• 800 jours et un projet alternatif

     

     

    Samedi  6 décembre 2012

    Usine Fralib à Gémenos

    Les Fralib y organisaient un colloque sur le thème : L’économie sociale et solidaire au cœur de l’actualité, en collaboration avec le Parti de gauche. Au menu, deux  sous-thèmes : L’économie sociale et solidaire hier, aujourd’hui et demain  et Enjeux, atouts et écueils de la reprise par les salariés et la création de sociétés coopératives de production. On devait noter la présence de syndicalistes, de créateurs de Scop et d’universitaires.

    800 jours déjà !

    Rappelons que les salariés de l’entreprise sont en lutte depuis plus de 800 jours ! Ces salariés n’ont jamais cédé aux pressions de toutes sortes, aux manœuvres et autres chantages du puissant groupe Unilever, propriétaire de Fralib. Celui-ci, dans un souci de satisfaire les appétits insatiables de ses actionnaires, a décidé de transférer la production locale vers d’autres lieux plus « rentables », en Belgique et en Pologne. C’est une démonstration de plus qui prouve que les multinationales se foutent allègrement des salariés et de leurs familles.

    Un symbole de résistance

    Mais ces salariés ne se sont pas laissés impressionnés. Ils ont multiplié les actions à travers tout le pays. Leur lutte est devenue un symbole de résistance et un exemple, au même titre que Florange, Pétroplus et Psa. Ils viennent de tirer les enseignements de leurs actions, en élaborant un projet alternatif. Ils font ainsi la démonstration que les salariés sont capables de formuler des propositions concrètes pour la relance des activités. Ce projet a été au cœur des débats lors du colloque. Il a été présenté devant la commission d’engagement de la préfecture de région, le 3 décembre, à Marseille. Il s’agit de la création d’une coopérative de production, baptisée Scop TI. T comme thé et I comme infusions.

    Un projet alternatif

    La nouvelle structure emploierait dans un premier temps 72 salariés. Plusieurs partenaires ont donné leur accord pour collaborer à la mise en place et au déroulement du projet, entre autres Hom et Ter, propriétaire de plantations de thé au Sri Lanka et Agro’Novae, Pme spécialisée dans la commercialisation des petits déjeuners. A noter que le projet est soutenu par le Front de gauche, la plupart des syndicats, le Conseil régional Paca et bien d’autres. Les terrains et les machines de l’usine appartiennent désormais à la Communauté de communes de Marseille qui serait prête à les mettre à disposition en cas de démarrage effectif du projet alternatif.

    Reste maintenant à franchir le pas. Celui de la concrétisation. Et bien d’autres obstacles encore, en particulier celui de l’opposition farouche d’Unilever qui voit d’un mauvais œil le redémarrage des activités sur le site de Gémenos. Et de  surcroît, un redémarrage effectué par des salariés. Il reste également à régler le problème de la marque commerciale. «  Le Thé de l’Eléphant est en Provence. Il doit y demeurer », revendiquent haut et fort les promoteurs du projet alternatif.

    Dans cette affaire, tout à fait exemplaire, la responsabilité du gouvernement Ayrault est grande. Il doit accorder son soutien à la Scop TI. Il en va de sa crédibilité largement entamée depuis l’adoption du pacte de compétitivité et le déplorable accord sur l’avenir d’ArcelorMittal à Florange. Affaire à suivre.

     

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