• Adieu âne, veau, vache, chèvre, cochon...


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    En Corse, un âne a quitté son enclos et mordu des Humains pare qu’une ânesse ni pute ni soumise s’est refusée à lui. Peut-on donner un sens à cette anecdote ? Les jeux de l’amour ont laissé du vague à l’âne sans doute et l’envie de mordre. Mais qui dit « vague » nous conduit à penser aux animaux qui divaguent en Corse avec les dangers que cela présente sur la route et le chemin de fer, sans compter les risques sanitaires. Toutefois, s’agit-il d’un  fait corse nouveau ? Certainement pas car les éleveurs corses ont, depuis la nuit des temps, laisser leurs animaux en liberté. Le problème vient surtout de la divagation des bovins qui se seraient multipliés à l’époque de la « prime européenne à la vache ». 

    On sesouvient des accusations de fraudes mises à jour en septembre 1994, lors d'une mission d'inspection diligentée en Haute-Corse par le Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (Feoga). Les contrôleurs avaient relevé les procédés pour profiter des deux catégories de primes européennes d'aide à l'élevage, l'indemnité spéciale montagne (ISM) et la prime à la vache allaitante (PVA). Il s’agit, dans le premier cas, de domicilier le troupeau, installé en plaine, sur une commune classée zone de montagne, grâce à la complaisance du maire. Certains bénéficiaires se sont avérés être des habitants de la région parisienne. Dans d'autres cas, l'existence du cheptel primé n'a pu être établie.  La prime à la vache était  limitée aux troupeaux de 50 têtes et donnait lieu à l'utilisation de multiples prête-noms. Un propriétaire de plusieurs centaines de bêtes peut ainsi, en divisant artificiellement son cheptel en unités de 50 vaches, attribuées à des membres de la famille, multiplier le gain. A l’époque la France s’est réclamé les premiers redressements pour 12 millions de francs dans un dossier qui représentait 80 millions d’aides annuels.

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    La Corse a été ainsi désignée comme le « mouton noir » (si je puis dire) de la prime à la vache. Des petits troupeaux se sont installés jusque sur les plages. On en rencontre aussi bien dans le Cap corse que dans le golfe d’Ajaccio du côté de la plage d’argent. Un peuplement qui ne dérange que les constructeurs de paillottes et les baigneurs.

    Heureusement, les dérives humaines et les divagations animales n’ont pas entrainé la suppression des aides animales aux vrais éleveurs corses qui ont le courage de maintenir cette activité ancestrale. Une association ‘Corsica vacchaghji » défend la filière bovine corser : cliquer ICI.l

    Les aides ne concernent pas que les bovins, mais aussi caprins et ovins. Les filières ovine et caprine occupent une place majeure dans le tissu agricole insulaire. L’élevage caprin reste fragile et un site est consacré à la chèvre corse : cliquer ICI.

    Les aides ont pour finalité l’accroissement des troupeaux et de la production de lait mais aussi le maintien des  races corses, notamment porcine et caprine. Ce n’est pas superflu lorsque, faute de matières premières, l’on sait que tout ce qui est étiqueté « Made in Corsica » n’est pas corse alors que la qualité corse se fait rare. Le développement des AOC passe par celui de la production locale. La vraie charcuterie corse, le vrai fromage corse… les vrais produits corses sont issus de l’agriculture et de l’élevage insulaires. Face à la pression financière de la grande distribution et à la spéculation immobilière sur les terres agricoles et les pâturages , les éleveurs n’auraient pas assez de leur courage et  de leur travail pour continuer leurs activités. Le maintien de l’activité agro-pastorale en Corse est un problème plus important que les morsures d’un âne en rut.

    Pour finir notre propos et revenir tout de même à celui qui a tant contribué à la vie pastorale, peut-être que cet âne couillu a entendu parler d’un saucisson fabriqué avec la chair asinienne pour les touristes. Il aura alors voulu à rebours goûter l’homme. Sur les toiles du peintre corse François Corbellini, l’âne est souvent présent. Aujourd’hui, il a presque disparu dans le paysage corse. A Sant Antonino, un âne empaillé montre sa tête à la fenêtre d’une maison. Cruel destin de cet ami de l’homme si nous ne devions le trouver que sous forme de saucissons où empaillé dans un musée. Alors si, comme moi, vous aimez les ânes corses, vous pouvez signer une pétition à l’adresse qui suit :

    http://www.avaaz.org/fr/petition/SAUVEZ_LANE/?tDgYZab

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