• Après dix ans, basta!

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    Selon une étude de l'Institut des politiques publiques, un organisme dépendant de PSE-École d'économie de Paris et du Crest (centre de recherche du groupe des écoles nationales d'économie et de statistique), les inégalités se sont aggravées depuis 10 ans et Nicolas Sarkozy y a joué son rôle sous la présidence de Jacques Chirac et sous son propre quinquennat. En 2002, il est nommé Ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement Raffarin et en 2004 il devient Ministre d’état, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie. Lors du congrès UMP du 28 novembre 2004 au Bourget, après avoir été élu président de l'UMP par les militants avec 85,09 %, il déclare : « Je suis prêt comme jamais sans doute je ne l'ai été. Je suis prêt parce qu'au plus profond de moi-même, je sais que la France ne redoute plus le changement, mais qu'elle l'attend, et ce changement, c'est nous qui allons l'incarner ». Le lendemain, il présente sa démission et est remplacé par Hervé Gaymard. Le 31 mai 2005, deux jours après le résultat négatif au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, le gouvernement Jean-Pierre Raffarin III démissionne. Nicolas Sarkozy est nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, « numéro deux du gouvernement », dans le gouvernement Dominique de Villepin. Pendant les 10 ans (de 2002 à 2012), Nicolas Sarkozy, avant d’être élu Président de la République, a toujours été aux gouvernements successifs et n’a eu qu’une courte absence de quelques mois pour prendre la présidence de l’UMP fin 2004. Un journal de droite (nul besoin de le citer, on le reconnaîtra), dans sa rubrique économique, voudrait faire assumer au seul jacques Chirac la fracture sociale de la  politique fiscale sur la période de 2002 à 2007 en passant sous silence le bouclier fiscal qui ne faisait que l’aggraver. Nous n’avons pas la même lecture du travail de l’institut des politiques publiques.

    Que dit l’étude sur ses dix ans UMP ? Les inégalités se sont creusées. Les ménages très fortunés sont peu imposés. Les salariés au smic voient 43,8% de leurs revenus partir en impôts et cotisations sociales, les 10% de foyers les plus aisés, 47,6%. Mais le taux de prélèvement tombe à 32,5% pour les 450 Français les plus riches. Ce phénomène a de multiples causes: poids de la TVA qui pénalise les ménages modestes, niches fiscales, moindre taxation du capital par rapport au travail, cotisations sociales assises sur des salaires plafonnés.

    De 2002 à 2012, cette inégalité s'est accentuée et maintenue malgré a crise: alors que le taux de prélèvement diminuait de 0,6 point pour l'ensemble de la population, la baisse était de 3,6 points pour les 1% les plus aisés. Les réductions d'impôt sur le revenu votées entre 2002 et 2007 ont d'abord profité aux ménages ayant le plus de ressources.

    Par la suite, les réformes menées par Nicolas Sarkozy se sont «en partie annulées les unes les autres» d'après l'étude. L'ISF et les droits de succession ont été allégés. Mais en fin de période, le gouvernement a créé une taxe sur les hauts revenus, a supprimé le bouclier (qu'il avait renforcé en 2007), puis relevé la taxation de l'épargne et plafonné les niches.

    Résultat, les ménages de la moitié la moins riche des 10% les plus riches ont vu leur pression fiscale augmenter un peu, de 0,4 point, entre 2007 et 2012. Pour les 5% les plus riches, elle est restée identique. Cela étant, il y a eu des déplacements entre types de ménages. Les gagnants sont ceux ayant un haut patrimoine et de faibles revenus: ils ont profité de la baisse de l'ISF. Les perdants sont les ménages à faible patrimoine et hauts revenus, rattrapés par les mesures de fin de mandat.

    Alors que jusqu’à 2007, les inégalités s’étaient déjà considérablement creusées, Nicolas Sarkozy, dès son élection, a voulu les aggraver avec le bouclier fiscal. La crise étant et devant l’impopularité du bouclier fiscal, il s’est donc évertué à maintenir les privilèges par de nouvelles mesures fiscales qui ont remplacé les mesures abandonnées. Il a démontré qu’il fera payer la dette souveraine à tous, c’est-à-dire le plus injustement par les bas salaires et les chômeurs en favorisant les prélèvements par la TVA et autres taxations au détriment de leur pouvoir d’achat.

    Si on revient sur les mesures annoncées envers les plus riches, elles sont dites provisoires et ne doutons pas que, si par malheur Sarkozy rempile, il les supprimera rapidement. On voit bien que ses rodomontades contre les méga-primes des patrons n’empêchent pas ces derniers de continuer à se les octroyer comme Maurice Levy vient de le faire au sein du groupe Publicis.

    Nous vous encourageons à ne pas perdre l’essentiel de cette campagne électorale qui est le bilan de Nicolas Sarkozy, président politicien du syndicat des riches  et à ne pas vous laisser manipuler par la peur en croyant qu’il est le seul à pouvoir assurer votre sécurité. Malgré les chiffres arrangés du Ministère de l’Intérieur, sa politique sécuritaire est un échec et ce n’est pas en jetant des milliers de gens dans la précarité ou le chômage que cela s’arrangera à moyen et long terme.

    Ne vous laissez pas désinformer sur l’affaire dite « Mohamed Merah ». Au-delà de la barbarie des assassinats commis, des zones d’ombre sont apparues sur le rôle de certains services de police et notamment  l’hypothèse que le tueur était un informateur.

    Ne vous laissez pas berner par des arrestations de terroristes islamistes qui ont apparemment été précipitées pour  cause d’élection. La presse nous apprend que les mis en cause n’en étaient qu’à de vagues projets sans le moindre commencement d’actes préparatoires. Sans aucun doute, leur surveillance rapprochée était prévue pour durer plus longtemps afin de les arrêter sur des faits graves. L’incrimination d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes et la possession de quelques armes (la plupart neutralisées) ne devraient pas entraîner de lourdes peines. Par contre, en ce qui concerne les Islamistes radicaux étrangers autoproclamés Imans, on se demande pourquoi elles n’ont pas été prononcées plus tôt, si leur prêches racistes et leurs appels à la violence étaient connus.   

    Il aurait sans doute mieux valu exercer une surveillance plus attentive sur Mohamed Merah lorsque l’on connaît son évolution et les destinations de ses voyages au lieu de vouloir éventuellement en faire un informateur. Même si l’erreur est humaine, il ne faut pas accepter l’exploitation politicienne d’un échec travesti en satisfaction indécente.

    Sur toutes ses affaires, en dehors de leurs conséquences dramatiques, nous ne saurons sans doute rien de plus. Secret d’Etat. Toutefois le discours officiel ne doit pas constituer un détournement de la campagne présidentielle. Le souhait de chacun n’est-il pas d’être maître de ses conditions d’existence car la violence la plus significative, c’est aussi la violence historique où les Hommes deviennent victimes d’une non - maîtrise des conditions de leur existence. Or comme l’histoire montre que l’Homme peut acquérir cette maîtrise, il n’est pas totalement utopique d’affirmer qu’il pourrait arriver, par la connaissance des causes et des mesures politiques, à une suppression relative de la violence… L’Histoire nous apprend que la violence économique est souvent à la racine des grands maux de notre société. Il n’y a que les auteurs de cette violence qui ne veulent pas y renoncer parce que leurs privilèges en dépendent.

    Derrière la France forte et le « Aidez-moi » de Sarkozy, son vrai slogan sera : « Ensemble vous regretterez d’avoir voté pour moi comme en 2007 ».


    Signé: Battone

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