• Les 2 F de François FillonIl est des leurs, il avait fait son cabinet de conseils comme les autres... avec ses initiales « 2F » et sa carte de visite d'ancien Premier Ministre. S'il est élu président, il fera comme Nicolas Sarkozy, des conférences privées grassement rétribuées en ajoutant sur sa carte de visite Président de la république et membre à vie du Conseil constitutionnel...

    Nous avions écrit sur la république des avocats d’affaires et des conseils en tous genres. Beaucoup de politiciens avaient ou ont ouvert des cabinets d'affaires et des cabinets d'audit.  Tout le monde connaît la profession de Sarkozy : avocat d’affaires, c’est-à-dire conseil juridique des entreprises. Copé, Baroin, Lefebvre, Borloo, Woerth, Lagarde, Strauss-Kahn… etc. D’autres le sont devenus après avoir exercé le pouvoir comme de Villepin ou Guéant notamment. Fillon a suivi leurs exemples.

    Les 2 F de François Fillon« 2F Conseil » ! 2F comme « François Fillon » mais il s’agit d’une entreprise unipersonnelle à responsabilité tenue secrète jusqu’à oublier de la déclarer après avoir été élu député. Il s’est trouvé une excuse : lorsqu’il a été élu, elle venait d’être créée et n’avait pas encore de chiffre d’affaires. Il faut dire que cette société de conseil a été constituée entre son départ de Matignon et son élections aux législatives. Pourquoi cette précipitation ? Peut-être parce que cette activité est interdite aux députés si elle débute pendant leur mandat. Avant, c’est permis ! Est-ce pour autant moral ? Selon les statuts, la société 2F Conseil a pour objet social « le conseil, l’assistance, la formation, la réalisation d’études, de veille, d’audits, d’analyses ou de prestations (…)» en faveur « de toute personne physique (…), personne morale (…), tout Etat et de tout organisme international européen, national, étatique, régional, départemental, municipal ou local (…)».

    Les 2 F de François FillonD'après les statuts, la société 2F Conseil dispose d'un espace d'action très large. Elle peut dispenser des conseils et des conférences "dans tous les domaines, notamment (...) dans les affaires publiques", ce qui ouvre le champ à l'expertise de François Fillon comme ancien Premier ministre. Parmi les missions réalisées, on trouve par exemple, toujours selon Le Canard enchaîné, des "analyses de conjoncture et des notes portant sur l'état des relations internationales", ou une conférence donnée au Kazakhstan, à l'occasion du VIIIe Forum KazEnergy. A-t-il reçu, comme le président Hollande,  un habit traditionnel kazakh, une toque et une pelisse en fourrure haut de gamme réservées aux invités de marque ? A-t-il rencontré Noursoultan Nazarbaiev, élu depuis 1990 à la présidence de ce pays plusieurs fois à plus de 90% des suffrages exprimées ?  Le 18 mai 2007, sur ses instructions, le Parlement du Kazakhstan  a adopté un amendement constitutionnel qui l’ autorise à se présenter autant de fois qu'il le souhaite. Cet amendement s'applique spécifiquement et uniquement à Nazarbaïev. La disposition originale de la Constitution, qui disposait qu'un candidat ne peut se faire réélire que deux fois, reste applicable à tous les futurs présidents du Kazakhstan. En quelque sorte un démocrate exemplaire respectueux d’une constitution taillée sur mesure pour lui comme un habit traditionnel. Espérant que ce ne soit pas un modèle pour Fillon si, par malheur, il arrivait à se faire élire.

    Sans aucun doute, sa société « onaniste » (dont il jouit seul)) est une entorse à l’axe moral de la campagne du candidat qui se donne les allures d’un séminariste en beau costume et montre de luxe. Son activité de conseil lui aurait déjà rapporté 757 000 euros de salaire net depuis juin 2012, revenu cumulé avec son indemnité parlementaire, sans tomber sous le coup de l'interdiction pour un parlementaire de travailler comme consultant. Une fois ajouté à son indemnité parlementaire, son salaire mensuel entre juin 2012 et décembre 2015 aurait tutoyé les 23 000 euros nets. Un tel chiffre pourrait renforcer l'image de "candidat des riches" Son programme le prouve avec notamment comme mesures la suppression de l’ISF et l’augmentation de 2 poins en ce qui concerne la TVA, sans revenir sur l’austérité aggravé pour les uns et les allégements de charges pour les autres.

    C’est le Canard enchaîné qui a dévoilé le pot aux roses, qui n’est pas repris par la plus grande partie de la dite « grande presse » télévisée. Des journaux ont repris l’article du Canard enchaîné. Certains pensent que Fillon va traîner sa société 2F comme un boulet. Toutefois on connaît le refrain : « C’est légal ! ».

    Nous vous proposons la lecture de l’article publié par le journal « 20minutes » qui révèle que cette petite entreprise ne connaît pas la crise mais a créé un seul emploi « non salarié » celui de François Fillon lui-même qui fait des conférences rémunérées ( motus et bouche cousue en dehors d’une au Khazastan qui, n’en doutons pas, avait besoin de ses lumières). Il aurait aussi rendu quelques rapports d’analyses. Pour cela,  il n’aurait pas eu besoin de créer un autre emploi que le sien. En matière de création d’emplois, c’est égoïste. Il faut dire que son poste de Premier ministre lui permet de disposer d’un secrétaire, d’un chauffeur et d’une voiture aux frais de l’Etat. La question qui se pose est : « Est-ce que, s’il élu président de la république, il supprimera, parmi les 500.000 emplois de fonctionnaires déjà prévus dans son programme, les postes de secrétaires et de chauffeurs des anciens premiers ministres ? »

    Alors nous disons que l’activité de conseil de François Fillon est effectivement légale mais qu’il a manœuvré pour qu’elle le soit. La manœuvre ressemble à une magouille et donne à cette activité son caractère contraire à l’éthique d’un député et, par voie de conséquence, encore plus en décalage avec l’ambition d’être élu président de la république, d’autant plus que ce candidat joue le chevalier blanc.

    2F Conseil est effectivement un boulet pour François Fillon comme les conférences rémunérées ont été un boulet pour Sarkozy dont il a été le premier ministre pendant tout le quinquennat. Ajoutons que Fillon est contre l’interdiction du cumul des mandats et contre la transparence des patrimoines des élus. Cela n’étonnera plus personne qu’il propose des mesures gouvernementales en fonction de ses propres intérêts et de ceux de ses amis.

    Le pire est que, lors des primaires beaucoup de la droite et un tout petit peu du centre, il a prévu que, avec lui, la France irait mieux au bout de cinq ans et, par ses soins, retrouverait toute sa puissance au bout de dix ans. Il ne se présente pas à une élection mais à deux, pour infliger un long traitement douloureux avec ses effets secondaires sur la société française. Il veut être élu en 2017 et en 2022. Le Sarkothon n’aura pas sauvé le Professeur Sarkozy, démis de sa chaire présidentielle, mais aura servi aux recherches du docte Fillon, grand guérisseur sarthois.  

    Les 2 F de François FillonQuel est le remède miracle de ce Diaforus pour soigner Marianne qu’il dit « malade ». Le Docteur  Fillon de Solesme envisage une purge-éclair par voie basse et quelques saignées, des procédés certes moyenâgeux mais rendus efficaces par des formules latines empruntées à Mr Purgon du Théâtre de Molière. On le sent furieux à la seule idée qu’on résistera à ses remèdes. Il nous menace déjà de tomber dans un état incurable. Va-t-il nous menacer de tomber dans la bradypepsie, de la bradypepsie dans la dyspepsie, de la dyspepsie, dans l’apepsie, de l’apepsie, dans la lienterie. de la lienterie, dans la dyssenterie, de la dyssenterie, dans l’hydropisie et de l’hydropisie dans la privation de la vie, où nous aura conduit notre folie de justice sociale. Bien entendu, il se donne une obligation de moyens douloureux pour la malade mais reste vague sur les chances de résultats. Va-t-il faire mourir la France par ses remèdes et non par sa maladie ? Nous le soupçonnons d’être Sganarelle déguisé en médecin volant ? Un valet sans autre compétence que prescrire des purges et des saignées. Nous le soupçonnons même d’être accroc au pouvoir et à l’argent, ce qui fait de Mister Fillon un docteur Jekyll. Plus qu’un guérisseur, il se prend même pour "le" remède qui endort par des discours tous les sens des électeurs… Fillon fait dormir, parce qu’il y a en lui une vertu dormitive dont la nature est d’assoupir les sens… aurait dit un de ses confères sous Louis XIV. Je peux vous le dire en latin si vous me questionnez dans cette langue morte :

    Mihi a docto doctore

    Demandatur causam et rationem quare

    Fillon facit dormire ?

    A quoi respondeo :

    Quia est in eo

    Virtus dormitiva,

    Cujus est natura

    Sensus assoupire.

    Il endort les sens et la raison. Ne vous laissez pas endormir par celui qui l’on a surnommé Monsieur Nobody et qui se voit déjà en haut de l’affiche. Refusez sa « purge » car il a mis dans sa grosse seringue l’aggravation des inégalités et l’extrême-droitisation du pouvoir. Il veut faire de la Présidence une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée à l’image de sa société 2F. Il lui suffit d’ajouter un troisième F celui de la France. Alors nous lui ajoutons un quatrième F, celui  de « Fora » et espérons qu’il ne passera pas le premier tour des élections présidentielles pour que l’on puisse écrire cinq nouveaux F corses : «  Fortuna Fammi Fà Felice Fine » (Fortune Fais-moi Faire une Fin heureuse).

    U Barbutu

     

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  • Personne ne s'attendait à ce que Fillon, personnage médiocre, sans idée et sans charisme, soit le représentant de la droite aux élections de 2017, ni la presse ni les sondeurs Son bilan de Premier ministre est calamiteux. Il n'a que l'austérité comme boussole et, comme clientèle, les banquiers, les chefs d'entreprises et les rentiers. Il trouve aussi une audience chez les intégristes catholiques et chez les vieux conservateurs et réactionnaires. 

    Fillon premier ministre de SarkozyFrançois Fillon en tant que premier ministre de la France, par son action a accru la dette publique dans des proportions jamais égalées, ni avant ni après lui. En effet, la dette publique de la France est passée de 65% du PIB au moment de l’élection de Sarkozy, à près de 90% lorsque Fillon et Sarkozy furent renvoyés. Et donc si on comprend bien le message des chiffres, Fillon a trouvé un Etat en faillite ( C'est lui qui l'a dit ) à son arrivée à Matignon, mais en partant il l’a laissé encore plus en faillite. 

    Fillon premier ministre de SarkozyIl en est exactement de même pour le chômage. Entre l’élection de Sarkozy et celle de Hollande, le chômage a augmenté d’environ un million d’unités pour la catégorie A. Comment dissocier l’action de Fillon de ce résultat calamiteux lorsque l'on regarde les graphiques d'évolution depuis dix ans et non pas cinq ans, alors que Hollande n'a fait que poursuivre la même politique libérale que le couple Fillon/Sarkozy ? Soit Fillon n’a rien fait, et alors on se demande pourquoi il était premier ministre pendant tout le quinquennat de Sarkosy, soit il a travaillé effectivement et alors il a clairement été mauvais. Il doit assumé la responsabilité d'un mauvais bilan partagé.

    Hier Hollande a annoncé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat. Si l'on en croit la rumeur journalistique, Manuel Valls devrait annoncer sa candidature demain et démissionner de son poste de premier ministre pour se présenter aux Primaires de la gauche. La Droite lui reproche déjà ce poste et sa participation à la politique menée par Hollande. C'est un reproche que l'on peut lui faire à condition de réserver les mêmes critiques à Fillon.

    Tout cela met en évidence que Valls et Fillon représentent tous les deux la continuité d'une même politique libérale. Valls a voulu effacer le terme même de "socialiste" pour imposer une vision libérale de la société à la Gauche. Fillon est l'émanation ultralibérale qui s'inscrit dans le même libéralisme économique, à la nuance près qu'elle est proche de l'idéologie du FN en matière d'immigration et de conception moralisatrice de la société en vertu d'idées réactionnaires.  

    Plus que jamais, Jean-Luc Mélenchon représente le seul espoir d'échapper à dix ans d'austérité et la promesse de Fillon et Valls que cela va s'aggraver. 

    Pidone

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  • Jean-Luc Mélenchon interrogé sur la décision prise par François Hollande de ne pas se présenter et répond sur la chaîne Tf1.. Vous noterez la mauvaise foi du journaliste Gilles Bouleau qui refait un parallèle affligeant entre les programmes de Jean-Luc Mélenchon et celui de Marine Le Pen. Ce journaliste balance des âneries indignes de son "boulot", peut-être pour tenter de faire sortir de ses gongs Jean-Luc Mélenchon. Affligeant ! Quelle médiocrité face à un homme politique de l'envergure du candidat des Insoumis à la Présidentielle. 

     

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  • Fillon militarise son programme BlitzkriegFrançois Fillon a utilisé le terme allemand «  Blitzkrieg“ (signifiant  « guerre éclair »), Ce terme apparaît pour la première fois en 1935 dans un article d’une revue militaire « Deutsche Wehr ». Ce n'est pas une guerre d'occupation, mais une guerre de pénétration rapide et de destruction. C’est une stratégie offensive visant à emporter une victoire décisive par l'engagement localisé et limité dans le temps d'un puissant ensemble de forces mécanisées, terrestres et aériennes dans l'optique de frapper en profondeur la capacité militaire, économique ou politique de l'ennemi. C’était aussi dans la stratégie guerrière d’Adolphe Hitler.

    Pourquoi Fillon n’a-t-il pas utilisé l’expression « guerre-éclair » et a-t-il choisi un terme militaire allemand ? Pensait-il que le quidam ne comprendrait pas ? A-t-il une attirance particulière pour les stratégies militaires ? A qui déclare-t-il la guerre ? Quel est son ennemi ? Si l’on écoute ses discours, il s’agit bien des intellectuels qualifiés de germanopratins, des gens de gauche, des syndicats, des fonctionnaires… Qui va-t-il frapper ? Bien sûr, les ennemis désignés sous le vocable « Système » mais aussi les chômeurs, les assurés sociaux, les consommateurs… Un guerre-éclair ! C’est bien d’une guerre sociale qu’il veut parler et même une guerre civile en montant les uns contre les autres. Contre les grèvistes, il a prévenu qu’il enverrait les gendarmes, pas les policiers mais les gendarmes qui sont des militaires. Il veut détruire la CGT, sans doute pour créer des clubs de supporters du patronat 

    Il faut se méfier des ambitieux médiocres aux allures monastiques !  Ils peuvent devenir des autocrates tyranniques.  Ce n’est pas une société harmonieuse que Fillon propose mais le chaos social et la répression. Il l’annonce par un terme martial des violences sociales, économiques et politiques. Il a choisi ce qu’il y avait de plus violent dans le langage militaire germanique. Ce terme est plus fort que celui de « choc » et cela n’a pas choqué les commentateurs et les pseudo-démocrates qui lui ont prêté allégeance.

    Cet homme est dangereux. Des hommes politiques de la doxa libérale osent le dire, quitte à être mis au pilori d’un parti qui a confisqué le mot « républicain » et l’héritage de général de Gaulle pour se jeter dans ses bras.  Il faut lui barrer la route dès le premier tour des élections présidentielles car si lui et Marine Le Pen restent face à face, ce sera la victoire de l’autocratie réactionnaire pour seul choix.

     U Barbutu

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  • Allez, pour 3 euros, c'est nettement mieux que la primaire de droite, et cela sort aujourd'hui !

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  • Le meilleur adversaire de Fillon est Jean-Luc Mélenchon qui a fait preuve de pédagogie hier à Bordeaux où il déclarait notamment à 51 minutes et 20 secondes :
    "Je vais vous projeter un petit film sur leurs priorités", prévient-il. Et sur l'écran en fond de scène, on voit François Fillon expliquer devant des chefs d'entreprise son programme des cent premiers jours, son "
    blitzkrieg" comme il l'appelle : la suppression des 35 heures, l'abrogation de la durée légale du travail… La salle hue chacune des idées du désormais candidat de droite. Mélenchon dégaine ensuite : "Vous ne pourrez pas dire que vous n'êtes pas prévenus. Il faut aller expliquer".

    Et Jean-Luc Mélenchon de donner des arguments anti-Fillon dont :

    "Il dit 'blitzkrieg', c'est donc une guerre, une guerre éclair, une guerre sociale. C'est pas parce qu'il le dit en allemand qu'on ne comprend pas." 

    C'est donc un vrai adversaire qu'il faut à Fillon au deuxième tour des élections présidentielles. Cet adversaire, c'est Jean-Luc Mélenchon.

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  • Le faux choix entre désespoir et incertitudeFillon a gagné les Primaires de la Droite avec 66,5% des voix. Il a frôlé les 66,6. Ce nombre 666 est, selon certains manuscrits de l'Apocalypse (Bible, Nouveau testament), le « Nombre de la Bête », appelé le « signe du diable » associé dans la Bible à l’Antéchrist. Il a figuré dans de nombreuses études numérologiques. Il est mentionné dans l'Apocalypse 13-18: « Ici est la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence, compte le nombre de la bête ; car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante six. » (L’apocalypse selon St Jean. Le Nouveau Testament).

    La question reste cependant: est-ce que les élections présidentielles seront une sorte d’apocalypse des acquis sociaux ? François Fillon est-il le diable ou bien une sorte de manga 666, qui existe dans le monde de la BD ?

    Plus sérieusement, les Primaires de la Droite sont une réussite financière pour la Droite qui a récolté environ 2€ X 8 millions = 16 millions d’euros pour la campagne présidentielle, pendant que Sarkozy s’explique devant la Justice pour les forts soupçons de financement libyen. De toute façon Kadhafi est mort et la Lybie ne finance plus que des armes dans le chaos de la guerre civile et la menace de Daech.

    Même dans la presse internationale, François Fillon est décrit comme « austère » et « conservateur ».  Pour le quotidien suisse « Le Temps », Fillon dispose d’une arme de choix : « L’état de décomposition avancé de la gauche. » « M. Fillon, avec ses promesses de restaurer l’identité de la France et sa grandeur nationale ainsi que son langage dur sur l’immigration et l’islam, a clairement fait un appel du pied aux électeurs de Mme Le Pen », observe le New York Times. Le quotidien le plus réputé des Etats-Unis considère que les coupes massives annoncées par l’homme politique français dans le budget du pays pourraient toutefois « le mettre dans une situation vulnérable face à Mme Le Pen ». Si des journaux américains comme le Wall Street se réjouissent de la rupture politique vers l’austérité et le néolibéralisme à la Thatcher, ils constatent néanmoins le manque de crédibilité de son programme électoral.

    Ne vous laissez pas abusé par la théorie du « ruissellement » selon laquelle plus les riches s’enrichissent plus les pauvres ont de chances de voir leurs conditions de vie s’améliorer. On le sait : ils n’en ont jamais assez. Le programme de Fillon ne s’entend que d’une baisse des charges patronales, d’une baisse des impôts des plus riches avec la suppression de l’ISF.

    Pour trouver un homme politique qui lui ressemble sur certains points et pas sur tous, il faut remonter au 19ème siècle avec  François Guizot, plusieurs fois ministres sous la Monarchie de Juillet, un réactionnaire pur jus. À la fin des Cent-Jours, au nom du parti libéral, il se rendit à Gand pour porter un message à Louis XVIII. Il lui indiqua que seule l'adoption d’une politique libérale pourrait assurer la pérennité de la Restauration, avis qui fut mal reçu par les conseillers du roi. La question était alors de savoir si le retour à la monarchie se ferait sur des bases libérales ou par un retour à l’Ancien Régime d’avant 1789 prôné par les ultras. Guizot était alors un membre influent, avec Royer-Collard, des « doctrinaires », un petit parti fermement attaché à la Charte et à la couronne, et plaidant pour une politique du juste milieu entre l’absolutisme et un gouvernement héritier de la période révolutionnaire. Leurs opinions évoquaient davantage la rigueur d’une secte que l’élasticité d’un parti politique. Ils sont plus connus pour leur opposition constante aux demandes populaires que pour les services que sans aucun doute ils rendirent à la cause de la liberté tempérée. Le sort d'un tel parti fut de vivre par une politique de résistance, et de périr par une autre révolution (1830).

    Le faux choix entre désespoir et incertitudeLa Droite a élu son candidat de droite. François Fillon et son éloquence brusque, austère, démonstrative et impérieuse comme François Guizot. Un retour à la Réaction ! Quelle surprise ! La presse a tordu et retordu cette campagne de Droite mais une déclaration de Valls vient de détourner l’attention  des mêmes média. Le Premier ministre de Hollande piaffe d’impatience et se dit prêt à faire acte de candidature même si le Président de la république se présente aux Primaires de la gauche. Du jamais vue : le Président en exercice contre son Premier ministre en exercice ! Il y a de quoi agiter le quatrième pouvoir de notre démocratie, cette presse qui, maintenant, pousse au clash entre Hollande et Valls et traque le moindre signe d’hostilité réciproque. Pourtant cette éventualité se résume à une seule constatation : « Si Valls et Hollande annoncent leurs candidatures, Valls doit démissionner ». Que dire de plus tant que cette éventualité n’est pas devenue une réalité ? Mais nos commentateurs aiment jouer les Ludi magister du jeu politique et cette phrase de Valls est une aubaine qui vient à point puisque les Primaires de la Droite sont bouclées.

    Maintenant, les commentaires, les supputations et les sondages orientés vont se multiplier sur les Primaires de la Gauche. On sait déjà que Jean-Luc Mélenchon va être une cible permanente. Il a déjà été sollicité sur une chaîne de télé et Daniel Cohn-Bendit, affalé sur un fauteuil, a ouvert le feu. Alors que Jean-Luc refusait la familiarité avec cette marionnette des média de Droite, le grossier personnage lui a envoyé « Va te faire voir ! ». Quelle honte pour ces média qui donnent la parole à un provocateur qui ne représente que lui-même et qui fait commerce de sa vulgarité et de sa provocation.

    En 2017, les Français risquent, au second tour des élections présidentielles, de n’avoir le choix qu’entre désespoir et incertitude. Les sondages ont vite fait de prévoir un duel entre la Droite extrême et l’extrême-droite, entre Fillon et Le Pen. Fillon se considère déjà comme un rempart contre le Front National, alors qu’il en est le double. Les Primaires de la Gauche s’annoncent dévastatrices avec des candidats impliqués dans la politique de François Hollande dont deux anciens ministres, Montebourg et Hamont. Il ne manque plus que Hollande, Macron et Valls. Cambadélis et Bartolone poussent Macron et Mélenchon à se présenter à cette Primaire qui est organisée avec beaucoup de réticence et est apparu comme un piège devant permettre à François Hollande d’apparaître comme le candidat le plus rassembleur. La victoire de Fillon ne fait que renforcer cette vision de l’unité à gauche et pousser Hollande à se présenter. C’est peut-être ce qu’a analysé Manuel Valls qui ne veut pas être le dindon de la farce Hollande/Macron.

    Dans de telles manigances, comment Jean-Luc Mélenchon pourrait-il rejoindre une Primaire qui s’annonce dévastatrice. Même le parti radical présente sa propre candidate, ancienne ministre de Valls, hors des Primaires. 

    Il apparaît de plus en plus que Jean-Luc Mélenchon est le seul recours pour échapper au désespoir et sortir de l’incertitude sociale. C’est le candidat de l’espoir pour les humanistes, soucieux de l’intérêt général et de la justice sociale pour tous. Il propose une rupture avec l’indécision et le désespoir entretenus, avec les peurs assénées comme les seules certitudes et le désespoir comme seul solution. Ne faites pas comme un personnage de Jean-Paul Sartre dans « Le diable et le bon dieu » qui dit : « Je préfère le désespoir à l’incertitude ». C’est exactement ce à quoi l’on veut vous convaincre. Choisissez l’espoir qui n’est pas une utopie, contrairement à ce que la doxa libérale s’ingénie à vous faire croire pour maintenir les privilèges des 1,7% qui paient l’ISF. Alors que les Français s’appauvrissent, le patronat augmente ses rémunérations et les actionnaires perçoivent de plus en plus de dividendes.

    François Fillon aime répéter qu’il a suivi son sillon. Ce sillon d’une démocratie pénitentielle sera à la mesure de celui creusé par Valls et Hollande avec le concours de Macron. Ce dernier et le Premier ministre veulent apparaître, après quatre ans d’active collaboration, comme des recours contre François Hollande. Quelle duperie de la part des deux Rastignac de la Hollandie ? Montebourg et Hamont ont pris des temps d’avance pour faire oublier qu’ils ont été ministres. Regardez la liste des candidats à la Primaire de la Gauche. Si vous voulez quelqu’un qui est entré et resté, dés 2012, dans l’opposition de gauche, vous ne trouverez, en marge de cette liste, que Jean-Luc Mélenchon.

     

    Jean Frade

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