• Aux marches du Palais...

    sarkozy_palaisLa politique social-libérale de François Hollande ne fait pas oublier que l’un des pires quinquennats de la Vé République s'est achevé avec le départ de Sarkozy. Une partie de la presse semble préparer le retour du mandarin UMP et, à chaque chute dans les sondages du  nouveau président, les Sarkozystes retrouvent leur sourire et leur morgue. Si c’en n'est pas terminé avec Sarkozy, nous espérons  son retour dans la rubrique judiciaire. Il ne faudrait pas  que la justice mollisse et que les affaires moisissent dans les armoires des magistrats. On voudrait, enfin, avoir des éclaircissements sur toutes ces affaires majeures que sont Karachi, Miksa, Sawari, Takieddine, la Libye, les multiples affaires Bettencourt, les sondages, l'appartement de la Jatte, Bongo, le Qatar, Tapie et tous les collatéraux que sont Copé, Bertrand, Santini, Donnedieu de Vabres, Tekieddine, Squarcini, Péchenard, Guéant, Hortefeux, Léotard, Balladur, Lagarde, Tapie, Woerth bien sûr - comment l'oublier celui-là ? -, MAM, Courroye, Pérol, Richard, Laporte, Desmarais, Frère, Lagardère, Carla Bruni et son association, Gaubert, Bazire … même si, dans les tribunaux, tout a été fait pour empêcher les choses d'être faites et que la loi du milieu reste immuable. On se souvient de l’affaire des époux Tiberi et de  hélicoptère envoyé dans l'Himalaya par Toubon, alors ministre de la Justice pour rapatrier un procureur dont l'adjoint faisait trop de zèle en son absence. Quelle pantalonnade !

    L’une des affaires actuelles a fait l’objet de deux scoops médiatiques. Il s’agit des millions d’euros donnés à Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit lyonnais.

    Contrairement au non-lieu annoncé par les avocats de Mme Lagarde, la Cour de Justice de la République a poussé ses investigations par une enquête contre cette dernière pour complicité de faux et de détournement de fonds publics. Selon les journaux Mediapart et le Monde, l’ancienne ministre de l’économie et des finances serait impliquée "personnellement" dans un processus comportant "de nombreuses anomalies et irrégularités". Elle "aurait personnellement concouru aux faits, notamment en donnant des instructions de vote aux représentants de l'Etat dans le conseil d'administration de l'EPFR [Etablissement public de financement et de restructuration], gérant le soutien financier de l'Etat au CDR [Consortium de réalisation, la stucture publique qui gérait le passif du Crédit lyonnais], voire au président de cet établissement public en sa qualité de membre du conseil d'administration du CDR".

    Le recours à l'arbitrage "aurait été décidé au moment de la prise de fonction, le 18 mai 2007", du ministre de l'économie Jean-Louis Borloo (ancien avocat-conseil de Bernard Tapie). Christine Lagarde, qui lui a succédé le 18 juin 2007, a retenu cette option malgré "l'opposition manifestée à plusieurs reprises" par le directeur général de l'Agence des participations de l'Etat, dans une note du 1er août 2007. Ce dernier écrivait que  la voie d'un arbitrage "pourrait être considéré comme une forme de concession inconditionnelle et sans contrepartie faite à la partie adverse » ? malgré, l’arbitrage a été décidé alors que "les chances de succès de l'instance judiciaire engagée par les mandataires de Bernard Tapie, douze ans plus tôt étaient à tout le moins sérieusement compromises. La crainte invoquée par la ministre "de voir s'allonger la durée des instances judiciaires et s'accroître le montant des honoraires d'avocats déjà exposés par le CDR explique mal l'abandon de ces procédures", qui étaient "proches de leur terme". Les montants octroyés (400 millions d’euros) à Bernard Tapie et autres bénéficiaires démentent l’excuse des économies faites .. Les demandes de Bernard Tapie ont été satisfaites à 80% avec un préjudice moral sans précédent.

    Deux courriers viennent aujourd’hui mettre à mal la défense de Mme Lagarde.

    - Une note secrète de Bercy, établie en 2005 par trois « sages », recommandait à l'État de refuser toute transaction avec Bernard Tapie, si celle-ci devait aboutir à une indemnité supérieure à 145 millions d'euros ou si une fraction de cette somme devait tomber, en net, dans sa poche. Découverte par Mediapart, cette feuille de route va compliquer l'audition de l'ancienne ministre par la Cour de justice de la République.

     

    - Les enquêteurs ont saisi dernièrement un courrier laissant supposer que certains protagonistes du dossier étaient informés, bien avant l'heure, de l'arbitrage favorable à Bernard Tapie. Cette lettre de Jean Bruneau, président de l'Association des petits porteurs pour l'annulation de la vente litigieuse d'Adidas (Appavla), est adressée à Me Maurice Lantourne, l'avocat de l'homme d'affaires.... L'auteur félicite Me Lantourne, qui est aussi son avocat, pour les 274 millions d'euros qui vont revenir à Tapie. 

    Anachronisme ? Le courrier porte la date du 29 avril 2007,  quatorze mois avant la décision du tribunal arbitral qui accordera, le 7 juillet 2008, 285 millions d’euros, dont 45 millions d'euros à titre de préjudice moral.

    Mme Lagarde a pris ses fonctions le 18 juin 2007, succédant à Borloo, ancien avocat de Tapie.  Interrogé par L'Express, Jean Bruneau parle d’une erreur de date. Il se serait donc trompé sur le mois et l’année, alors que le jour de l’an était loin derrière. D’après la presse, l’enquête aurait permis de rassembler d’autres éléments à charge. Par exemple,  à la même époque,, on évoque un chèque de 1,5 million d'euros du Groupe Bernard Tapie à l'ordre de... Jean Bruneau.

    Les enquêteurs doivent débrouiller les connivences et les pressions. Bien sûr, les noms de Sarkozy et Borloo sont prononcés. Si la date de la lettre de Jean Bruneau est le 29 avril 2007, Borloo était encore Ministre de l’économie et des finances, fonctions qu’il quitte le 18 juin suivant.

    Tout en mettant Mme Lagarde dans l’embarras, cette lettre démontrerait qu’elle n’a fait que prendre la suite de Borloo dans cette affaire sous la présidence d’un Sarkozy qui considérait son premier ministre Fillon comme un simple collaborateur. Pour les moins, Sarkozy, Fillon et Borloo ont des explications à fournir. Devant la presse, ils se taisent et laissent Christine Lagarde se démêler de l’affaire. Sur France info, nous avons entendu Borloo dire que cette dernière est adulte et qu’elle sait ce qu’elle a à dire. Bien sûr il nie toute implication et refuse d’approfondir la question.

     

    A la fin, il faudra bien que l’on remonte et connaisse tous les fils de l’écheveau compliqué des affaires judiciaires du quinquennat de Sarkozy.

    Nous disons oui au retour de Sarkozy mais un retour judiciaire, une montée à grandes foulées aux marches du palais !

    En attendant, devant le risque de devoir rembourser, Tapie gère sa fortune. Il s’est même payer un journal qui, certainement, n’évoquera pas l’affaire.

    De nombreux journaux ne consacrent aucun article à cette affaire, pas plus qu’à toutes celles où apparaît Sarkozy and Co. Par contre Hollande fait l’objet d’une attention critique qui ne lui passe rien. C’est l’occasion de rappeler que les critiques de la Gauche ne sont en rien assimilables à la mauvaise foi d’une partie de la presse contrôlée par les amis de Sarkozy et de la droite qui ne fait que des critiques de pure forme et votera toutes les mesures antisociales que nous combattons. La seule opposition à ces mesures se trouve à gauche. Hollande sera seul responsable d’un retour de la droite et d’une montée du Front national.

    Pidone

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