• banderole-unitaire  

    Après avoir sorti le tapis rouge pour la réception du G20, à grand frais, le président Nicolas Sarkozy a mandaté son Premier ministre François Fillon pour nous annoncer son plan de rigueur… ou d’austérité, comme ils disent !

    Nous voilà donc à une nouvelle étape du plan d’austérité… Si on s’en tient au dictionnaire, l’austérité est une manière de vivre excluant la douceur, les plaisirs superflus:

    L'austérité d'une vie vouée au travail. On peut dire aussi que le 1er Ministre affiche une austérité de style et que la fantaisie n’est pas son fort face à la bouffissure de son président.

    Revenons à cette nouvelle étape d’une rigueur qui a pour but de régler une dette qui est le résultat de la spéculation financière et du coût des bénéficiaires d’une république devenue de plus en plus bananière.

    Les principales mesures :

    - Retraites: l'âge légal de départ à 62 ans avancé d'un an, à 2017.

    - TVA:  taux réduit de 5,5% relevé à 7% pour les produits et les services sauf sur les produits de première nécessité. Il s'agit d'aligner le taux sur le taux allemand, a précisé François Fillon.

    - 500 millions d'euros d'économies supplémentaires sur les dépenses de l'Etat en 2012 ce qui porte l'effort à 1,5 milliard d'économies supplémentaires par rapport au projet de budget initial.

    - Nouvelle réduction des niches fiscales pour 2,6 milliards d'économies. Celles-ci incluent notamment la suppression du dispositif Scellier.

    - Les salaires des ministres, membres du gouvernement et du président de la République sera gelé jusqu’à retour équilibre finances publiques.

    - Limitation du remboursement par l'Etat des dépenses campagne électorale avec plafond réduit à 5%.

    - Majoration de 5% de l'impôt sur les sociétés pour les grands groupes dont le chiffre d'affaires dépasse 250 M d'euros.

    - Assurance maladie: progression des dépenses ramenée à 2,5% en 2012 au lieu de 2,8% initialement prévus.

    - La revalorisation des prestations sociales gelée à 1%. Elle était auparavant indexée sur l'inflation. La revalorisation des minimas sociaux, des pensions de retraites, RSA, AAH, ASS et du minimum vieillesse resteront indexés sur l’inflation.

    La plus emblématique est le gel des salaires de Gouvernement et du Président de la république. Ils ont bien sûr gelés à la hausse mais aussi à la baisse. Rassurez-vous pour Sarkozy : en 2007, il avait d'autorité (et non d’austérité) fait passer son propre salaire de 7 084 à 19 331 €. De leur côté, les élus ne sont pas chauds pour le gel des leurs. On se souvient qu’ils ont toujours continué à les augmenter lorsque les fonctionnaires avaient les leurs bloqués et qu’il n’ont fait qu’améliorer leur système de retraite pendant qu’on remettait en cause celui des autres secteurs.

    Les plus nuisibles sot bien sûr l’avancement de la date du recul de l’âge de la retraite à 62 ans, la limitation de la progression des dépenses d’Assurance maladie à 2,5% au lieu de 2,8, et le gel de l’augmentation des prestations sociales à 1% sans tenir compte de l’inflations sans que  Fillon et son président ne sussent l’importance à venir. Et puis, il y a la diminution des dépenses de l’état qui ne concerne donc pas les salaires du gouvernement mais surtout le nombre des fonctionnaires. Enfin, l’augmentation de la TVA va mettre à contribution les porte-monnaie et à mal des secteurs commerciaux en difficulté comme celui des livres.

    Dans ce plan, on ne trouve aucune mesure significative  touchant les bénéficiaires du bouclier fiscal et de l’ISF.

    Bon ! Si vous voulez garder vos acquis sociaux, il faudra commettre une nouvelle « effraction démocratique »  en 2012. Dans ce plan, on ne trouve aucune mesure significative  touchant les bénéficiaires du bouclier fiscal et de l’ISF. Un blog le faisait déjà remarquer lors des précédentes annonces avec un dessin humoristique… 

     

    d12ce0e0

     

     

     

    http://chantouvivelavie.centerblog.net/2394-le-plan-austerite-de-fillon-touche-aussi-les-riches-

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  • Nicolas Sarkozy comptait beaucoup sur la réunion du G20, à Cannes, pour se refaire une santé, à six mois des élections présidentielles. A-t-il réussi son coup ?

    Franchement non.

    Le « Roi » de l’Europe, sinon du monde, est surtout apparu comme un simple animateur. Sa soumission à Angela Merkel sautait aux yeux de tout le monde. De mauvaises langues l’ont même qualifié de "caniche" de la chancelière allemande.

    Dernière question. Que penser de l’attitude de Barak Obama devant les gesticulations de son homologue français? On avait surtout l’impression que le président américain regardait tout cela avec une parfaite indifférence.

    Quant au bilan du G20, sans risque de se tromper, on peut dire qu’il est égal à celui des précédents, c’est-à-dire bien loin des préoccupations des peuples de ce bas monde.

    Au suivant.

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  • Nicolas Sakozy a fait assurément une brillante prestation sur TF1 et France 2, le 27 octobre 2011.

    12 millions de téléspectateurs se sont  pâmés devant les démonstrations époustouflantes du président de la République. Nul doute que la grande majorité d’entre eux en a tiré le plus grand profit et a pu dormir rassurée.

    Voilà pour l’avers. Mais il y a aussi le revers.

    L’émission a été produite par une société privée, la Maximal Productions, détenue par le groupe Lagardère, un des amis du Fouquet’s.  Cette société produit également, entre autres,  C dans l’air sur France 5, aminée par un certain Yves Calvi, féroce contradicteur lors de la prestation présidentiel. Le monde est vraiment petit.

    L’information pourrait être anodine et mesquine, à ceci près que c’est la première fois qu’une entreprise privée intervient dans ce genre d’émission.

    Dernière question. Combien ça a coûté au contribuable français ?

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  • janus9 copie

    Chaque guerre a été précédée par un "méga-mensonge"....

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  • janus9 copie

     

    La droite populaire, comme son nom l’indique, s’intéresse de près aux couches les plus défavorisées.

    Ainsi par exemple, elle vient de déposer des amendements sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

    Que propose-t-elle ?

    Des mesures anti fraudes. En voilà une bonne idée.

    Des mesures qui veulent frapper durement les travailleurs au noir lesquels se verraient sucrer toutes leurs allocations.

    Autre mesure qui dénote un sens élevé de la solidarité, à savoir la suppression du minimum vieillesse pour les étrangers !

    On aurait aimé que la Droite populaire proposât, par exemple, des mesures contre l’évasion fiscale ou contre les patrons voyous qui oublient de payer leurs cotisations à la Sécurité sociale.

    Que ne faut-il pas faire pour chasser sur les terres du Front national ?

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  • janus9 copie

    L'art de raconter des histoires...

    «Il me faut pour tenir le coup des histoires à dormir debout. »

       chante Guy Béart
     

    Les enfants se fient aux contes de fées plus qu'à tout discours rationnel car ils s'adressent à eux sous une forme qui leur est familière : la forme magique.  Transporté hors du temps ("Il était une fois…") et de l'espace ("…dansun royaume aujourd'hui oublié), dans un univers décalé de sa réalité quotidienne, il est à même d'intégrer ce qui ne passerait pas par le canal de la raison. La Bible, les Évangiles, le Coran, La Torah,  L’Iliade, L’Enéide, La Chanson de Roland nous en racontent des histoires et ont contribué à façonner l’imaginaire des peuples. Nous sommes dans les domaines des religions et des mythologies.

    Les sophistes s’étaient rendu compte de l’ambigüité du langage et des mots. Ils les ont utilisés en vue d’instaurer la démocratie à l’Athènes du VI° siècle avant J.C.  Le mot parole en grec se disait « muthos »… ce qui était vrai dans le discours, c’est le mythe dans une conception archaïque de la vérité qui, pour les Grecs, était ce qu’il ne fallait pas oublier. Les Sophistes ont alors compris le pouvoir des mots. Avec eux, la vérité sort du champ du mythe mais aussi de ceux  du savoir et de la compétence. Le débat va dominer en politique et celui qui parle le mieux prendra le pouvoir. La parole politique devient le paroxysme du langage, elle ne dit pas le réel. Aujourdui, le storytelling est la construction d’une réalité fictive qui se fait passer pour le réel…  

    storytellingDepuis les années 1990, aux Etats-Unis puis en Europe, l’art de raconter des histoires a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l'appellation anodine de 'storytelling'. L’art de raconter des histoires est devenu une arme aux mains des 'gourous' du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi dans l'ombre des campagnes électorales victorieuses, de Bush à Sarkozy, se cachent les techniciens sophistiqués du « storytelling managment »ou du « digital storylelling ». C'est cette incroyable main-mise sur l'imagination des humains que Christian Salmon a révélée dans un de ses livres, au terme d'une longue enquête consacrée aux applications toujours plus nombreuses du storytelling. Le marketing s'appuie plus sur l'histoire des marques que sur leur image ; les managers doivent raconter des histoires pour motiver les salariés, les militaires en Irak s'entraînaient déjà sur des jeux vidéos conçus à Hollywood et les spin doctors (conseillers en communication et marketing politique agissant pour le compte de personnalités politiques) construisent la politique comme un récit...

    Le fait est que l'on nous raconte des histoires à longueur de journée : des histoires de moines et d’abbaye pour la bière Greenbergen ; l’histoire édifiante de Barack Obama, celle de Nicolas Sarkosy, celle de Ségolène, le complot palpitant des nations voyous pour produire des armes de destruction massive...


    Nous aimons que lon nous raconte des histoires. «Un récit, cest la clé de tout», confirme M. Stanley Greenberg, spécialiste américain des sondages. Chez les adultes, "L'art de raconter des histoires"   est-il devenu l’art de "formater les esprits" pour les aliéner ? Cela pourrait être certainement l’objet d’une fiction.C’est aussi une réalité.


    « On a beaucoup dit que la machine excluait les rêves, ce que chaque expérience contredit, affirmait André Malraux, car la civilisation des machines est aussi celle des machines de rêves, et jamais l'homme ne fut à ce point assiégé par ses songes, admirables ou défigurés. » C'était le 13 février 1968 lors de l'inauguration de la Maison de la culture de Grenoble. Vision prémonitoire qui anticipait ce que le futurologue danois Rolf Jensen a appelé « the Dream Society », la société du rêve, dans laquelle « le travail, et non plus seulement la consommation, sera dirigé par des histoires et des émotions »

     

    La réflexion de Christian Salmon porte sur la mutation de la propagande (publicitaire, politique, etc.). Cette dernière consisterait, de plus en plus selon l'auteur, à standardiser les réactions des «consommateurs », rendant floue la limite entre le réel et la fiction, entre le vrai et le faux.  Les cyniques ont découvert l’aubaine. Et si on racontait des histoires et des blagues de manière industrielle en se déclarant  le maître de la réalité ? Karl Rove, le gourou de Bush Jr a trouvé le nom de cette stratégie : la stratégie Schéhérazade. Fabriquons la réalité avec nos histoires. Tant pis pour les crédules qui vivent dans ce qu’ils croient leur réalité, nous leur raconterons et imposerons les nôtres : «Nous sommes un empire, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité», dit un conseiller de Bush.

    Les politiques, depuis les années 90, ont compris l’intérêt de cet art  dans la communication capitaliste et politique avec l’explosion de l’Internet et plus généralement des nouvelles techniques de communication. Christian Salmon constate que «l
    es marques s’attribuent les pouvoirs qu’avant on cherchait dans la drogue et dans les mythes». Ce n’est plus le rapport au monde qu’il faut changer mais la perception du monde. On est passé de la marque au logo, du mot à l’image, et on revient à la narrativité en passant du logo aux «stories ». L’acte de consommation devient, par la communication, un acte de communion planétaire. Bien sûr cela a changé radicalement les méthodes de marketing.

    Le récit est le meilleur vecteur du sens. Le sens y est incarné par des personnages, il se révèle dans l'irruption des situations, il devient manifeste au travers des conclusions que l'on en tire . Le récit, le conte, l'art de créer et de dire des histoires, est le chemin le plus court et le moyen le plus percutant pour créer du sens et le transmettre à un public.

    Voilà ce qu’on peut lire sur le site de conseil i-KM L'art ancien des conteurs devient une ressource pour le management, et s'adapte aux pratiques de l’entreprise Steve Denning de la World Bank et Dave Snowden de l’Institute for Knowledge Management IBM, ont fait connaître à un large public cette méthode du "storytelling", qui touche à des enjeux importants de l’entreprise.
    Cette approche est reconnue comme un puissant moyen d’évaluation des valeurs courantes de la culture d’une organisation, et comme un levier efficace pour la faire évoluer. En fait, la conduite d’importants changements, la fusion de sociétés, l’identification et la constitution de communautés d’intérêt et de pratiques, la communication interculturelle dans des organisations globales... sont des circonstances dans lesquelles pratiquer le storytelling est particulièrement intéressant. Il vise à une évolution rapide des idées ou des représentations mentales et donne de nouveaux repères partagés, facilite la communication, permet une mobilisation large là où l’on pensait trouver surtout des blocages.
    La clé, c'est le langage ! Et les histoires constituent un fantastique vecteur de création et diffusion du sens, de compréhension spontanée et d'approche de ce qui est complexe
    . »

    Ce n’est pas le consumérisme qui nous intéresse dans nos propos du jour mais le choix du storytelling comme méthode de marketing politique. Les histoires ne produisent pas de l’explication, mais de la familiarité et de la connivence. Nous sommes, écrit Salmon, passé dans une civilisation "d’injonction au récit".

    A partir de ce constat, Christian Salmon interpelle la fiction romanesque et cinématographique dont les auteurs, selon lui, avaient compris ce qui se tramait avant que les chercheurs n'aient pu le formuler. Notre émotion est atteinte dans son intimité et utilisée par le marketing et le politique. Elle est plus sollicitée que par les auteurs de fiction.

    Après une intrusion de la fiction dans le réel, on fait appel à la fiction pour prévenir le réel. Le Pentagone fait appel à Hollywood ! Pour exemple, après les attentats du  11 septembre, les hauts responsables américains réunissent quelques réalisateurs et scénaristes pour imaginer des scénarii d’attaques terroristes afin de penser les parades.

    Ce n’est pas le monde qui change ? … Selon Evan Cornog, professeur de journalisme à l’université Columbia, «
    la clé du leadership américain est, dans une grande mesure, le storytelling». «  La politique, théorise Clinton, doit d’abord viser à donner aux gens la possibilité d’améliorer leur histoire.» Les gourous de la communication moderne se sont mis à ne plus jurer que par l’art de raconter des histoires. La bonne histoire(« good story ») est conviée pour remobiliser l’employé, ou susciter un regain d’engagement du consommateur. C’est le cœur de la théorie managériale du « storytelling ».

    L’idée de Christian Salmon est d’avoir rapproché ces techniques de celles mises en œuvre dans le monde politique. Quelques jours avant l’élection présidentielle de 2004 aux Etats-Unis, un conseiller de G.W. Bush prend à parti un journaliste en lui reprochant d’appartenir à la reality-based community, à la communauté de ceux qui croient à la réalité. C’était un peu comme le traiter de ringard, car le monde, il en était sûr, ne marchait plus ainsi. Il s’agit de convertir chacun de nous en spectateurs naïfs car nous sommes plus avides de fiction que de réalité.

    Salmon précise que le monde de demain sera le résultat d'une lutte entre les narrations imposées et les contre-narrations libératrices. Il explique aussi que  les artistes sont prévenus, et ont déjà commencé à lutter.

    Et les journalistes ? « Si vous lisez une lettre et que vous découvrez que l’auteur a « pioché» le matin, vous penserez peut-être qu’il a travaillé dans son jardin. Si vous savez que cet auteur est Flaubert, vous commencerez à douter du sens de « pioché ». Si vous êtes familier de Flaubert, vous saurez exactement ce qu’il entend par « pioché ». Je ne dis pas qu’il faut que tous les journalistes deviennent des auteurs mais je crois que nous ne devons pas perdre l’habitude de lire les auteurs. Je n’ai jamais rien appris d’important en lisant les journalistes mais des auteurs ont changé ma vie. On ne change pas la vie de quelqu’un avec du digeste, du parfaitement défini, de l’objectivité, du sans ambiguïté. » C’est Thierry Crouzet, journaliste qui l’a écrit sur son site Internet.

    Ne plus subir la réalité mais la créer ! Les gouvernants sont aujourd’hui capables de vendre leur réalité comme une marque. L’art de gouverner se confond avec celui de raconter des histoires. Le discours officiel s’adresse au cœur plus qu’à la raison, à l’émotion plus qu’à l’opinion. Le pouvoir exécutif devient un pouvoir d’exécution du scénario présidentiel.

    Evidemment, tout cela n’arrive pas qu’aux autres. Salmon conclut le livre en traitant du nouvel ordre narratif en France où, comme ailleurs, nous aimons que l’on nous raconte des histoires.

    Dans un autre ouvrage intitulé « Le tombeau de la fiction», Christian Salmon met en évidence ce qui caractérise le roman : son jeu perpétuel avec la frontière entre réalité et fiction. Il fait remarquer que les grands héros de romans, Don Quichotte, madame Bovary, sont souvent eux-mêmes, fondamentalement, des êtres qui ont du mal à faire la part entre les deux. « Toute l’histoire du roman n’est qu’une longue réflexion sur les limites de l’illusion romanesque et, ce faisant, sur la frontière mouvante qui sépare le réel et la fiction. Le roman s’enchante des multiples passages de l’un à l’autre, des courts-circuits incessants entre la vie et le rêve. Loin d’effacer la frontière qui les sépare, l’art du roman consiste au contraire à souligner cette différence, à la rendre perceptible, presque palpable parfois, comme chez Kafka. L’illusion romanesque n’est rien d’autre que l’illusion donnée par le roman d’une communication constante, intime, immédiate entre le réel et le fictif, entre le rêve et la vie. »

    L’illusion donnée par le Storytelling est la même…  Oui, mais, comment faire pour retrouver la réalité ? Peut-être en commençant par juxtaposer toutes ces histoires à dormir debout. Ensuite en entrant dans les détails, où se cache toujours le diable, lui bien réel. Car les histoires ne marchent qu’en gros. Dans le détail, elles ne marchent pas du tout ou apparaissent pour ce qu’elles sont : de la fiction qu’on a plaisir à temporairement faire semblant de croire (techniquement, les philosophes appellent cela «la suspension temporaire de l’incrédulité»)commente Yves Michaud dans un article sur l’ouvrage « Storytelling » de Christian Salmon.

    La suspension temporaire de l’incrédulité ! Pierre Bayard, écrivain et universitaire, s’y oppose même lorsqu’il s’agit de fiction. On pourrait aussi revenir sur les fictions et s’amuser à démontrer, comme l’a fait Pierre Bayard, qu'Œdipe n’a pas tué son père ou que l’affaire du chien des Baskerville n’a pas été élucidée par Sherlock Holmes.

    Et si Sherlock Holmes s’était trompé ? C’est ce doute effronté que se permet Pierre Bayard après la relecture d’une des plus célèbres aventures du plus célèbre des détectives. ( C’est Pierre Bayard qui a voulu démonter que l’on pouvait parler d’un livre sans l’avoir lu. Il est aussi responsable de la contre-enquête sur le meurtre de Roger Ackroyd écrit par Agatha Christie).

    Pierre Bayard fait une relecture qui s’appuie sur la critique policière, partant du postulat que des meurtres racontés par la littérature n’ont pas été commis par ceux que l’on a accusés. "En littérature comme dans la vie, dit-il,  les véritables criminels échapperaient souvent aux enquêteurs en laissant accuser et condamner des personnages de second ordre."

    Dans notre actualité sociale, c’est la même chose. Les banques et autres établissements financiers spéculent, les USA font marcher la planche à dollars et la crise financière retombe sur les salariés des secteurs public et privé en Europe. Ils sont  accusés de prendre la retraite trop tôt, de ne pas travailler assez, de trop se soigner, de vivre trop longtemps, d’être trop nombreux… de coûter trop cher et de faire perdre la notation AAA… Ces trois lettres résonnent comme un rire moqueur ! De qui se moque-t-on après Ces dix ans de cadeaux fiscaux qui ont ruiné la France ? 

    Et si l’incrédulité devenait une arme contre les storytellers ? L’expression «avoir l’art de raconter des histoires» contient une connotation de manipulation mentale. Il est utilisé pour détourner de la réalité et fabriquer du réel. C’est la méthode marketing utilisée pour influencer le consommateur, mais aussi  celle des gouvernants pour influencer  l'électeur. Le Storytelling est la nouvelle "arme de distraction massive" qui manage le monde depuis les années 90. Le storytellerest un conteur mais aussi un menteur…

    Face à lui, restons incrédules!

    Il y a une spéculation à taxer et le capital n’est pas respectable. Il ne dynamise pas l’économie. En pleine crise, le politique a adopté une nouvelle  parole qui ne promet plus que l’austérité. Le politique est désormais le vassal d’un ordre financier. On ne parle que pour communiquer et faire un indice de bruit médiatique, en restant dans ce qui convient de dire…

    Au financier d’abord, opposons l’humain d’abord !

    Au politique financièrement correct, opposons la résistance sociale !

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  • janus9 copie

     

    ... à quelques mots ou lettres

    Nous avons – paraît-il – une des langues les plus riches au monde, ne serait-ce que par le nombre de mots existants. C’est une bonne chose. Mais depuis quelque temps, on constate que notre langage se rétrécit d’une manière fantastique, pour se réduire à l’utilisation de quelques mots ou de quelques lettres.

    Quelques exemples : crise financière, dette publique, rigueur, sacrifice, AAA.

    Prenons le fameux AAA.

    Derrière ces trois lettres se cache un modèle de démocratie.

    Des agences de notation – quelques dizaines d’individus, liées aux marchés financiers et en particulier à Wall Street, décident comme de bons professeurs d’apprécier les pays, comme de bons ou mauvais élèves.

    L’Allemagne se voit octroyer les trois lettres magiques. On pourrait lui ajouter un plus pour faire bonne mesure.

    L’Espagne, le Portugal sont bien évidemment déclassés. La Grèce est vraiment considérée comme le cancre de la classe.

    L’Italie  est sommée de renforcer son plan d’austérité que le  parlement du pays vient de voter, il y a à peine quelques jours: 65 milliards d’euros d’économie. Une bagatelle. Sa note est dégradée, il va s’en dire. On lui demande de frapper encore plus fort, en particulier sur les retraites. A la clef, le passage à 67 ans. Beaucoup de salariés italiens vont sans doute applaudir.

    Doit-on continuer à accepter sans même rechigner - au nom de la nécessité - que les politiques financières et économiques soient dictées, imposées par les marchés financiers ? Quelle est la place des citoyens de chaque pays dans cette  affaire ? Les peuples vont-ils continuer à prendre des coups sans broncher ?

    Fort heureusement se lève, un peu partout, un vent d’indignation – voir la journée du 15 octobre  - qui doit se transformer en un véritable mouvement de contestation et de propositions. Propositions pour une autre logique économique au profit du plus grand nombre.

    A nous, simples citoyens, à faire grandir ce mouvement, parce qu'il n'y a pas de fatalité, comme voudraient nous le faire croire les tenants de l'ultralibéralisme.

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    4 commentaires
  •  janus9 copie

     

     

     

    De doctes personnes, les "chiens de garde  " du pouvoir actuel se répandent quotidiennement sur tous les media pour délivrer des certificats de crédibilité.

    Crédibilité. D’après le Robert, ce qui fait qu’une personne, une chose mérite d’être crue.

    Donc, la gauche dans son ensemble et la gauche de la gauche en particulier ne seraient pas crédibles aux dires de ces gens-là. Pas crédibles sur l’analyse de la crise, sur les retraites, les salaires, etc… Il suffit de l’affirmer, sans démonstration, d’une manière péremptoire et d’enfoncer le clou. Mais la méthode utilisée a ses propres limites, même si elle peut encore abuser beaucoup de gens. Elle n’assure plus la propre crédibilité des laudateurs du système. Prenons simplement quelques exemples.

    La fameuse phrase du candidat Nicolas Sarkozy, lors de la dernière campagne électorale des présidentielles 2007 : « Travailler plus, pour gagner plus ». Beaucoup de gens y ont cru. Quatre ans après, c’est un gros bide.

    Le chômage devait être réduit d’une manière significative. Où en est- on aujourd’hui ?

    La sécurité des citoyens. Thème cher à la droite et à l’extrême droite. Une quantité impressionnante de lois répressives a été votée par le parlement. Résultat nul.

    On pourrait multiplier les exemples qui confirmeraient encore davantage le peu de crédibilité qu’on doit accorder désormais à ce pouvoir sur le déclin.

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  • «On ne veut pas être notés, on n'est pas des andouillettes ! » Vendredi dernier, une quarantaine de militants du Front de gauche ont scandé leur révolte  dans les somptueux locaux de l’agence parisienne Moody’s. ( source: Journal Libération )

     

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