• A l’Internationale chantée par les peuples de gauche, les classes dominantes opposent les bienfaits de la mondialisation et du néo-colonialisme. Les mots « socialisme » et « communisme » sont diabolisés en caricatures staliniennes ou maoïstes pour être rejetés dans les poubelles de l’Histoire et laisser la place à la droite « moderne, pragmatique et réaliste » chaque jour plus proche de l’extrême-droite dont on tente de faire oublier la filiation et la constance dans la xénophobie et le racisme. 

    La gauche dite « radicale » ou pire « extrême » est stigmatisée comme archaïque et, lorsque ce n’est pas le cas, paradoxalement comme utopique, mais toujours dangereuse. Le député de « droite forte » Eric Ciotti vient d’interpeller, de sa voix nasillarde,  Manuel Valls au Parlement en ces termes : « Ne laissez pas ceux qui, dans votre gouvernement, sont prisonniers d'une idéologie d’extrême gauche post soixante-huitarde détruire ce qui est la force de notre système scolaire », lui qui est si proche de l’idéologie d’extrême-droite. Il demande la dissolution des groupes violents prétendus d’extrême-gauche mais n’a jamais dénoncé les groupuscules fascisants de l’extrême-droite.

    Les para-diasyoles des paléo-libéraux pseudo-modernes

     

    Les para-diastoles des paléo-libéraux pseudo-modernes

    Tous les discours politiques d’une classe dominante de droite ou « ni droite ni gauche » ont pour but de nous soumettre à l’ordre libéral en laissant croire que la gauche n’a plus rien à proposer lorsqu’elle n’a plus de relais médiatique dans une presse entre les mains d’une caste.

    La loi El Khomri illustre de quelle manière François Hollande et Manuel Valls (pour qui le socialisme est archaïque)  défendent ce qu’ils appellent l’exception du modèle social français. Ils ont engendré Emmanuel Macron sur la scène politique après l’avoir couvé dans les arcanes de l’Elysée. Comme le dit le bon sens populaire : « garde-moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis ». C’est valable pour la Gauche.

    La soumission à la violence économique est-elle modernité ? Vouloir garder la maîtrise de son existence est-ce une attitude archaïque ? Chacun sait que la soumission peut mener de la précarité à l’esclavage, de la démocratie à la dictature. Au siège de Sanofi, chaque employé est géo-localisé. Il porte déjà avec lui une chaîne virtuelle. Jusqu’où iront  ces  Bigs Brothers ? Est-ce que nous finirons tous avec un bracelet géolocalisable ?

    La répression monte en intensité contre la jeunesse. Les jeunes casseurs sont-ils des délinquants ordinaires ? Pas tous ! Le parisien en a rencontré un, fils de pharmaciens et master en poche. Il explique son choix de la violence de rue : « Il faut en passer par là. C'est un entraînement à défier cet Etat répressif qui criminalise les syndicalistes, jette à la rue les ouvriers, les employés et les cadres. Le combat ne fait que commencer. Les jeunes comme moi sont condamnés aux petits boulots à répétition. Il faut un idéal pour vraiment vivre » et il ajoute : « La vie qu'on veut nous promettre n'est pas notre destin. La lutte est la seule solution pour que le peuple décide enfin… Nos parents ont trop tardé à agir. Il est temps de reprendre le flambeau... ». Est-il archaïque et conservateur ? Sa violence est-elle ordinaire ? Elle est politique là où d’autres vont jusqu’à la barbarie dans le radicalisme religieux.  Décrit-il un présent offert par un Président de la république dont la jeunesse était la priorité ? Quel avenir lui promet le libéralisme économique en dehors de l’austérité et de la précarité ? Quelle réponse immédiate apportent Hollande et Valls à cette jeunesse qui choisit la violence et refusent l’enfumage autour de la loi El Khomri ? La répression comme un aveu d’abandon, malgré quelques sucettes distribuées tardivement par Manuel Valls aux étudiants.

    Les para-diasyoles des paléo-libéraux pseudo-modernesLe discours reste le même. On concerte  pour  diviser  les syndicats par quelques mesures non financées. On table sur l’essoufflement de la contestation. L’essentiel de la loi El Khomri est préservé : un mauvais coup contre la sécurité de l’emploi et le temps du travail. Une partie de la droite et du PS votera la loi sous la pression du Medef. Si le projet de loi Travail n’est pas de nouveau modifié à l’Assemblée nationale, Pierre Gattaz demandera « la suspension des négociations d’assurance-chômage ». Il veut un retour au projet initial dont il est l’inspirateur.  Il alterne  les faux engagements pour l’emploi et le chantage au chômage. Il va jusqu’à donner un ultimatum au gouvernement. Le patron des patrons réclame le retrait du compte personnel d’activité (CPA), de la surtaxation des CDD et du mandatement pour les petites entreprises sans représentation du personnel, qui devront négocier avec des salariés mandatés par un syndicat contrairement au projet initial. Les députés de la commission des Affaires sociales ont terminé le 8 avril l’examen du projet de loi El Khomri. L’examen du texte en séance débute le 3 mai et pourrait durer jusqu’au 12 mai. Le président du Medef a prévenu qu’un conseil exécutif du Medef aurait lieu le lundi 9 mai.

    La presse a voulu voir dans le  mouvement la Nuit Debout un forum ni droite ni gauche. Elle est déçue de sa politisation et le travail de diabolisation a commencé. Le « ni droite ni gauche » est un concept politique qui arrange la classe politique et ses donneurs d’ordre. En validant la rhétorique du MEDEF, le gouvernement suscite la surenchère patronale. Résultat: Pierre Gattaz jette son engagement mensonger "1 million d'emplois" à la poubelle et prend la France en otage en lançant un ultimatum. Pierre Gattaz se présente souvent comme le défenseur des PME et des TPE qui ne lui ont rien demandé et dont les représentations syndicales réclament le retrait pur et simple de la loi. En effet trois organisations patronales - l'UNAPL, l'UPA et l'UDES - lancent une campagne pour demander le retrait de la loi El Khomri. Ils lui reprochent de modifier les règles de la représentativité patronale, en privilégiant les grands groupes au détriment des TPE-PME. Cela montre la paternité du Medef en ce qui concerne la première mouture de la loi dite El Khomri.

    Nous avons retrouvé le soutien apporté par des économistes à  François Hollande en 2012. L’un d’eux, Thomas Piketty écrit aujourd’hui : "Le succès remporté aujourd’hui par Sanders montre qu’une bonne partie de l’Amérique est lassée de la montée des inégalités et de ces pseudo-alternances, et entend renouer avec l’agenda progressiste et la tradition égalitaire américaine" (13/02/2016, article du Monde « Le choc Sanders »). Les Américains évolueraient-ils à rebrousse-poil des socio-libéraux français ? Il parle du « lénifiant discours méritocratique tenu par les gagnants du système ».  Tiens, ça rappelle des trucs chez nous ! Il constate que « Le sénateur du Vermont devance désormais Hillary Clinton parmi l’ensemble des sympathisants démocrates de moins de 50 ans, et seuls les seniors permettent à Hillary de maintenir l’avantage ». Le socialisme est-il aussi archaïque que le disent les jeunes vieux Valls et Macron ?

    Thomas Piketty, auteur d’un best seller traduit en plusieurs langues dans le monde,  a les yeux rivés sur les USA comme champ d’expérimentation et, pour lui, le succès relatif de Sanders est un choc. Il y voit la fin d’un cycle et une évolution possible : « Face à la machine Clinton et au conservatisme des grands médias, Bernie ne gagnera peut-être pas la primaire. Mais la preuve est faite qu’un autre Sanders, sans doute plus jeune et moins blanc, pourrait un jour prochain gagner la présidentielle américaine et changer le visage du pays. Par bien des aspects, on assiste à la fin du cycle politico-idéologique ouvert par la victoire de Ronald Reagan aux élections de novembre 1980 ». Ancien proche du Parti socialiste, l’économiste  n’a pas été tendre par la suite avec le gouvernement au moment de refuser la Légion d’honneur. Le dernier rebondissement d’une histoire tumultueuse. Thomas Piketty qui prône une taxation des revenus du capital au niveau international avait été en 2012 l'artisan de la grande réforme fiscale que le président François Hollande avait promis de réaliser à son arrivée à l'Elysée mais qu'il a abandonnée depuis. Il a de quoi être déçu après avoir auparavant conseiller Ségolène Royal lors de la précédente campagne électorale.  Il n’a pas réussi à les convaincre de réduire les inégalités par la fiscalité.

    En France des économistes hétérodoxes se sont montrés plus clairvoyants que lui en ce qui concerne François Hollande et son ex-compagne. Frédéric London en fait partie au sein du groupe « Economistes atterrés ».

    Des entretiens entre Gilles Balbastre et Frédéric Lordon apparaissent comme une analyse de l’usage du discours orthodoxe des économistes libéraux repris de façon médiocre et cynique par les politiciens et les médias. C’est sur le blog « Nada-info.fr » du Monde diplomatique. Il s’agit d’une série de deux entretiens sur les inégalités sociales et sur le libéralisme économique.

    La deuxième partie des entretiens est très intéressante car elle décortique le discours et le vocabulaire du néolibéralisme. L’usage de certains mots montre l’indigence d’un discours paléolibéral qui se pare de la plume de la modernité après trois décennies d’échec. Attention à l'addiction provoquée par les discours indigents des néo-modernes ! De la flexibilité, ils passent à la souplesse pour proposer l'agilité. Ils vont finir par nous faire grimper aux arbres et manger des bananes. Ne les singeons pas ! Ce libéralisme est aujourd’hui incarné par ses chantres de la droite et du parti socialiste qui de social-démocrate est passé à social-libéral avec une nouvelle figure médiatisée : Emmanuel Macron. Ce dernier, chevalier venu d’une autre planète selon son épouse dans Paris-Match, est le spécialiste des para-diastoles dont il a dû comprendre le sens lorsque son épouse était sa prof de français et dont il a compris toute la rouerie en passant par l’Ena et la banque Rothschild. Dans les études bibliques, paradiastole est parfois un type de l’anaphore (la répétition d'un mot au début des phrases successives  est cette figure de style que François Hollande affectionne). La paradiastole utilise alors quelques mots (soit, ou, ni, pas…) comme disjonctions.  Une disjonction diffère d'une conjonction car elle sépare les choses, alors que la conjonction se joint à eux. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron se dit porteur d’un discours ni de droite, ni du centre, ni de gauche en pensant avoir trouvé un créneau apolitique qui serait une alternative. Alors nous avons relu Voltaire lorsqu’il écrit : « Cette agglomération qui a été appelée et qui se dit encore le Saint Empire romain était ni saint, ni romain, ni… un empire ». L’agglomération apolitique qui a été appelée « un discours ni de droite ni de gauche » est un enfumage, un faux discours, une négation de l’engagement politique qui ne masquera pas son ultralibéralisme réactionnaire de droite. Il n’est pas une alternative. Macron est un homme de droite qui a fait carrière grâce à des parrains socio-libéraux incrustés dans le parti socialiste. Il représente la droite en quête d’un lifting de surface, d’une fausse jeunesse.

    Frédéric Lordon estime que, trop souvent répété, le mot « moderne » est un indice qui permet d’identifier des spécimens de crétins bien dodus. Leur modernisme consiste à proposer des choses plus vues depuis cent ans et de faire du capitalisme d’avant les années 1940 une idéologie moderne. D’aucuns iraient jusqu’à revenir au travail des enfants. Nous ne sommes pas loin de cela avec un président du Medef qui veut plus d’apprentis et moins de bacheliers. La suppression des syndicats les arrangeraient tous. Ils voudraient sans doute les remplacer par des clubs de supporteurs pour l’équipe dirigeante.

    Le discours des néolibéraux utilise les para-diastoles, c’est-à-dire qu’ils donnent à des mots des significations qui sont leur contraire comme modernité et conservatisme. Ils recadrent leurs vices en vertus. Ils pratiquent l’inversion du sens et, par exemple, une contre-réforme devient une réforme. Les néolibéraux se posent en modernes, pragmatiques et réalistes, rejetant les gens de gauche (hors PS) et les syndicats opposés à la déréglementation du code de travail dans la catégorie « archaïques, irréalistes et radicaux » avant d’en faire des terroristes.

    Ce discours est relayé par les chiens de garde d’une presse aux mains de la classe dominante. Ces journalistes propagandistes ont pour mission d’habituer le peuple à ce discours qui a une extraordinaire constance dans tous les grands médias et dans la bouche de la classe politique jusque chez les socio-libéraux comme Hollande et Valls.

    Les para-diasyoles des paléo-libéraux pseudo-modernesPar la bêtise des arguments sans cesse réitérés par les éditocrates autorisés de la presse,  les donneurs d’ordre  parviennent à rendre en apparence cohérents les reculs sociaux. Ces fourbes font passer ces reculs pour des adaptations "logiques" ou "pragmatiques", voire "modernes", à un environnement qu’ils ont choisi de bâtir, la Mondialisation. Le pire étant l’arrogance avec laquelle ils nous somment de nous soumettre à ce piège qu’ils ont tendu.  Duhamel, Joffrin, Elkabach et d’autres jouent chacun le rôle d’homme de mots, le benêt d’une escroquerie médiatique. On se demande parfois, néanmoins, quelle serait leur réaction si un jour il leur était expliqué qu’en fin de compte, l’esclavage constituerait un système "très flexible" permettant efficacement de "lutter contre le chômage". Ils seraient foutus de rétorquer le plus sérieusement du monde qu’en effet, "l’esclavage, c’est moderne". Ce sont tous des tacticiens comme le sont les élus du N. Ces derniers voient que la laïcité et la République sont des mots porteurs, donc ils les utilisent. « Mais ce discours ne les engage à rien. Quelque part, ils sont aussi absolutistes dans l'identité que les islamistes. Le rêve de ces derniers est un monde immanent et figé. C'est pareil pour le FN, qui a une vision d'une France presque mythifiée, figée dans ses représentations. Pour moi, l'un comme l'autre pue la mort » dit Céline Pina, auteure de « Silence coupable » dans une interview chez le journal Marianne.

    Des Duhamel ou des Joffrin se font les promoteurs agressifs d’une "flexibilisation" dont ils sont bien à l’abri dans une France qu’ils veulent figée dans les privilèges, sans songer qu’un marché du travail totalement flexibilisé, c’est à dire précarisé, serait la ruine du système financier largement fondé sur le crédit aux ménages. Des salariés flexibilisés deviendraient assez vite des emprunteurs de piètre qualité, et l’atrophie du système financier ne pourrait qu’en résulter. Les chantres du néolibéralisme et de la classe dominante agissent-ils rationnellement et intelligemment ou bien ne sont-ils que des tigres de papier, des êtres sans épaisseurs qui suent la médiocrité ? Sont-ils prêts à scier la branche sur laquelle ils sont assis ? C’est un fait que, à travers les médias, ils imposent leur mantra imperturbablement. L’extrait de Duhamel, exemple emblématique  proposé par Balbastre dans l’entretien avec Lordon, est significatif d’un discours indigent dans la bouche d’un vieux chien de garde qui, lorsqu’il était un jeune vieux, disait déjà la même chose sous Pompidou.

    La machine médiatique tourne à fond lors de chaque projet de recul social. Les vieux chiens de garde réapparaissent et des jeunes vieux viennent les épauler avec leur apparente jeunesse. Certains ont des noms à particule, d’autres pas. Toutes et tous sont BCBG, de bons petits toutous obéissants. Les termes d’immobilisme et modernisme sont  inlassablement repris par les uns et les autres. Les conservateurs ne sont plus les réacs de droite mais sont stigmatisés à gauche comme une minorité archaïque. On a pu entendre Manuel Valls dire que sa politique est celle que les Français attendent, qu’il ne cédera pas aux conservatismes. Ce n’est pas la droite qu’il stigmatise, ce sont les syndicats et les partis de la gauche devenue radicale et extrême. Le premier ministre avait même pour ambition de supprimer le terme « socialiste » du parti qui l’a reçu. Il s’est fait doubler, un an avant les présidentielles, par Emmanuel Macron qui a créé son mouvement « En Marche » ni gauche ni droite, donc tout droit vers l’ultralibéralisme. « Le ni-ni est fashion », dirait Jean-Claude Van Damne. L’épouse du Ministre de l’économie a déclaré à une journaliste de Paris Match que ce dernier est un chevalier venu d’une autre planète. Nul n’ignore qu’il est passé par la planète ENA et celle de la Finance puisqu’il a été embauché puis débauché (ou vice versa) par la banque Rothschild. Ce cursus en dit long sur le personnage. Si on devait lui inventer une vie intergalactique, nous dirions que « Macron » rime avec « Pluton », cette planète naine considérée comme un objet transneptunien. En se souvenant que Neptune est le dieu des Océans, il nous vient à l’esprit une image de capitaine de pédalo.   

    Alors que François Hollande avait promis le changement, ce mot est devenu synonyme de « continuité » et nous entendons toujours le même discours stéréotypé depuis trente ans. Si l’on utilisait un analyseur des discours de la droite et des socio-libéraux du PS, nous obtiendrions un même champ lexical qui pourrait être adapté à chaque pays du capitalisme mondialisé.

    Les mots ne seraient rien sans nous. Ils ne doivent pas nous intimider. Il faut les soupeser, jouer avec eux pour en sourire lorsque d'autres s'en servent dans un discours qui, analysé, est indigent. Il suffit parfois de les retourner contre le locuteur pour le confondre.

    Ce qui frappe c’est cette indigence du discours habillé par des mots détournés. Pour Frédéric Lordon, la propagande néolibérale est fanatique au sens premier du terme. Il parle même de stalinisme libéral qui,  comme Staline, stigmatise des sabotages pour justifier des échecs. L’échec du libéralisme, c’est la sécurité de l’emploi, les syndicats, les fonctionnaires, les tabous de la gauche…Autant de saboteurs de la compétitivité et de la création d’emplois.  Ces paléolibéraux iront jusqu’à réduire les salariés jusqu’au dernier degré de la précarité pendant encore trente ans d’échec idéologique.

    Tous ces fanatiques ultralibéraux et leurs convertis veulent nous habituer à être des loosers. Il faut se convaincre qu’ils ont bêtes à manger du foin et retrouver le sens de la lutte sociale. Frédéric Lordon cite le sociologue et économiste Bernard Friot qui  lui a compris comment sortir de cette loose sans tomber dans l’éloge du protectionnisme et autres impasses politiques qui ne s’attaquent pas au problème : la domination capitaliste, et le cœur de son fonctionnement : la propriété lucrative des moyens de production opposée à la propriété d’usage.  Il est possible de larguer les amarres avec le capitalisme. Ce n’est pas qu’une réforme gouvernementale qu’il faut empêcher, c’est l’expropriation des propriétaires lucratifs qu’il faut imposer... La marionnette El Khomri a une existence insignifiante, lorsqu’il faut s’attaquer aux racines du mal.

    Il faut un agenda et montrer que les propositions ne manquent pas lorsque la classe dominante prétend sournoisement être seule à proposer alors qu’elle s’est appropriée la machine médiatique. Le mouvement  Nuits debout  est le début d’une prise de conscience et de confiance. Il fait peur. Il suffit d’avoir suivi comment la fausse affaire Finkielkraut a été traité par la presse télévisée et la classe politique. Les débats sur l’agora inquiètent la nomenklatura française.

    Le travail, comme la terre, n’est pas une marchandise. Lorsque les terres et le travail sont considérés comme n’importe quelles marchandises et que le dogme du Marché s’impose comme le meilleur moyen d’arriver à une répartition « juste » selon la théorie économique orthodoxe, on est devant une tromperie et une acculturation de la société. Le travail devrait être vu comme ce qu’il est, un lien social. C’est un besoin et un droit vis-à-vis de la société.

    Le droit du travail est sous le feu de critiques – il serait archaïque, trop protecteur, trop compliqué… – justifiant une véritable hystérie réformatrice.  On a peu entendu les sociologues. Dans son ouvrage récent « L’institution du travail », l’autre sociologue Claude Didry revient sur la construction historique du droit du travail en France, et sa réalité contemporaine, pointant notamment les erreurs de diagnostics sur lesquelles repose selon lui le projet de Loi El Khomri qui suscité des controverses parmi les économistes, et a aussi fait l'objet de débats entre juristes, même si beaucoup des travaillistes, les spécialistes du droit du travail, y sont fermement opposés. En revanche, on avait peu entendu les sociologues. Le livre de Claude Didry  tombe à pic : fruit de longues années de recherches, L'Institution du travail, permet de comprendre pourquoi cette loi mobilise tant contre elle, en prenant la mesure du véritable changement de paradigme auquel elle prétend procéder.

    Claude Didry  rend compte des dynamiques historiques du droit et du travail, telles qu’elles se déploient de la Révolution française jusqu’à nos jours. Cette analyse permet de prendre la pleine mesure de la rupture que représente l’adoption d’un code du travail dans la France de la Belle Époque. Elle permet de saisir le contrat de travail comme la base des coopérations durables et innovantes entre ouvriers, ingénieurs et techniciens, dont sortiront tout à la fois les industries et les grandes luttes sociales du XXe siècle. Ce droit nouveau ne se réduit pas à un empilement irrationnel de protections présentées aujourd’hui comme désuètes, mais institue le travail comme une activité sociale définie par un temps, la durée légale, et un lieu, l’établissement. On comprend dès lors que la remise en cause de ce droit ne peut qu’accentuer les dérives d’un capitalisme financier qui déstabilise les entreprises, en portant atteinte, dans sa substance même, au travail. Cette grande fresque historique conduit à redécouvrir l’importance du droit du travail dans la vie des salariés, et à proposer de le prolonger par une sécurité sociale industrielle qui remettrait le travail au centre de l’entreprise et de la société.

    Pidone

    Nous avons commenté l’entretien précité. Vous pouvez maintenant le regarder et l’écouter.

     

    Frédéric Lordon est économiste et philosophe. Les vues qu’il exprime ici sont de sa seule responsabilité et n’engagent personne d’autre. Il est notamment l’auteur de Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, 2008 ; Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza, La Fabrique, 2010 ; D’un retournement l’autre, Seuil, 2011 ; La société des affects, Seuil, 2013 ; et Imperium. Structures et affects des corps politiques, La Fabrique, 2015. 

     

    Pour celles et ceux qui ont été séduits par les explications claires de Frédéric Lordon avec le concours de Gilles Balbastre voici la première partie de leur conversation.

     

    Face à l’entêtement du gouvernement à maintenir son projet, la détermination reste intacte et soutenue massivement par l’opinion publique », CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL appellent à une nouvelle journée de grève interprofessionnelle et de manifestations le 28 avril 2016.

     

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  • Comment l’extrême droite réagit-elle au mouvement social qui agite la France autour de la loi El Khomri, et dont on espère qu’il est parti pour durer ? Pour le FN, c’est la faute à l’Europe et aux immigrés, pas aux patrons ; et à part dénoncer les vilains casseurs, rien de neuf sous le soleil. Du côté de l’extrême droite radicale, on s’excite, et on tente d’attaquer les « gauchistes » qui semblent reprendre du poil de la bête.

    Le FN ramène le projet de loi El Khomri à l’immigration et effleure à peine le scandale du  recul social. Marine Le Pen consacre ses attaques à l’Union européenne : dans un communiqué du 9 mars, elle alerte les « salariés comme les chefs d’entreprise, sur l’urgence absolue de défaire le carcan destructeur de l’Union européenne », et les appelle à « un sursaut patriotique » alors que son père et son entourage sont empêtrés dans le scandale Panama Papers.

    A ses côtés, Nicolas Bay, président de FNJ, lui emboîte le pas et, sur le site du FN le 11 mars dernier, dénonce une loi « communautariste ». Ce jeune mais déjà vieux réac d’extrême-droite, met en avant les « revendications politico-religieuses » auxquelles devraient répondre les chefs d’entreprise. Il défend ensuite les patrons accablés de charges et fustige l’immigration massive. C’est du bout des lèvres qu’il passe rapidement sur d’autres aspects de la loi comme les astreintes ou les indemnités prudhommales.

    Là où le FN est gêné aux entournures, c’est lorsqu’il s’agit de se mobiliser. Il instrumentalise les reculs sociaux et le chômage sans jamais s’engager aux côtés des travailleurs. C’est du côté des patrons qu’ils lorgnent. Comment pratiquer le populisme lorsque l’on milite pour une société d’ordre, contre « la chienlit » des jeunes,  des syndicats et des gauchistes ? Il suffit de dénoncer les dégradations commises lors des manifestations, comme l’a fait le FN 44 en stigmatisant  à Nantes « une minorité de manifestants radicaux, antifascistes et autres militants d’extrême gauche » et de claironner que la solution à la loi Travail « ne viendra pas de la rue, mais des urnes ». Le FN est un parti populiste d’extrême-droite et populiste n’implique pas chez ses élus une vraie proximité avec le peuple et la gestion de manifestations revendicatrices en dehors de quelques défilés franchouillards autour des thèmes de l’immigration ou à la gloire d’une Jeanne d’Arc, leur héroïne moyenâgeuse sortie comme un étendard.

    L’actuel patron du FNJeunes aurait voulu être reçu par Manuel Valls au même titre que l’UNEF et d’autres représentants étudiants ou lycéens, alors qu’il n’a pas manifesté le 9 mars et avait même initié  « une vaste campagne de terrain contre cette loi », tellement vaste qu’elle s’est perdue dans le néant d’une récupération manquée.

    Le FN a une politique basée uniquement sur la xénophobie. Tout le reste n’est que manipulation et instrumentalisation.  Sur le fond, la loi EL Khomri convient  à ce mouvement partisan d’une économie libérale, à condition que cette économie revienne au franc et que la France récupère ses frontières.  Ce n’est pas à la politique économique et financière de l’Europe que Marine Le Pen s’oppose mais seulement à l’espace Schengen, à l’immigration et à l’abandon de la souveraineté nationale. Elle poursuit la même politique que son père mais soigne les apparences. Elle refuse l’étiquette d’extrême-droite dans un contexte politique qui tend à vouloir faire croire aux électeurs que l’alternative se situe ni à droite ni à gauche.

    Le parti du clan Le Pen ne veut plus qu’on l’affuble de ce qu’il est, le parti de Sarkozy flirte avec ce que le FN est, le PS de Hollande a glissé vers la droite… Le glissement avait déjà été opéré par Mitterrand. Il bouscule le bloc de Droite vers l’extrême Droite et entraîne le PS sous l’effet Valls devenu un rival sérieux de Hollande avant d’être à son tour débordé par Emmanuel Macron. Le parti socialiste a émigré sur le terrain politique de la droite en désertant la Gauche.

    Tous ces politiciens en quête d’un nouveau souffle électoral veulent maintenant dépasser le clivage gauche-droite, nouveau créneaux politique devenu le credo d’Emmanuel Macron avec le lancement de son mouvement « En Marche ». Lors d’un JT de la chaîne FR2, ce dernier a affirmé vouloir œuvrer dans l’intérêt général contre les blocages de notre société. Il a assuré que son mouvement n’est pas une opération personnelle. Peut-être n’a-t-il pas utilisé ses initiales E.M de En Marche par inadvertance ? On sent bien que cet homme qui est arrivé dans le gouvernement sans aucun mandat électoral et qui dénonce aujourd’hui « l’entre-soi » dont il a pourtant bénéficié pour débuter sa carrière politique. Il dînera jeudi soir à Londres avec des banquiers et des chefs d'entreprise, à l'invitation d'un cadre de Goldman Sachs, au moment où à Paris François Hollande sera sur France 2. On sait donc qui va le financer en dehors de quelques soutiens déjà affichés, surtout des cadres dirigeants et des créateurs d'entreprise. Parmi les plus connus : Marc Simoncini, fondateur de Meetic devenu producteur de cinéma et Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, pour exemples.

    Sarkozy et Hollande sont carbonisés. Des caricatures de Rastignac sont en embuscade.  Ils auront réussi à gonfler le nombre des abstentionnistes. Ces nouveaux ambitieux veulent recomposer les forces politiques dans une Cinquième république au bout du rouleau. En comptant large 50% des électeurs inscrits votent lors de la présidentielle, au plus juste moins de 30%, en tenant compte des non-inscrits, des abstentions et des bulletins blancs ou nuls… C’est le périmètre électoral «utile»  que veulent se partager les trois partis pour gagner les élections avec un score dérisoire dans un pays qui se voulait une démocratie exemplaire et non pas corrompue. La constitution de la  Cinquième République aboutit à une légitimité de façade et les partis en place s’en accommodent car elle leur permet de monopoliser le pouvoir dans une alternance de bon aloi. Les élections ne sont plus qu’une farce qui se joue  dans l’« entre soi » sans les adversaires lucides de ce système corrompu. S’il le faut, on modifie les règles électorales et c’est ce que sont en train de faire Hollande et Valls.

    C’est dans un périmètre étriqué que les places se disputent maintenant dans des primaires et que des discours indigents ne s’adressent plus qu’à ceux qui votent, les conservateurs croyant  encore aux institutions de cette république monarchique et bananière. Il n'est pas étonnant que les ambitieux aux petits pieds nous jouent de la flûte et entonne le même un air de ni gauche ni droite en suivant tous une même partition conservatrice et réactionnaire. Elus et électeurs conservateurs vivent dans leur bulle. Les médias parlent de recomposition de la classe politique alors qu’elle se décompose, qu’elle se délite.  Il n’est pas sûr qu’ils comprennent l’émergence du mouvement « Nuit debout ». Il n’est pas question de prendre les mêmes ou leurs créatures et de recommencer le « changement c’est maintenant » trompeur de François Hollande. Il s'agit d'une rupture.

     

    Ce mouvement « Nuit debout » est parti de la contestation de la loi Hollande-Valls-Macron, alias El Kohmri, mais il a pris de l’ampleur d’abord dans une perspective réformiste pour devenir l’avant-garde d’une démocratie participative. On sent comme une espérance, un parfum de révolution citoyenne. Les jours qui viennent nous diront la suite politique donnée à ces nuits de l’éveil démocratique. On sait que ce mouvement fait peur aux partis en place et aux élus cramponnés à leurs sièges, à travers quelques déclarations de politiciens en manque d’interdiction et de répression policière, comme Fillon pour n’en citer qu’un. Sarkozy a toujours montré son mépris pour les actions syndicales et les manifestations.

    Il est cependant évident que les primaires des présidentielles  et les mouvements mégalomaniaques du genre « En marche » paraissent pitoyables. Ce sera une des premières victoires du peuple et de la Gauche qui ne se renie pas, celle aux côtés des luttes, celle qui comprend le sens de ce mouvement, celle qui  discute d’une véritable alternative, la définit et la veut tout de suite sur le long terme. Il ne s’agit plus de se soumettre à des professionnels de la politique et à des lobbies mais de construire une démocratie digne de ce mot trop souvent vidé de son sens.   

    Battone

     

     

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  • Un article de Causeur débute par ce paragraphe : « L’Europe est aux abois. Réduite à une simple expression géographique, l’Union européenne n’a plus rien de l’utopie en marche que nous vendaient jadis ses promoteurs enthousiastes. Chez les Fédéralistes, le fond de l’air est noir, comme ne manque de nous le rappeler Elisabeth Lévy : « Vu d’en bas, l’Europe évoque une sorte d’adjudant-chef tatillon, qui se mêle de tout, vous impose des règles absurdes pour vous nourrir ou vous habiller et vous oblige à garder l’arme au pied face au danger. »

    C’est une vision noire d’une Europe qui se construit contre les peuples et n’a fait qu’exacerber un nationalisme nourri par le chômage et la précarité. L’histoire nous montre que les puissants n’ont jamais tenu compte des réalités historiques des peuples. L’union européenne devait être une construction de la paix universelle. Elle s’est installée dans le jeu d’une géopolitique basée sur les intérêts économiques et stratégiques. On se souvient de Manuel Vallls qui, pour justifier la légion d’honneur offerte par François Hollande à un dignitaire saoudien, a sorti la phrase « il faut assumer nos relations stratégiques ».

    C’est au nom de ces relations stratégiques que le dictateur turc Erdogan  a mis nos gouvernements européens quasiment à genoux en s’imposant comme gardien de nos frontières contre de l’argent (on doit en être à 6 milliards) et en faisant rouvrir les négociations sur son adhésion. Voir la Turquie s’installer à la table de négociation pour adhérer à l’UE, un pays dit « islamo-conservateur » qui a inscrit le négationnisme dans sa loi (génocide arménien),  qui occupe militairement la moitié d’un pays européen au mépris des résolutions de l’ONU (Chypre), qui aide Daesh (désormais Syriens et Russes ont mis la main sur les documents prouvant ce secret de Polichinelle), qui bombardent les Kurdes et tirent à coups de canon sur ses journalistes. Monsieur Erdogan ne pouvait pas rêver plus grande humiliation de l’Europe Occidentale.

    C’est le même Erdogan qui pousse l’autre dictateur azerbaïdjanais Alyev à attaquer le Haut-Karabagh  avec le silence complice de cette Europe qui n’en finit plus de se compromettre et l’omerta des médias. Le Groupe de Minsk de l’OSCE (auquel participe la France), chargé de trouver une solution depuis vingt-deux ans, n’a pas dénoncé l’agresseur azerbaïdjanais, alors qu’Erdogan et son premier ministre n’arrêtent pas de jeter de l’huile sur le feu. Le premier ministre turc, qui a négocié les migrants contre six milliards d’euros, a même affirmé que la Turquie soutiendrait ses frères azerbaidjanais dans la guerre du Haut-Karabagh « jusqu’à l’apocalypse ». Le Karabagh ayant été comme l’Arménie, contrôlé par les Russes puis les Soviétiques et jamais par les Turcs, il échappa, heureusement, au génocide. Est-ce l’annonce d’un nouveau génocide alors que la Turquie n’a toujours pas reconnu celui de 1915 ?

    Aujourd’hui la Turquie occupe l’Arménie historique qui, après le génocide arménien de 1915, a été en partie repeuplée par des Kurdes, à leur tour persécutés par l’Etat turc et l’AKP, parti islamiste ultranationaliste d’Erdogan. L’Arménie orientale est restée d’abord dans le giron de l’URSS avant de devenir une république. C’est Staline qui a mis sous la tutelle azerbaïdjanaise le Haut-Karabagh arménien. Lorsque les Arméniens se battent pour le Karabagh, ils se battent pour défendre des Arméniens qui ont souffert du joug azerbaidjanais, comme d’autres Arméniens avaient souffert sous l’empire ottoman. Les Azeris sont à l’origine des Turcs. Ils ne font que perpétuer la haine des Arméniens. Dans le Haut-Karabagh, les Arméniens ont toujours résisté au métissage des peuples voulu par Staline.

    Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 avril, l’Azerbaïdjan a lancé une offensive de grande ampleur pour envahir la République Arménienne du Karabagh.

    Le Kergoat (rédéric MALMARTEL) explique la position stratégique du Haut-Karabagh sur son site Agoravox : « L’Arménie est un pays montagneux. Plus de 90% se son territoire est en zone montagneuse. A l’Est de l’Arménie, toujours en zone montagneuse et toujours peuplé d’Arméniens se trouve la Karabagh. A l’Est du Karabagh vous avez une grande plaine qui se prolonge jusqu’à la Mer Caspienne et sa capitale Bakou, c’est l’Azerbaïdjan. La géographie est claire : celui qui contrôle les hauteurs du Karabagh contrôle la route de Bakou. Cela donne à cette république du Karabagh une importance stratégique qui s’ajoute à l’importance émotionnelle qu’elle peut avoir pour les Arméniens. Aujourd’hui, l’Arménie contrôle le Karabagh. Comme elle n’a aucun intérêt à envahir l’Azerbaïdjan pour en faire un territoire occupé vivier de terroristes islamistes( !), nous comprenons déjà qu’elle n’est pas à l’initiative de cette guerre ».

    Dans le journal Orient, Anthony Samrani résume la situation : « Le Haut-Karabagh est rattaché à la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan à la suite d'une décision du bureau caucasien du comité central du Parti communiste du 5 juin 1921. Après l'éclatement de l'URSS, les habitants du Haut-Karabagh se prononcent, par le biais d'un référendum, en faveur de l'autodétermination. L'indépendance de la région est proclamée le 6 janvier 1992. S'ensuit une guerre entre les forces arméniennes et les forces azerbaïdjanaises qui fera près de 30 000 morts et des centaines de milliers de déplacés. Celle-ci prend fin avec la signature d'un cessez-le feu en 1994. Mais en l'absence d'un véritable traité de paix entre les différents protagonistes, la situation demeure extrêmement fragile et de nombreuses violations du cessez-le-feu sont signalées de part et d'autres chaque année ».

    Des parlementaires français ont lancé un appel à l’OCDE et proposent que la République du Haut-Karabagh, qui donne depuis plus de vingt ans la preuve de sa viabilité et de sa crédibilité, soit maintenant préalablement reconnue afin que Bakou cesse d’utiliser ce prétexte d’absence de reconnaissance pour agresser des populations civiles. Il est navrant que cette proposition ne vienne pas de la France et plus largement de la communauté européenne.

    L’Europe des Etats, avec son prix Nobel de la paix délivré à l’institution en 2012, a failli à sa mission et elle est un échec. Elle s’est construite sur l’économie libérale en faisant payer aux peuples les crises financières. Sur ses cendres, une autre Europe est à construire dans la solidarité des peuples en lutte. Après 60 ans d’Europe sous l’emprise des lobbies, le constat est un échec. La paix, bien qu’entretenue au sein de l’Union, est mise en danger aux portes de l’Europe, dans le Caucase, en Ukraine et en Syrie notamment. Les dirigeants européens sont incapables de penser le monde de demain. Ils ne font qu’imposer des politiques cyniques en niant les droits des peuples. Les technocrates et les politiciens ultralibéraux construisent la pierre tombale de l’Europe dans des alliances avec des despotes et l’indifférence envers les faibles et les minorités.  Cette politique ne fait qu’exacerber les nationalismes et apporter du fiel au moulin de l’extrême-droite.

    La France a failli à son image du pays des Lumières. Elle vend des armes à des dictatures belliqueuses comme l’Azerbaïdjan ou l’Arabie Saoudite pour exemples. Elle participe à une géopolitique dictée par Merkel et les USA qui ont conduit à un retour à la guerre froide avec la Russie.  Il serait temps de revenir à une politique humaniste qui tient compte de l’Humain, non pas des contrats commerciaux et des ressources énergétiques ou d’autres calculs financiers.

    Doit-on faire une distinction entre les bons et les mauvais dictateurs ? Quels sont les critères pour séparer le bon grain fasciste de l’ivraie ? François Hollande peut-il nous l'expliquer?

    François Hollande, qui avait promis de ne pas recevoir de dictateur en grandes pompes, a reçu les despotes Erdogan et  Alyev en octobre 2014. Il est honteux que, dans la communauté internationale, la France ne fasse pas entendre sa voix dans la défense des Arméniens du Haut-Karabagh et des Kurdes de Turquie. Il est honteux que la France ne dénonce pas la politique fascisante des dirigeants turcs et azerbaidjanais alors qu’elle a montré subitement du doigt Assad le Syrien, Kadhafi le Libyen et Saddam  l’Irakien. Il est honteux que la France n’ait pas dénoncé les bombardements de civils par les Saoudiens au Yémen. Il est honteux que la France ne prenne pas davantage partie contre la politique israélienne envers les Palestiniens.  La liste est longue des manquements à l’honneur d’une France qui perd de plus en plus son âme, en même temps que le sens de la démocratie. La lutte contre le terrorisme internationale ne pourra éternellement cacher toutes les bassesses politiques  commises sous les présidences de Sarkozy et de Hollande. Ils n’entreront pas au Panthéon des grands hommes de l’Histoire mondiale, en ayant choisi de leur vivant les écuries d’Augias, le jour où aura lieu le grand nettoyage.

    Il serait temps que les citoyens se réveillent et sortent de leur indifférence. « Je hais les indifférents ! » a écrit Antonio Gramsci le 11 février 1917 : « L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe. Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser… »  Ce long texte est un appel pour nous sortir de l’indifférence qui, comme le silence, est complice de toutes les inhumanités de notre siècle.

    Les despotes construisent leur pouvoir sur l’indifférence du plus grand nombre, avant que surviennent les guerres et les génocides. La communauté internationale s’est toujours montrée indifférente et complice des despotes dans les périodes noires de l’Histoire. Elle n’a réagi qu’après les tragédies et a recomposé un monde qui préparait à de nouveaux drames.

    L’Europe glisse vers l’extrême-droite et le fascisme. Nous sommes au bord d’une guerre mondiale ! Les mèches sont allumées au Proche-Orient et dans la Caucase.

    Réveillez-vous braves gens !

    Cette Europe n’est pas la nôtre. Elle ne respecte ni les peuples ni la personne humaine. Elle n’éclaire pas le Monde et concourt à nouveau partout à la progression de  l’obscurantisme.

    U barbutu

     

     

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  • Les barbichettes du professionnalisme politiqueLe Point rapporte cette semaine que Laurent Wauquiez, le président LR de la Région Auvergne Rhône-Alpes, a eu un échange assez grossier avec son journaliste à l'occasion d'un déjeuner. Ce dernier l'interrogeait sur le non-cumul des mandats - il est aussi député de Haute-Loire, conseiller municipal du Puy-en-Velay et numéro 2 des Républicains - et la réponse de l'intéressé est assez claire : "Un, j'en ai parlé avant la campagne. Deux, Xavier Bertrand, qui fait des grandes déclarations sur le non-cumul mais qui reste président de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin, ça me fait marrer. Trois, ma ligne est très liée au mandat local. Donc je vous dis fuck (merde ou plutôt putain en anglais ndlr)". Laurent Wauquiez a toujours été proche de Nicolas Sarkozy. A tel point qu'il reproduisait ses idées et ses discours, sans oublier des éléments de langage.

    Alors que Laurent Wauquiez dit « fuck » au non-cumul des mandats Xavier Bertrand a trouvé une nouvelle formule pour assumer sa prise de position contre le cumul des mandats : il est contre le cumul des fonctions électives mais pour garder le niveau de rémunérations qui était le sien. Le nouveau président de la région Hauts-de-France, élu en décembre, a démissionné dans la foulée de ses postes de député (2e circonscription de l’Aisne) et de maire de la ville de Saint-Quentin, tout en y gardant un poste de conseiller municipal, qu'il cumule (nécessairement) avec la présidence de l’agglomération de Saint-Quentin. Une façon pour lui de se consacrer davantage à sa belle région et, surtout, de respecter ses promesses de campagne.  Toutefois, il a perdu de l’argent : 8 300 euros brut par mois, plus l’indemnité représentative des frais de mandat, la fameuse IRFM (5 770 euros brut mensuels), sans oublier la gratuité de ses déplacements en train sur le réseau SNCF, douze vols en France par an, entre autre choses. Ses rémunérations de président de région lui sont apparues comme un petit pécule  (à peine 5 236 euros).  « Si j’étais resté député, ma situation aurait été plus confortable car je percevrais les mêmes indemnités, mais l’IRFM en plus», s’est plaint Xavier Bertrand à La Voix du Nord.

    Comment  «s’habiller» ou «payer les repas, une tournée sur une foire, envoyer un bouquet pour un mariage, payer les gerbes pour les commémorations» ? Il s’est interrogé et a trouvé la solution en augmentant ses indemnités mensuelles de 4 000 euros brut, soit 3 600 euros net (un peu moins de 2 400 après prélèvement à la source, selon Le Lab) à l'agglomération. En contrepartie les vice-présidents de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin, ont vu leur indemnité respective baisser d'un peu moins de 200 euros. Notons que les vice-présidents étaient consentants, puisque ce sont eux-mêmes qui ont voté le texte, officialisant cette situation, le 26 janvier dernier - soit environ 10 jours après les démissions claironnées par Xavier Bertrand, selon La Voix du Nord.

    Rien d’illégal ! C'est pour les autres qu'il augmente ses rémunérations. C'est une augmentation altruiste! Toutefois, on comprend que partisans et adversaires du cumul des mandats sont surtout attachés aux revenus que leur procure le cumul. Le non-cumul des mandats ne doit donc pas correspondre à une baisse des indemnités, synonyme de pertes de revenus. Si l’on met fin au cumul des mandats, voilà une pratique qui va s’étendre, n’en doutons pas !

    Ce sont les misères du professionnalisme de la vie politique. Une droite élue avec des voix antifascistes de la gauche, parce qu'elle n'avait pas la légitimité nécessaire pour arriver seule au pouvoir, ne tire aucune conséquence, aucune leçon de ses échecs. Xavier Bertrand a été élu grâce au parti socialiste, ne l’oublions pas. Ce politicien a fait carrière. Il a passé son temps à la recherche de mandats politiques comme tous ses collègues. Il faut commencer jeune et, si possible dès la sortie de l’ENA ou d’une autre grande école. Il faut courtiser les politiciens en place, se montrer flexible, les servir et demander un juste retour d’ascenseur politique. D’un mandat municipal, on passe à celui de conseiller territorial. On décroche une place de premier magistrat d’une grande ville qui est le tremplin pour l’assemblée nationale et le sénat. Une fois arrivé dans la cour des grands, toutes les opportunités se présentent : président de région, poste ministériel, député européen et divers postes tout aussi lucratifs mais moins exposés. Il existe maintenant un tremplin politique présidentiel : les primaires. Les candidats se bousculent, non pas tous pour être président de la république immédiatement mais pour devenir ministrables. Tous les espoirs sont permis et même celui d’être premier ministre en se classant bon dernier aux résultats comme l’illustre Manuel Valls avec ses 5% aux primaires socialistes en 2012.

    On comprend que l’intérêt privé prend vite le pas sur l’intérêt général. Entre politiciens et grands patrons, c’est la course aux postes et aux rémunérations. Ils finissent par tous se tenir par la barbichette.

    Ce sont ces mêmes ambitieux (dans le mauvais sens du terme) qui votent des lois contre les salariés, qui veulent les faire travailler plus et plus longtemps en bloquant les salaires. Ce sont les mêmes qui veulent détricoter tous les acquis sociaux.

    Nous avons cité deux élus de droite, mais vous pouvez trouver des cumulards de la même espèce au parti socialiste. Ce sont ces mêmes élus qui perçoivent des indemnités sans aucun contrôle et ne cessent d’augmenter leurs privilèges. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui crache dans la soupe aura une claquette ! L’austérité, c’est pour la populace !

    La déliquescence des mœurs politiques et la décrépitude de notre démocratie sont favorisées par la constitution de la 5ème république qui a organisé une France conservatrice et réactionnaire. Cette monarchie républicaine nous a menés à une dictature de l’argent avant de nous jeter dans la nasse de l’extrême-droite.

    Il est temps de procéder à une révolution citoyenne et de sortir du marasme politique. Il est temps de passer à une 6ème république pour sortir du marasme sociale et économique. La loi dite El Khomri est l’occasion de dire « Basta cusi ! ». Si elle est une chance, c’est celle d’affirmer une volonté de changer les règles constitutionnelles pour rééquilibrer les rapports de force entre le peuple et les élus. C’est bien de rapports de force dont il s’agit et chacun peut mesurer la fracture engendrée par le déséquilibre actuel. Nos élus ne nous représentent plus mais veulent nous soumettre à l’ordre libéral lorsqu’ils accèdent au pouvoir. Hollande illustre cette soumission en ayant trahi ses discours de campagne électorale de 2012 et méprisé une grande partie de son électorat.

     

    Fucone

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  • L'actualité en filigraneLes chaînes de télévision donnent la parole à des experts autoproclamés chaque fois que l’actualité s’y prête. Nous avons droit régulièrement aux experts en économie propagandistes de l’économie orthodoxe libérale qui viennent réciter leur catéchisme sans apporter de solutions autres que celles qui nous ont menés où nous en sommes. On débat et on décrypte en petits comités et, bien souvent, les mêmes bobines apparaissent régulièrement. À l'heure où l'Europe est frappée par des vagues d'attentats sans précédent, nous voyons défiler des experts et contre-experts en renseignement, géopolitique et lutte anti-terroriste, sortis d’où l’on ne sait où et parfois des policiers à la retraite ou d’anciens agents des services dits secrets. David Thomson, journaliste sur RFI, a dénoncé sur le plateau de C à Vous (France 5) ces prétendus experts comme des imposteurs. Il les juge même dangereux dans le débat public. Il a expliqué son point de vue : « Les plateaux de télé et radio sont trustés par des gens qui n'ont mené aucun travail empirique, n'ont jamais mené un entretien et s'expriment sur la foi d'idées qu'ils ont sur ce sujet »… «Ces gens peuvent dire tout et n'importe quoi d'un jour à l'autre»… «Il y en a très peu [qui ont ces compétences] et c'est un vrai problème car on arrive dans une situation où ceux qui trustent les médias influencent les politiques et pèsent dans le débat public»… «Et ils orientent ce débat dans un sens qui n'est pas bon». Les éditions spéciales et le direct non stop livrent souvent des informations qui se contredisent et qui se mêlent à des décryptages à chaud incompréhensibles.

    Le 27 mars 2016, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur les attentats de Bruxelles. Il a expliqué que le but politique des attentats était de diviser la société et qu'il fallait y faire échec en affirmant un « devoir d'amour ». Jean-Luc Mélenchon est par ailleurs revenu sur sa proposition de candidature à l'élection présidentielle (www.jlm2017.fr) et a dit pourquoi elle se faisait hors cadre de partis. Il a également présenté l'une de ses premières mesures : la convocation d'une Assemblée constituante.

    Lors de cette interview sur RTFM, il dénonçait la diffusion non stop, minute par minute, des événements tragiques que sont les attentats. Cette immédiateté exacerbe plus les pulsions que la réflexion. Les débats et les décryptages ne font qu’accroître l’angoisse des spectateurs. Il va jusqu’à conseiller aux gens d’éteindre leur poste ou de changer de chaîne pour échapper à la mort donnée en spectacle. Non pas qu’il faille se désintéresser de toutes ces tragédies, mais l’immédiateté des événements produit une haine compréhensible et la réflexion doit ramener à l’amour, au vivre ensemble. Les chaînes de télévision ne favorisent pas la réflexion.  Jean-Luc Mélenchon a donné sa réflexion dont nous vous proposons la vidéo…

    Ce qu’il faut aussi signaler, c’est que les attentats et le terrorisme occultent l’actualité sociale. En ce qui concerne le projet de loi Travail, nous n’avons constaté un seul invité syndicaliste par BFMTV en la personne de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT qui est venu assurer le service après-vente de la deuxième mouture dont les avancées lui seraient dues. Il arriverait à faire oublier qu’il s’agit d’une réforme destinées à créer de la flexibilité demandée par le  patronat et, en contre partie, de la précarité refusée par les salariés. Il a bien sûr rejeté toute collusion avec le pouvoir socialiste et le Medef, tout en vantant le compromis plutôt que la lutte.  Dès sa sortie de Matignon, le 14 mars, il avait salué les annonces de Manuel Valls de réécriture du projet de loi travail, "potentiellement" porteur de "progrès pour les jeunes et les salariés". Il a réitéré son adhésion à un projet qu’il espère faire encore avancer auprès des parlementaires qui vont être appelés à le voter. Nous verrons le 31 mars la réponse du berger à la bergère lors de la grande journée nationale d’action. Ce n’est pas parce que l’on se nomme berger qu’il faut prendre les salariés pour des moutons ! 

    Que dire des dernières déclarations de François Rebsamen, ancien ministre du travail, qui vient de déclarer qu’il n’aurait pas accepté de porter le projet de loi » comme l’a fait Myriam El Khomri qui lui a succédé ? Le maire du Dijon a même ajouté qu’il ne fallait pas s’attendre à des miracles et qu’on ne réécrit pas et on ne réécrira pas le Code du travail car c’est un chantier si immense qu’il aurait fallu s’y attaquer dès le début du quinquennat. Et de conclure : « Là, on améliore, on aménage. C’est nécessaire, mais c’est une évolution, pas une révolution. » Ne nous y trompons pas ! Si Rebsamen enfonce l’actuelle ministre du travail, il vient apporter de l’eau au moulin de Laurent Berger et indirectement de Manuel Valls, en saluant « les corrections de bon aloi qui ont permis de rééquilibrer le texte » et en laissant entendre que « Ce qui est sûr, c’est que le temps que la loi entre en application, elle n’aura pas d’impact significatif avant la fin du quinquennat ». On ne pouvait pas en attendre davantage d’un spécialiste de la langue de bois et des circonvolutions politiciennes.  

    Vidéos Laurent Berger - BFM politique -

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    Laurent Berger est pour le dialogue social, peut-être comme Manuel Valls qui répond « Bah ! Vous l’aurez ! », à une dame qui l’interpelle et lui dit au salon du livre « De la loi El Khomri, on n’en veut pas ! ».  Il faut tout de même rappeler que Nicole Notat[1] et son successeur François Chérèque[2] ont obtenu des nominations lorsqu’ils ont quitté le secrétariat général de la CFDT. Les réformes des retraites acceptées ont reculé l’âge de départ et la durée de cotisation.

    Est-ce en prolongeant la durée du travail que l’on libère des emplois ? Est-ce en facilitant les licenciements que l’on crée des emplois ? Laurent Berger se présente comme non encarté au parti socialiste, contrairement à Jean-Claude Maillet de FO. Nous savons que l’apolitisme est une invention de la droite libérale et que les compromis n’apportent aucun progrès social sans lutte syndicale. Seule l’unité syndicale est porteuse de progrès social.

    Pidone



    [1] Elle crée, en 2002,  Vigeo société européenne d'évaluation des performances sociales et environnementales des entreprises RSE, alors qu’elle vient de quitter ses fonctions de secrétaire générale de la CFDT. En tant que présidente de Vigeo, elle a repris l'agence ARESE, fondée par Geneviève Férone, première agence de notation sociale en France. En 2015, Nicole Notat est devenue la présidente de Vigeo Eiris, à la suite de la fusion de Vigeo avec l'acteur britannique EIRIS. Elle est membre du conseil d'orientation du think tank « En Temps Réel ». Elle a aussi participé à quelques travaux de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). Elle est membre du club Le Siècle dont elle assure la présidence depuis le 1er janvier 2011. Nicole Notat a été désignée par le Conseil européen membre du Groupe de Réflexion sur l'avenir de l'Europe présidé par Felipe Gonzalez et rattaché au Conseil européen. Le groupe a pour mission de proposer au Conseil européen de mars 2010 une feuille de route stratégique pour l'Europe à l'horizon 2020-2030. Elle était membre du conseil d'administration de la Coface (Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur) et du conseil de surveillance du Monde S.A . Depuis novembre 2011, elle est médiatrice dans le cadre de la mise en place des nouveaux horaires par la SNCF et RFF. En janvier 2013, elle devient la chef de file du groupe de travail « Promouvoir et valoriser l'entrepreneuriat responsable » des futures assises de l'entrepreneuriat, sous l'égide de la ministre Fleur Pellerin. 

    [2] Le 3 janvier 2013, il est nommé inspecteur général des affaires sociales (5e tour) en conseil des ministres à compter du 7 janvier 2013, au statut de haut fonctionnaire. Dans le cadre de ces fonctions, il est également chargé du suivi du plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté6 et rémunéré 7257 € net par mois . Il est également élu président du think-tank Terra Nova le 12 janvier 20138. Le 6 décembre 2013, il succède à Martin Hirsch à la présidence de l'Agence du service civique9. Malade et suivant une chimiothérapie, il interrompt temporairement ses fonctions en septembre 2015.

     

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    Qui sont les représentants de la doxa libérale ? On connaît les anciens : Sarkozy et son populisme dégoulinant , Juppé, Fillon… et maintenant Hollande, Valls, Macron… etc. Ce sont aussi toutes celles et ceux qui soutiennent la loi El Khomri dont il faut obtenir le retrait.

    Et parmi les candidats déclarés pour les prochaines Présidentielles, Bruno Le Maire soutient  cette casse du code du travail dans sa première mouture. Il préconise aussi la privatisation de « pôle emploi ».

    Il vient de prétendre qu’il n’y a pas de différence entre les RSA et le Smic. Il est vrai que, pour lui et ses semblables,  300 ou 600 € c'est leur argent de poche. Que le smic soit trop bas ne rentre pas dans leur calcul. Essayer de vivre avec 450€ de RSA par mois, ils ne savant pas ce que cela représente pour une personne seule  lorsqu’il faut se loger et bouffer. Alors si l’on devait y ajouter les prix des transports, il faudrait choisir entre se loger ou se déplacer pour trouver du boulot. Le torchon de la droite extrême, "Valeurs actuelles", publie cette semaine un tableau établi par l'Ifrap, ce laboratoire d’idées ultralibérales qui rajoute 210 € à un couple avec deux enfants, assujetti au RSA, en comptant les quatre cartes de transports gratuits dans la région parisienne. Quelle vergogne, lorsque l’on sait que ces ultralibéraux cumulent les primes et les remboursements de notes de frais, tout en cherchant tous les moyens de défiscaliser leurs revenus !

    Décidément, ce qui est bon pour l’économie est mauvais pour le peuple et ce qui est mauvais pour le peuple est bon pour les exploiteurs et leurs propagandistes. Le RSA serait de l’assistanat. Que dire des retraites chapeaux, des indemnités perçues par nos élus sans justificatifs, du coût de nos anciens présidents de la république, des postes en tous genres distribués pour recaser les amis politiques, les anciens ministres et les élus qui n’ont pas étaient réélus ? Pourquoi verser des millions d’euros à des journaux qui s’insurgent contre l’assistanat apporté au plus démunis ? Leurs subventions ne se sont-elles pas une forme d’assistanat qui permet de payer les salaires des cadres et des journalistes pour qu’ils débitent la propagande ultralibérale ? 

    L’Ifrap, on connaît ! En matière de manipulation des chiffres, sa patronne, l'ultralibérale de choc Agnès Verdier-Molinié, roule pour le Medef. Sa cible préférée est le service public. Pour promouvoir l’ultralibéralisme, elle dénonce en permanence les dépenses publiques et se fait passer pour la défenderesse des contribuables. Elle essaie en permanence de monter les salariés du secteur privé contre ceux du secteur public, stigmatisant les avantages des uns et oubliant ceux des autres. Finalement, elle vise tous les salariés en cherchant la dérèglementation du code du travail. Elle chasse la fiscalité pour favoriser le secteur privé et réduire comme peau de chagrin le secteur public. Pour elle, tout doit se vendre et s’acheter, la santé et l’éducation comme le reste. Elle a trouvé dans le journal Valeurs actuelles, la presse qui lui correspond. Elle intervient fréquemment dans des débats télévisés sans contradicteurs.

    Bruno Le Maire, est ultralibéral viscéral… Allez ! Disons-le : anti-gauche primaire, comme son collègue Laurent Wauquier  et quelques autres loups aux dents longues ! L’avenir de la droite extrême ! Laurent Wauquier s’est dit favorable au travail le dimanche. Toutefois, dans un reportage télévisé effectué chez lui un dimanche, il a confié que, pour lui, le dimanche est sacré. En bon catholique, il consacre tous ses dimanches à sa famille et « même si Obama l’appelait un dimanche, il ne répondrait pas ». Voilà la conception esclavagiste du travail et de sa répartition que cette droite décomplexée donne pour les autres. Eux, ils vivent dans le confort, voire l’opulence. Pour eux, vive le dimanche ! Ils peuvent aller à confesse et manger l’hostie de leur bonne conscience. Pour les autres, au turbin ! Quel mépris pour le peuple !

    Agnés Verdier-Molinié, Bruno Le Maire, Valeurs actuelles, Laurent Wauquier … ne sont que des exemples frappants pris dans la doxa libérale. On sait que cette idéologie égoïste et antisociale est celle des Sarkozy, Fillon, Juppé, des Républicains ex-UMP, de l’UDI… Et bien, elle est aussi celle de la direction du parti socialiste et de ses satellites comme les Radicaux de gauche qui n’ont jamais représenté la gauche radicale.  Inutile de citer quelques Verts appelés au gouvernement. Il suffit de donner le nom de Jean-Vincent Placé pour montrer qui le PS recrute chez les Ecolos. Nous n’avons même plus envie de dénoncer ce Rastignac qui ne mérite que mépris. Il tombera vite dans l’oubli.

    Ce long préambule veut  démontrer, s’il le fallait encore, que les pouvoirs sont entre les mains d’une bourgeoisie libérale qui vit de l’économie de la rente et qui méprise le peuple. Ils ont leurs chevaliers d’industrie du CAC 40 et du Medef. Ils ont leur presse et leurs économistes orthodoxes. Ils ont leurs politiciens, avocats d’affaires et énarques. Ils ont leurs lieux de villégiatures et leurs quartiers. Ils ne veulent pas de pauvres sous leurs yeux. Dans le 16ème arrondissement huppé de Paris, ils ont manifesté cette semaine. Non pas contre la loi El Khomri ! Il ne faut pas rêver ! Ils ne veulent pas d’un foyer pour SDF. Ils ont même fait croire qu’il s’agirait d’un foyer pour migrants en prédisant que le bois de Boulogne allait devenir une jungle comme à Calais, un « nouveau Sangate », évoque le député- maire Claude Goasguen, solidaire de ses riches administrés. Ce dernier fut président de la Corpo d'Assas, partisan de l’Algérie française, soutien de Jean-Louis Tixier-Vignancour (candidat d’extrême droite à la présidentielle de 1965) et proche d'Alain Madelin, Hervé Novelli, Patrick Devedjian, Gérard Longuet alors membres du mouvement d'extrême droite Occident, « à la direction duquel, il était chargé, en 1967, avec Gérard Longuet et Jean-Jacques Guillet, de l'entrisme dans les syndicats». Bien qu'il ait joué un rôle en 1966-1967 dans l'infiltration par Occident de Sciences Po, il a toujours nié avoir appartenu à Occident, même s'il entretenait des liens manifestes avec cette organisation. Selon Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, Claude Goasguen aurait fait partie en 1971 du mouvement néofasciste Ordre nouveau.

    Dans son arrondissement, il s’agit pourtant d’un foyer pour SDF parisiens et non pas pour les migrants. Nous avons vu une vieille rombière expliquer que des pauvres allaient être mis devant des gens riches, que cela allait les pousser à voler et violer. Ces gens-là ne supportent même pas l’idée d’un sentiment d’insécurité. Cette manipulation médiatique leur a attiré le soutien de Florian Philippot qui avait pourtant demandé que l’Etat s’occupe d’abord des SDF français et non pas des migrants, encore faudrait-il que ce ne soit pas sous les yeux des riches Parisiens qui pratiquent la charité avec leur denier du culte déposé dans les écuelles propres du curé de leur paroisse. Les foyers et les HLM sont réservés au Nord-est parisiens et aux banlieues populaires. Il ne faudrait pas mélanger les torchons et les serviettes.

    Dans quel monde vivons-nous ? Un monde pas ragoûtant du côté des riches et des puissants, un monde dans lequel il vaut mieux être beau, riche et intelligent que pauvre, laid et forcément idiot. Le pire est que cela devient un précepte moral dans une société ultralibérale sans morale. Ces nantis se croient beaux, riches et intelligents. Ils ne sont que riches et cyniques. Et pour s’enrichir encore, ils spéculent et jettent les peuples dans des crises financières qui ruinent des pays comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne… et la France. C’est toujours le peuple qui doit payer par le chômage, la précarité et la régression sociale. Les dettes publiques sont faites pour cela. L’Europe que l’on nous construit n’est que la gendarmerie de la Finance internationale et la chambre parlementaire de l’ultralibéralisme. Les économistes ne sont là que pour prêcher la bonne parole libérale. Le projet d’un module universitaire « Economie et société » et d’un enseignement hétérodoxe de l’économie s’est heurté à un déchaînement verbal des économistes patentés comme un Jean Tirole, ancien président de la Société d'économétrie et de l’European Economic Association, est docteur honoris causa de l’Université libre de Bruxelles (1989), de l'université de Montréal (HEC, 2007), de la London Business School (2007), de l'université de Mannheim (2011), de l’Athens University of Economics and Business (2012), de l'université de Rome « Tor Vergata » (2012), de l'université Hitotsubashi (2013), de l'université de Lausanne (2013)... etc.  Un carriériste économiste de la doxa libérale qui accumule les reconnaissances de cette même doxa libérale. Les prises de position de Jean Tirole ont suscité des critiques, les mesures qu'il recommande étant jugées par les adversaires du libéralisme économique, comme le magazine Alternatives économiques, idéologiquement tendancieuses, car favorables à la privatisation du service public. Derrière sa notion de «responsabilisation des entreprises » se cacheraient en réalité des mesures consistant à réduire, voire à supprimer le contrôle démocratique des marchés par l'État.

    En 2017, nous aurons droit à de nouvelles élections présidentielles. Qui sera le nouveau président ? Les listes des prétendants à droite et au parti socialiste ne laissent aucun espoir de progrès social. Au deuxième tour, si les sondages sont fiables, le choix se fera entre l’ultralibéralisme et l’ultralibéralisme, ou bien entre l’ultralibéralisme et le fascisme. Le vainqueur sera l’abstentionnisme.

    Ne doutons pas que l’idéologie d’extrême-droite fera son chemin puisqu’elle a été placée en arbitre des élections par les politiciens de droite et du parti socialiste, relayés par la grande presse. Inutile de revenir en détail sur la généalogie de Marine Le Pen et l’idéologie du Front National ! Le votre FN n’est pas un votre protestataire mais un vote xénophobe et raciste. Le vote FN n’est pas un vote pour une alternance au libéralisme économique. Le patronat n’a pas peur du FN.

    Nous pouvons évoquer un autre candidat de la droite extrême : Nicolas Dupont-Aignan, président du parti souverainiste Debout la France, en campagne pour l'élection présidentielle de 2017. Le député préconise un « vrai contrôle des frontières » et « l'arrestation préventive des 250 djihadistes de retour de Syrie pour les éloigner sur un territoire lointain », « Je parlais de Kerguelen, puis du bagne, a-t-il précisé à l'antenne. Je considère qu'on ne peut pas prendre le risque d'avoir des bombes volantes sur notre sol ». C’est ce qu’il a déclaré mercredi matin sur France Info. Il voudrait faire des îles Kerguelen un Guantanamo français, alors qu’il est question de fermer la prison offshore américaine. En 2015, il avait déjà proposé de récréer le bagne de Cayenne. Peut-être un jour demandera-t-il de reconstruire la Bastille pour y enfermer les détenus politiques. Comme si la solution contre le Djihadisme se trouvait dans l’ouverture d’un nouveau Guantanamo. C’est ce qui s’appelle un effet d’annonce pour récupérer la peur des électeurs, comme le fait le FN. 

    Si Hollande et Valls arrivent à tuer la gauche, l’extrême-droite se trouvera face à des politicards trop bien payés au service des nantis. On ne peut pas avoir de grands desseins politiques sans progrès social. Le libéralisme ne libère que les exploiteurs et enferme les peuples dans la régression sociale et la précarité. Il maintient des pays dans le sous-développement et dans la misère. Il nourrit la xénophobie et le racisme en jetant des millions de gens sur les routes de l’exil. Les libéraux travestissent le bien et le mal, l’ordre et le désordre, le mérite et l’assistanat en fonction de leurs intérêts économiques. Ils imposent un «horizon mental », et propage leur idéologie en la cachant. Ils disent agir au nom de l’intérêt général alors qu’ils préservent des intérêts particuliers et veulent soumettre les peuples aux lobbies de la Finance et du capital.

    Quelle perspective à gauche en 2017 ? Le Parti Socialiste propose une Primaire de toute la gauche qui éviterait le bilan de la politique gouvernementale désastreuse mise en œuvre par François Hollande et Manuel Valls. Ce n’est qu’une manœuvre politicienne pour reconduire la même politique. Elle a pour objectif d’ouvrir le soutien à une candidature de François Hollande, en étouffant toute alternative à gauche. L’état d’urgence permet à l’Etat de durcir le ton contre les opposants à sa politique.

    La répression est utilisée contre le mouvement de la jeunesse. Depuis plusieurs jours déjà des méthodes violentes sont mises en œuvre par le gouvernement à l'encontre des AG et cortèges étudiants et lycéens. Cela a été le cas à Lyon, Marseille, à Paris contre les lycéens. Des facultés ont été fermées à Paris aujourd'hui afin d'empêcher la tenue de réunions. Les flash-balls sont dégainés et les tribunaux prêts à recevoir les manifestants. Des policiers sont même entrés dans le bureau de poste d’Asnières pour faire cesser une AG et expulser les postiers. Ils ont dû renoncer à leur mission car personne ne s’est laissé impressionner. Une expulsion violente d’un amphithéâtre s’est déroulée à la faculté Tolbiac où les CRS ont matraqué les étudiants en faisant plusieurs blessés. Hollande aurait-il peur d’un nouveau mai 68 ? Il avait fait de la jeunesse l’objectif de son quinquennat. Serait-elle devenue sa cible ?

    La contestation du projet de loi El Khomri mobilise celles et ceux qui aspirent à une alternative, à une rupture avec le néolibéralisme et la politique sécuritaire néoconservatrice du gouvernement. Cette alternative n’a pas été portée par le parti socialiste qui la refuse encore comme la refusent la droite, le centre et l’extrême-droite. C’est aux électeurs du Front de gauche et à ceux qui les rejoignent de créer un large rassemblement pour présenter un candidat aux élections présidentielles, une personnalité qui portera un projet commun pour constituer une vraie démocratie et revenir sur le chemin du progrès social, en plaçant l’humain d’abord.  

    Ensemble, Europe Écologie, Nouvelle Donne,  les socialistes qui cherchent une alternative à la politique du gouvernement, les forces de la gauche radicale, les syndicats  et toutes les organisations soucieuses de progrès social doivent trouver une plate-forme commune pour construire ce rassemblement.

    L’alternative est une rupture, pas une alternance. C'est l'insoumission à l'ordre libéral, le droit de dire non, le refus du béni-oui-ouisme. Le changement commence aujourd’hui. Il ne faut plus écouter les promesses sans lendemain. Hollande, c’est fini. Valls et Macron aussi !

    Battone

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  • La prétendue réforme du code du travail est devenue un enjeu de la campagne présidentielle et la position de la CFDT apparaît comme une tentative de sauvetage de François Hollande. Que va-t-il sortir des négociations ? Le suicide politique de François Hollande ou un revirement à 180° sur le projet de loi El Khomri lancera-t-il sa campagne électorale avec de nouvelles promesses électorales ?  Comment pourra-t-il faire passer une régression sociale sans précédent pour une avancée, si ce n’est en retirant le projet de loi ou en ne gardant que le compte d’activité et une réforme du CDD ?

    Demain 14 mars, Manuel Valls doit présenter aux syndicats une nouvelle mouture de son projet de loi porté par Myriam El Khomri. Pour convaincre, il devra revenir sur les causes élargies des licenciements économiques et les plafonnements forfaitaires des licenciements abusifs devant les Prud’hommes. Toutefois, le « conseil supérieur de l’égalité professionnelle » a jugé que ce projet de loi ne ferait qu’aggraver les inégalités hommes-femmes. Ce projet fait fi de cette inégalité. C’est un retour en arrière alors que la politique de la France en la matière est déjà dénoncée par le forum économique mondial. Mme Claire Servi-Comble, présidente de « Oser le féminisme » dénonce la carte blanche donné au libéralisme et les mesures insidieuses qui vont à contre-courant de l’égalité des sexes dans l’emploi tout en expliquant en préambule qu’il faut l’égalité. On passe, comme François Hollande et Valls en ont donné l’habitude, d’une déclaration générale à son contraire dans le projet de loi. Mme Servi-Comble, au nom de son organisation, demande le retrait  du projet et n’acceptera pas une simple cosmétique sans réel recul.  Demain, ce sera la dernière séance. Manuel Valls va nous jouer un nouveau scénario sans rien changer de son intrigue.

    Eddy Mitchell a jugé que « si Hollande et Valls sont de gauche, lui il est curé ». Le chanteur  n’a pas épargné Sarkozy et le Front national. Il a, en outre, révélé qu’il avait refusé la légion d’honneur proposée par Mitterrand et qu’il ne le regrettait pas lorsqu’il voyait qu’elle avait été offerte par Hollande à un prince saoudien, coupeur de têtes. C’est l’occasion de rappeler qu’un jeune saoudien va être décapité et, comme cela n’est pas suffisant, crucifié en Arabie Saoudite et que le prince décoré détient le pouvoir de renoncer à cet assassinat. Une pétition est en cours ICI.

    La star du Rock français ne fait que dire ce que beaucoup d’électeurs de François Hollande pensent aujourd’hui. Lorsque l’on parle de bashing Hollande, il faudrait rectifier en précisant qu’il est humilié parce qu’il est humiliant. Il a humilié une grande partie de son électorat. Il s’est humilié lui-même en voulant tuer la gauche avec la collaboration de Manuel Valls.

    D’aucuns disent que la seule chance pour Hollande d’être au second tour des élections serait que Sarkozy soit le candidat de la droite. Ce dernier qui a déjà américanisé ses campagnes coûteuses, après avoir pris pour modèle Bush, s’émerveillerait du succès populaire d’un Donald Trump. Un émerveillement qu’il partagerait avec le penseur fou Jean-Claude Van Damme. Les grands esprits ont les mêmes idoles.  Depuis lors, Sarkozy multiplie les attaques contre les fonctionnaires et les outrances. Où en sont toutes les informations judiciaires ouvertes et dans les quelles le Président des Républicains apparaît ? Comment un candidat qui a largement dépassé ses comptes de campagne peut-il encore se présenter devant les électeurs ?

    De leur côté, Marine Le Pen et Philippot  essaient maladroitement  de lisser l’image médiatique du Front national, pendant que Jean-Marie Le Pen rame en sens inverse avec des groupuscules fascisants. Ce ne sont ni le Front national ni la droite qui défendront les acquis sociaux et le syndicalisme. Ils ne l’ont jamais fait et ne le feront pas.

    Où était François Hollande, hier, pendant que la CFDT et d’autres syndicats dits réformistes avaient organisé une journée explicative sur la loi El Khomri et les modifications à y apporter pour en faire un progrès social? Est-ce qu’il a entendu ce qu’a déclaré Tsipras au sujet du projet de loi El Khomri? « La flexibilité pour le droit du travail ne renforce en aucun cas la compétitivité de nos économies. À chaque fois que des thèses néolibérales et la flexibilité ont été imposées, les résultats ont été catastrophiques. C'est ce qui s'est passé en Grèce, et cela nous a ramené à des conditions de travail  du Moyen-âge. Tous ceux qui veulent imposer ces réformes doivent réfléchir et étudier le cas grec ».

    Notre Président était occupé par la crise européenne et le chantage turc sur le sort des migrants. Il ne veut faire « aucune concession » à la Turquie sur les droits de l’homme. Etant habitué à la dialectique présidentielle, doit-on comprendre qu’il va faire encore beaucoup de concessions ?

    Rappelons qu’Angela Merkel aurait mené seule des négociations avec le dictateur turc Erdogan et que l’Allemagne est l’alliée historique de la Turquie. Les deux pays ont un passé génocidaire. En ce qui concerne la Turquie, François Hollande avait promis une loi de pénalisation du négationnisme. Nous l’attendons encore à un an des prochaines élections présidentielles. La négation du génocide arménien fait-elle partie de la défense des droits de l’homme ?

    Lorsque la parole d’un président de la république ne correspond pas à ses actes, lorsque son engagement politique à gauche conduit à une politique de droite, il n’est plus audible. Il s’est disqualifié. Il laissera derrière lui un parti socialiste aux mains de centristes de droite. Valls dit vrai sur un point : ce parti n’est plus socialiste et il doit changer d'appellation. Il a tort de ne pas reconnaître qu’il n’est plus un parti de gauche et qu’il ne l’a été qu’épisodiquement de 1981 à 1983 dans le cadre d’un programme commun de la gauche, vite abandonné par François Mitterrand. L’indignité de François Hollande est d’avoir trompé ses électeurs lors du discours du Bourget, alors qu’il était en campagne. C’est impardonnable.  Il ne sera plus entendu car il faudrait qu’il déclame l’anaphore de sa présidence bien loin de celle prometteuse du candidat en 2012.

    Moi, Président de la république, j’ai trahi le discours du Bourget,

    Moi, Président de la république, je n’ai pas respecté les Français et les partenaires sociaux, dans l’élaboration de la loi El Khomri.

    Moi, Président de la république, je n’ai pas fait respecter le non-cumul des mandats

    Moi, Président de la république, j’ai reçu et décoré des dictateurs,

    Moi, Président de la république, j’ai été l’ami du monde de la Finance,

    Moi, Président de la république, je n’ai pas été exemplaire,

    Moi, Président de la république, je n’ai pas fait modifier le statut pénal du chef de l’Etat.

    Moi, Président de la république, je n’ai pas introduit la proportionnelle dans les élections législatives.

    Moi, Président de la république je n’ai pas été proche du peuple et je n’ai pas été capable de le comprendre.

    Moi, Président de la république, je n’ai plus aucune légitimité au sein de la Gauche.

    Nous nous arrêtons là car la liste est trop longue des promesses non tenues.

    La prochaine élection présidentielle devrait être l’occasion de reconstituer une Gauche sans celles et ceux qui l’ont trahie. La clarification n’est pas celle proposée par Cambadélis qui demande aux responsables politiques de soutenir la candidature de François Hollande ou de se présenter à la mascarade des Primaires.

    La clarification ne viendra qu’après s’être débarrassé, à Gauche, des Hollande, Valls,  Macron, Cambadélis, Le Guen et consorts, Ils peuvent constituer un nouveau parti centriste et ne plus empoisonner le débat au sein d’une Gauche qu’ils n’ont jamais cessé de vouloir liquider.

     

    Pidone

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  • laicite-republique

    « Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la  peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse ». (La peste, Albert Camus)

    L’excipit du roman d’Albert Camus est toujours vrai aux lendemains du 13 novembre 2015, ce vendredi noir pour la France. Des innocents ont été tués par des individus qui se font les instruments d’une idéologie érigeant la haine comme foi. Ces néo-fascistes se livrent à l’exaltation de la grandeur religieuse, la supériorité d’une cause adoubée par un Dieu qu’ils s’inventent, un idéal cauchemardesque. Chez eux la violence remplace l’intelligence et leur étendard noir est la mort. Ces individus répondent à des appels aux meurtres, la bave à la bouche. Les djihadistes sont en général des criminels qui menacent la terre entière, grisés par un faux sentiment de puissance. Ils n’ont aucun respect pour la vie, y compris la leur.  J’ai écrit à chaud quelques mots rageurs sous l’emprise de la colère, avant qu’elle ne devienne une colère froide. « Nous sommes en guerre » répètent nos hommes politiques. Ne l’était-on pas déjà au Mali, en Syrie, en Irak et en Afghanistan ? Rappelons que des êtres humains meurent dans ces pays en plus grand nombre qu’en France. Rappelons  aussi que, 24 heures avant Paris, l’Etat islamique autoproclamé a frappé à Beyrouth, plus précisément dans le quartier chiite de Borj el-Barajneh, faisant 43 morts et 239 blessés. C’est l’attentat le plus sanglant dans la capitale libanaise depuis plus de vingt ans. Nous devons aussi être concernés par ces victimes libanaises.

    Le fait nouveau en France est que les terroristes islamistes ont encore frappé à Paris mais en plus grande ampleur et en ciblant des gens du peuple. Le 7 janvier dernier, ils visaient Charly Hebdo accusé de blasphèmes et un hyper-Kasher accusé de sionisme. C’était la liberté d’expression qui était meurtrie et l’antisémitisme affiché de manière sanglante. Vendredi, ils ont visé des badauds qui, après une semaine de travail, étaient venus se détendre aux terrasses des bars ou écouter un groupe rock au Bataclan. Des kamikazes se sont fait exploser aux abords du stade de France pendant un match amical entre les équipes de France et d’Allemagne. On imagine le désastre s’ils avaient pu entrer dans les tribunes du stade. Au dernier décompte, on nous a annoncé 129 morts et 352 blessés. N’oublions pas que, parmi les victimes, on dénombre des gens de diverses origines. Je pense, par exemple, à Halima, 37 ans, qui a laissé deux enfants sans mère. C’est aussi la France dans sa diversité qui a été frappée. L’enquête se poursuit et il ne s’agit pas ici d’écrire une chronique judiciaire. L’important est de savoir quelles vont être les conséquences de cette barbarie et de dire que chaque Français a le droit d’être protégé. Il est important d’affirmer que l’Etat républicain a le devoir de faire respecter la laïcité et qu’il a pour mission de défendre le peuple contre la barbarie d’où qu’elle vienne. En temps de guerre, la constitution lui donne les pouvoirs légaux de prendre des mesures d’exception. Ces mesures ne devraient pas dépasser une durée maximale ni remettre en cause de façon durable notre démocratie. L’état d’urgence doit aussi défendre la démocratie menacée. Faire renoncer des peuples à la laïcité et à la démocratie, porter atteinte à nos libertés, c’est le but des terroristes islamistes.

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    Aucune indulgence n’est souhaitable contre des délinquants devenus les pires criminels. Les idéologues de leur barbarie voudraient imposer une religion dévoyée dans ce qu’elle recèle de plus moyenâgeux. Ils choisissent dans le Coran les versets les plus archaïques et ignorent celui qui qualifie l’être humain de sacré. Le Coran compte quelque 6300 versets au total, dont 300 contiennent des mots tels que «combattre» ou «tuer». Cinq versets, en tout, sont une injonction à tuer. Dans certains passages du livre du Deutéronome, Dieu invite à tuer pour la majorité des juifs et des chrétiens. Tout dépend de la lecture des textes et de l’interprétation qui en est faite. Des grands savants comme Amin al-Khûlî, Ahmad Khalafallâh ou d’autres avaient des vues très modernes sur la question. Ils pensaient que l’islam doit être adapté à son contexte historique et qu’aucune interprétation n’est valable pour toutes les époques. Les fondamentalistes radicaux opèrent une relecture du Coran très éloignée de cette tradition, en voulant  conduire les musulmans à une régression historique. A partir de là, le discours apologétique a pris chez eux le pas sur le discours critique, l’éclipsant complètement. 

    Aussi, face à la régression religieuse, tout recul devant des revendications islamistes est devenu un encouragement au djihadisme et dessert les Français musulmans intégrés. Les islamistes passent du voile à la burka, de la viande Halal à la charia et de la charia au djihad., du djihad au génocide. Dénoncer le terrorisme « islamiste » en tant que tel revient à ne pas laisser le monopole des mots à l’extrême-droite, étant précisé que l’islamisme n’est pas l’Islam. Il ne s’agit pas non plus du terrorisme tel que nous l’avons connu en d’autres temps. Contrairement à ce que veut faire croire Erdogan en Turquie, le PKK ne peut être comparé à Daech. Le PKK est un mouvement revendiquant l’indépendance des Kurdes en Turquie, alors que Daech est une nébuleuse djihadiste instituée en califat dictatorial et sanguinaire avec des velléités génocidaires pour exporter sa barbarie dans le monde entier. Un lutte implacable est donc nécessaire contre cette barbarie sectaire qui défie l’humanité et fait d’un culte une inculture. Il est cependant  indispensable de refuser tout amalgame avec les Français musulmans qui respectent la république et la démocratie. A Pontivy, des énergumènes de l’extrême-droite se sont défoulés sur un badaud d’origine musulmane. Ils ne valent pas mieux que les djihadistes. Ils sont aussi lâches qu’eux même s’ils n’ont pas osé aller jusqu’au meurtre. Ils fonctionnent tous selon les mêmes codes. La violence est leur média. La haine de l’autre reste leur profonde motivation.

    L’heure est à des mesures pour la sécurité intérieure, une guerre à mener maintenant malgré nous et la préparation d’une sortie politique des conflits à réclamer au niveau international. Sur nos écrans de télévision, les experts se succèdent et les journalistes commentent en continu depuis quarante-huit heures.  Nous avons entendu quelques propos sensés mais aussi beaucoup de prévisions alarmistes. Cela ne nous fait pas oublier que des grandes puissances auront des comptes à rendre sur leur responsabilité collective dans l’apparition et l’organisation du califat Daech. On ne peut éluder les stratégies géopolitiques et économiques des uns et des autres, la complaisance envers l’Etat turc qui bombarde les Kurdes, les relations entretenues avec des émirats du golfe persique qui financent le terrorisme djihadiste et encouragent la radicalité islamiste.

    Le temps est à l’union et au soutien de tous ceux qui luttent contre la peste djihadiste. Cela ne doit pas empêcher d’être vigilant sur le respect de notre démocratie pour que la France reste un pays de droit. Les polémiques viendront plus tard, même si, par ailleurs, la tragédie fait déjà l’objet d’instrumentalisation électorale. Gardons les analyses critiques pour la politique sociale qui ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la nation en danger. Il y a aussi des combats sociaux à mener pour éviter d’autres guerres.

    Les idéologues des djihadistes savent que les actions terroristes accroissent la xénophobie et le racisme en Europe. Ils savent que ces actions favorisent la montée de  l’extrême-droite et peuvent provoquer la fracture sociale entre les communautés. Le devoir de l’Etat est aussi d’empêcher toute dérive fasciste. Nous avons déjà vu que le feu couve. Des mouvements identitaires appartenant à l’extrême-droite ont perturbé des rassemblements spontanés à la mémoire des victimes de ce vendredi noir, pour crier des slogans haineux et pousser à l’amalgame entre Islamisme et Islam. Ils sont prêts à pousser au lynchage du premier quidam musulman qui passe à leur portée. Ils viennent de le montrer à Pontivy. Aussi, il est raisonnable  de prendre conscience que, en grande majorité, les migrants fuient la guerre et la mort, même si quelques djihadistes peuvent s’être mêlés à leur exode. Beaucoup de ces migrants sont morts dans un voyage incertain et d’autres meurent encore. Là encore, refusons l’amalgame et dénonçons l’instrumentalisation de la peur contre des familles en grand danger. Dénonçons la récupération faite des attentats contre des gens qui ont besoin d’aide.

    Nous pleurons nos morts mais pensons aussi à toutes celles et ceux qui meurent chaque jour au Proche-Orient et en Afrique. D’autres attentats sanglants ont été perpétrés récemment au Liban et en Turquie.

    Ne nous trompons pas d’ennemi. Il n’est pas musulman. Il est islamiste radical et djihadiste. Il est fasciste et génocidaire. Il est la violence instituée comme dogme et la mort comme étendard.

    Le jour est venu où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la  peste a réveillé ses rats et les a envoyé mourir dans une cité heureuse. Il nous faut éviter la contagion et craindre que la peste djihadiste ne fasse proliférer la peste brune.

    Battone

     

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  • référendum_unité

    « Face à la droite et à l'extrême droite, souhaitez-vous l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ? » C'est la question posée par le PS à l'occasion d'un « référendum-pétition »,  ouvert à tous, qui a débuté vendredi et qui s’est terminé Dimanche.

    Les Solfériniens n’ont pas attendu le second tour des élections régionales pour soumettre au chantage le peuple de gauche. Cette manœuvre tordue leur permettra d’accuser le Front de gauche et les Verts d’un échec annoncé. Hollande et ses collaborateurs ont la fâcheuse manie de se prévaloir de leur propre turpitude. L’unité de la gauche, ils l’ont déjà rompue après s’en être servi. Qui sont les responsables d’une politique droitière et antisociale ? C’est cette politique qui va être sanctionnée. Les élections ne sont pas des récréations de gauche. Les électeurs ne sont pas des élèves de maternelle. Il ne suffit pas d’aller vendre le vieux produit moisi du « vote républicain » pour éviter un désastre qui a débuté dès le lendemain des élections présidentielles et n’a fait que se confirmer avec la nomination de Manuel Valls à Matignon. Emmanuel Macron n’a fait qu’enfoncer le coin dans la fissure idéologique. On ne peut pas tuer la gauche et vouloir que les survivants viennent voter pour ses bourreaux.

    L’idée pernicieuse de cette manipulation de l’opinion serait venue à Cambadélis après la décision des écologistes du Nord-Pas-de-Calais-Picardie de faire alliance avec le Parti de gauche. Ne nous laissons pas abuser ! Le but de l’unité n’est pas de faire gagner la gauche mais de conserver au Parti socialiste un maximum de sièges malgré la débâcle annoncée. Cambadélis se félicite d’avoir déjà des « bougés »…

    « Il y a des +bougés+. Le fait que (le patron du PCF) Pierre Laurent ait indiqué, alors qu’il est allié avec Jean-Luc Mélenchon, qu’il serait favorable à l’unité au deuxième tour des élections régionales, est déjà un élément important pour moi", a-t-il déclaré samedi sur Europe 1. "Le fait qu’Emmanuelle Cosse (la secrétaire nationale d'EELV,) ait décidé de m’écrire une lettre en disant qu’elle serait au rendez-vous du deuxième tour des élections régionales, c’est important pour moi. Mme Duflot a fait la même chose. Ce n'était pas le cas au point de départ, parce que l’alliance entre les écologistes, les communistes et Jean-Luc Mélenchon, c’était sur le thème +pas d’alliance au second tour+. Donc il y a un point de marqué dans cette campagne", a-t-il poursuivi.

    D’aucune prônent une alliance avec le PS au premier tour, d’autres au second tour. Sont-ils contents d’être traités de « bougés » ?

    Dans sa forme intransitive, le verbe « bouger » est synonyme de « s’agiter » lorsqu’il s’agit du peuple. Il signifie aussi « partir » lorsqu’il s’agit d’une défaite électorale. On croyait, avec Hollande, qu’il voulait aussi  dire « changer » mais il lui a donné le sens « évoluer » et pas dans la bonne direction, celle promise à ses électeurs de gauche.

    Les Solfériniens préfèrent regarder les sondages, faire campagne uniquement sur le vote utile, faire imprimer des affiches, récolter des financements, offrir des strapontins pour obtenir des alliances… Seul le débat d’idées est oublié.

    Il apparaît que les « bougés » électoraux seront un grand nombre de conseillers régionaux socialistes sortants et non pas les électeurs de gauche. Il se pourrait que le peuple de gauche bouge si les mesures antisociales continuent à se succéder sans résoudre le problème du chômage tout en détricotant le code du travail. Bon nombre d’électeurs ne seront pas des « bougés » comme Cabandélis les aiment. Celles et ceux qui pensent le contraire vont se fourvoyer dans une alliance hypocrite faite pour les politiciens professionnels et ceux qui veulent un siège ou un strapontin mais risque de tomber le cul par terre, assis sur de fausses promesses.

    Référendum ? Le terme employé par Cambadélis est un outrage à ce mot qui n’a plus cours lorsqu’il s’agit de consulter le peuple sur les grandes questions qui mettent en jeu l’avenir du plus grand nombre.

    Des journalistes ont assuré avoir pu voter plusieurs fois par Internet via plusieurs adresses mail au "référendum". Cambadélis a fait savoir que le PS allait déposer plainte et qu’il ne sera retenu qu’une adresse email par vote, sachant que l’on peut ouvrir une adresse email en quelques clics. Le « bougé » Emmanuelle Cosse a tweeté avoir reçu un message de remerciement pour leur vote alors qu'elles n'avaient pas pris part à cette consultation. D’autres disent avoir pu voter plusieurs fois sous des identités d’emprunt. Du côté de la Droite, on parle de pantalonnade. Les écologistes n'auraient guère apprécié d'être "stigmatisés" et accusés par avance d'une – probable – déroute aux régionales des 6 et 13 décembre. "Le chantage au rassemblement crée de la division", avait prévenu Mme Cosse dans une lettre ouverte à M. Cambadélis.

    Une fois encore, le pouvoir socialiste se ridiculise avec cette politicaillerie, cette commedia dell'arte, ce coup tordu pour rien, cette mauvaise campagne de communication dont il faudrait chiffrer le coût alors que nous ne sommes pas encore entrés dans le temps de la campagne électorale.

    En Corse, on ne lutte pas contre la montée de l’extrême-droite par un vote utile (pour qui ?) au moment des élections. Actuellement, à l’initiative d’un écrivain corse, un recueil est en train d’être réalisé pour dénoncer la montée du racisme et du fascisme. Des mouvements qualifiés de gauche radicale (à ne pas confondre avec les radicaux de gauche du clan Giacobbi) ou de gauchisme, voire d’extrême-gauche dénoncent sans cesse l’idéologie véhiculée par toute l’extrême-droite et une partie de la Droite, alors que la grande presse lui donne des tribunes. La seule action utile est de soutenir ceux qui s’engagent tous les jours contre la peste brune mais de refuser de céder au chantage électoral.

    La politique menée par la Droite, qui se dit républicaine, et poursuivie par une gauche canada-dry, qui renie le socialisme, est responsable de la montée du Front national grâce à la montée de l’abstentionnisme. Ce sont les mêmes qui se servent de cette montée pour poursuivre une politique antisociale dictée par le patronat et les spéculateurs. En Corse, ce sont les mêmes qui sont représentés par des chefs de clan qui maintiennent le clientélisme.

    Les résultats de ce pseudo-référendum ne nous intéressent pas. Il est à la démocratie ce que le mensonge est à la vérité.

    Battone

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  • discussion4Pour renier la gauche, François Hollande va jusqu’à se renier lui-même dans un mea culpa. Il regrette de ne pas avoir appliqué la « TVA sociale »  de Nicolas Sarkozy. Il renie ses multiples déclarations contre cette TVA qui devrait être qualifiée d’antisociale et non pas de sociale : un cadeau de plus au patronat payé par le peuple. Il déchire virtuellement les piles de  tracts qui expliquent pourquoi il ne fallait pas augmenter la TVA et que c'était absurde économiquement. Il disqualifie une fois de plus la gauche et la politique. En outre, il assume pleinement de ne pas avoir renégocié le traité européen comme il s’y était engagé fortement lors de sa campagne présidentielle. Au parti socialiste, certains grognent.. Qu’attendent-ils ces « frondeurs » pour renverser la table et quitter un parti qui, au pouvoir, n’a plus rien de socialiste? Le cœur de la politique de François Hollande n’est pas à gauche. Son mea culpa sur la TVA dite sociale est-il l’annonce d’une mesure similaire pour accompagner la baisse des impôts sur les revenus annoncée en deux temps, d’abord soumise à la croissance et ensuite promise sans condition ? Donner d’une main et reprendre de l’autre est une gymnastique intellectuelle et administrative à laquelle l’énarque qu’il est a été formé.  

    La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann a affirmé mercredi que "François Hollande n'est pas à la hauteur d'un homme d'État". Il faut admettre que sa politique du compromis prend la tournure d’une pratique de la compromission avec le patronat sur le plan intérieur et avec les USA sur le plan extérieur. L’histoire ne retiendra de lui que son cynisme et son infidélité. Il ne cherche qu’à maintenir des privilèges et à s’associer à la politique des grandes puissances économiques. L’humanisme relèverait, pour ces grandes puissances, d’un idéalisme, à savoir les droits de l’homme et la justice. Toutefois la diplomatie de la France ( et de ses alliés) est celle du réalisme économique libéral, à savoir, derrière l’intérêt national, celui des multinationales. Actuellement l’Europe est devenue le refuge de migrants syriens et irakiens notamment. Ils sont les victimes de la déstabilisation de l’Irak, de la Lybie et de la Syrie, mais aussi de l’apparition du califat Daech. L’explosion du nombre des migrants a été relayée par les médias comme un problème. Il aura fallu la publication d’un enfant de trois ans retrouvé mort sur une plage turque pour réaliser qu’il est, avant tout, un problème humain. Pour nombre de Kurdes-Syriens réfugiés en Turquie, les Nations Unies ne leur reconnaissent pas le statut de réfugiés et les autorités turques refusent dès lors de leur fournir un visa de sortie. Voilà pourquoi Aylan et sa famille ont pris la mer. Comme des centaines d’autres. Voilà la raison de la mort du petit garçon de 3 ans qui a tant ému. Le père a survécu. Il a dû s’enfuir de Turquie malgré un accueil prévu au Canada où il a de la famille mais un refus de visas d’entrée par les autorités canadiennes.  Pas de visa d’entrée, pas de visas de sortie et pas de statut de réfugiés malgré la réalité de leurs malheurs. Aucun JT n’a relaté clairement cela et que la famille était des Kurdes syriens, communauté mal vue par Erdogan qui  a bombardé les Kurdes en Irak et en Syrie.

     « Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort", a déclaré le président turc en rappelant que la Turquie est l’un des pays qui a accueilli le plus de réfugiés sur son sol. C’est exact mais l’exploitation politique qu’en fait Erdogan est cynique, lorsque l’on sait que les autorités turques refusent des visas de sortie qui jettent les réfugiés dans les bras des passeurs. Il occulte que c’est à partir de la Turquie que des passeurs opèrent. Il occulte que des commerçants turcs vendent des gilets de sauvetage aux futurs naufragés qui partent des rives turques. Il a fallu la médiatisation d’un enfant noyé pour que Hollande se mette d’accord avec Angela Merkel sur des quotas de réfugiés à accueillir. Comme si d’autres familles et d’autres enfants ne se sont pas noyés avant cette photo. Comme si le rôle de la Turquie ne lui était pas connu. Il continue à feindre de l’ignorer.

    La presse française est censurée ou s’autocensure lorsqu’il s’agit de dénoncer le rôle de la Turquie. Elle suit en cela la politique passée et actuelle de la France. La Turquie est un grand marché. Elle est membre de l’Otan comme la France. Il faut ménager son président islamiste Erdogan. Quand on constate comment la France et l’union européenne  (et autres pays occidentaux) traitent la Russie, on se demande ce que Poutine a de plus critiquable qu’Erdogan. Erdogan est-il moins autocrate que le Président russe ? La Turquie n’a-t-elle pas violé les droits de l’homme en occupant une partie de Chypre depuis 1974 ? Il y a bien là une violation du doit internationale de la part d’Ankara depuis plus de quarante ans. Il ne fait plus mystère que Erdogan a joué et joue encore le double jeu avec Daech, qui sert ses projets politiques contre la Syrie et les Kurdes. Il massacre les Kurdes du PKK et autres mouvements de gauche luttant contre les Djihadistes. Erdogan bombarde les Kurdes comme, en Syrie, Assad le fait contre son peuple. Des armes seraient encore livrées par les Turcs aux Djihadistes. Récemment, la justice turque a interdit au journal "Cumhuriyet" de diffuser des images d’une spectaculaire livraison turque d'armes à Daech. Le crime n’est pas, pour Erdogan, d’armer Daech mais de révéler les livraisons turques.

    Malgré un pouvoir turc qui emprisonne les journalistes et les opposants, notre ministre des affaires étrangères se complaît dans une posture turcophile. L’ancrage politique favorable à l’Etat turc est maintenu en France par des lobbies dont le plus connue est le Cercle et institut du Bosphore, fondé par le patronat  turc et, au sein duquel, on trouve des personnalités du monde politique (dont  Alain Jupé et Pierre Moscovici) et journalistique français.

    Il n’est pas étonnant que François Hollande n’ait pas encore tenu une promesse électorale faite aux Arméniens : une loi de pénalisation du négationnisme. Que restera-t-il de François Hollande dans la grande histoire ?  Rien de ce que l’on pouvait attendre d’un politicien dans la lignée de Jean Jaurès qui figure parmi les premiers dénonciateurs du génocide arménien.

    Les guerres et la famine sont les conséquences de l’organisation mondiale, l’inégale répartition planétaire des richesses et des égoïsmes des États. Comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy, François Hollande n’est pas un homme d’Etat. Ce sont des hommes du Système. Hollande n’est pas socialiste. L’a-t-il été vraiment ? Il est le fossoyeur de la gauche qualifiée, dans les médias,  de « radicale et extrémiste » pour mieux la tuer. Ne pas renoncer à des idéaux de justice sociale, est-ce subversif et extrémiste ? Y renoncer est-ce être encore de gauche ?

    S’aligner sur les USA et l’Allemagne, est-ce une posture indépendante et  humaniste dans le règlement des conflits ?  Comme Sarkozy, Hollande base la politique extérieure sur le scénario des gentils et des méchants, du Bien contre le Mal selon le scénario déjà utilisé en Irak et en Lybie. Ce sont les USA qui définissent le Bien et le Mal, qui désignent les méchants, y compris ceux qui étaient les alliés d’hier. Aujourd’hui l’Arabie Saoudite et le Qatar restent des gentils, malgré leur soutien aux Djihadistes avec qui ils partagent un Islamisme radical dont on connaît la barbarie. L’Iran revient dans le camp des gentils si ses dirigeants abandonnent l’idée du nucléaire à des fins militaires. Un nouveau marché s’ouvre sur la prise en compte de bonnes intentions à cet égard mais sans tenir compte de l’intégrisme islamiste des mêmes dirigeants iraniens. L’intégrisme chiite devient respectable grâce à l’intégriste sunnite barbare de Daech. Là encore on nous présente l’intégrisme gentil et l’intégrisme méchant.

    Hollande, comme Sarkozy, cherche à démontrer qu’il est un chef de guerre humaniste. Pour lui, la défense de la France passe par l’ordre mondial et se joue par des interventions armées en Afrique et au Proche-Orient. Des soldats français tuent et meurent pour la France à des milliers de kilomètres de l’Hexagone.  L’intervention au Mali est  la référence historique de Hollande, en oubliant que, dans cette région d’Afrique, le djihadisme a été armé par le gentil Sarkozy contre le méchant Kadhafi. Des dictatures succèdent aux dictatures après de opérations  guerrières internationales. Aujourd’hui le gentil est Erdogan et les méchants Poutine et Assad… Les chantres cyniques de ce manichéisme organisent le désordre mondial au profit des pilleurs de richesses et des marchands d’armes, au nom du devoir d’ingérence. Bush père et fils ont largement contribué à enrichir les marchands d’armes. Souvenons-nous du faux prétexte de l’arme nucléaire pour liquider Saddam Hussein. Loin de nous l’idée de réhabiliter des dictateurs mais Bush Junior était-il animé par des motivations humanitaires ? Dans quel état se trouve aujourd’hui l’Irak, après l’occupation américaine ? Que fait Hollande ? Il vend les Rafales de Dassault.

    Daech est un monstre créé contre les Chiites irakiens pro-iraniens, le Syrien Assad et  les Kurdes. Comme dans les films d’horreur, le monstre a échappé à ses créateurs. C’était déjà le cas pour Ben Laden armé par les Américains contre la Russie en Afghanistan.  

    En Ukraine, on désigne les méchants : les séparatistes et Poutine. On parle peu des groupes néo-nazis ukrainiens, d’une révolution encouragée par des pays européens ( et les USA) et  récupérée par des oligarques.  

    On pourrait revenir sur l’attitude pro-israélienne du pouvoir socialiste lors des premières bombardements sur Gaza qui ont fait tant de morts palestiniens en 2014.  François Hollande est dans tous les mauvais choix politiques et porte atteinte à une image de la France déjà largement écornée par Sarkozy. Il n’a que le faux courage du cynisme. Il veut faire croire qu’il suffit de prononcer des discours humanistes et de se dire de gauche pour poursuivre une politique contraire à toutes les valeurs de gauche, et en premier lieu l’humanisme. Nul doute que les élections régionales seront encore un désaveu de sa politique faite de compromissions et de mensonges. Il restera englué dans l’impopularité. Le pire est qu’il renforce la droite et l’extrême-droite, en portant préjudice à toute la gauche.

    Les sondages laissent à penser que les élections présidentielles se joueront à droite au deuxième tour avec un pourcentage d’abstentions record. Il faudra alors construire la vraie gauche sans Hollande et les Solfériniens. Nous avons une belle devise républicaine : liberté, égalité, fraternité. Il faut lui rendre sa signification révolutionnaire dans un projet de société basé sur la justice sociale et non pas sur le profit de quelques uns distributeurs de prébendes à des chiens de garde. Rappelons que les prébendes étaient une pratique de l’Eglise en faveur de ses clercs récompensés pour leurs services et qu’elle a été supprimée par la Révolution. Il faut croire qu’elle a fait florès dans notre république laïque lorsque l’on examine les revenus et avantages de nos élus, de nos hauts-fonctionnaires et, en premier lieu, de nos présidents de la république. Les chefs d’Etat  français et les chefs de gouvernements recasent  même leurs amis dans diverses fonctions comme chargés de missions, ambassadeurs, préfets hors-cadre, membres du Conseil économique et social, conseil constitutionnel… etc. La liste est longue des promotions distribuées comme des prébendes.

    La gauche n’est pas morte avec le pseudo-socialisme de Hollande et compagnie. La semaine prochaine, la fête de l’humanité est l’occasion de venir débattre au sein des différentes composantes d’une gauche qui ne capitule pas. Le mouvement « Ensemble », auquel adhère Manca alternativa, aura son stand. Venez le visiter ! Venez y passer de bons moments ! Venez y débattre !

    Babbone

     

    Le programme d'ENSEMBLE à la fête de l'HUMA

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    Vendredi 11 :

    13h : Ouverture du stand

    16h-17h30 : Après-midi en musique avec Maître Chat (Hip-Folk à la française)

    17h30-18h30 : Présentation de "Syndicalisme, 5 défis a relever" de P Brody et JC Branchereau, en présence des auteurs, animée par la commission Mouvements sociaux et débats d'Ensemble!

    18h30-19h30 : Présentation de "La révolution allemande" de C Harman présenté par S Budgen et L Levy.

    Soirée live

    20h-21h : La Dernière Mesure (Hip-hop)

    21h30-22h30 : Jazzrooteen (Jazz fusion)

    23h-00h : Or Not (Hard rock)

    Samedi 12 :

    10h30-12h30 : débat : Face à la politique du gouvernement, quelles initiatives sociales et politiques à la rentrée? avec des représentants du Front de Gauche et de la gauche politique

    12h30-13h30 : Inauguration en musique avec Le Balafond (chanson française engagée)

    14h-15h30 : débat Combattons le chômage avec l'Apéis 

    15h30-16h30 : Conférence gesticulée sur la transition énergétique, par Philippe Massé de l'association Elise

    16h30-18h : débat : Les jeunes pour la justice climatique ! Mouvements de jeunesse et mobilisations climatiques dans la perspective de la COP 21

    18h-19h30 : Echange avec le courant d'EELV : La Motion Participative

    Soirée Live

    20h-21h : Loépoldine (Chanson française, Folk)

    21h30-22h30 : Twins Phoenix (Urban Pop : Hip-Pop, Rock, Reggae)

    23h-00h : Collectif Braavos (DJ Set)

    Dimanche 13 

    9h30- 10h30 : Présentation du Projet Itinéraire Bis, café culturel associatif dans le Tarn, par Romain Jammes, initiateur du projet 

    10h30-12h : débat : La Turquie à la croisée des chemins... avec des militants du HDP et des militants du mouvement social

    12h-13h : Apéro-concert : Guyom Touseul (chanson française)

    13h-14h : présentation de "De Le Pen à Le Pen. Continuités et ruptures" par JP Gautier et le groupe de travail antifasciste d'Ensemble!

    14h-15h : présentation de En découdre! Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société de Fanny Gallot en présence de l'auteure

    15h-16h : concert : Los Republicanos (musique révolutionnaire espagnole)

    Ensemble! participe à la campagne BDS : Vente de solidarité de produits artisanaux palestiniens, les prisonniers palestiniens à l'honneur (expo photos)

    Et toujours, la cave (vins bio, producteurs indépendants), la bière artisanale, les assiettes des producteurs d'Ile de France, les rhums arrangés et les glaces de la Belle Aude

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