi le camp des pro-capitalistes favorables au traité européen et, sans doute, au grand marché transatlantique « pragmatique et ambitieux ». Après le sommet de Lisbonne en novembre 2010, le Parlement européen, représentant un peuple européen qui n’existe pas, avait renouvelé à l’approche de ce sommet « son soutien à la création d'un marché transatlantique sans entraves d'ici à 2015 ». Le 11 novembre 2010, il a adopté un texte dans la continuité par exemple de la résolution du 26 mars 2009. Rappelons que le groupe Verts/ALE de José Bové, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit, avait déposé une proposition de résolution le 3 novembre 2010 dans laquelle on peut lire, par exemple, qu’il « souligne qu'un partenariat transatlantique plus étroit, pour améliorer le fonctionnement du marché transatlantique sur la base du principe d'une économie sociale de marché, est un instrument important pour canaliser la mondialisation et s'attaquer aux crises économiques et sociales d'envergure planétaire », rejoignant à quelques détails près le point 33 de la proposition de résolution du groupe S&D de Vincent Peillon datée du 29/10/10. Daniel Cohn-Bendit prône pour un atlantisme écologique. Une économie sociale de marché ? Tout un programme ! L’art de l’antinomie au service de l’hypocrisie. Comme si la loi du marché donnait des droits sociaux. A l’époque, peu de temps avant le sommet de Lisbonne, Daniel Cohn-Bendit avait commencé à injurier Jean-Marc Mélenchon qui avait répondu aux attaques outrancières sur son blog (cliquer ICI)

    Daniel Cohn-Bendit imagine un capitalisme maîtrisé et écolo pour faire la propagande du capitalisme et faire croire que la mondialisation peut être canalisée. Il veut faire d’un mal ancien la seule perspective d’avenir. Pour cela il a ces cibles privilégiées : Jean-Luc Mélenchon, le Front de gauche et tous les anticapitalistes. Il a émergé sous la bannière rouge et noir mais aujourd’hui ce mélange a donné du marron. Dany le rouge est devenu Dany le marron. Il a trouvé une formule ambigüe: « L’ennemi de mon ennemi est mon ami »  pour définir le soutien de Jean-Luc Mélenchon à Chavez contre les Etats-Unis. Le problème avec Cohn-Bendit est qu’il est l’ami de l’ennemi de la gauche et l’ennemi de l’ami de la gauche. Cet ennemi sans non que dénonçait Hollande pour se faire élire. Alors c’est sûr l’ami de l’ennemi est un ennemi et l’ennemi de l’ami est un ennemi aussi. Quoi d’extraordinaire ? Pourquoi pactiser avec l’ennemi comme le fait ce bobo voyageur? C’était le sens du combat des résistants pendant l’occupation allemande mais Daniel Cohn-Bendit est né après la guerre. Il s’est fait remarquer en mai 68 et vit sur l’image du Juif allemand interdit de séjour en France par de Gaulle.  A 19 ans, il avait choisi la nationalité allemande et n’a toujours pas voulu bénéficier de la double nationalité. A croire qu’il a un problème avec la France qui n’est pour lui qu’un terrain électoral et une source de revenus.

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    Que faire ? C’est le titre de son petit traité d'imagination politique à l'usage des Européens.  Il a choisi la bonne solution finale pour lui : ne plus se représenter aux élections européennes. Cette perspective est de bon augure pour le mouvement écologiste européen. Ce sera un défenseur du grand marché transatlantique en moins. Nous arroserons son départ entre amis devant un canon de rouge. En attendons, nous éviterons les Matinales d’Europe 1 et les diatribes d’un amuseur de plus au service de l’audimat. Il y a bien d’autres radios plus intéressantes et pour commencer celles des ondes corses.

    Battone

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  • Basta a pulitichella

    Les élections municipales approchent. C’est dans un mois. De ci de là on s’agite, on grenouille, on magouille, on palabre. On noue des alliances au gré des circonstances et surtout des ambitions personnelles. On s’allie parfois avec le diable, naguère vilipendé. On peut dire que toute cette agitation ne se fait pas toujours dans la clarté, mais relève plutôt de la sempiternelle pulitichella qui pollue depuis bien des lustres l’atmosphère de la Corse et sans doute bien au-delà. Sans entrer dans le détail, appuyons-nous sur quatre exemples significatifs. A Bastia, le Parti communiste entend rester fidèle à son alliance avec la dynastie Zuccarelli. C’est son droit, mais au passage il ne saurait se prévaloir du Front de gauche. En face de cette liste dite de gauche, il y a une liste dissidente conduite par François Tati, une autre liste à la tête de laquelle on trouve Gilles Simeoni qui rêve depuis pas mal de temps de s’emparer du pouvoir municipal et de remplacer un clan par un autre, et trois ou quatre autres petites listes. A Ajaccio, Le Parti communiste préfère le douillet confort de la liste du maire sortant à une alliance avec Manca alternativa et le Parti de gauche sous les couleurs du Front de gauche, sur la base d’un vrai programme alternatif. A Porto-Vecchio, le Parti communiste décide de s’acoquiner avec Christophe Angelini, autonomiste qui rêve lui aussi de ravir la ville à l’Ump ! Pourtant ce même parti n’a pas cessé – à juste titre – de critiquer les positions de ce dernier. Là aussi le seul souci, c’est de remplacer le clan Rocca Serra par un autre clan. Belle affaire. Enfin, il y a le cas de Sartène. Dominique Bucchini annonce sa candidature à la mairie. Là aussi, de nouvelles alliances se nouent, naguère considérées comme contre-nature. Des nationalistes feraient partie de la liste !

    Quelle réflexion peut-on avoir sur les cas cités ? Tout cela n’est pas ragoûtant. Ce n’est pas un modèle de clarté pour les électeurs. Pour sa part Manca alternativa tient à se dissocier de ces mascarades politiciennes. Elle renouvelle sa position. Pas de compromissions ni avec les représentants locaux du Parti socialiste ou autres associés, ni avec ceux dont la seule préoccupation tient en une seule phrase : « ôte-toi de là que je m’y mette ». Nous sommes pour une vraie alternative de gauche, tant au plan national que local parce que tout est lié. Nous nous prononçons pour des listes du Front de gauche avec un programme clair qui répond aux besoins et aux préoccupations de la grande majorité des habitants de nos communes. Et non pour une gestion traditionnelle, enfermée dans le carcan budgétaire  imposé par la Troïka. Quelles sont les grandes lignes de ce programme qui doit être discuté et amendé avec les citoyens ? Il sera essentiellement axé sur six grands thèmes : les transports publics et leur gratuité, la gestion publique de l’eau, le logement social, la lutte contre la spéculation foncière et immobilière, la protection de l’environnement et les emplois utiles.

    Pour conclure, nous avons envie d’écrire : les élections, quelles qu’elles soient, doivent être l’affaire du plus grand nombre et non de quelques professionnels de la politique politicienne. A casa a casta pulitica.

    Maria Maddalena Lanteri

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