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    Manifestations : les responsables seront les coupables.Est-ce que la hiérarchie policière tient aujourd'hui les mêmes propos que tenait jadis Maurice Grimaud? Quelles consignes leur donne le préfet Michel Cadot, encore un  énarque, installé à la préfecture de police de Paris en 2015 par l’actuel ministre de l’Intérieur ?

     

    Manifestations : les responsables seront les coupables.Maurice Grimaud donnait des consignes de rigueur professionnelle :

     

    "Je m'adresse aujourd'hui à toute la Maison : aux gardiens comme aux gradés, aux officiers comme aux patrons, et je veux leur parler d'un sujet que nous n'avons pas le droit de passer sous silence : c'est celui des excès dans l'emploi de la force.

    Si nous ne nous expliquons pas très clairement et très franchement sur ce point, nous gagnerons peut-être la bataille sur ce point, nous gagnerons peut-être la bataille dans la rue, mais nous perdrons quelque chose de beaucoup plus précieux et à quoi vous tenez comme moi : c'est notre réputation.

    Je sais, pour en avoir parlé avec beaucoup d'entre vous, que, dans votre immense majorité, vous condamnez certaines méthodes. Je sais aussi, et vous le savez avec moi, que des faits se sont produits que personne ne peut accepter. Bien entendu, il est déplorable que, trop souvent, la presse fasse le procès de la police en citant ces faits séparés de leur contexte et ne dise pas, dans le même temps, tout ce que la même police a subi d'outrages et de coups en gardant son calme et en faisant simplement son devoir.

    Je suis allé toutes les fois que je l'ai pu au chevet de nos blessés, et c'est en témoin que je pourrais dire la sauvagerie de certaines agressions qui vont du pavé lancé de plein fouet sur une troupe immobile, jusqu'au jet de produits chimiques destinés à aveugler ou à brûler gravement.

    Tout cela est tristement vrai et chacun de nous en a eu connaissance. C'est pour cela que je comprends que lorsque des hommes ainsi assaillis pendant de longs moments reçoivent l'ordre de dégager la rue, leur action soit souvent violente. Mais là où nous devons bien être tous d'accord, c'est que, passé le choc inévitable du contact avec des manifestants agressifs qu'il s'agit de repousser, les hommes d'ordre que vous êtes doivent aussitôt reprendre toute leur maîtrise.

    Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés.

    Je sais que ce que je dis là sera mal interprété par certains, mais je sais que j'ai raison et qu'au fond de vous-mêmes vous le reconnaissez...."

    Manifestations : les responsables seront les coupables.Nous avons quelques raisons d’en douter et nous ne sommes pas le seul si on lit un article d’Edwy Plenel (30/04/2916, Médiapart). L’article commence ainsi : « Indifférent aux nombreux témoignages sur les violences policières, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a transmis aux préfets un télégramme de fermeté face aux manifestations sociales et aux rassemblements des « Nuit Debout ». Le comparer avec la lettre individuelle envoyée, en Mai-68, à tous les policiers par le préfet de police de Paris Maurice Grimaud, c’est prendre la mesure de la déliquescence de l’État sous cette République finissante ».

    Nous assistons à une escalade de la violence à chaque manifestation. La presse nationale ne parle plus que des « casseurs » (belle aubaine pour les chiens de garde) et les manifestants multiplient les témoignages de violences policières contre lesquelles le préfet Grimaud mettait en garde les policiers. Le gouvernement et, en première ligne, le ministre de l’Intérieur a décidé de traiter les violences policières avérées au coup par coup de façon à n’engager que des responsabilités individuelles. Il s’arrange avec sa propre responsabilité et celle de la hiérarchie policière. C’est la politique du lampiste, lorsque l’on ne peut pas le tirer d’affaires. Pourtant, la police est une administration et tous les policiers sont soumis à l’autorité de leur hiérarchie. Leur comportement est lié aux ordres qu’ils reçoivent et à la gestion faite des manifestations. Il suffirait qu’il y ait un agent de liaison entre la police et les organisateurs des manifestations pour éviter les dérives de part et d’autre. Les gens ne manifestent pas depuis le mois d’avril 2016. Les manifestations existent depuis des décennies et la police a largement eu le temps d’échafauder des stratégies pour y faire face. Au lieu de mettre le service d’ordre en opposition systématique aux manifestants, ne devrait-il pas assurer leur sécurité? La stratégie semble être celle de faire monter la pression. On nous parle de groupes de casseurs connus. Alors, s’ils sont connus, comment se fait-il qu’ils ne soient pas immédiatement interpellés et fouillés ? Les manifestants dénoncent des policiers habillés en casseurs aux comportements agressifs. Les policiers expliquent qu’ils ont pour mission d’interpeller les casseurs. Des manifestants expliquent que des policiers participent à la casse. Qui croire ? En général ces policiers font partie des BAC dont la première mission est la lutte contre la délinquance. Ils se montrent souvent violents vis-à-vis des manifestants qui n’ont rien de casseurs. Pourquoi mettre ces policiers déguisés au milieu des manifestants, avec tous les risques que cela comporte ? Enfin, sans revenir sur l’usage des bombes lacrymogènes ou autres armes, les Flashballs sont utilisés contre des manifestants sans que les policiers soient en danger. Cette arme dite non létale a causé des blessures graves. Les policiers en ont été dotés pour faire face à des agressions dans des lieux de non-droit, en prise avec des délinquants violents. Elle est utilisée de façon abusive lors des manifestations, alors que son utilisation a pour justificatif la légitime défense.

    Manifestations : les responsables seront les coupables.

     

    Des intellectuels et des politiques de gauche ont lancé un appel pour bannir le Flashball. Ils notent que ces armes ont, selon l'Association des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), fait «en France, entre 2004 et 2015, 39 blessés graves et un mort», et rappellent que le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a recommandé en juillet dernier «d'interdire l'usage du "flash-ball superpro" dans un contexte de mobilisation». Le Flashball a déjà fait plusieurs blessés lors des dernières manifestations dont un étudiant qui a perdu l’usage d’un œil à Rennes. On se souvient du supporter du Sporting Club de Bastia qui a subi la même blessure invalidante. 

    Manifestations : les responsables seront les coupables.L’usage du Flashball ne constitue pas les seules violences qui pourraient être évitées par une gestion républicaine et démocratique des manifestations. Le gouvernement attend-il qu’il y ait un premier mort d’un côté ou de l’autre ? Chaque blessé de part et autre augmente les rancœurs et les envies de vengeance. La police est en train de se couper d’une partie de la population mais les vrais responsables ne sont pas les quelques policiers que leur hiérarchie ne pourra pas couvrir. Les responsables ne seront pas les casseurs qui profitent d’une curieuse liberté d’action. La responsabilité retombera sur les donneurs d’ordre, la hiérarchie policière, le Préfet de police de Paris, les autres préfets,  le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre et le Président de la République.

    Nous redonnons la parole à Maurice Grimaud qui tire les leçons de Mai 68 :

    « Le 3 mai 1968 était un vendredi. Quand me réveillèrent, dans la chambre bleue de la préfecture, les cloches voisines de Notre-Dame, je devinai entre les persiennes des contrevents la limpide candeur du ciel matinal sur Paris… ".

    Mai 1968 ne fut pas une succession ininterrompue d'affrontements entre jeunes et policiers comme on serait tenté de le croire en visionnant aujourd'hui les images conservées par les médias. Dans le récit que j'en fais quelques années plus tard (En mai, fais ce qu'il te plait, Stock 1977), j'ai indiqué que nous avions eu à faire face, pendant ces six longues semaines, à seulement neuf journées ou nuits de grande violence. Le 10 mai fut la première et en a gardé durablement le nom de "nuit des barricades ".La violence y atteignit des paroxysmes, marquant une rupture inquiétante avec les manifestations relativement "modérées" des jours précédents.

    Le franchissement de ce palier, qui devait donner une tout autre dimension à la "révolution" de Mai 1968, mérite qu'on revienne sur ces causes. Deux circonstances fortuites contribuèrent à transformer en drame ce qui aurait pu et dû se limiter à un affrontement du type de ceux des journées précédentes. La première fut la fâcheuse décision du Premier ministre Georges Pompidou, de maintenir son voyage en Afghanistan qui le tiendra éloigné de le France pendant les dix premières journées, décisives à bien des égards, de cette crise majeure de la V° République. La seconde résulte de la première et l'aggrave : l'intérim du Premier ministre était assuré par un homme des plus estimables, M. Louis Joxe, garde des Sceaux, que ses précédentes fonctions n'avaient guère préparé à cette lourde tâche et qui ne se sentait pas l'autorité d'un vrai chef de gouvernement. Place Beauvau, le nouveau ministre Christian Fouchet, n'avait ni l'expérience ni l'autorité de Roger Frey, auquel il avait succédé quelques mois plus tôt. Il en résulta un sensible flottement dans la gestion des événements alors que M. Pompidou aurait sans doute évité ces tergiversations et pris rapidement, dans cette nuit mouvementée, les décisions apaisantes qu'attendaient les étudiants : la réouverture de la Sorbonne et la libération de leurs camarades condamnés à des peines de prison. Ce qu'il fit dès son retour à paris, le lendemain, mais c'était trop tard.

    La dramatisation de la nuit des barricades eut un autre effet de grande conséquence : la constitution d'un front de solidarité entre les étudiants, les leaders d'une gauche jusque-là aussi désorientée que le gouvernement et les formations syndicales, soucieuses de n'être pas débordées par leurs plus jeunes éléments. Son éclatante démonstration fut le grand défilé unitaire du 13 mai qui conduisit plus de 200 000 manifestants, de la gare de l'Est à Denfert-Rochereau, ce que l'on n'avait pas vu à Paris depuis plusieurs décennies.

    Cette journée était, elle aussi, chargée de dynamite, et un rien eut pu la faire exploser. Nous avions toutes les raisons de le redouter : une immense foule, très disparate, est à la merci de provocateurs comme il s'en est tant rencontré dans la longue histoire des troubles et des révolutions en France et dans le monde. Une certaine sagesse partagée évita ces redoutables dérives. D'abord le contact pu être établi avec les leaders les plus raisonnables du mouvement syndical.

    J'eus moi-même, à sa demande, un long entretien avec un leader du Syndicat national de l’éducation supérieure, qui partageait mes soucis et nous convînmes de garder le contact tout au long de la journée. On connut cependant un moment de réelle inquiétude lorsque l'équipage d'un véhicule de police secours, conduisant à l'hôpital un jeune accidenté de la circulation et traversant la place Denfert-Rochereau, fut agressé par un groupe de jeunes. Le brigadier avait demandé de l'aide par radio, et déjà une équipe armée d'une compagnie de sécurité volait au secours de leurs camarades. Pierre Cot qui se trouvait parmi les leaders politiques du grand cortège m'avait aussitôt appelé pour me dire que les responsables s'engageaient à assurer la sécurité de l'équipe de Police secours, alors qu'une intervention armée pouvait avoir les plus grandes conséquences. On rattrapa de justesse l'équipe de secours. Le moment délicat restait celui de la dislocation du cortège. Surexcités par le succès, les plus entreprenants lancèrent le mot d'ordre : "A l'Élysée". C'était l'assurance d'affrontements redoutables. Daniel Cohn Bendit, vrai leader du mouvement étudiant et le plus populaire, sut sagement détourner ses troupes vers le Champ de Mars pour de plus calmes occupations. On dut pousser dans les deux camps un grand soupir de soulagement ».

    Pidone

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    En finir avec les tergiversations à gauche

     

    Pour la candidature

    de Jean-Luc Mélenchon

    à la prochaine présidentielle

     

    Nous militants de Manca alternativa, membres d’associations et de syndicats,  sympathisants et amis, nous décidons d’appuyer la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

    L’heure n’est plus aux tergiversations, aux atermoiements, aux manipulations politiciennes et autre expectative.

    Pourquoi un tel engagement ? Cette candidature a au moins un mérite, celui de taper dans la fourmilière des castes, des professionnels de la politique, des représentants de la pensée unique. En outre, le discours de Jean-Luc Mélenchon est clair. Il refuse toute compromission avec des forces politiques qui ont conduit notre pays dans la voie de l’austérité et de la régression sociale.

    Il est bon de rappeler quelques vérités. 

    Quatre ans au service des marchés financiers et de mépris pour les électeurs de gauche

    Mais où sont donc les engagements du candidat François Hollande lors de la présidentielle de 2012 ? Mais où est donc  le changement « c’est maintenant » ou encore l’ennemi « c’est la finance » ? Quatre ans se sont écoulés et les promesses se sont envolées. Quatre ans au cours desquels notre président s’est surtout distingué à mépriser ceux  qui l’ont porté au pouvoir. Quatre ans au service exclusif des marchés financiers et du Medef. Sans entrer dans le détail citons les mesures significatives qui ont comblé d’aise Pierre Gattaz, patron des patrons : ratification du traité budgétaire européen, CICE, pacte de responsabilité et tout récemment contre-réforme du Code du travail qui dynamite les acquis de décennies de dures luttes sociales et politiques. Cette dernière a suscité un grand mouvement de protestation des salariés, des lycéens et des étudiants. La mobilisation du 31 mars a atteint un niveau remarquable, malgré tous les moyens de dissuasion déployés par le pouvoir dit socialiste et les media aux ordres. Elle n’en restera pas là. D’autres mobilisations, plus importantes se profilent, pour exiger le retrait pur et simple du projet de loi sur le travail.

    C’est dans ce contexte social, économique et politique difficile que commencent les premières manœuvres dans la perspective des élections présidentielle et législatives. De ci de là les candidats se bousculent au portillon. La droite se voit déjà au pouvoir. Le Front national est en embuscade et continue sa propagande de haine, en escomptant récupérer encore plus le mécontentement qui grandit dans le pays. Le Front de gauche est au plus mal. Il n’a pas su profiter de la perte de crédibilité du Parti socialiste et de nos gouvernants, à cause – il faut le souligner – en grande partie de ses divisions internes, de son incapacité à sortir du cadre étroit des partis qui le composent et de la stratégie à géométrie variable développée au cours des dernières élections municipales, départementales et régionales. Résultat. Un grand nombre d’électeurs de gauche se sont réfugiés dans l’abstention. Cela s’est vérifié en Corse. 

    Les primaires à gauche, une opération enfumage

    C’est dans ce contexte également qu’une opération «  primaire à gauche » a été lancée par un certain nombre de gens dits de gauche, parmi lesquels l’inévitable Daniel Cohn-Bendit. C’est dire déjà les objectifs avoués ou non de cette opération. Bien évidemment le Parti socialiste s’est dit intéressé. Le Parti communiste et les Verts ne disent pas non et entendent participer aux discussions préparatoires.

    Disons-le tout net, cette opération relève de l’enfumage et ne vise qu’à préparer in fine une nouvelle candidature de François Hollande, désormais surnommé monsieur « Ca va mieux », après sa dernière et brillante prestation télévisée ou une candidature d’un de ses compagnons de route. On se retrouverait dans une situation pour le moins ubuesque, celle de cautionner un candidat qui est responsable de la situation économique et sociale du pays ! On reprendrait les mêmes et on recommencerait.

    Il n’est pas question pour nous de soutenir cette pseudo primaire à gauche.

    Dans le même temps, on assiste une campagne outrancière contre Jean-Luc Mélenchon, dans les media. Les dirigeants socialistes ne sont pas en reste. Il est regrettable que des responsables du Front de gauche participent à la curée.

    Un soutien conditionnel

    Répétons-le, nous décidons donc d’apporter notre soutien à Jean-Luc Mélenchon. Mais ce soutien ne sera pas inconditionnel. En particulier, nous demandons une clarification sur les problèmes spécifiques à la Corse.

    Cette candidature doit s’appuyer impérativement sur un vrai programme alternatif, de rupture avec le système actuel, dans la plus grande clarté et sur un vaste réseau de citoyens. L’élection présidentielle et les élections législatives ne sauraient être l’affaire de quelques individus, mais du plus grand nombre.

    Nous nous prononçons pour la constitution d’un comité de soutien en Corse à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et appelons les citoyens à nous rejoindre pour sortir enfin le pays de l’ornière dans laquelle il se trouve et pour un vrai changement.

    Jean-Pierre Bizon, Robert Armata, Bernard Bouquet, Jacques Casamarta, Muriel Buisson, Francis Peretti, Christine Malfroy, Pascale Larenaudie, Christine Gié, Claude Perrin, Baptiste Chanrion, Jacques Defranchi, Marius Battesti, Christian Mela, Isabelle Rülling, Angèle Urbani, Guy Lanoy, Françoise Heintz, Jean-Pierre Orsi, Philippe Ollandini, Pierre Mela, Marie-Christine Oberlé

     

    Signer et faire signer et à poster sur le courriel suivant : 

    mancalternativa@yahoo.fr

     

     

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  • L’association Per a Pace, Corse du Sud et Haute Corse se rendra pour sa 80ème action, du 1er au 6 avril 2016, au camp de la Linière de Grande Synthe. En relation avec l’association SALAM (Soutenons, Aidons, Luttons, Agissons pour les migrants et les pays en difficulté), elle viendra en aide aux Réfugiés.

     

     

    Lire la suite...

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  • La contre-réforme du Code du travail à l’épreuve de la rue

     

    Loi sur le travail, non merci

    Près de 250 manifestations se sont déroulées à travers la France, avec la participation de 500.000 personnes pour dire non au dynamitage du Code du travail concocté par François Hollande et son gouvernement dit de gauche et loué par la droite et le Medef. L’événement est à signaler même si d’aucuns tentent d’en minimiser l’importance. Il constitue aux dires des organisateurs une sorte de tour de chauffe. D’autres manifestations sont programmées d’ici la fin du mois pour exiger non pas quelques petits aménagements à la marge de la contre-réforme du Code du travail mais bien pour son retrait pur et simple.

    Gagner du temps et tenter de casser le mouvement social


    Loi sur le travail, non merciD’ailleurs, le pouvoir dit socialiste relayé par la grande majorité des media et les fameux économistes de la pensée unique tente désespérément de brouiller les cartes en engageant une pseudo concertation sociale avec les syndicats. Le but est d’une clarté remarquable. Il s’agit de gagner du temps, de tenter de casser le mouvement qui est en train de naître et de prendre de l’ampleur. Dans cette opération d’enfumage le pouvoir utilise allègrement la Cfdt, syndicat - paraît-il - moderne et responsable. Ne voit-on pas ces derniers temps Laurent Berger, secrétaire général de ce syndicat s’agiter sur les écrans de télévision pour nous expliquer que le projet de loi n’est pas si mauvais que ça. Il suffirait à ses yeux d’apporter quelques modifications, comme par exemple la suppression du plafond qui serait imposé pour les indemnités prud’homales ! Sur la philosophie de la contre-réforme, il ne dit mot. Or, c’est l’essentiel.

    Loi sur le travail, non merciLes propositions de François Hollande, largement inspirées par le Medef, visent tout simplement à remettre en cause les acquis des salariés, résultats de décennies de dures luttes sociales et politiques. Dans cette affaire, le plus « comique » c’est que le pouvoir, sans rire, s’efforce de démontrer que les différents éléments de la contre-réforme seraient la solution au problème de l’emploi ! Un comble. Mais n’y a-t-il pas eu dans un passé récent d’autres solutions « miracles » ? Depuis maintenant près de quatre ans, les grandes mesures prises, comme par exemple, le pacte de stabilité européen, le crédit d’impôts pour l’emploi et le pacte de responsabilité, n’ont aucunement contribué à régler le problème. Le chômage continue à progresser, le pouvoir d’achat stagne, voire régresse. Par contre, le patronat a touché plusieurs dizaines de milliards d’euros, sans contrepartie, ni contrôle, pour quels résultats ? François Hollande persiste et signe. Il continue, comme si de rien n’était, sa politique d’austérité et de régression sociale, sous le regard bienveillant et attendri de la Troïka et des marchés financiers. Cumplimenti. Dans un proche avenir, les électeurs qui l’ont porté au pouvoir, et n’ayant pas la mémoire courte, sauront le gratifier comme il se doit.

    La Corse fait aussi son tour de chauffe

    Loi sur le travail, non merciEn Corse la journée du 9 mars a connu deux manifestations, à Bastia et à Ajaccio, avec des participations comparables, près de 300 personnes, à l’appel de plusieurs syndicats Fo, Cgt, Fsu et Stc. A noter l’absence très remarquée de la Cfdt. Il est vrai que cette organisation préfère la chaleur des salons ministériels aux pavés de la rue et à la froidure qui s’est abattue durant la journée du 9 mars sur une grande partie du pays. Elle signera un vague compromis que l’on présentera comme la solution la plus raisonnable. Pour qui au fait ?

    Loi sur le travail, non merci

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  • Nous recevons un communiqué de l'association Per A Pace qui travaille dans le domaine de la solidarité

    Venir en aide aux réfugiés de Grande Synthe 

    (Syrie, Afghanistan, Iran, Pakistan, Kurdistan, Erythrée, Soudan, Palestine, Somalie, etc.)

     

    L’association Per a Pace a été contactée par une structure de Corse pour 80 matelas quasiment neufs qui n’auront de vocation que la déchetterie si ils ne sont pas récupérés. Actuellement en Corse, les services de la préfecture ont confirmé qu’aucun plan d’accueil de réfugiés n’était envisagé et aucun besoin défini. Devant la situation dramatique que connaissent les milliers de réfugiés dans le Nord de la France, Per a Pace s’apprête à convoyer ce matériel à Grande Synthe.

    A Grande Synthe, près de Dunkerque, plus de 2500 réfugiés se sont installés dans des conditions de vie inacceptables et indignes. Beaucoup d’hommes mais de plus en plus d’enfants, de femmes, qui après avoir fui la guerre et la misère engendrée se retrouvent livrés à eux-mêmes, piégés, ne souhaitant que rejoindre l’Angleterre où souvent se trouvent des proches afin de reconstituer un tissu familial.

    •  Les nombreuses associations sur place font un travail considérable avec les moyens dont elles disposent en distribuant journellement des repas, des vêtements, des soins et des aides dans les démarches administratives.

    • A Grande Synthe, la situation a quelque peu évolué et le camp va être déplacé vers une structure répondant aux normes HCR.

    • Ce convoyage, pour lequel nous sollicitons vos dons, sera le témoignage de cette solidarité et cet engagement indispensables qui aujourd’hui dépassent largement nos frontières et concernent l’humanité entière. Personne n’est à l’abri.
    • Grâce à votre soutien, ces matelas et ces couvertures permettront d’apporter un peu de réconfort à des populations en détresse. 

      • Les dont sont à envoyer à:
      • Per a Pace
      • BP80214
      • 20179 AJACCIO cedex1
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  • Selon un sondage auprès des jeunes, ils sont 70% à se dire opposer au texte de loi sur la réforme du code du travail chez les moins de 35 ans et 65% chez les 35-49 ans, contre 53% d’opinion favorable chez les plus de 65 ans. Qui est le plus concerné? Un retraité de plus de 65 ans ou un jeune actif? Les jeunes commencent à se mobiliser contre le massacre du code du travail à la tronçonneuse El Khomri manipulée par Valls et Hollande. Des jeunes youtubeurs ont réalisé une vidéo que nous vous proposons.

    Si la mobilisation commence à sourdre, chez les politiques et dans l’opinion publique, contre la réforme du code du Travail, la mobilisation étudiante pourrait, dix ans après le CPE, mettre le feu aux poudres…

    L'expression de la grogne des Français sur ce projet de loi a commencé par la pétition en ligne « Loi travail: non, merci! », lancée vendredi 19 février, par la militante féministe Caroline de Haas et des représentants syndicaux (CGT, Force ouvrière, Unsa, UNAC CFE CGC…). Cette pétition qui enregistre aujourd’hui plus de 600 000 signatures, est devenue la plus populaire sur le site français de change.org. Elle ne cesse de recueillir des signatures. Rappelons qu’Emmanuel Valls avait recueilli 140.000 votes aux primaires socialistes et un 5% qui a fait de lui un premier ministre contestable et contesté.

    L’Unef (étudiants) et l’UNL et la Fidl (lycéens), principaux syndicats étudiants, étaient conviées  à la dernière réunion intersyndicale, et ont signé un communiqué commun aux côtés de la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, FSU, Solidaires-Sud, et Unsa, dénonçant "un projet élaboré sans réelle concertation". "C’est une étape importante", a souligné William Martinet, président de l’Unef à Metro-news. "C’est la première fois qu’on a une position commune sur le fond."

    Mais le syndicat étudiant va plus loin. "Nous appelons à une date de manifestation unitaire, d’ici la fin du mois de mars. On espère être entendu", explique-t-il.

    La ministre française du travail Myriam El Khomri doit présenter le projet de loi de réforme du travail le 9 mars au Conseil des ministres.

    Emmanuel Valls pourrait avoir l’idée de mettre sur pied une commission spéciale, à l’image de ce qui a été fait sur la loi Macron, pour court-circuiter la commission des affaires sociales, jugée trop en défense du droit du travail actuei. Il lui restera à régler la question sensible du rapporteur du texte qui voudra assumer l’impopularité au sein même du parti socialiste et pire pour lui auprès de ses électeurs lors des prochaines élections. On se doute bien que le recours à l’article 49-3 n’est pas écarté et que le Premier ministre dissimule peu son intention de passer en force. En attendant, tout sera fait pour diviser les syndicats. Pour FO et la CGT, c’est l’ensemble du texte qu’il faut repousser, alors que la CFDT pourrait se contenter de quelques retouches. Un dessin humoristique dit de ce dernier syndicat réformé par une suite de dirigeants libéraux qu’il négociera le poids des chaînes lorsque le Medef aura rétabli l’esclavage. C’est à la base de la CFDT à pousser à l’union syndicale pour ne pas revenir à ce 19ème siècle dont Emmanuel Valls se moque lorsqu’il s’agit des vraies valeurs de gauche  mais qu’il nous promet cyniquement par un recul social sans précédent, en se posant en réformiste éclairé.

    Se mobiliser !

    Seule une mobilisation importante contre le texte sera une réponse adaptée à l’arrogance et au mépris des Hollande, Valls et consorts. Il est grand temps de se mobiliser !

    Fucone

    Pétition à signer :

    Se mobiliser !

    https://www.change.org/p/loi-travail-non-merci-myriamelkhomri-loitravailnonmerci

     

     

     

    Liens sur le même sujet :

    http://www.alterecoplus.fr/social/travailler-plus-et-gagner-moins-201602252029-00003101.html

    http://www.liberation.fr/france/2016/02/22/les-petites-manips-du-vrai-faux-gouvernemental-sur-le-projet-el-khomri_1434922

     

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