• A propos d'un article de Michel Stefani

     

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    Un combat sans clarté et sans respect entre partenaires est un combat perdu d'avance

     

    Nous avons lu l’article de Michel Stefani, secrétaire du Parti communiste de la Haute Corse, avec beaucoup d’intérêt. Bien évidemment, nous sommes loin d’en partager le contenu et nous le faisons savoir. Qu’il nous soit permis d’en faire une analyse critique, en évitant de sombrer dans une polémique stérile.

    D’emblée, Manca alternativa est accusée de passer une alliance avec « quelques éléments du parti gouvernemental EELV ». Il y a là, déjà, un propos qui ne reflète pas la réalité. Les Ecologistes ne siègent plus au gouvernement. Certes, il y a bien quelques personnages qui piaffent d’impatience pour y accéder. Ces gens-là ont quitté leur parti pour faciliter leur ambition. En plan régional, EELV s’est prononcée sans ambiguïté, à une très large majorité, pour une alliance avec nous sur la base d’un programme anti-austérité et contre toute compromission avec les représentants locaux ou alliés du pouvoir dit socialiste, au second comme au troisième tour des élections territoriales. Peut-on avoir position plus claire ? Enfin, comment Michel Stefani apprécie-t-il la position du Parti communiste en région Paca où une alliance a été scellée avec EELV ? La question mérite d’être posée.

    Deuxième point discutable. Le rôle joué par Manca alternativa sur la scène politique en Corse. Aux yeux de notre ami et camarade, notre mouvement serait quantité négligeable et sans réelle activité sur le terrain. Nous lui conseillons de consulter notre site. Il y trouverait sans doute des réponses à ses préoccupations. Pour mémoire, nous avons consacré de nombreux articles, dossiers, reportages sur le terrain à propos des conflits d’Air France, avec le mouvement des indignés, de la Sncm, de la lutte exemplaire des Fralib. Pour information, lors de notre conférence de presse commune, samedi 24 octobre, sur la place Abbatucci, à Ajaccio, nous avons bien mis en évidence les produits « 1336 » fabriqués par les salariés de la nouvelle coopérative de production, ScopTI. Notre mouvement a organisé également des débats publics sur le devenir du Front de gauche et sur le thème : « Changer l’Europe ». Enfin, sans vouloir allonger la liste, il convient de citer un dernier exemple, celui des dernières élections départementales. Manca alternativa et le Parti de gauche présentaient des candidats dans les 2e et 3e cantons d’Ajaccio. Sans moyen, sans couverture médiatique, ceux-ci ont obtenu des résultats non négligeables, plus de 16% des suffrages exprimés !

    Autre point discutable. Seuls les encartés seraient des communistes. Il est bon de rappeler qu’un bon nombre de communistes se retrouvent dans Manca alternativa et ils entendent le demeurer. D’ailleurs, certains d’entre eux ont goûté sévèrement aux joies de la répression patronale et l’ont payé chèrement.

    A en croire Michel Stefani, nous ferions « le jeu des forces qui s’en arrangent - de la radicalité incantatoire ! – à droite comme à gauche, et dans le mouvement nationaliste ». Si on retourne le compliment, que doit-on penser des alliances contre nature avec des éléments allant d’une certaine « gauche », à certains nationalistes en passant par la droite, comme à Ajaccio, lors des dernières municipales, avec le brillant résultat obtenu ?

    Pour terminer, citons encore une phrase très éclairante sur la position du Parti communiste : « Au soir du premier tour, nous nous réunirons pour décider de la position traduisant au mieux notre démarche anti-austérité et son prolongement au second et troisième tour ». Excellent exemple de langue de bois qui pourrait se traduire : « Nous conclurons des accords avec les représentants locaux du Parti socialiste ou avec ses alliés. Des représentants de la casta, des partisans du clientélisme et des dynasties politiques qui ont, les uns et les autres, avec la droite, tant fait de mal à la Corse et aux Corses".

    A ce rythme la roche tarpéienne n’est pas loin du Capitole.

    Dernier point. Lors de notre conférence du 24 octobre, nous n’avons aucunement traité de nos différents avec le Parti communiste, pour ne pas compromettre la vraie gauche. Nous avons simplement répondu laconiquement à une question posée par un media présent sur l’utilisation du logo Front de gauche. Notre réponse : Ce logo appartient à l’ensemble de ses différentes composantes.

    En tous cas, Manca alternativa continuera sans relâche à lutter pour la création d’un vaste mouvement authentiquement de gauche, sur la base d’un programme alternatif, anti-austérité et per una Corsica di sulidarità è di fratellanza.

     

     

     

    Nous publions ci-dessous l'article de Michel Stefani

     

     

    La gauche antilibérale doit s'unir sur l'essentiel pour redonner l'espoir

     

    Manca Alternativa et quelques éléments du parti gouvernemental EELV viennent de faire connaître leur conception du rassemblement.

    Ce faisant, ils ont dévoilé leur visée pour les prochaines territoriales et ce que devrait être, selon eux, le fonctionnement de l’espace politique de rassemblement qu’est le Front de gauche. Jusqu’à présent, ils ne se sont pas préoccupés de ces questions. En 2010, EELV se préparait à entrer au gouvernement en passant un accord avec le PS, et Manca alternativa n’existait pas. De même nous n’avons rien vu ni rien entendu sur les questions essentielles : services publics, continuité territoriale, politique des transports, relance des chemins de fer, devenir de la SNCM et d’Air France, déclinaison des politiques européennes, PADDUC, ESS, politique du logement social et de la santé, culture et éducation, cherté de la vie, chômage, précarité et pauvreté, bataille pour le référendum et contre la collectivité unique… Peu importe que les élus communistes Front de gauche aient porté, souvent seuls, des choix alternatifs durant la mandature, la sentence tombe : c’est l’échec !

    Pas d’alliance, disent-ils, avec les tenants de l’austérité. Soit, mais, en ce moment même, pourquoi ne demandent-ils pas aux parlementaires EELV de voter contre le budget Valls Macron Hollande ? Selon eux, il faudrait anticiper les résultats du premier tour et s’interdire de réfléchir à la situation politique qui en résultera. Les seuls admis sont ceux qui combattent l’austérité. Les communistes en sont, mais pas suffisamment ! Ils sont suspects, ils devaient signer la charte éthique ! Cette radicalité incantatoire n’a de sens que pour diviser les forces qui construisent, dans le rassemblement citoyen, l’alternative de gauche à l’austérité. En réalité, elle fait le jeu de celles qui s’en arrangent, à droite comme gauche, et dans le mouvement nationaliste.

    A court d’arguments, ils parlent de cumul de mandat… là où il n’y en a pas, et expliquent que la tête de liste à fait son temps à l’Assemblée de Corse. Autrement dit, ils auraient même aimé choisir les candidats communistes à la place des adhérents de ce parti ! Après quoi ils font croire que leur raisonnement n’est pas guidé par « la place » mais uniquement par la noble ambition de faire triompher « l’alternative rouge et verte ». Pour autant qu’ils puissent y arriver, ils feront une liste…ou à défaut se prépareront pour les élections futures. Ce qui ne les empêche pas de se draper dans la lutte contre les pratiques politiciennes et le clientélisme avilissant qu’ils prétendent éradiquer.

    Contrairement à ce qu’ils affirment, la démarche que nous leur avons proposé de partager, et qu’ils ont refusée, consistait à définir un contenu et à construire une liste incarnant la sensibilité antilibérale et anti-austérité, avec des femmes, des hommes, des militantes et des militants, des jeunes impliqués dans le mouvement social et associatif, acteurs du combat pour le progrès social. S’agissant du second tour, nous confirmons ce que nous avons proposé à l’occasion des trois rencontres que nous avons eues depuis le mois de juillet. Au soir du premier tour nous nous réunirons pour décider ensemble de la position traduisant au mieux notre démarche anti-austérité et son prolongement au second et au troisième tour.

    Dans le contexte politique actuel, national et régional, la gauche antilibérale a le devoir impérieux de s'unir sur l'essentiel pour redonner l'espoir.

    Michel STEFANI

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