• Le changement, c’est pas pour maintenant

     

    Une grande messe sur le changement climatique a débuté au Bourget, lundi 30 novembre 2015. L’objectif fixé : ne pas dépasser une augmentation de 2% de la température du globe, d’ici 2100. La conclusion se fera le 12 décembre. Qu’est-ce qu'on peut en espérer ? Pas grand-chose fondamentalement. Quelques mesures et des déclarations d’intention. Le changement, ce n’est pas pour demain. Pourquoi ? Les causes réelles de ce changement climatique sont occultées ou minimisées. Les principaux pollueurs refusent de prendre les mesures nécessaires. On pense en particulier aux Etats-Unis d’Amérique, à la Chine, au Brésil, au Canada, à l’Allemagne, à l’Inde. Prendre ces mesures serait pour eux et pour d’autres, y compris la France, remettre en cause leur propre système, et la logique qui en découle, à savoir la logique du profit immédiat. Après moi le déluge, comme disait Louis XV. Au nom de ce profit, on pollue allègrement l’atmosphère, on liquide massivement et systématiquement les forêts en Indonésie, au Brésil, au Congo, etc. On massacre l’environnement en bétonnant outrageusement les côtes, en Méditerranée par exemple. Les glaciers fondent, de même les banquises de l’Arctique et de l’Antarctique, avec pour conséquence la montée inexorable du niveau de la mer, inondant des millions d’hectares de terres et provoquant de vastes mouvements migratoires des populations habitant ces zones sinistrées. On pourrait multiplier les exemples.

    Donc, la grande messe s'achèvera sans réelle prise de décision, à la hauteur des enjeux. La plupart des pays pollueurs traîneront évidemment  les pieds, fidèles à leur dogme immuable, le fric.

    Fort heureusement, il existe sur notre planète des forces qui s’opposent à cette logique mortifère. Un mouvement pour la protection de notre environnement se met en marche.

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    Samedi et dimanche derniers, des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées pour dire : la pollution ça suffit. En France, malgré l’interdiction de manifester, imposée par le gouvernement, en raison de l’état d’urgence, des dizaines d’initiatives ont été organisées à travers le pays, en particulier sous forme de chaînes humaines, y compris à Ajaccio.
     
     
     
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    A Paris, dix mille personnes ont répondu présents à l’appel lancé par les organisateurs. Toutefois, il est à déplorer de graves incidents, place de la République où quelques dizaines d’individus masqués sont venus perturber l’initiative hautement pacifique. Des heurts violents ont eu lieu avec les forces de police. Ces dernières en ont profité pour interpeller plus de trois cents personnes qui, comme par hasard, n’avaient rien à voir avec les casseurs. D’ailleurs, on est en droit de s’interroger sur l’origine de ces individus, sur leur motivation et sur l’objectif recherché. On ne peut que condamner l’utilisation de bougies, de pots de fleurs contre les forces de police, d’autant que ces objets avaient été déposés sur la place de la République, à la mémoire des victimes des événements tragiques du 13 novembre, à Paris. 
     
     
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    Mais dans le même temps que penser de l’attitude de certains policiers qui ont piétiné le parterre de fleurs et de bougies sur la même place ? François Hollande, son gouvernement et les media ont été d’une discrétion remarquable sur le sujet. D’aucuns ont voulu montrer leurs muscles à la faveur de ces événements dans le but probable de se refaire une santé aux yeux de l’opinion publique. Il n’est pas sûr qu’ils y soient parvenus. Seul, le Front national peut se frotter les mains à quelques jours du premier tour des élections régionales.

    Pour conclure, la lutte contre le réchauffement climatique ne saurait être détachée de la lutte contre les responsables de ce même réchauffement. Une lutte sans complaisance, ni compromission avec la loi du profit et contre le système qui l’engendre. Le contraire ne serait qu’illusion.

     

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Chaine humaine à Ajaccio

     

    les trente associations, organisations syndicales et politiques, membres du Collectif Climat Corse ont pris connaissance de l’arrêté préfectoral 15-1257 du 25 novembre 2015 portant une mesure d’interdiction des manifestations sur la voie publique dans le département de Corse du Sud, du samedi 28/11/ 2015 à 0h00 jusqu’au lundi 30/11/2015 à minuit.

    L'interdiction de la marche pour le climat prévue à Ajaccio le 28 novembre 2015 ne nous fait pas renoncer à notre volonté d'être présents dans un débat qui nous concerne tous : la lutte contre le réchauffement climatique. Nous dénonçons cette interdiction comme une atteinte portée à la parole citoyenne. Nous n'acceptons pas de nous taire.

    Aussi, les huit organisations réunies, au soir du 25/11/2015 à Ajaccio, proposent à l’ensemble des membres du Collectif Climat Corse, et aux citoyens qui nous ont fait part de leur volonté d’y participer, de faire évoluer le mode d’expression initialement prévu. 

    Nous appelons donc à la formation, sans regroupement, d’une chaîne humaine qui se constituera progressivement le 28/11/2015 à partir de 10h30, depuis l’avenue du Premier Consul, côté pair, jusqu’au Cours Napoléon, toujours côté pair.

    La chaine se tiendra sur les trottoirs, sans gêner la libre circulation des personnes et des véhicules aux intersections, et passages protégés, avec le cours Napoléon au besoin en interrompant la chaine. A 11h30, au plus tard les maillons de la chaine se sépareront, sans regroupement.

    Les maillons humains de la chaine arboreront un demi-format A4 portant l’inscription ci-après leur permettant de s’identifier pour d’allonger la chaine ou s’y insérer :

    COP 21 

    Maxi + 2 degrés en 2100

     

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  • De la fin de la guerre froide à Daesh

     

    La barbarie perpétrée à Paris dépasse notre entendement. Le choc des images, en boucles sur nos écrans, la peine d’un père, d’amis  ayant perdu un ou des proches ont mis le monde en émoi. Faut-il le rappeler ? Les victimes étaient de nationalités et de confessions religieuses différentes, car les barbares ont assassiné sans faire dedistinctions. Après le deuil, le temps du questionnement. Pourquoi et comment ces incultes et arriérés, qui prêchent pour le culte de la mort, ont pu répandre l’horreur au cœur de la Capitale ?

    Comment ce nouveau fascisme a pu voir le jour et se développer ? C’est comprendre qui devient difficile, car les germes d’un tel événement se situent dans cette zone de la planète que les géopoliticiens appellent « le foyer perturbateur »(1). Aujourd’hui cette zone intègre les pays tels que : la Libye, la Syrie, l’Irak, l’ensemble de la péninsule Arabique, le Liban, Israël, la Palestine, l’Afghanistan, le Pakistan, le Mali. Depuis la fin du  XXe siècle, certains de ces pays ont été le théâtre d’interventions militaires occidentales quelquefois masquées par la « nécessaire action humanitaire » et le secours aux populations, victimes de leur propre Etat.

    « Quand l’être humain n’a pas de valeur, c’est une étrange pratique que de vouloir le sauver à coups de bombes et/ou d’armes humanitaires. » David Sanchez Rubio (2).

    Le héros a besoin d’un ennemi

    L’année 1991 marque la fin de la guerre froide et la mainmise de l’administration Américaine sur l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Le monde devient unipolaire. Allait-il enfin connaître la paix ? Rien de cela, nombreux sont les conflits, mais pour le Pentagone, la priorité est de remplacer l’URSS et d’identifier un nouvel ennemi (3). Identifier un ennemi, c’est attribuer des budgets colossaux à des fins militaires. Le prétexte de l’invasion du Koweït par l’Irak et  la première Guerre du Golfe résolurent l’équation budgétaire.

    Mais le vainqueur de la guerre froide, qui devait instaurer un « nouvel ordre mondial » plus juste,  reste muet lorsqu’il s’agit de condamner les violations des droits humains des Palestiniens.  Dans le conflit majeur Israélo-Palestinien, les Etats-Unis prennent faits et causes pour Israël. Par ailleurs, l’embargo international, « Pétrole contre nourriture » (4) à l’encontre de l’IRAK, fait plus d’un million de morts,  mais épargne les dirigeants. Derrière le slogan du « zéro mort » ce sera l’hécatombe, les effets indirects de cette guerre feront, parmi les enfants de moins de 15 ans, 70 000 morts environ. Ces faits déclencheront un sentiment anti-occidental  dans le monde arabo-musulman et l’irruption d’un islamisme profondément antiaméricain.

    A la fin de l’opération « Tempête du désert », Saddam Hussein massacrera entre 30 000 et 60 000 personnes lors des soulèvements chiites et kurdes.

    En 1997, les néo-conservateurs et le complexe militaro-industriel élaborent le « projet pour un nouveau siècle américain » (5). Ils rédigent des rapports très critiques envers l’administration Clinton, jugent nécessaire et indispensable qu’un nouvel événement du calibre de Pearl Harbour doit se produire pour sortir l’Amérique de sa complaisance. Pour eux, l’Amérique doit jouer son rôle d’ hyper puissance et refaire le monde à son image. Dans un de ces rapports, l’ONU est présentée comme un « forum pour gauchistes, antisionistes et anti-impérialistes », auquel on devrait avoir recours, si et  seulement si l’organisation mondiale soutenait la politique de Washington. Clinton cède et signe le « Irak Liberation Act ». Ainsi, le renversement du dictateur irakien est gravé dans la loi américaine.

    La guerre du Bien contre le Mal de l’administration Bush fils

    Le Pearl Harbour, souhaité par les néo-conservateurs revenus au pouvoir, se produit le 11 septembre 2001. Mais dans certaines régions du monde et, en particulier dans les pays du sud, les populations n’ont pas manifesté de marques de sympathie à l’égard des États-Unis. En effet, pendant la guerre froide (1948-1989), sous couvert de lutte contre le communisme, les États-Unis exterminèrent des millions d’opposants de gauche, sans oublier les horreurs de la guerre du Vietnam (1962 -1975).

    Par ailleurs, les Etats-Unis n’ont pas toujours été contre le terrorisme (6), ils l’ont quelquefois instrumentalisé à des fins économiques et géopolitiques. Dans la nuit du 26 Avril 1978, l’Afghanistan (7) fait sa révolution de « Printemps » et met fin à un régime autoritaire, corrompu et sénile.  Avec l’appui des pays tels que l’Arabie Saoudite et le Pakistan, les États-Unis par le biais de la CIA créent des brigades islamistes (8) et recrutent parmi la population arabo-musulmane ce que les médias appellent « les combattants de la liberté ». Ce n’est plus un secret pour personne, c’est à cette époque que la CIA recrute et forme un certain Oussama Ben Laden. Le 23 février 1998, Oussama Ben Laden, réfugié en Afghanistan depuis 1996, exhorte les musulmans à « tuer les Américains et leurs alliés, y compris civils, où qu’ils se trouvent dans le monde ». 

    La riposte de George W. Bush est déclenchée le 7 octobre 2001. Ce jour-là, débute l’opération « Liberté immuable » en Afghanistan. L’objectif est de démanteler le réseau Al-Qaida et capturer « mort ou vif » Oussama Ben Laden.  

    Lorsque le 29 janvier 2002, George W. Bush accuse le régime irakien d’appartenir, avec l’Iran et la Corée du Nord, à « l’axe du Mal », le sort de l’Irak est déjà scellé. Pourtant, au début des années 1980, lors de la guerre irako-iranienne, la coopération irako-américaine est à son apogée. Elle débouche sur la fourniture d’armes chimiques que Saddam Hussein utilise pour gazer la population  et les soldats de la République islamique ainsi que les Kurdes d’Irak (9).

    Difficile de croire George W. Bush, lorsqu’il jure la main sur le cœur que l’un de ses principaux objectifs est de libérer le peuple irakien de la tyrannie et d’instaurer en Mésopotamie une démocratie.

    Mais pour faire la guerre, il faut que l’opinion publique y soit favorable. L’administration Bush va mettre en branle le rouleau compresseur médiatique de la manipulation des opinions et de la propagande à l’échelle mondiale. Des « preuves »  grossièrement fabriquées sont montrées à l’assemblée de l’ONU, accusant l’Irak de posséder des armes de destruction massive. Le 20 mars 2003, débute sans l’aval des Nations Unis l’opération « Liberté de l’Irak ».  La veille, la France se distingue et, par la voix de Dominique de Villepin, exprime à l’ONU son opposition à la guerre.

    Depuis mars 2003, la guerre en Irak a fait au moins 650 000 morts, un million d’exilés et autant de déplacés. Etait-ce une guerre pour s’accaparer le pétrole Irakien ? Oui, répondent les Historiens. En effet, des documents américains déclassifiés (10) récemment le prouvent.

    « Je déplore qu’il soit politiquement déplacé de reconnaître ce que tout le monde sait : l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole de la région  » M. Alan Greenspan, directeur de la banque centrale américaine, de 1987 à 2006.

    Après la mort du tyran, débute une période d’attentats sanglants perpétrés par les opposants à l’occupant et par les milices confessionnelles. Le terrorisme profite d’une situation politique désastreuse et instable pour se développer. Le système politique en place, soutenu par l’administration Bush et reposant sur une répartition ethno-confessionnelle des postes à dominante Chiite, exclut la représentation religieuse séculaire sunnite. Parce qu’ils demandent un rééquilibrage du pouvoir, l’opposition sunnite est systématiquement accusée de terrorisme. Ils subissent des arrestations, des détentions arbitraires ainsi que des exactions. Les insurgés sunnites sont devenus des djihadistes sunnites opérant sous le nom d’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, également connu sous son acronyme arabe, Daesh). (11)

    La guerre de Sarkozy

    En 2007, Mouammar Kadhafi séjourne à Paris, et plante sa tente Bédouine à deux pas des champs Elysée. Il est, à ce moment-là, fréquentable. Quatre ans plus tard, il est indésirable. Sous l’impulsion pressante de Nicolas Sarkozy, la résolution n° 1973 du conseil de sécurité de l’ONU légalise une intervention militaire contre le régime Libyen. Pourtant, le souffle du « printemps Arabe » commence à faire son œuvre en Libye. Le printemps Libyen attendra, car la priorité pour le président français est de «protéger la population» contre son ancien hôte. Le mandat de l’ONU est « contourné » et, se transforme en chasse au dictateur Libyen, avec fournitures d’armes notamment par la France et le Qatar (12) aux opposants au régime. Là aussi, le système médiatico-polititico militaire fait son travail de manipulation des opinions. Il faut six mois d’intervention, 20000 sorties et 6500 frappes aériennes pour éliminer le tyran. Mais dans quel état se trouve la Libye post-Kadhafi ? Jean Ping (13) témoigne « En Libye, comme nous l’avons prévu, le rêve européen a également tourné au désastre. Les appareils d’Etat ont imposés au profit des seigneurs de la guerre, des clans mafieux et des terroristes islamo-affairistes ; le pillage des stocks d’armes a transformé ce pays en un gigantesque arsenal à ciel ouvert ; les filières d’immigration clandestine se sont multipliées. Au point que la Libye est devenue, pour reprendre l’expression d’un ancien patron des renseignements français,’’ l’Afghanistan de proximité des Européens’’. »

    Vers la fin de l’ONU ?

    Avec ou sans mandat de l’ONU, lorsque une puissance occidentale décrète de partir en guerre, rien ne peut l’arrêter. Que faut-il voir dans la « mise à l’écart de l’ONU » ? Ses valeurs, issues de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948,  sont-elles en opposition aux diktats du FMI, de la BCE, de l’OMC et de l’Union Européenne ? Par l’ONU les puissances occidentales « légalisent » leurs interventions, et utilisent le bras armé, l’OTAN, pour les exécuter.

    Domination du « complexe militaro-industriel

    « Ventes d’armes : le grand boom des exportations françaises », c’est le titre d’un article de Pierre Alonzo (14). « ‘’Depuis la guerre en Libye en 2012, les Français peuvent faire des Power Point avec les performances du Rafale au combat’’, explique la chercheuse Lucie Béraud-Sudreau. C’est ce que d’autres appellent «combat proven». Rien de mieux qu’une bonne guerre pour vendre des armes. »

    Les prévisions de commande d’armement  pour 2015 sont un bon « millésime », elles s’élèvent à 15 milliards d’euros. La France fait partie des principaux pays vendeurs d’armes, elle est en passe de remplacer la Chine située actuellement à la troisième place. Entre le ministère de la Défense, l’Elysée et les industriels, c’est un vrai travail d’équipe. Des armes pour faire la guerre, la guerre pour vendre des armes.

    Comprendre, ce n’est pas pardonner, ce n’est pas justifier.

     

    Robert Armata

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  • laicite-republique

    « Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la  peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse ». (La peste, Albert Camus)

    L’excipit du roman d’Albert Camus est toujours vrai aux lendemains du 13 novembre 2015, ce vendredi noir pour la France. Des innocents ont été tués par des individus qui se font les instruments d’une idéologie érigeant la haine comme foi. Ces néo-fascistes se livrent à l’exaltation de la grandeur religieuse, la supériorité d’une cause adoubée par un Dieu qu’ils s’inventent, un idéal cauchemardesque. Chez eux la violence remplace l’intelligence et leur étendard noir est la mort. Ces individus répondent à des appels aux meurtres, la bave à la bouche. Les djihadistes sont en général des criminels qui menacent la terre entière, grisés par un faux sentiment de puissance. Ils n’ont aucun respect pour la vie, y compris la leur.  J’ai écrit à chaud quelques mots rageurs sous l’emprise de la colère, avant qu’elle ne devienne une colère froide. « Nous sommes en guerre » répètent nos hommes politiques. Ne l’était-on pas déjà au Mali, en Syrie, en Irak et en Afghanistan ? Rappelons que des êtres humains meurent dans ces pays en plus grand nombre qu’en France. Rappelons  aussi que, 24 heures avant Paris, l’Etat islamique autoproclamé a frappé à Beyrouth, plus précisément dans le quartier chiite de Borj el-Barajneh, faisant 43 morts et 239 blessés. C’est l’attentat le plus sanglant dans la capitale libanaise depuis plus de vingt ans. Nous devons aussi être concernés par ces victimes libanaises.

    Le fait nouveau en France est que les terroristes islamistes ont encore frappé à Paris mais en plus grande ampleur et en ciblant des gens du peuple. Le 7 janvier dernier, ils visaient Charly Hebdo accusé de blasphèmes et un hyper-Kasher accusé de sionisme. C’était la liberté d’expression qui était meurtrie et l’antisémitisme affiché de manière sanglante. Vendredi, ils ont visé des badauds qui, après une semaine de travail, étaient venus se détendre aux terrasses des bars ou écouter un groupe rock au Bataclan. Des kamikazes se sont fait exploser aux abords du stade de France pendant un match amical entre les équipes de France et d’Allemagne. On imagine le désastre s’ils avaient pu entrer dans les tribunes du stade. Au dernier décompte, on nous a annoncé 129 morts et 352 blessés. N’oublions pas que, parmi les victimes, on dénombre des gens de diverses origines. Je pense, par exemple, à Halima, 37 ans, qui a laissé deux enfants sans mère. C’est aussi la France dans sa diversité qui a été frappée. L’enquête se poursuit et il ne s’agit pas ici d’écrire une chronique judiciaire. L’important est de savoir quelles vont être les conséquences de cette barbarie et de dire que chaque Français a le droit d’être protégé. Il est important d’affirmer que l’Etat républicain a le devoir de faire respecter la laïcité et qu’il a pour mission de défendre le peuple contre la barbarie d’où qu’elle vienne. En temps de guerre, la constitution lui donne les pouvoirs légaux de prendre des mesures d’exception. Ces mesures ne devraient pas dépasser une durée maximale ni remettre en cause de façon durable notre démocratie. L’état d’urgence doit aussi défendre la démocratie menacée. Faire renoncer des peuples à la laïcité et à la démocratie, porter atteinte à nos libertés, c’est le but des terroristes islamistes.

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    Aucune indulgence n’est souhaitable contre des délinquants devenus les pires criminels. Les idéologues de leur barbarie voudraient imposer une religion dévoyée dans ce qu’elle recèle de plus moyenâgeux. Ils choisissent dans le Coran les versets les plus archaïques et ignorent celui qui qualifie l’être humain de sacré. Le Coran compte quelque 6300 versets au total, dont 300 contiennent des mots tels que «combattre» ou «tuer». Cinq versets, en tout, sont une injonction à tuer. Dans certains passages du livre du Deutéronome, Dieu invite à tuer pour la majorité des juifs et des chrétiens. Tout dépend de la lecture des textes et de l’interprétation qui en est faite. Des grands savants comme Amin al-Khûlî, Ahmad Khalafallâh ou d’autres avaient des vues très modernes sur la question. Ils pensaient que l’islam doit être adapté à son contexte historique et qu’aucune interprétation n’est valable pour toutes les époques. Les fondamentalistes radicaux opèrent une relecture du Coran très éloignée de cette tradition, en voulant  conduire les musulmans à une régression historique. A partir de là, le discours apologétique a pris chez eux le pas sur le discours critique, l’éclipsant complètement. 

    Aussi, face à la régression religieuse, tout recul devant des revendications islamistes est devenu un encouragement au djihadisme et dessert les Français musulmans intégrés. Les islamistes passent du voile à la burka, de la viande Halal à la charia et de la charia au djihad., du djihad au génocide. Dénoncer le terrorisme « islamiste » en tant que tel revient à ne pas laisser le monopole des mots à l’extrême-droite, étant précisé que l’islamisme n’est pas l’Islam. Il ne s’agit pas non plus du terrorisme tel que nous l’avons connu en d’autres temps. Contrairement à ce que veut faire croire Erdogan en Turquie, le PKK ne peut être comparé à Daech. Le PKK est un mouvement revendiquant l’indépendance des Kurdes en Turquie, alors que Daech est une nébuleuse djihadiste instituée en califat dictatorial et sanguinaire avec des velléités génocidaires pour exporter sa barbarie dans le monde entier. Un lutte implacable est donc nécessaire contre cette barbarie sectaire qui défie l’humanité et fait d’un culte une inculture. Il est cependant  indispensable de refuser tout amalgame avec les Français musulmans qui respectent la république et la démocratie. A Pontivy, des énergumènes de l’extrême-droite se sont défoulés sur un badaud d’origine musulmane. Ils ne valent pas mieux que les djihadistes. Ils sont aussi lâches qu’eux même s’ils n’ont pas osé aller jusqu’au meurtre. Ils fonctionnent tous selon les mêmes codes. La violence est leur média. La haine de l’autre reste leur profonde motivation.

    L’heure est à des mesures pour la sécurité intérieure, une guerre à mener maintenant malgré nous et la préparation d’une sortie politique des conflits à réclamer au niveau international. Sur nos écrans de télévision, les experts se succèdent et les journalistes commentent en continu depuis quarante-huit heures.  Nous avons entendu quelques propos sensés mais aussi beaucoup de prévisions alarmistes. Cela ne nous fait pas oublier que des grandes puissances auront des comptes à rendre sur leur responsabilité collective dans l’apparition et l’organisation du califat Daech. On ne peut éluder les stratégies géopolitiques et économiques des uns et des autres, la complaisance envers l’Etat turc qui bombarde les Kurdes, les relations entretenues avec des émirats du golfe persique qui financent le terrorisme djihadiste et encouragent la radicalité islamiste.

    Le temps est à l’union et au soutien de tous ceux qui luttent contre la peste djihadiste. Cela ne doit pas empêcher d’être vigilant sur le respect de notre démocratie pour que la France reste un pays de droit. Les polémiques viendront plus tard, même si, par ailleurs, la tragédie fait déjà l’objet d’instrumentalisation électorale. Gardons les analyses critiques pour la politique sociale qui ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la nation en danger. Il y a aussi des combats sociaux à mener pour éviter d’autres guerres.

    Les idéologues des djihadistes savent que les actions terroristes accroissent la xénophobie et le racisme en Europe. Ils savent que ces actions favorisent la montée de  l’extrême-droite et peuvent provoquer la fracture sociale entre les communautés. Le devoir de l’Etat est aussi d’empêcher toute dérive fasciste. Nous avons déjà vu que le feu couve. Des mouvements identitaires appartenant à l’extrême-droite ont perturbé des rassemblements spontanés à la mémoire des victimes de ce vendredi noir, pour crier des slogans haineux et pousser à l’amalgame entre Islamisme et Islam. Ils sont prêts à pousser au lynchage du premier quidam musulman qui passe à leur portée. Ils viennent de le montrer à Pontivy. Aussi, il est raisonnable  de prendre conscience que, en grande majorité, les migrants fuient la guerre et la mort, même si quelques djihadistes peuvent s’être mêlés à leur exode. Beaucoup de ces migrants sont morts dans un voyage incertain et d’autres meurent encore. Là encore, refusons l’amalgame et dénonçons l’instrumentalisation de la peur contre des familles en grand danger. Dénonçons la récupération faite des attentats contre des gens qui ont besoin d’aide.

    Nous pleurons nos morts mais pensons aussi à toutes celles et ceux qui meurent chaque jour au Proche-Orient et en Afrique. D’autres attentats sanglants ont été perpétrés récemment au Liban et en Turquie.

    Ne nous trompons pas d’ennemi. Il n’est pas musulman. Il est islamiste radical et djihadiste. Il est fasciste et génocidaire. Il est la violence instituée comme dogme et la mort comme étendard.

    Le jour est venu où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la  peste a réveillé ses rats et les a envoyé mourir dans une cité heureuse. Il nous faut éviter la contagion et craindre que la peste djihadiste ne fasse proliférer la peste brune.

    Battone

     

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  • Halte à la répression patronale

     

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    Quatre salariés licenciés pour « faute lourde », un cinquième - délégué syndical – dont le licenciement sera demandé à l'inspection du travail. Onze autre mis à pied sans solde pendant quinze jours pour « effraction ». Les cinq licenciés seront de plus traduits devant le tribunal de Bobigny le 2 décembre prochain. C'est ce que la direction d'Air France appelle une décision « juste, équitable, proportionnée et rigoureuse ». C'est ce que nous, « Ensemble! », appelons une mesure de vengeance patronale, une volonté de briser toute contestation devant une avalanche de plans de licenciement, le quatrième depuis depuis 2012. 9000 emplois ont déjà disparu et 2900 supplémentaires le seront sur les deux années à venir. Air France refait des bénéfices mais la rapacité des actionnaires et de la direction ne connaissent aucune limite. Incapable de dialoguer avec les salariéEs, la direction sort la matraque, avecc la complicité du gouvernement qui aurait, s'il le voulait, les moyens pour ne pas laisser faire. L'intersyndicale appelle les salariéEs à se mobiliser le 19 novembre, date à laquelle se tiendra un nouveau CCE. « Ensemble! » réaffirme sa condamnation de la répression actuellement en cours à Air France et sa totale solidarité avec les mobilisations des salariéEs et de leurs organisations syndicales. Il faut en finir avec la toute puissance patronale qui se gave d'augmentation de salaires et de retraites chapeaux et dont la stratégie consiste à empocher des crédits publics tout en supprimant des emplois, en fermant des lignes pour développer le low coast.

    Le 13 novembre 2015.

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  • Une fois de plus la barbarie a frappé
    Nous publions le communiqué de Per a Pace, à la suite des odieux attentats perpetrés à Paris. Bilan : 128 morts. Plus de 200 blessés dont 90 dans un état critique.
    Il est grand temps d'arrêter la barbarie. Il est grand temps que les pays occidentaux reconnaissent leurs propres responsabilité dans la naissance et le développement monstrueux du fanatisme religieux islamiste.
    Le communiqué.
    "L'association Per à Pace s'incline douloureusement devant les dizaines  de victimes qui ont endeuillé Paris ce soir vendredi, suite à plusieurs attaques terroristes contre la population.
    Après Charlie en janvier dernier, une nouvelle action inhumaine a frappé.
    Cette acte inqualifiable, montre qu'il n'y a pas de limite dans la barbarie de certains hommes.
    Comme tous, nous sommes heurtés, révoltés par cette atrocités, ces assassinats, ce terrorisme, cette haine qui se développe et qui s'amplifie. 
    Il faut combattre cette monstruosité, cette atteinte à la civilisation avec vigueur et détermination mais aussi avec sang froid. 
    Il ne faut pas céder à la peur. Il faut faire front devant cette barbarie.
     Ajaccio le 13 novembre 2015"
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  • 100525234_oLes sondages se multiplient à deux ans des présidentielles et les candidats putatifs en ont fait leur boussole électorale. Quarante pour cent des Français voudraient un pouvoir autoritaire. Immédiatement Nicolas Sarkozy accuse Hollande de laxisme et dégaine des propositions dignes de figurer dans le programme du Front national. Selon lui, François Hollande, est désormais "au niveau du gaz de schiste" dans les sondages. Il n’y aurait qu’une alternative au Front National : Sarkozy-bis. Avec lui, on est assuré que le gaz de schiste sera exploité. Comme à son habitude, il drague large tout en faisant des œillades aux électeurs du FN. Sarkozy est un contorsionniste de la politique. Pour se désolidariser des propos de Nadine Morano, il annonce : « Vous êtes les bienvenus chez Les Républicains si vous aimez la France, vous croyez en la France, si vous parlez français, vous aimez la culture française, le mode de vie français. Vous êtes les bienvenus quels que soient votre couleur de peau, votre origine, votre religion, votre vote lors des dernières élections ». Il n’oublie pas qu’il doit aussi plaire aux centristes de l’UDI et du Modem. Il espère même convaincre des admirateurs de Macron. Le président-des-Républicains-anciennement-de-la-République, toujours en représentation, pratique le paraître « façon Photoshop » sans rien changer de ses rapports avec l’argent : conférences rémunérées, Jet privé, grands hôtels, meetings coûteux…  Il vient proposer sa soupe dans son vieux pot de 2007 avec deux ingrédients : sa victimisation et la sécurité mieux que le FN. Bilan de sa présidence entre 2007 et 2012 : un million de chômeurs en plus, 600 milliards de dette publique, 75 milliards de cadeaux fiscaux, 350.000 emplois industriels détruits, 337.000 pauvres en plus au dessous du seuil de pauvreté. Quel sera le bilan de Hollande, trop occupé à vouloir se donner une stature internationale ?

    Valls, trop obsédé par le Medef, a dû revenir sur des mesures touchant les retraités et les handicapés. La politique qui consiste à prendre aux pauvres pour donner aux riches a des limites alors que la campagne des présidentielles a officieusement débuté. En ce qui concerne les retraités, ils seront remboursés mais l'on ne sait pas comment et la mesure qui les touche n'est que suspendue jusqu'en 2017. Cette mesure remonte à Sarkozy mais n'avait pas été remise en cause par Hollande et Valls, peu soucieux de ses effets sur la paupérisation des retraités déjà mis à contribution avec la CSG et le blocage des retraites qui leur fait perdre du pouvoir d’achat. On sait qu'un énarque n'est pas un Robin des bois, sauf lorsqu'il est en campagne électorale.

    104660253Contre le Front national en 2017, va-t-on retrouver Sarkozy et Hollande dans la polarisation médiatique ? Hollande et Sarkozy sont les meilleurs candidats pour le FN et non contre le FN. Ces deux menteurs professionnels veulent se présenter à nouveau devant les électeurs. Sarkozy, déjà en campagne, dégaine des solutions à tous les problèmes. De son côté, Hollande rend visite à Lucette, citoyenne lorraine, dans une mise en scène affligeante : une image d'Epinal montrant l'exécutif faussement disponible et faussement accessible pour les citoyens. Ce n'est pas sans rappeler la proximité volontiers affichée en son temps par Valéry Giscard D'Estaing, si loin du peuple dans ses actes et ses pensées. Dans le même temps médiatique, Manuel Valls fait écho à Emmanuel Macron et promet une réforme du code du travail confiée à une ministre qui ne connaît pas la durée légale d’un CDD.  De son côté, Pierre Gattaz, né le cul dans le gâteau du Medef, trouve le CDI « très inquiétant et très anxiogène », entendez pour les patrons. Et le chômage ? Il est inquiétant et anxiogène pour qui ? Et la précarité ? Elle est inquiétante et anxiogène pour qui ? Et les parachutes dorés, que Sarkozy devait interdire, ils sont toujours inquiétants et anxiogènes pour qui ? Hollande se contente lui aussi de les déplorer, sans rien faire. Ce serait aux patrons à faire preuve de retenue et de sagesse… comme ils ne l’ont jamais fait et continuent à ne pas le faire.

    Quoi de nouveau du côté de la politique écologique de Monsieur « Moi, Président » ? Les fermetures de centrales nucléaires sont au point mort. Sarkozy propose de transformer la plus  vieille centrale en prison. Heureusement que la durée des peines ne peut atteindre celle de la radioactivité qui pourrait raccourcir l’incarcération des prisonniers contaminés. Point besoin de rétablir la peine de mort ! Grande nouvelle ! Hollande s’occupe du réchauffement climatique et reçoit en décembre vingt et un pollueurs pour la COP21. Cela permettra de fermer nos frontières pendant un mois et de régler provisoirement le problème des migrants qui viennent transformer notre oxygène en CO2.  Manuel Valls en profite pour relancer le chantier de l’aéroport des Landes comme un projet qui s’inscrit dans la philosophie de la COP21, dit-il. Pour lui, il s’agit donc d’un projet écologique qui consiste à transformer des espaces de pâturage et d’agriculture en un vaste aéroport au dessus duquel les avions remplaceront les oiseaux. Apparemment, les Verts, sauf quelques dissidents en quête de portefeuilles ministériels, n’ont pas apprécié cette hypocrisie de plus.

    Elle est longue la liste des raisons pour lesquelles des électeurs vont encore grossir le nombre des abstentionnistes, de celles et ceux qui refuseront le choix entre Nicolas Sarkozy, François Hollande et Marine Le Pen. Nous faisons appel à tous ces électeurs déboussolés, à celles ou ceux qui seraient tentés par le vote FN mais aussi par le vote dit « républicain » contre le FN. Ne vous laissez plus abuser par les uns et les autres. La lutte contre le racisme et la xénophobie ne se limite pas à un bulletin dans une urne sans choix politique autre qu’éviter le pire.  Le racisme et le fascisme, il faut marcher dessus tous les jours pour deux raisons. La première est que c’est la seule chose que comprennent les fascistes et les racistes. La deuxième est que cela porte chance. Le choix politique est celui de l’égalité, de la liberté et de la fraternité. C’est la devise de la république, lorsqu’on se dit républicain. Ce n’est pas réduit à un slogan de deuxième tour d’élection. Etre républicain, ce n’est pas adhérer à un patri politique de droite,  c’est adhérer à la devise républicaine. C’est vouloir l’égalité des droits et notamment ceux liés aux élections et à la justice sociale.

    Les diverses affaires de financements illicites des élections montrent le rapport du pouvoir et de l’argent. Actuellement, ces affaires touchent Sarkozy et Marine Le Pen. La fraude fiscale s’est installée jusqu’au sein de l’Assemblée nationale avec les affaires Cahuzac et Balkany. Ce dernier aurait bénéficié d’une ristourne de 180.000 € en 2008. A cette même époque, Sarkozy avait installé le bouclier fiscal et le Fisc avait reversé de gros montants à des milliardaires comme Mme Liliane Bettencourt. Jean-Marie Le Pen est soupçonné d’avoir dissimulé plus de deux millions d’euros sur un compte suisse. Des élus condamnés ou mis en examen siègent toujours dans nos assemblées.

    Le parti socialiste a fait son virage libéral et quitté la gauche. L’autre gauche dite « ouverte » de Hollande, Valls et Macron, n’existe pas. Cette expression est faite pour tromper les électeurs de gauche. Ceux qui s’y réfèrent ne sont plus socialistes. Ils font partie de la doxa libérale et ont participé à une droitisation du discours politique au sein du PS. En poursuivant la même politique que la droite et en étant touché par des scandales comme la droite, Hollande, Valls and Co sont responsables du « tous pourris » et de l’UMPS. Ils ont ainsi créé les conditions de la montée du FN et des abstentionnistes. Ils n’appellent à l’union de la gauche qu’au moment des élections. La gauche, ils veulent la tuer. Aujourd’hui, Hollande, Sarkozy et Le Pen, c’est une vieille cuisine électorale servie par la presse libérale… de la mauvaise soupe !

    Pour changer les choses, il faudrait sortir des sentiers battus, de la pensée unique, des compromissions politiques entretenues par des avocats d’affaires et des énarques. Il faudrait aussi sortir d’un régime présidentiel qui fige le paysage politique et qui fait d’un homme de parti un monarque républicain. Sur le plan national, il faudrait aller vers celles et ceux qui proposent une sixième république et une politique sociale libérée de la férule financière. Sur le plan local, il faudrait aller vers celles et ceux qui refusent le clanisme et le clientélisme qui empêchent tout progrès et créent des fiefs politiques sur lesquelles s’appuient les grands partie politiques qui monopolisent le débat politique.

    Pour les départementales, un mouvement de la société civile prône en Corse le vote blanc. Une pétition circule sur les réseaux sociaux dans ce sens. La campagne n’est pas encore ouverte et certains pensent qu’il n’y aura aucune liste indépendante des partis en place et des clans. La montée de l’abstentionnisme est le signe d’un vide politique en Corse. Ce vide est dû à tous ces chefs de clans et à ceux qui acceptent des strapontins dans des mésalliances. Ce vide jette une grande partie de l’électorat dans l’abstention, le vote sanction ou le vote utile. La démocratie implique pourtant un vote-adhésion sans lequel toute légitimité est illusoire.  « Etre élu avec des suffrages exprimés qui ne représentent que la moitié d’un électorat » ne constitue pas l’adhésion de la majorité des électeurs inscrits mais d’une petite partie seulement. C’est l’échec de la démocratie confisquée par les dominants, les protagonistes d’une même politique qui vise à détricoter tous les acquis sociaux, une politique au service des nantis.

    Dans les copropriétés, il existe un quorum de votants obligatoire à atteindre pour certains votes, alors que, pour un mandat électif, les abstentionnistes et les votes blancs ne sont jamais pris en compte. Devant l’évolution des mœurs politiques et les risques de dérives autoritaires, il serait temps d’établir ce quorum, pour qu’une élection soit légitime, et de passer à la proportionnelle dans tous les scrutins locaux. Tous les électorats ont le droit d’être représentés.

    La démocratie n’a jamais été autant en danger qu’aujourd’hui depuis la constitution de 1958. La France a besoin d’une réforme constitutionnelle. Le système électoral et les grands médias laissent peu de place aux mouvements qui ont émergé depuis 2012. C’est le cas en ce qui concerne ENSEMBLE sur le plan national et Manca alternativa, sur notre île. Toutefois Manca alternativa creuse son sillon pour y semer plus de social et plus de démocratie. Allez à la rencontre des militants de ce collectif ! Ils sont proches de vous et de vos préoccupations. Il s’agit de bâtir un avenir meilleur pour tous.

    Battone

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