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    Dans quel monde vit-on ? Un monde d’image et de bruits de fond dont la télévision et la radio sont les vecteurs.  Sur certaines chaînes et ondes, on entend des voix discourir sur tout et donner un avis tranché, alors que tous les jacasseurs ne connaissent pas ou plus la vraie vie.  Le paysage audiovisuel est peuplé de sophistes, souvent sans culture autre que celle de la doxa libérale, de ses fausses vérités, de ses boucs émissaires et de ses privilèges. Malheureusement, cette pensée racornie par l’individualisme des nantis et des carriéristes est aussi celle de nos politiciens. Tous ces moralistes et experts-en-tout vivent dans un monde bien concret qui est celui de l’argent et traite de façon virtuelle le reste du monde. Ils se protègent par un mur de préjugés assénés comme des vérités premières. Tout acquis social leur est devenu insupportable. Alors, pour régner et continuer à s’enrichir, ils divisent et excommunient. Ils ont pris tous les leviers et se livrent à des simulacres démocratiques que sont devenues les élections. Ils imposent des reculs sociaux à coups d’article 49-3 dont Manuel Valls est un utilisateur récidiviste. Dans l’actualité gouvernementale, il vient de le démontrer avec la loi Macron qui est un salmigondis libéral. La motion de censure a été rejetée, en obligeant le front de gauche à voter avec la Droite et en démontrant que les frondeurs rangent leur fronde à chaque coup d’article 49-3 qui leur est asséné comme une paire de gifles.

    Cette année, nous avons noté deux sujets de philo posés au Bac  « La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ?» et  « La conscience de l’individu n’est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ? ».  On se demande quelle partie optimiste les candidats ont pu rédiger en répondant à ces deux questions à travers le regard qu’ils peuvent avoir sur le comportement des politiciens, la montée de l’abstentionnisme civique, la xénophobie galopante, l’individualisme érigé en vertu…etc. A la première question, François Hollande éviterait de répondre, alors que Sarkozy jurerait être un partisan de la vérité, la sienne. Ils ont passé leur bac depuis longtemps et la philosophie ne leur sert qu’à jouer les Machiavel. Pour la seconde, nous sommes bien obligés de constater le formatage des individus pour qu’ils soient le reflet non pas de la société telle qu’elle est et telle qu’ils aspirerait à ce qu’elle soit, mais plutôt pour les soumettre et faire lâcher prise aux plus combattifs. Un troisième sujet pourrait convenir à un socialiste d’aujourd’hui : « Suis-je ce que mon passé a fait de moi ? », soit un national-social-libéral ? Ce n’est certainement pas le passé du socialisme qui a conduit le PS au libéralisme de la Droite. C’est une lignée de dirigeants du PS depuis 1983.  Hollande, Valls et Macron sont le triumvirat de l’aboutissement d’un objectif de la doxa libérale : détruire la Gauche. Avec la loi Macron et l’usage répété de l’article 49-3 par Valls, la rupture est consommée. Il faut fuir ce parti socialiste  qui ne l’est plus ! La Gauche est ailleurs, là où elle a toujours été pour que ce qui est décrit comme des utopies sociales soient des réalités. Il s’agit de la gauche de combat sans laquelle aucun acquis social n’aurait été obtenu et sans laquelle la régression sociale suivra un seul cours, celui de la Bourse.

    Battone

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  • discussion4Que ce soit Mitterrand ou Hollande, une fois au pouvoir, ils ont rapidement perdu par cynisme l’idée de la lutte, du changement de l’ordre social et du mouvement. Comme la droite, Hollande et Valls considèrent le discours de l’opposition de gauche comme coupé des réalités et restant dans la négativité. Leur discours est celui de la doxa libérale relayé par les grands médias. Comme la droite, Hollande et Valls veulent entrer en symbiose avec les pouvoirs économiques. En faisant ce choix politique et en considérant qu’il était la seule voie possible, ils se sont mis dans une impasse et ont fait le lit à la droite et à l’extrême-droite. Ils ont voulu tuer la gauche mais ils sont  morts pour la gauche qui se reconstruira, comme elle l’a toujours fait. 

    Les pouvoirs économiques sont à droite et Sarkozy bénéficie déjà d’une campagne médiatique qui élimine tout rival dans son camp et prépare son retour à la Présidence. Seul la Justice pourrait contrecarrer ses projets mais, force est de constater que, si son entourage récolte les mises en examen, il bénéficie le plus souvent du statut de témoin assisté. Son éviction judiciaire semble être l’événement attendu par Hollande. Il risque d’être déçu car en voulant tuer la Gauche, il n’a pas tué le peuple de gauche et ne s’est pas rallié la Droite.  

    Sarkozy et Hollande ont renforcé le Front national d’autant plus que ce parti xénophobe a bénéficié d’une campagne de dédiabolisation. La diabolisation est réservée au Front de gauche et à tous les mouvements qualifiés d’extrême-gauche, pour faire croire que le PS est la Gauche respectable

    Nous avons lu sur Facebook , les COUPS DE GUEULE  de l’écrivain Roger Facon, connu dans le monde du polar et du roman noir. Il fut adjoint de la culture dans une ville du Nord Pas de Calais (Aniche). Nous les reprenons ci-après :

    Il faudra bien, comme Sartre l'avait fait avec le tribunal Russel pour juger des crimes de guerre au Vietnam, qu'on juge le plus vite possible les crimes du "libéralisme", les génocides de la "mondialisation"...

     Nos experts auto proclamés, sur tous les plateaux de télé, vantent les bienfaits du libéralisme considéré comme l'horizon indépassable de notre "civilisation"... Ils sortent des kyrielles de chiffres comme les Inquisiteurs de jadis leurs chapelets et crucifix pour justifier l'innommable : des enfants-esclaves qui meurent écrasés sur des chantiers au Pakistan, des enfants et des adultes qui crachent leurs poumons en Zambie dans l'exploitation à l'acide des mines de cuivre, etc., etc.

    La civilisation du Bien à la BHL et autres néoconservateurs patentés rejoint dans l'ignominie celle qui lui sert de repoussoir et est estampillée "Axe du Mal".

    D'un côté la peste (le Bien), de l'autre le choléra (le Mal qui a tiré sa pseudo-légitimité des crimes du premier).

    Il existe un autre horizon.

    Celui de la Justice avec un J majuscule.

    Mis en avant par la France des Lumières...

    Liberté.

    Égalité.

    Fraternité chez nous mais aussi sur l'ensemble de la planète.

    Ce n'est pas en vendant des armes de guerre à l'Arabie saoudite coupeuse de têtes, au Qatar inventeur du marathon de la mort et aux émirats de la flagellation des opposants que l'on pourra se réclamer de cette France-là !

    Elle est pourtant notre seul véritable horizon.

    Un horizon qui n'est pas près d'être dépassé !

    La Gauche est vraiment morte.

    Le Medef sabre le champagne, normal.

    Hollande, Cambadélis, Aubry, Valls, Coulomb viennent de jeter les dernières pelletées sur le cercueil de la vieille dame qui n'était pas sortie du coma de la rigueur de 83, du temps de Mitterrand la Francisque.

    Les orphelins d'aujourd'hui doivent comprendre que c'était plié avec la mort du PC et le déclin de la CGT. Les avancées de 36 (Front populaire), de 68 (accords de Grenelle), de 81 (lois Auroux), on les doit aux communistes qui les ont arrachées avec les dents.

    La Gauche en béton armé, c'était le PC et la CGT... De la vieille ferraille, certes, depuis la chute du Mur. Mais sans la ferraille, reste plus que le sable et le gravier. C'est à dire le social-libéralisme.

    Autrement dit la misère, le désespoir et le déshonneur.

    Pas réjouissant.

    Il nous reste Prévert, Char, Aragon, Pessoa, me direz-vous. Mais ils sont aussi morts que Martine Aubry et Gérard Colomb... Autant se tourner carrément vers Bram Stoker ! C'est ce que je vais faire ce soir. Je vais me coucher avec "Dracula" et une bouteille de brandy.

    Ce sont des gros coups de gueule, sans doute partagés par de nombreux militants de gauche! Cependant, après la gueule de bois et les cauchemars, continuons à rêver ! Allez, ne nous décourageons pas ! Si la Gauche est morte, vive la Gauche, celle qui n’a pas encore été au pouvoir, la gauche de lutte qui ne sacrifiera jamais l’essentiel à une politique gestionnaire du libéralisme, la gauche qui a fait avancer le progrès social en 36 et en 68, la gauche dans la lutte quotidienne aux côtés des syndicats qui respectent leur mission et leur adhérents.  A manca, sempre viva !

    Pidone

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  • Le Front national est  à 25 % des votes exprimés alors qu’un Français sur deux ne se déplace plus aux urnes. La presse transforme une nouvelle Bérézina de la démocratie en succès de la droite et de Sarkozy et en implantation du FN  qui se confirme. 

    départeentales_sarkoLes graphiques se succèdent et les sondages se multiplient. Par exemple, M6 pose la question « La victoire de la droite est-elle celle de Sarkozy ? ». Heureusement 75% des sondés pensent que non et seulement 23% disent oui, ce qui correspond à peu près au score de l’UMP sans l’UDI et les divers droite. Sur le Figaro 37% disent Oui et 63% non.  Et pourtant d’aucuns considèrent que c’est Sarkozy qui a fait barrage au FN pendant que Valls s’époumone à agiter le spectre de l’extrême-droite. D’un côté on veut personnaliser la première place de la droite au premier tour en vue des Présidentielles de 2017 et de l’autre on rejette la responsabilité du recul électoral sur la division dans l’autisme politique d’un Valls qui monte aux barricades. Et Hollande ? Il n’y a que son fief de Tulle qui l’intéresse et il doit toujours avoir comme projet la suppression des départements, ce qui réglera le problème d’une défaite prévue et gérée par Valls. Le pédalo poursuit sa navigation sans changement de cap et le capitaine espère que le beau temps reviendra aux prochaines présidentielles pour éviter le naufrage, quitte à faire quelques rétropédalages, un exercice qu’il pratique régulièrement.

    Le PS gonfle ses  20 % avec ceux des Verts et du Front de gauche pour masquer la dégringolade  dans un scrutin qui leur était jadis favorable, avant que Hollande et Valls ne veuillent faire du PS un parti libéral  et trahissent des millions d’électeurs de gauche.  Le PS est déjà éliminé dans plus de 500 cantons. La campagne médiatique a été orchestrée dans le mépris des petits partis et des nouvelles forces politiques à gauche.  La presse a installé le FN aux côtés du PS et de l’UMP/UDI. Au lendemain des élections, les trois partis se félicitent des résultats. Manuel Valls, alors que son clan rejette les mauvais résultats sur les divisions à gauche et en particulier sur le Front de gauche, appelle au vote républicain pour le deuxième tour, sans la moindre autocritique. Il vit dans un monde imaginaire qu’il s’est inventé avec François hollande. Il a axé toute la campagne socialiste sur le rejet de FN en dramatisant le scrutin. Il veut faire passer le cauchemar du premier tour pour le rêve d’un deuxième tour avec des désistements réciproques qui ne font qu’alimenter la fusion de l’UMP et du PS en un seul acronyme moqueur « UMPS ». Une anecdote a fait le buzz : Valls se serait allumé un cigare à l’annonce des résultats. Des internautes se sont demandé s’il se la jouait « Scarface » ou « Agence tous risques ».

    Le comportement de Valls et des Solfériniens est de plus en plus affligeant. Valls veut faire passer l'illusion du moindre mal contre la réalité du pire. Combattre le FN, c'est une chose, l'agiter comme épouvantail électoral en est une autre... Le premier ministre vit peut-être dans un monde imaginaire comme l’écrit Stéphane Alliès sur le site Médiapart mais, à mon avis, il manque surtout d'imagination. Finalement, le deuxième tour se fera entre le moindre mal, le mal et le pire. On comprend alors l'abstention de ceux qui veulent le mieux ou leur vote blanc, mais l'abstention reste une défaite de la démocratie et hier c'est encore la démocratie qui a perdu. Le déroulement des élections départementales démontrent encore le besoin d’un renouvellement de la classe politique pour retrouver la confiance des électrices et des électeurs en ce qui est le socle d’une démocratie : l’élection. Il démontre aussi le rôle joué par la presse comme quatrième pouvoir qui se met au service de la doxa libérale et oriente le choix des électeurs. La pluralité de cette presse n’est qu’une illusion et c’est flagrant en ce qui concerne la télévision lorsque l’on zappe de chaîne en chaîne. La propagande libérale est omniprésente.

    Quel choix veut-on nous imposer ? Un pouvoir socialiste qui mène une politique libérale de droite, une droite qui fait de la surenchère ultralibérale et un Front national dont la politique est centrée sur la haine de l’autre. Une alternative à ce choix est de plus en plus cruciale pour la démocratie et la juste répartition des richesses.

    Malgré les silences, le mépris, les mensonges, les informations orientées et tous les autres procédés de communication, des femmes et des hommes continuent à croire en des jours meilleurs pour les peuples.

    logomanca_PG

     

    En Corse, Manca alterntiva/Ensemble/Front de gauche représente cette volonté que ça bouge et que les choses changent. Les élections départementales y ont été un test pour le Front de gauche. Si le test n’a pas été à la hauteur des espérances dans toute la France (9,3%), il est prometteur à Ajaccio où les candidats de Manca alternativa et du Parti de gauche (présentés dans les 2° et 3° cantons) ont fait des scores proches des 17%.  Même si la droite, installée et rodée aux campagnes électorales, est passée au premier tour, en bénéficiant de la dynamique des Municipales et du revers personnels du maire sortant, une partie de l’électorat de ces cantons a montré qu’elle aspire à une nouvelle force de gauche qui se construise en opposition au moindre mal, au mal et au pire.

    Il faut continuer à la soutenir et la construire. Les élections ne durent qu’une semaine. On ne construit pas un nouveau monde en sept jours, à moins de se prendre pour Dieu. Il n’y a pas de fatalité insurmontable lorsque l’on résiste et que l’on agit. Forte de son entrée dans l’arène politique, Manca alternativa n’y aura pas un fait un simple tour de piste mais compte bien résister et agir. Pour cela, ce collectif, membre d’Ensemble (troisième pilier du Front de gauche) est constitué par des femmes et des hommes proches des préoccupations de votre quotidien et animés par le souci de mettre "l’humain d’abord".   Ils sont avec nous, avec vous. Soyez chaque jour plus nombreux à être parmi eux. Il ne suffit pas d’attendre, d’espérer et de désespérer à chaque élection. Il faut agir au quotidien.

    Pidone

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  • lepenpère_fille«Je vais faire profil bas et essayer de me faire oublier», a-t-il déclaré au quotidien La Montagne. Arnaud Couture, candidat FN de 23 ans dans l'Allier, aux élections départementales a renoncé à se présenter après avoir été mis en examen le 6 mars pour «enregistrement, détention et diffusion d’images à caractère pédopornographiques»… voir l’article du journal 20minutes ICI.

    Décidément, le FN a du mal à proposer des candidats présentables et d’autres articles font état de candidates cacochymes  comme Madame Jeanne Meyniel, 99 ans, suppléante d’un binôme FN dans un canton du Cantal.  Elle devance d'un peu moins de quatre ans une autre suppléante FN dans le département limitrophe du Lot, Jeanne Cuisinier née en1919.

    Selon une étude de Harris Interactive portant sur les plus de 9000 candidatures au scrutin des 22 et 29 mars prochains, l'âge moyen des candidats en binôme est 51 ans. Présent dans 93% des cantons, le Front National affiche la moyenne d'âge de 49,4 ans, alors que celle de Debout la France est de 47,5 ans et celle d’Europe Ecologie-Les Verts 49,5 ans. Ainsi les candidates du cantal et du lot ont empêché le FN d’être la moyenne la plus jeune de France, même si la candidate la plus jeune n’a que 18 ans. Parmi les candidates FN du quatrième âge, Micheline Beysserias, 92 ans, est tombée des nues quand un journaliste lui a appris qu'elle était suppléante dans le canton de Clermont-Ferrand. Le FN a fait évoluer les mœurs politiques : il ne va pas chercher dans les maisons de retraites que des électrices mais aussi des candidates aux élections.

    Le FN pratique le « tous pourris ». Une enquête judiciaire à Paris, ouverte pour blanchiment en bande organisée,  est faite sur le Front National va devoir NBouvelle enquête mais cette fois européenne. L’office européen de lutte anti-fraude a été saisi le 9 mars dernier sur les cas litigieux de 20 assistants parlementaires engagés par les 24 députés européens du parti dirigé par Marine Le Pen : des conseillers spéciaux de Marine Le Pen – cinq assistants européens – , ou au cabinet du président d’honneur du FN, Jean-Marie Le Pen, - 3 assistants européens. Les adresses figurant dans leurs contrats d’exécution donnent même, pour 19 d’entre eux, les coordonnées du siége du FN, à Nanterre. S’il ressort qu’il s’agit d’emploi fictifs pour rétribuer des cadres du FN, le préjudice dépasserait 7, 5 millions d’euros.

    Voilà le bilan moral d’un parti ouvertement xénophobe et faussement social. Rappelons que, malgré un faux éloignement de son père, Marine Le Pen rêve d’un groupe parlementaire européen d’extrême-droite. Le 28 février dernier, Matteo Salvini, nouveau Mussolini de la Léga Nord, parti italien raciste et antisémite, a réuni autour de lui  des militants fascistes dont ceux de Casapound et d’Aube dorée mais aussi d’éléments de Pegida, parti allemand antimusulman et de quelques identitaires français. Une vidéo de Marine le Pen a été projetée, dans laquelle la présidente du FN apporte son salut et son soutien à la Lega nord  en soulignant de nombreux points de convergence.

    La dédiabolisation du FN est un enfumage politique relayé complaisamment par la grande presse. Le FN n’a pas changé. Il ne doit pas servir de vote antisystème car il fait partie du système et en premier lieu de celui électoral sur lequel s’appuient les libéraux de droite et du PS. La seule force politique qui propose une alternative sincère et crédible contre l’austérité et un projet de société c'est le Front de gauche que ce soit sur le plan national comme sur celui local, partout où il refuse toute alliance avec les socialistes.

    Battone

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  • génocides_daesh2015, date de la commémoration du centenaire du génocide arménien et la même barbarie se reproduit en Irak et en Syrie… viols, assassinats barbares, destructions d’église et de livres religieux, conversions forcées, l’islamisation ou l’égorgement… Il est affligeant que l’on ne fasse référence qu’au nazisme et non pas à la période des « Jeunes Turcs » en ce qui concerne Daesh. La presse a peu parlé d’une destruction effectuée il y a quelques mois. L’église et le complexe des martyres victimes du génocide arménien de la ville de Der Zor à 450 km au nord-est de Damas (Syrie), ont été détruits par l’État Islamique selon des informations de différents médias du Moyen-Orient. Ce complexe – qui comporte une église, un monument à la mémoire des martyrs arméniens, un musée, un centre d’archives et d’expositions – avait été édifié en 1990 pour commémorer le génocide dans les camps de Der Zor d’environ 400 000 Arméniens – 200 000 femmes et enfants pour le seul été de 1916 ! –, accompli par les Turcs ottomans, entre 1915 et 1918. En outre le village syrien de Kessab, peuplée principalement d’Arméniens, a été attaqué par Daesh. En mars 2014, 5 000 combattants jihadistes se sont lancés dans une attaque contre Kessab, la première cible en Syrie fut arménienne, la seconde sera kurde avec l’attaque de Kobane. Elles se trouvent proches de la frontière turque. Comment ne pas faire le lien entre le génocide arménien de 1915 et celui qui a débuté aujourd’hui à la frontière de la Turquie.

    Les barbares de Daesh ont organisé des autodafés  et celui notamment de livres rares abrités par une  bibliothèque construite en 1921… des manuscrits du XVIIIe siècle, des livres syriens du XIXe siècle, ainsi que de vieilles antiquités qui dataient de plusieurs siècles. Des livres brûlés par l'EI,  mais aussi des églises dont la vieille église de Mossoul - l'église de la Vierge Marie et  le Théâtre de l'université avec sa bibliothèque… des autodafés de milliers d’ouvrages : 100.000 livres ont été détruits au total dans la province d'al-Anbar, dans l'ouest de l'Irak.

    On se souvient des dégâts occasionnés sur le patrimoine historique afghan par les Talibans qui s’en sont pris à des vestiges archéologiques prestigieux : des statues colossales de Bouddha. En Azerbaïdjan, les Azéris ont détruit tout un cimetière arménien médiéval avec ses « khatchkars », pierres tombales finement sculptées,  la plupart très anciennes.

    Daesh égorge, décapite, crucifie, brûle vif, réduit à l’esclavage, fouette,  viole… Les barbares ont initié un véritable génocide et s’en prennent à celles et ceux qui n’embrassent pas leur loi lorsqu’ils ne les tuent immédiatement parce qu’ils sont Chrétiens, Azeris, Assyriens, Kurdes, Alaouites ou mêmes des Irakiens chiites. Ils s’en prennent  à l’humanité  vivante mais aussi à tous les symboles des civilisations présentes ou passées. Le mot « paix » ne fait plus partie de leur vocabulaire et a été remplacé par celui de Jihad. Il reste à savoir qui tire leurs ficelles car ils ont des allures de marionnettes virtuelles comme l’on en trouve dans des jeux vidéos guerriers. Tuer semble être devenu pour eux un jeu dans lequel les morts se multiplient.  Ils mettent leur créativité morbide dans les différentes façons de donner la mort.

    Les génocides du 20ème siècle n’auront pas servi de leçons et il ne faut pas s’en étonner. Si la Shoah a été reconnue par les génocidaires allemands, le génocide arménien est toujours nié par les descendants des génocidaires ottomans, confortés par le négationnisme d’intérêts nationaux. Ni Israël, ni les USA, ni l’Allemagne n’ont reconnu le génocide arménien. On aurait pu penser que la barbarie déployée en Anatolie à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème ne se reproduirait plus. Rappelons que les égorgements, décapitations, pendaisons, viols, conversions forcées à l’Islam, islamisation des enfants rescapés… ont fait partie du processus d’extermination des Arméniens comme la destruction de leurs églises, de leurs cimetières et, plus généralement de toutes les traces de leur présence en Anatolie.

    Aujourd’hui Daesh reproduit ce qui s’est passé en Anatolie en 1915. Ces nouveaux barbares s’en prennent aux personnes et à toutes les traces de civilisations sur les territoires occupés. Le musée de Mossoul vient de faire l’objet d’une opération de destruction de tout ce qu’il contenait, notamment des sculptures découvertes et restaurées par les archéologues.

    Les Jihadistes ont ainsi vandalisé les collections du musée de Mossoul, qui renferment des objets inestimables des périodes assyrienne et hellénistique, datant de plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Ils brandissent, comme outils de leur inculture et de leur obscurantisme, des masses et des marteaux-piqueurs. Ils ne construisent rien et ne veulent que détruire. Plus rien n’a le droit d’exister avant eux et à part eux. Les images parlent d’elles-mêmes en ce qui concerne les destructions iconoclastes commises dans le musée de Mossoul.  … 

    L'Unesco appelle à sauver le patrimoine mésopotamien. La directrice générale de l'UNESCO a demandé jeudi une réunion de crise du conseil de Sécurité des Nations unies après les destructions par les jihadistes de Daesh (organisation de l'Etat islamique ou EI ou Daech...) de sculptures préislamiques au musée de Mossoul dans le nord de l'Irak. Le travail des archéologues a été réduit en débris par des ignorants qui prétendent agir au nom d’un dieu qui ne leur inspirerait que mort et destruction. Un leader jihadiste demande même la destruction des monuments du plateau de Gizeh en Égypte au nom de l'Islam : le Sphinx, et la dernière Merveille du monde antique encore existante, la grande pyramide. Selon lui, il incombe à tous les musulmans d'appliquer les préceptes de l'islam ordonnant la destruction de ces idoles.

    Comme le remarquent les observateurs, sur place, ce sont avant tout les grandes œuvres, celles que l'on ne déplace pas aisément, qui sont détruites. Les œuvres de dimensions plus modestes seraient épargnées pour être vendues dans les réseaux du marché noir de l’art. Dans les prochaines semaines, des collectionneurs pourront les acheter à bon prix, sans aucun doute. Daesh monnaye tout dans des trafics d’êtres humains et d’œuvres d’art. Leur barbarie n’est pas qu’idéologique mais aussi bassement crapuleuse.  Ils trouvent cependant une clientèle pour s’enrichir.

    Tout ce qui est artistique est considéré par les barbares de Daesh comme blasphématoire. Leurs seuls livres sont islamistes. Leur musique est faite de prières haineuses, de cris et de fureur. Ils brûlent aussi des instruments de musique. Ils ne simulent que des danses de guerre. Même les activités sportives ne sont que des entraînements au Jihad, des entraînements à tuer et à mourir en assassin pour être considéré comme un martyr. Tout ce qui est sacré pour la majorité non musulmane de l’humanité est blasphème pour les Islamistes. Ils s’arrogent un monopole du sacré lorsqu’ils passent au fondamentalisme et au terrorisme. Ce monopole théologique justifie à leurs yeux l’obscurantisme et ses pires barbaries. Cela leur permet de se livrer à leurs fantasmes meurtriers et leurs actions crapuleuses. C’est par le viol et le meurtre qu’ils affirment leur virilité avec la bénédiction d’un Dieu. On se demande de quel dieu peut-il s’agir pour inspirer tant de diableries.    

    L’acronyme Daesh résonne comme  une interjection  barbare ! Elle a une assonance répulsive.  Aux Etats-Unis, les américains utilisent aussi bien l'acronyme ISIL (Islamic State of Iraq and the Levant) qui signifie l'Etat islamique de l'Irak et du Levant, ou ISIS (Islamic State of Iraq and Syria) qui signifie : Etat islamique d'Irak et de Syrie. La création de l'Etat Islamique (EI) remonte à 2006 en Irak. Il s'agit d'une fusion de la branche d'Al-Qaïda en Mésopotamie et de petits groupes islamistes en Irak. Il s’est fait d’abord connaître par des tueries de chiites et les attentats suicides contre les forces américaines.  Dès août 2011, le groupe jihadiste appelle ses combattants et sympathisants à aller combattre en Syrie aux côtés «des musulmans» contre les alaouites, avatar du chiisme, qu'ils honnissent. Ces jihadistes se battent d'abord dans les rangs du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Puis après des frictions avec Al-Nosra, l'EI devient «l'Etat islamique en Irak et au Levant», ou selon une autre traduction «l'Etat islamique en Irak et en Syrie».  Le 29 juin 2014, après son offensive fulgurante en Irak qui lui a permis de s'emparer de larges pans de territoire, le groupe, qui contrôle également de vastes régions en Syrie, annonce l'établissement d'un «califat». Il se fait appelé désormais «Etat islamique» tout court, pour supprimer toute référence géographique. Tout cela s’est passé malgré la présence américaine en Irak et à la frontière turque, avec des financements saoudiens et qataris qui ne sont un non-dit diplomatique.

    On attribue à André Malraux une phrase prémonitoire : « Le 21ème siècle sera mystique ou ne sera pas ». Des terroristes islamistes veulent qu’il soit barbare au nom d’une religion qui les rejette dans sa grande majorité. L’humanité est entrée dans le 20ème siècle avec le génocide des Arméniens suivi de la Shoah. Cela n’a pas empêché les génocides cambodgiens et rwandais. En Afrique des crimes contre l’humanité sont commis et certains portent les germes de nouveaux génocides. Des terroristes islamistes et des génocidaires tentent de s’unir sous la bannière de l’Islam dans un monde où le capitalisme et les marchands d’armes alimentent tous les conflits sur fond d’intérêts géopolitiques et économiques. Le premier génocide du 21ème siècle a débuté en Irak et en Syrie  avec de émules un peu partout comme la secte Boko Haram au Niger.

    Les grandes démocraties seraient-elles dignes d’exemplarité en combattant le Mal ? C’est loin d’être le cas à l’heure actuelle. Les prétextes comme la race, la religion ou la sécurité nationale, remplissent les fosses communes et ne sont que des leurres car, les vraies raisons sont toujours et irrémédiablement les mêmes : « Le pouvoir et l’acquisition de richesse par une minorité de salopards ». Ils alimentent les statistiques de l’horreur sur lesquelles continueront de gémir et pleurer le reste de l’humanité. Les génocides sont les guerres d’une minorité se prenant pour l’élite contre les populations civiles. L’entité appelée « communauté internationale » et ses institutions sont des agglomérats d’intérêts nationaux contraires. A chaque conflit, le cynisme l’emporte sur l’humanisme. Ils appellent cela la « real politique ». 

    On le sait, les guerres renaissent chaque fois que le monde capitaliste est en crise et elles sont faites pour des raisons le plus souvent économiques. Les conflits voient émerger des chefs de guerre sanguinaires qui, lorsqu’ils prennent le pouvoir, deviennent des tyrans qui veulent imposer leur loi inhumaine. Ils ne cherchent que le pouvoir et l’argent. Pour cela ils ont besoin de bourreaux et de victimes. Ils dirigent des hordes d’assassins déguisés en bigots qui, au nom d’un Dieu invoqué à chaque barbarie, hurlent leur haine en tranchant des gorges et en faisant sauter des femmes et des enfants sur des bombes. Ils transforment des régions en fosses aux serpents, en arènes où ils se défoulent avec perversité dans le sang des autres.

    Le négationnisme du génocide arménien a encouragé l’œuvre génocidaire du nazisme. Il faut rappeler que l’Allemagne était alliée avec les Turcs lors de ce  premier génocide du 20ème siècle déjà orchestré par les dirigeants ottomans comme un Jihad.  Le négationnisme du génocide arménien a ouvert la voie au génocide actuel des chrétiens d’Orient, des Assyriens, des Kurdes et des Yézidis., car c’est bien d’actes génocidaires dont il s’agit, accompagnés d’autodafés et de destructions de patrimoines culturels.

    Parmi les chrétiens d’Orient  assassinés,  se trouvent des descendants du génocide arméniens commis en 1915. Nous sommes dans l’année du centenaire de la commémoration de cette tragédie humanitaire que d’aucuns veulent minimiser après l’avoir occultée. Cent ans après, les négationnistes continuent à dire qu’il faut laisser travailler les historiens. Il n’a pas fallu tout ce temps pour reconnaître la Shoah. Tous ceux qui se sont intéressé au sort des Arméniens savent que, malgré les falsifications historiques de l’Etat turc, des historiens ont recueilli toutes les preuves d’un génocide. Aujourd’hui, des intellectuels turcs le reconnaissent malgré les risques que cette reconnaissance leur fait courir.

    L’Etat turc persiste dans le négationnisme et s’est montré plutôt bienveillant vis-à-vis de Daesh, sans doute dans l’espoir d’être débarrassé des Kurdes. L’E.I s’est constitué à la porte de la Turquie et a tenté de prendre Kobane en Syrie, ville frontalière avec la Turquie. On sait que les candidats au Jihad passent facilement par la Turquie.  Daesh avait sans doute  tout intérêt à faire la jonction avec la frontière turque en Irak et en Syrie. C’est aussi par  la Turquie que Daesh vend du pétrole et fait passer tous ses trafics. Autant d’éléments qui incitent à se questionner sur l’attitude passive d’un pays surarmé qui n’a pas levé le petit doigt pour empêcher  les barbares de s’installer dans la région.  En outre, comment peut-on penser que les descendants des génocidaires ottomans désapprouvent les barbaries de Daesh s’ils n’assument toujours pas celles ottomanes de 1915, préférant le lobbying auprès des états occidentaux pour effacer  le génocide arménien ? On peut se demander s’ils n’ont pas servi d’exemple, tant les actes commis en Irak et Syrie sont similaires à ceux commis en Anatolie ? Informez-vous sur le génocide arménien ! Les méthodes étaient les mêmes mais l’Internet n’était pas encore inventé. Il reste des témoignages et des photos en noir et blanc.  Malgré une désinformation relayée par quelques historiens et politiques français, turcophiles notoires, un énorme travail historique a été fait sur le génocide arménien. On s’interroge sur la responsabilité de tous ceux qui concourent passivement ou activement au négationnisme des génocides du 20ème siècle pour des raisons idéologiques, stratégiques, diplomatiques ou économiques.  Le négationnisme est la porte ouverte à de nouveaux génocides. L’histoire l’a démontré mais la communauté internationale ne veut toujours pas l’admettre dans une indifférence largement répandue chez les politiques comme chez les électeurs.    

    A chaque génocide, les génocidaires ont pu compter sur la passivité des uns et la complicité des autres. Ils peuvent compter aussi sur l’indifférence qui s’installe alors que les descendants rescapés des génocides luttent contre le négationnisme. En outre, il ne faut pas occulter que toutes les grandes puissances ont pactisé avec des dictateurs pour ensuite les dénoncer lorsque des guerres civiles s’allument. La dictature vaincue par les armes fait place à une situation anarchique et le plus souvent à une dictature qui, pour s’installer, a recours à une barbarie encore plus grande que la précédente.

    Ne l’oublions pas : Bachar Al  assad a fait massacrer 200.000 syriens, hommes, vieillards, femmes et enfants, notamment dans des  bombardements à l’aveugle sur des immeubles de villes comme Alep presqu’entièrement détruite. Il s’accroche au pouvoir et continue à bombarder son peuple, alors que d’aucuns veulent le faire apparaître comme un moindre mal. Finalement, au-delà des soutiens de l’Iran et de la Russie, c’est Daesh qui, paradoxalement, est en train de le sauver.  En Irak, après la chute de Sadhan Hussein, les Chiites ont pris le pouvoir et, avec l’appui mlitaire des Américains, n’ont pas voulu le partager avec les Sunnites créant les conditions de la création du Califat Daesh.

    On ne peut évidemment pas exonérer de toute responsabilité ceux qui, aujourd’hui, se donnent le beau rôle de gendarmes du monde contre une barbarie qu’ils ont sans doute vu venir et qui s’inscrit dans l’histoire de l’humanité comme un nouveau génocide. Les politiques interventionnistes menées au Moyen-Orient et le scandale international de Gaza  continuent à faire des dégâts (Les dernières exactions commises par l’armée israélienne et Netanyahou ont été vite oubliées par la presse occidentale). De guerres civiles, nous sommes passés à des guerres pseudo-religieuses, à une internationale de la barbarie dans un « siècle de tous les dangers », sourd à une autre Internationale, celle du prolétariat.  La mondialisation capitaliste et l’internationale de la barbarie ne seront pas le genre humain.   

    Le génocide arménien, la Shoah, le génocide cambodgien, le génocide rwandais, les crimes contre l’humanité, les pogroms en Bosnie… sont les résultats des mêmes idéologie racistes et xénophobes que le génocide commis par  les jihadistes d’aujourd’hui. Rappelons que le génocide est « crime contre l'humanité tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ; sont qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l'intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d'existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d'enfants qui visent à un tel but ». Le terme génocide est un néologisme formé en 1944 par Raphael Lemkin, professeur de droit américain d'origine juive polonaise, à partir de la racine grecque γένος génos, « naissance », « genre », « espèce », et du suffixe -cide, qui vient du terme latin caedere, « tuer », « massacrer ».

    Le terme est apparu pour la première fois dans son étude Axis Rule in Occupied Europe en 1944 (le mot est introduit au chapitre IX intitulé « Génocide ») pour tenter de définir les crimes perpétrés par les nazis à l'encontre des peuples juif, slaves et tzigane durant la Seconde Guerre mondiale, ceux commis par le gouvernement des Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman à l'encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale, et ceux dont furent victimes les Assyriens en Irak en 1933.  L’histoire béquait une fois encore en Irak mais ne concerne pas seulement les Assyriens. Au Moyen-Orient, à chaque  destitution d’un tyran, des groupes jihadistes veulent installer leur barbarie qui atteint son apogée avec Daesh… D’autres pays islamistes appliquent la charia et pratiquent un Islam exclusif, pas soucieux des droits de l’homme et droit de cité pour les autres religions.  Des tribunaux y condamnent à mort pour « apostasie ».

    Les Islamistes fondamentalistes pratiquent un prosélytisme agressif qui, avec les jihadistes, devient meurtrier et génocidaire. Ce constat ne doit toutefois par entrainer l’amalgame avec tous les musulmans du Monde mais être combattu fermement à long terme  avec la laïcité comme seul rempart idéologique à ces dérives sectaires qui trouvent des conditions favorables à leur propagande dans les injustices sociales de la mondialisation capitaliste, dans un monde où une infime minorité détient la moitié des richesses de la planète.

    Cette causerie est l’occasion de redire que la démocratie donne le droit de vote et ne peut durer que si ce droit est utilisé pour changer une politique. Chaque élection est l’occasion de voter pour des idées qui placent l’humain d’abord. L’abstention massive fragilise la démocratie et ouvre le pouvoir à plus d’autocratie et moins de liberté. Le vote xénophobe conduit à la fracture d’une société qui a plus besoin de solidarité que de conflits religieux et raciaux. Chaque électeur devrait réfléchir aux conséquences d’un bulletin de vote mais aussi à celles de l’indifférence sociale qu’exprime chaque abstention. Les fascistes de tous poils, barbus ou crânes rasés,  ne s’abstiennent pas lorsque la démocratie est malade. Ils terrorisent et exploitent la peur pendant que le capitalisme sauvage exploite toujours davantage les peuples.

    Fucone

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  • 10959774_845351298868553_5836124679482226783_nVoilà ce que l’on lit sur le site Wikipédia en ce qui concerne la biographie d’Emmanuel Macron : « Il est le fils de Jean-Michel Macron, médecin professeur de neurologie au CHU d'Amiens et responsable d'enseignement à la faculté de médecine de cette même ville ; sa mère, Françoise Macron-Noguès, est médecin-conseil de la Sécurité sociale. C'est à sa grand-mère, principale de collège, dont les parents étaient illettrés, qu'il doit, selon lui, son engagement à gauche. En 2007, il épouse Brigitte Trogneux, issue d'une famille de chocolatiers amiénois, au Touquet où il possède une villa11. Il a rencontré son épouse, de 20 ans son aînée12, alors qu'elle était sa professeur de français et animait le club de théâtre en classe de première au lycée privé La Providence à Amiens. » Comme le dit un dicton populaire « les chiens ne font pas des chats » et la haute bourgeoisie provinciale n’a pas donné un énarque de gauche mais un énarque qui fait carrière au Parti Socialiste. Ce fils de bonne famille se permet de donner des leçons de morale dans un poste de ministre qu’il doit à quelques mentors dans l’antichambre du pouvoir.  On ne s’est pas étonné de ses commentaires méprisant sur les « illettrées » de l’entreprise Gad dont il se souciait par charité chrétienne, pas plus que sur d’autres bavures langagières dont il n’a pas vu la portée insultante tant il est ancré dans da mentalité bourgeoise. La dernière de ses insultes vaut son pesant de connerie narcissique : « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre. J’essaierais d’abord de me battre », a-t-il osé dire. Cela fait écho à des propos tenus auparavant par le ministre du travail qui accusait les chômeurs de ne rechercher d’emplois pour justifier un renforcement des contrôles de Pole emplois et appeler des sanctions. On se souvient  que François Hollande s’était opposé à la même suggestion faite par Sarkozy en février 2012. Ce dernier  avait alors déclaré qu’il « faudrait (…) sans doute réfléchir sur la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat ». François Hollande, candidat aux élections présidentielles, défendait alors les chômeurs : « Il n’est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s’en prendre aux plus fragiles » avait-il commenté. Deux ans après, le débat est bien reparti avec Rebsamen et maintenant avec Macron. Faute d’obtenir des investissements et des emplois, le gouvernement prépare certainement de nouvelles mesures contre les chômeurs faute de résultats contre le chômage.  François Hollande ne dit rien et consent, tout en cherchant dans sa politique étrangère une reconnaissance d’homme du compromis en étant prêt à toutes les compromissions avec la Troïka, l’Allemagne et les Etats-Unis. Il s’occupe aussi du commerce international en fourguant des « Rafales » et autres engins de guerre à l’Egypte en proie à des conflits intérieurs tout autant qu’à des menaces de Daesh. 

    Puisque Hollande, Valls, Rebsamen et Macron ne peuvent inverser la courbe du chômage, ce n’est plus de leur faute mais c’est celle des chômeurs. Que ferait Macron à la place du « chômeur assisté » ? Il se battrait lui le fils à papa qui se donne en exemple, lui qui n’a jamais été et ne sera jamais chômeur, inspecteur des finances, banquier, millionnaire devenu ministre après avoir été un conseiller politique. Il sait ce qu’est le chômage sans aucun doute, lui né le cul dans le gâteau et dont les études ont suivi le cours d’un fleuve tranquille pour déboucher sur  une carrière assurée par des relations bien placées.  Il est de gauche, dit-il. Il tient cela de ses arrière-grands parents qui étaient illettrés. Décidément, il voit l’illettrisme chez des ouvrières et à gauche. Il puise sa « sensiblerie » de gauche dans de vieilles photos de famille. C’est bien de sensiblerie dont il s’agit et encore on peut penser qu’elle est feinte. C’est peut-être aussi le souvenir de ses arrière-grands parents qui lui a fait épouser sa professeure de français, issue d’une famille de chocolatiers.  Nous le voyons bien entre deux bouchées de chocolat rédiger sa loi fourre-tout qui contient les ingrédients libéraux de la régression sociale. Il a appris à l’ENA comment appliquer l’expression argotique « être chocolat » par la loi. En argot « chocolat » est alors synonyme de « dupé ». Sa « loi de la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques » est truffée d’articles et d’amendements scélérats. C’est un travail d’énarque dans toute sa perversité. Il aura fallu l’article 49-3 de la constitution pour faire rentrer dans les rangs les frondeurs et les Verts. Hollande a oublié ce qu’il disait de cette procédure de vote à l’assemblée nationale. Il l'a qualifiée de dureté envers la démocratie, de déni démocratique. Manuel Valls considère que c’est un outil politique légal et utile. Il s’en est servi, avec l’aval de Hollande, et compte s’en servir encore. Il peut le faire une fois par séance parlementaire. Ainsi, il suffit de rédiger des lois à larges spectres dans lesquelles ils mettront tous les articles et amendements d’une politique libérale antisociale. Ensuite, si un doute apparaît sur le vote de cette loi, l’article 49-3 fait entrer dans les rangs les frondeurs menacés d’être mis au banc de l’infamie avant l’excommunication socialiste, à moins que tout cela ne soit qu’une comédie pour faire croire qu’il y a encore des élus de gauche au parti socialiste et éviter de perdre un électorat qui rejoindrait le Front de gauche.  

    Nous ne reviendrons pas sur le travail le dimanche et de nuit qui fera l’objet d’un accord entre salariés et patrons, et sur d’autres petites choses qui vont malmener le Code du travail. Dans cette loi Macron, on trouve aussi une mesure fiscale en faveur des actions distribuées gratuitement dont la fiscalité sera diminuée de moitié. Encore un cadeau aux ennemis de François Hollande : 900 millions d’euros pour les plus riches. On va finir par croire qu’il vaut mieux être un ennemi libéral de droite qu’un ami du Chef de l’Etat et de ses cadres. Ils vont encore nous expliquer que, pour relancer les investissements, il vaut mieux imposer le travail que la rente.

    Décidément, avec la plus grande bonne volonté, comment un électeur de gauche peut-il encore penser que la direction du Parti socialiste n’a pas abandonné les idéaux de gauche ? Comment peut-on encore se faire des illusions sur un président de la république qui « promet sans tenir ses promesses » et qui a imposé des personnages comme Manuel Valls et Emmanuel Macron aux plus hauts de niveaux de l’Etat ? Comment peut-on encore penser qu’il changera de cap alors qu’il permet à son premier ministre d’avoir recours à l’article 49-3 lorsqu’il pense ne pas réunir toute sa majorité parlementaire sur un projet de loi ?


    Battone

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  • grèce_manif1Les élections départementales approchent. Comme par enchantement, la presse donne des signes qualifiés d’encourageants pour l’économie française. Renault va créer mille emplois (on oublie tous les emplois non renouvelés). La France vend enfin ses premiers chasseurs Rafales sur le marché international des armes. C’est l’Egypte qui en est l’acquéreur. C’est le premier contrat à l’export de cet avion sorti de chez Dassault, se réjouit François Hollande. Le contrat ne sera finalisé que le 16 février par notre Ministre de la défense et le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi. La prévision de croissance de notre PIB est de 0,4 %, pas de quoi inverser la courbe du chômage mais on nous explique que des emplois se créent: un millier chez Renault qui en supprime plusieurs milliers non renouvelés. En 2014, si les exportations ont augmenté de 3,7%, la production industrielle chute de 1,3%. Depuis 2011, la consommation est en baisse avec quelques petits pics et en 2014 le pic donne une moyenne annuelle de +0,1%. Fin 2014, le taux de chômage est de 9,9% et continue à augmenter en 2015. Les crédits sont en baisse de 11,7% pour les entreprises (avec un taux de 2,2% en décembre dernier) et de 14,8 % pour les ménage (taux de 3,6%). Donc malgré le taux de crédit favorable, les emprunts auprès des banques baissent ( voir 10 graphes de la conjoncture économique de la France fin 2014 en cliquant ICI). En outre malgré l’augmentation importante des dividendes versés aux actionnaires du CAC 4O, l’investissement ne suit pas et reste en berne.


    Nous l’avons compris : nous sommes en campagne électorale et en plein vote de la loi Macron avec l’application du pacte de responsabilité. François Hollande veut d’un côté prolonger une union nationale déjà rompue par la droite en faisant appel, dans sa dernière conférence, à « l’esprit du 11 janvier 2015 », et de l’autre côté montrer des résultats positifs à sa politique libérale. On se souvient des termes qu’il avait déjà employés sans que rien ne change. Sa dernière trouvaille était le « retournement économique » qui ne fait que tourner en rond sans sortir de l’idéologie libérale au service du profit individuel. Nous avons d’abord eu droit à la prévision par Hollande d’un quinquennat en deux époques : la première était celle du redressement et la seconde celle de la redistribution. Qu’avons-nous en 2015 : la loi Macron et le pacte de responsabilité, sans que la courbe du chômage ne s’inverse conformément aux incantations répétées de François Hollande. Il faut malgré tout laisser penser que la loi Macron va dans le bon sens au moment où elle est en passe d’être votée par le parlement. La redistribution n’est pas pour demain. La politique antisociale suit son cours au rythme que lui imposent la Troïka et la chancelière allemande, c’est-à-dire au pas militaire de l’austérité.


    Comment peut-on encore s’étonner de l’absence de démocratie dans cette Europe dépolitisée au profit des lobbies économiques et financiers, alors que l’on nous prépare en coulisses le traité transatlantique TAFTA ?
    Comment peut-on encore s’étonner les chiffres astronomiques de la fraude fiscale lorsque les libéraux et néolibéraux européens ont mis à la présidence de leur commission un Jean-Claude Juncker, ex-dirigeant d’un paradis fiscal européen qui pratique le dumping fiscal ?
    Comment s’étonner de la pression faite par Angéla Merkel sur les partenaires européens alors qu’elle est chancelière d’un pays qui entretient la précarité des emplois et le dumping social pour exporter toujours davantage ? Un pays atlantiste qui doit entretenir un système de retraite par capitalisation basé sur la spéculation financière et sur un euro surévalué.
    Comment s’étonner du rôle de cheval de Troie joué par la Grande Bretagne qui garde le pied dans la porte de l’Europe sans être entrée dans la zone Euro, alors que le ministre des finances de l'Anglais Camerone est l’ancien PDG de la banque HSBC compromise dans un vaste réseau de fraude fiscale à l’échelle mondiale ?

     

    Faut-il, pour autant, baisser les bras ou se jeter dans ceux du Front National ? Faut-il revenir en arrière avec la droite affairiste et clanique ? Une autre voie est possible.
     

    Heureusement, une lueur d’espoir est apparue en Grèce et se profile en Espagne. La Troïka, Jean-Claude Juncker et Angéla Merkel feront tout pour que cet espoir soit déçu. Il faudra que le projet politique d’une autre Europe soit soutenu par l’ensemble des peuples européens, en commençant « dimanche prochain 15 février lors d’une marche de soutien à la Grèce et contre la politique d’austérité ».
     

    En France, François Hollande a démontré que, avec lui, le changement n’est ni maintenant ni demain. La mission ministérielle économique confiée par Manuel Valls à Emmanuel Macron a été une véritable déclaration de guerre aux militants et aux syndicats de gauche. On voulait nous faire oublier que le ministre de l’économie est passé par la banque Rothschild et n’a jamais reçu le moindre mandat électif. Depuis sa nomination à la tête du ministère des finances, il démontre qu’il est un technocrate au service du libéralisme économique et financier, un produit de l’ENA et de la banque.
     

    Ainsi que ce soit à l’échelon européen ou à celui national, des technocrates impliqués dans le système financier sont devenus les détenteurs d’un pouvoir politique abandonnés par les élus qui, eux-mêmes, sont de plus en plus issus de ce même système « ENA et monde financier ». Après la république des avocats d’affaires, nous avons celle des énarques. Ce n’est pas en faisant croire à chaque élection que la situation économique de la France s’améliore que François Hollande et le gouvernement doivent faire oublier la réalité politique dans laquelle se trouve notre démocratie. Le vote perd de son importance depuis que le référendum sur la constitution européenne a été méprisé et que la technocratie est passée outre pour imposer une Europe de laqui a mené les pays européens à des politiques d’austérité dont on connaît les perversités économiques avec l’exemple de la Grèce. Le vote retrouve épisodiquement son importance pendant le campagnes électorale et la politique politicienne des promesses non tenues a détourné de plus en plus d’électeurs des urnes. L’abstention n’est pas une solution pour redonner aux élections leur sens démocratique. Le taux d’abstention ne remet pas en cause le résultat des élections et un parti sort gagnant avec 20% de 40% des votes exprimés aux yeux de la presse.
     

    Pour une véritable alternative et non pas une alternance libérale, les électeurs doivent tenir compte des politiques menées et non pas des promesses faites. En outre, ils ne doivent pas se laisser abuser par des propos positifs sur la situation économique de la France alors même que le gouvernement fait voter par une majorité godillot et une partie de la droite des lois antisociales.
     

    Les élections départementales sont l’occasion de voter pour des candidats sur lesquels le Ministère de l’Intérieur a mis l’étiquette de « divers gauche » pour faire croire à une « Union de la gauche », étiquette réservée au Parti Socialiste et à ses affiliés locaux. Piètre manœuvre administrative que nous dénonçons.

    A Ajaccio, Manca alternativa et le Parti de gauche, soutiens de Sirysa en Grèce et de Podemos en Espagne, présenteront des candidats communs. Partout en France, des candidats du Front de gauche se présenteront à l’exception de quelques candidats communistes qui auront préféré l’alliance avec le PS. Voter pour les candidats du Front de gauche, étiquetés « divers gauche », c’est voter pour une alternative politique comme les Grecs l’ont fait et comme le feront d’autres pays européen comme l’Espagne notamment. Cette alternative progresse en Europe dans d’autres pays comme l’Irlande. Elle trouvera sa place par les urnes et c’est aux électeurs de lui ouvrir la voie.


    U Barbutu
     

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  • europe_euroMalgré une charte d’éthique entre actionnaires et journalistes du Monde, selon laquelle « les actionnaires n’ont pas leur mot à dire sur les contenus éditoriaux », l’actionnaire du Monde Pierre Bergé, président du Conseil de surveillance,  a affirmé sur la radio RTL qu’il « réprouvait » les méthodes des journalistes du quotidien français lorsqu’il donne des noms de fraudeurs du fisc dans l’enquête sur le scandale de fraude fiscale de HSBC Suisse. Pour lui c’est de la délation et du populisme.  « Est-ce le rôle d’un journal de jeter en pâture le nom des gens ? (s’interroge-t-il avant de poursuivre)  C’est du populisme. C’est fait pour flatter les pires instincts. Ce n’est pas pour ça que je leur ai permis d’acquérir leur indépendance. Ce sont des méthodes que je réprouve … Je ne veux pas comparer ce qui se passe à des époques passées mais quand même, la délation, c’est la délation. C’est jeter en pâture des noms ». Si ce n’est pas une mise en garde, cela lui ressemble.  Et d’autres actionnaires du Monde sont aussi montés aux créneaux comme Matthieu Pigasse, coactionnaire du Monde et vice-président de la banque Lazard, qui appelle ses journalistes remarquables dans leur travail d’investigation ne pas tomber dans la délation. : « Il est vrai qu’il y a un juste équilibre à trouver entre le fait de divulguer des informations d’intérêt général, d’intérêt public » et le fait « de ne pas tomber dans une forme de maccarthisme fiscal et de délation », a-t-il dit. Nous n’avons pas trouvé de déclaration du troisième actionnaire Xavier Niel. De son côté, le directeur du Monde, Gilles Van Kote, a réaffirmé l’troissingeséditoriale de la rédaction.

    Il ne faudrait pas oublier que les avoirs qui échappent au fisc représentent la moitié de la dette mondiale, soit environ 20 mille milliards d'euros. On les trouve dans des réseaux de banques qui opèrent avec des succursales offshores. Des banques françaises sont concernées.  Des réseaux financiers de fraude travaillent dans l’impunité et le secret. Qu’ont fait les gouvernements européens si ce n’est repousser toujours plus loin dans le temps les mesures à prendre, pour laisser le temps aux réseaux financiers de créer de nouvelles filières.

    « Délation » et « populisme » ? Si c’est de la délation, les intéressés peuvent déposer plainte en s’estimant diffamés. Après le bouclier fiscal de Sarkozy, leur faut-il aussi un boulier judiciaire ? Il faudrait que leur dossier fiscal fasse l’objet d’une transaction secrète avec le fisc, un arrangement qui ne change rien sur e fond.  En quoi est-ce populiste de donner des noms connus dont certains s’ingénient à faire parler d’eux dans la presse people ? N’est-ce pas l’apparition de listes de noms qui est à l’origine de régularisations ? N’est-ce pas en donnant des noms que l’on pourra faire peur aux futurs fraudeurs ? Quel autre moyen a-t-on actuellement de pousser ces mauvais contribuables à payer ? Ce qui choque le plus chez ces gens, c’est le nombre de ceux qui détenaient des comptes en Suisse « à l’issue de leur plein gré » et notamment par des héritages. Comme dit la chanson on ne choisit pas sa famille, on choisit ses amis…  politiques.  Pourquoi ne pas donner les noms de ces parlementaires qui votent les lois fiscales et s’en sont affranchis ? Pourquoi ne pas citer ces stars du showbiz et du sport qui affichent leurs trains de vie somptuaire en fraudant le fisc ? Si les gouvernements susceptibles avaient fait véritablement le nécessaire, nous n’en serions pas là. Si les fraudeurs n’avaient pas la possibilité d’utiliser leurs amitiés politiques pour que leurs dossiers soient examinés avec bienveillance par les services du Ministère des Finances, la presse n’aurait pas à dévoiler des noms de fraudeurs pour donner des exemples. Là où les journalistes font leur travail, on s’aperçoit qu’ils le font contre l’avis des actionnaires de leurs journaux. Les journalistes doivent restés dans les rails libéraux et ne pas s’attaquer aux amis fraudeurs de leurs patrons. Entre riches, on ne se cherche pas des poux fiscaux dans les cheveux. D’ailleurs le terme « fraude » est banni et ils lui préfèrent l’expression « optimisation fiscale ».

    En 2008, Eric de Montgolfier, procureur célèbre, avait récupèrè un listing informatique contenant des informations sur des milliers de comptes cachés par la banque HSBC. Ce listing c'est Hervé Falciani, embauché comme informaticien par la filiale suisse de la banque HSBC, à Genève, qui l'avait dérobé et avait tenté de monnayer avant de finir par le remettre aux autorités.  Dans ces listings on trouve le nom d'hommes d'affaires, de chefs d'entreprise, d’avocats, de médecins ou de personnes mises en cause dans des dossiers judiciaires comme dans l'affaire Elf ou l'Angolagate. Le dossier embarrassait sérieusement le pouvoir de l'époque, notamment la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Eric de Montgolfier a expliqué au journaliste Benoît Collombat, qu’un beau jour l’ordre lui a été donné de "rapporter les fichiers aux Suisses".  Le Procureur n’a pas obéi et ces fichiers ont atterris chez des journalistes. L’affaire n’est pas révélée grâce à la Garde des Sceaux de l’époque. Il a fallu beaucoup de détermination au procureur Eric de Montgolfier pour dissuader Michèle Alliot-Marie de satisfaire les autorités helvètes. Ce sont finalement les médias et non la justice qui ont mis l’affaire HSBC au jour. Quand à Eric Woeth, lorsqu’il était ministre du budget, il a agité la liste devant les caméras pour pousser les fraudeurs à une régularisation par transaction avec le Fisc. Pour l’heure, sur des milliers de noms, seuls quelques uns ont été rendus publics. De nouveaux noms sortent au fil du temps.

    Pierre Bergé ne déroge pas à la règle de la solidarité de classe entre grandes fortunes. A-t-il peur d’être un jour lui-même victime de délation et de populisme, lui qui vient d’être promu au grade de grand officier de la légion d’honneur ? On lui doit certainement déjà en partie  la ligne éditoriale politique du Monde qui est resté dans le girond socialiste alors que le Figaro est dans celui de la droite. Veut-il aussi une omerta fiscale ? À plus de 80ans ans, Pierre Bergé est le cofondateur de la maison Yves Saint Laurent. Il est l’archétype français de la « gauche caviar » et PDG de la brasserie de luxe parisienne « Prunier », spécialisée dans le caviar français. Il est aussi  propriétaire d’une maison de vente aux enchères à Paris, rue Drouot, une société de vente volontaire, la Maison Pierre Bergé et associés, qui dispose également d'une antenne à Bruxelles, sur la place du Grand Sablon. Actionnaire du Monde, il est aussi fondateur du mensuel homosexuel Têtu et président du Sidaction. Il, est classé, malgré cela, à la 349ème place des grandes fortunes française, avec 120 millions d’euros (classement Challenges 2013). Pourtant la seule vente d’une partie de ses collections d’objets d’art (non-inclus dans l’assiette de l’ISF) « aurait rapporté à ce mitterrandien de stricte observance la bagatelle de 373,5 millions (habilement reversés à la Fondation PB-YSL) » selon des articles non démentis à ce jour. Ce n’est pas avec un financier mitterrandien comme lui, riche donateur de la campagne du PS en 2007, que le parti socialiste va lutter efficacement contre la fraude fiscale. On peut le dire sans faire de la délation ou le livrer en pâture par populisme.

    Toutefois, les noms publiés ne doivent pas servir de diversion pour faire oublier la responsabilité des gouvernants et, en ce qui nous concerne, de ceux de la communauté européenne qui ont placé à la tête de la commission européenne Jean-Claude Junker, ex-dirigeant d’un paradis fiscal au sein de l’Europe et responsable d’une affaire de dumping fiscal pratiqué par le fisc luxembourgeois. Le refus de la mise en place d’une commission parlementaire sur ses responsabilités dans un système de fraude fiscale institué au sein de la communauté européenne n’est pas un signe d’indépendance de l’union européenne vis-à-vis de la Finances, de ses filières bancaires et de ses paradis fiscaux. Le maintien à la présidence de la commission européenne de Monsieur Jean-Claude Junker est l’affirmation que rien ne va changer sur le fond. La commission européenne apparaît comme la bras technocrate de la Troïka et de la finance internationale.

    Battone

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  • Pendant qu’Emmanuel Macron défend sa loi qui est un fourre-tout de fausses mesures pour régler de faux problèmes et de mesures antisociales, la droite trouve qu’il ne va pas assez loin. Quelques uns de ses dinosaures, comme dernièrement Jean-Pierre Raffarin sur BFM TV le 8 février dernier, viennent expliquer que les syndicats s’occupent des salariés et pas des chômeurs pour justifier la précarité comme nécessaire à la croissance et aux emplois. Notons au passage que le sénateur, ex-premier ministre de Chirac et qui veut devenir Président du Sénat sans y parvenir, était reçu par une Apolline de Malherbe bien différente de celle qui interrogea récemment Jean-Luc Mélenchon.  Selon Raffarin, la défense de l’emploi tuerait l’emploi ! Ce serait la faute des syndicats et non pas du dumping social ! Apolline de Malherbes souriante, n’a rien eu à redire. Raffarin a pu développer son discours réac sans question dérangeante dans une atmosphère plutôt complaisante. D’autres dinosaures, comme Fillon, veulent privatiser jusqu’aux écoles en y mettant des conseils d’administration avec un président, chef d’établissement tout puissant, qui choisit ses équipes pédagogiques. Monsieur Fillon a le culte du chef d’entreprise, lui qui veut être le calife à la place du calife de l’UMP. Le libéralisme affichée par Hollande et consorts entraine la surenchère à droite vers un ultralibéralisme qui toucherait tous les secteurs d’activité jusqu’à l’éducation nationale.  

    De son côté le Front national essaie de faire croire qu’il est le défenseur des salariés français contre la mondialisation en utilisant le vocabulaire de gauche vidé de toute prise de position explicite sur le grand patronat et la politique antisociale menée par l’alternance libérale depuis trente ans. On critique avec des généralités et des mots de gauche plus que l’on explique et prend position. Des paroles sans actes ! Quels salariés, les élus du FN ont-ils un jour soutenus dans des conflits et des licenciements collectifs ? Ont-ils remis un seul jour en cause la répartition des richesses entre la rente et le travail ? Leur cible est l’immigration et tout le reste est dans le droit fil de la manipulation de la peur suscitée par l’islamisme, en  instrumentalisant la crise économique et sociale par un pseudo langage antimondialiste, souverainiste et surtout ultranationaliste.  

    La répartition des richesses, parlons-en ! Il suffit de prendre connaissance de l’évolution des dividendes au profit des actionnaires du CAC 40. Ils viennent d’être publiés dans le journal Les Echos. Ils sont en hausse de 30% en 2014 par rapport à lo’année précédente et retrouvent leur niveau de 2007. Les sommes versées par les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires, sous forme de dividendes et de rachats d'actions, ont atteint 56 milliards d'euros en 2014, selon une étude publiée lundi 9 février par la lettre spécialisée Vernimmen reprise dans la presse économique. Le journal Les Echos a publié un tableau de l’évolution des dividendes et rachats d’actions de 2006 à 2014, ICI.

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    Depuis l’élection de Sarkozy en 2007, avec tous les bons signes donnés aux plus riches, le CAC 40 vient de distribuer un nouveau chiffre record de la mauvaise distribution des richesses entre la rente et le travail.

    L’actualité, avec l’affaire USBC, nous rappelle aussi que la fraude fiscale représente 180 milliards qui passent par les banques suisses selon un mécanisme que vous ne connaissez peut-être pas, alors le voici expliquer par le journal Le Monde… en ciquant ci-après: Comprendre la fraude fiscale de HSBC en 3 min par lemondefr

    On peut évoquer aussi la protection récente apportée par le parlement européen à Monsieur Junker, président de la commission européenne et champion du dumping social lorsqu’il était ministre des finances et premier ministre du Luxembourg. Il n’y aura pas de commission parlementaire permettant de demander des comptes au Luxembourg mais une simple commission spéciale sans pouvoir d’investigation.

    Face à cela, comment s’étonner du traitement réservé à la Grèce dans l’aide financière qui lui a été cyniquement apportée par la BCE ? Comment s’étonner de la guerre que livrent à Syrisa la Troïka, la Deutsche Bundensbank et la doxa libérale européenne, ses lobbies, la chancelière allemande appuyée par la Grande-Bretagne, la France et  le Luxembourg, notamment. Il faut rappeler que la Grande Bretagne est le pays de l’USBC, banque britannique qui a son siège à Londres et ses rouages financiers offshore en Suisse. Comment ne pas comprendre quels sont les  intérêts que les dirigeants de ces pays défendent ? Bundensbank allemande, CAC 40 français, USBC anglaise et dumping fiscal luxembourgeois… sans oublier le régime fiscal aguicheur de la Belgique avec sa capitale européenne Bruxelles. On pourrait faire un inventaire à la Prévert de tous les lobbies qui agissent auprès des instances européennes.

    oxfam« Les 1% des personnes les plus riches en Chine, au Portugal et aux États-Unis ont plus que doublé leur part de revenus national depuis 1980. L'Europe ne fait pas exception. La fortune combinée des 10 personnes les plus riches d'Europe (217 milliards d'euros) dépasse le coût total des mesures de relance mises en œuvre dans l'Union européenne entre 2008 et 2010 (200 milliards d'euros). Même dans les pays réputés plus égalitaires comme la Suède et la Norvège, la part de revenus allant aux 1% les plus riches a augmenté de plus de 50%. Désormais, selon l'Oxfam, sept personnes sur dix vivent dans un pays où l'inégalité économique a augmenté au cours des 30 dernières années » extrait d’un article du journal Le Parisien.

    La confédération internationale Oxfam, un réseau de 17 organisations de solidarité internationale qui travaillent ensemble dans plus de 90 pays pour trouver des solutions durables à la pauvreté, aux injustices et aux inégalités.  Nous vous proposons une étude faite par Oxfam sur les inégalités mondiales en cliquant ICI.

    Comme Syrisa en Grèce, le Front de gauche représente la seule alternative réelle à l’alternance d’une politique qui profite plus à la rente qu’au travail et qui n’a engagé aucune véritable lutte contre la fraude fiscale à l’échelle européenne. François Hollande n’a fait qu’endosser le costume de Sarkozy vis-à-vis d’Angela Merkel et de l’Europe de la Finance. Le Front national n’apporte aucune solution et ne propose qu’un repli identitaire et nationaliste en s’appuyant sur la montée de la xénophobie. Plus que jamais le Front de gauche a besoin de s’unir et de s’élargir à tous les citoyens trompés par la Droite ou déçus par François Hollande ou manipulés par le Front national.

    Pidone

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  • discussion4Il serait sans doute souhaitable de s’interroger sur le fait que Jean-Luc Mélenchon a été distancé par Marine Le Pen en 2012. Cette dernière s’est emparée hypocritement d’une partie du programme du Front de gauche et des électeurs ont mordu à l’appât populiste à laquelle s’ajoute le thème de l'insécurité culturelle et les questions identitaires. Les manipulations politiques de ces questions n’ont fait qu’exacerber la revendication religieuse. Les débats sur qui veut quoi sur des bases ethno-raciales et religieuses sont à l’origine de l’insécurité culturelle et l’abandon du désir d’intégration remplacé par des communautarismes d’origines et de religions. Les événements tragiques récents ont mis dans l’actualité le passage à l’acte terroriste et la radicalisation d’une partie des musulmans dans le monde. Les barbaries ont amplifié considérablement la crainte par rapport à l’Islam et accru l’audience du Front national. Le FN veut donner l’apparence d’un discours cohérent vérifié par la radicalisation des Islamistes, tout en dénonçant les partis dominants qui ont accepté la mondialisation, ses effets économiques et sociaux, ainsi que la construction européenne qui prive les Etats de leur souveraineté et n’a pas su éviter une immigration, source d’instabilité sociale et d’insécurité culturelle. Hier, le FN dénonçait l’Arabe qui vient manger le pain des Français au chômage et profiter des aides sociales. Aujourd’hui, l’extrême-droite dénonce le Musulman qui veut islamiser la société française mais aussi européenne et mener son action intrusive dans toute la communauté européenne. On sait que Marine le Pen cherche des alliances partout en Europe. Il ne s’agit plus de ne dénoncer la nourriture Halal et la tenue vestimentaire mais bien pire : l’atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de penser, menacée de mort. Le FN se pose comme défenseur de la Nation face au péril musulman dont ils ont été les premiers visionnaires.

    Le Parti socialiste (du moins ses dirigeants au pouvoir) a abandonné les valeurs de la gauche en matière de programme économique et sociale à partir de 1983. La défense des pauvres et des miséreux, a été laissé aux œuvres caritatives et l’alternance libérale n’a fait qu’enrichir les plus riches. Les bonnes intentions vont envers les discriminés : immigrants, religions minoritaires comme l'islam, le féminisme  et les homosexuels. La promotion du multiculturalisme de la société n’a pas pris en compte la répartition des richesses et  du travail. Elle n’a fait que promouvoir le droit à la différence en laissant se creuser les inégalités économiques. Avec de bonnes intentions affichées, la Gauche a mis en avant la valeur de la différence pendant que les politiques libérales promouvaient et promeuvent encore la réussite individuelle, sans améliorer à long terme le sort des jeunes qui grandissent dans les cités HLM. L’abandon des cités dites sensibles a généré  les ressentiments de ceux qui n'ont pas bénéficié des aides suffisantes ou mal distribuées par clientélisme électoral. Tout cela a abouti chez quelques uns  au djihadisme et à un racisme antiblanc, antisémite, antigaulois ou anticroisés, mais aussi à une haine des institutions républicaines.

    A partir de là, les discours identitaires ont envahi les esprits et nourrissent tous les fantasmes. Faire fantasmer, Marine Le Pen et son entourage savent le faire, tout en capitalisant des voix à chaque élection.

    Comment redonner un espoir au « vivre ensemble » ? D’abord en promouvant davantage l’égalité que la diversité. A ce propos, en Corse, paraît depuis plusieurs années une revue « Fora ! ». La présentation de cette revue sous-titré « La Corse vers le Monde ! » est exemplaire de ce que doit être une identité culturelle : « A chaque numéro, elle met en face de la culture corse une autre culture du monde, avec laquelle elle partage des traits communs : qu’il s’agisse de l’insularité, de la latinité, de l’appartenance à la Méditerranée ou du pastoralisme, c’est le même universalisme anthropologique qui est en jeu. Sans abdiquer leur affection, beaucoup de Corses vivent ailleurs que sur l’île, tandis que sur place une nouvelle corsitude s’élabore autour de nouveaux citoyens dotés d’une culture différente. La complexité de cette identité et la certitude que la découverte de l’autre enrichit toujours sont les piliers de notre réflexion ».  Bien sûr, l’identité corse en Corse est liée à l’Île et donc les Corses sont chez eux en Corse. Toutefois, il existe une immigration en Corse et, comme ailleurs, l’intégration n’est possible que dans le respect de chacun, en cherchant davantage les points communs que les différences. Les différences doivent être mises de côté dans la vie sociale et, en premier lieu, à l’école. Les enfants doivent venir y chercher des connaissances, des règles de vie sociale, des outils leur permettant d’appréhender le monde. L’école de la république doit lui faire intégrer des valeurs communes, des valeurs universelles basées sur l'égalité : égalité des droits, de l'accès à l'emploi notamment. Bien sûr il faut lutter contre des discriminations de toutes sortes mais l’égalité des droits s’accompagne de celle des devoirs. Cet apprentissage de la vie sociale ne peut se faire que dans le cadre de la laïcité qui garantit certes la liberté des religions mais en interdit le prosélytisme dans l’enceinte des écoles et des administrations. Tout signe ostentatoire religieux est un comportement prosélyte et, de ce fait, agressif envers les autres religions lorsqu’un problème de radicalité se pose. Il est négation d’une  laïcité mal interprétée dans la liberté laissée aux cultes dans la sphère privée, les lieux de culte, les événements religieux, les écrits  et la presse. Cette liberté s’arrête aux portes de l’Education nationale et des services publics.  

    Devant les problèmes posés par le vivre ensemble dans une société pluriculturelle, on se pose la question de la compétence de nos élites politiques et enseignantes à y faire face. Sont-ils si éloignés du peuple pour ne pas chercher véritablement  le sens commun ? Certains sont dans l’affrontement en ne tenant comptes que des effets de la barbarie, d’autres dans le déni en ne s‘attachant qu’à stigmatiser ses causes économiques. Il faudrait s’interroger aussi sur ces « élites politico-financières » qui auraient intérêt à entretenir les divisions identitaires pour garder la main sur le pouvoir, donc sur la politique économique et sociale ? C'est sans doute  de cette manière que l’on devrait aborder la question et, pour l’aborder, il faut revenir sur l’actualité djihadiste.

    Dans son opus « L’étrange défaite », Marc Bloch faisait en son temps une analyse des causes de la défaite de 1940 qui n'a pas été profondément remise en cause à ce jour et a ouvert la question de savoir dans quelle mesure les élites ont préféré la victoire d'Hitler face à la montée du communisme. Nous ne disons pas que les « élites politiques » préparent notre défaite contre le djihadisme mais on peut les questionner sur les rapports économiques et financiers avec des Etats islamiques qui appliquent la charia et financeraient les réseaux terroristes. Le djihadisme est une importation barbare qui vise à déstabiliser l’Europe en proie à une crise économique et financière, donc vulnérable. Nous l’avons vu en Grèce, les élections peuvent faire basculer le pouvoir entre les mains de la gauche radicale, héritière des luttes sociales. Le Djihadisme arrive à point nommé pour ressouder les nations contre un ennemi commun, en laissant de côté les problèmes économiques et financiers confiés aux libéraux depuis des décennies. Ne nous faites pas dire ce que l’on n’a pas dit. Nous n’irons pas jusqu’à affirmer que le djihadisme est un complot mondial fomenté par les grandes puissances occidentales et quelques émirats mais nous pouvons penser qu’il arrange actuellement l’ordre économique mondial imposé aux peuples. Alors pourquoi régler un problème qui apparait comme une solution ? A-t-on voulu réellement le prendre à la source alors que Daech s’est installé dans le Nord de l’Irak occupée à l’époque par les Américains et à la frontière de la Turquie, pays islamiste bienveillant ? Comment expliquer que des printemps arabes présentés comme des libérations aient débouché sur des anarchies en proie au djihadisme ou d’autres dictatures ? Comment expliquer que la volonté de destituer des dictateurs au Moyen-Orient a laissé la voie libre à la barbarie intégriste qui vient maintenant menacer la France ?

    Vous nous diriez que cela n’a pas de lien avec l’immigration en France et en Europe. En êtes-vous si sûr ? D’abord tous ces conflits ont augmenté le nombre de réfugiés politiques et économiques. Ensuite, les revendications identitaires (et notamment islamistes)  se sont rapidement radicalisées avec des djihadistes français ayant fait leurs armes au Moyen-Orient dans différents conflits. Ces djihadistes représentent une légion d’individus manipulables et manipulateurs. Le radicalisme islamiste en France est donc lié à l’immigration et au contexte international. Il trouve un creuset en France ( et en Europe) dans la crise économique et sociale, l’abandon d’un quart-monde dans les cités sensibles qui se transforment en ghettos où prospère ce que l’on nomme pudiquement une économie parallèle, fruit d’une criminalité organisée. Les revendications sociales ont fait place à des revendications religieuses et identitaires jusque dans les écoles et les administrations. Par démagogie ou électoralisme, la laïcité a été maintes fois remise en cause, alors qu’elle garantit l’égalité des droits et des devoirs. Cette remise en cause de la laïcité a eu pour conséquence celle da la liberté d’expression jusqu’aux meurtres commis le 11 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo. Si l’unité républicaine manifestée sus le slogan « Je suis Charlie » sert maintenant à faire remonter la côte de popularité de François Hollande, peut-on parler de cohésion sociale lorsque d’autres ont dit qu’ils n’étaient pas Charlie. Pour autant les deux slogans apparemment contraires sont-ils la manifestation d’un clivage entre les défenseurs de la liberté d’expression et les pro-islamistes ? Le slogan « je ne suis pas Charlie » n’a-t-il qu’une seule signification tranchée et faut-il poursuivre pour apologie du terrorisme, ceux qui l’ont fait leur ?  Ce serait simpliste et réducteur au profit de l’idéologie de l’extrême-droite qui instrumentalise la peur, comme elle l’a toujours fait : la peur du chômage, la peur de l’immigré, la peur de la différence…  Face à  des réactions épidermiques, il faut aller au-delà de l’apparence et se poser la question de l’usage de la liberté d’expression lorsqu’une partie de la population est réduite au silence et à la misère.

    Tout est réuni pour la montée de la violence criminelle et terroriste lorsque des jeunes n’ont plus l’espoir de vivre mieux et ont le sentiment d’être les victimes d’une autre violence, celle économique qui les dépossède de leur avenir, de la maîtrise qu’il pourrait avoir de leur existence. La mondialisation et le consumérisme favorisent le passage à la violence politique. Tout est réuni pour que les replis identitaires prennent le pas sur le sens commun et les reculs de la laïcité ne font qu’aggraver les différences. Dès lors toutes manipulations sont envisageables et les religions sont passées depuis longtemps expertes en matière de conversion et de manipulation. Qu’offrent-elles ? Le paradis après la mort comme consolation de l’enfer sur terre. Les Djihadistes offrent encore davantage : le devoir de tuer et de violer comme actes religieux avant de mourir en martyr. Alors, il faut se poser les questions qui dérangent les consciences humanistes : L’islamisme est-il l’Islam ? Y-a-t-il une différence entre un islamiste et un Djihadiste ? Sont-ils des Musulmans respectueux du Coran ?  A qui de trancher si ce n’est aux Musulmans eux-mêmes ? Toutefois, il ne suffit pas de dire que l’Islam est une religion de paix. Il faut une analyse théologique des écritures pour le démontrer en premier lieu à ceux que l’on appelle des Islamistes modérés. Si l’Islam ne se structure pas autour d’une seule lecture du Coran, il y aura toujours des djihadistes semeurs de barbarie. Peut-onparler d'islamisme modéré en Arabie Saoudite, au Qatar et autres émirats? Quel jeu joue la Turquie avec Daech?

    Si les dérives djihadistes de quelques jeunes musulmans, parfois convertis souvent délinquants et issus des cités HLM, trouvent une explication sociale, on ne peut pas s’arrêter à des conditions de vie qui touchent et ont touché d’autres communautés qui se sont intégrées dans la république. Il apparaît donc nécessaire d’aborder les conséquences des atteintes à la laïcité sous tous les angles, sous toutes les coutures et sous toutes les fractures. Laisser les aspects théologiques, politiques et criminels du grave problème de société posé par l’islamisme en France équivaut à laisser le champ libre à l’extrême-droite. La peur est mauvaise conseillère et prête l’oreille à ceux qui montrent des dangers que  d’autres veulent ignorer ou minimiser au nom de grands principes.

    D’un côté, des Français musulmans ont déserté la lutte sociale pour des revendications identitaires et religieuses. De l’autre, l’islamophobie a progressé et a atteint son plus haut niveau depuis la tragédie récente et les actes barbares commis en Syrie et en Irak. Des conflits qui n’en finissent pas comme celui de la Palestine ont des conséquences en France. Les dernières représailles d’Israël sur la population palestinienne ont leur part dans la radicalisation islamiste et l’antisémitisme qui l’accompagne.

    La plus grande majorité des électeurs s‘est réfugiée dans l’abstention et le vote blanc. Le FN progresse dans la lassitude d’un électorat qui ne trouve pas une parole politique claire sur un programme économique et social mais aussi sur  les mesures à prendre pour éviter les dérives identitaires et religieuses de Français pour la plupart issus de l’immigration en provenance de pays à majorité musulmane où des conflits causent la mort de milliers de civils.

    François Hollande a tenu sa conférence de presse hier. Il veut perpétuer ce qu’il appelle « l’esprit du 11 janvier 2015 ». Souhaite-t-il faire appel aux esprits jusqu’au printemps 2017 ? Il sera jugé à la lettre, sur les lois antisociales votées et ses anaphores blablateuses. Il sera jugé sur sa politique extérieure et son alignement sur l’Allemagne et les USA. Ses premières prises de position sur l’Ukraine, Gaza et la Syrie ne plaident pas en sa faveur.  Devant les journalistes et les caméras, Il a abordé la mixité sociale, « la répartition de la population, pour que les logements sociaux soient créés là où ils sont nécessaires, mais pas seulement là où ils sont déjà présents », a-t-il expliqué, puis ajouté "l'accompagnement, pour que le tissu social soit renforcé en nous appuyant sur les associations, sur la démocratie", et enfin, "le développement, avec la création d'une agence nationale pour le développement économique sur les territoires". Il a reconnu les échecs : « concentration des populations et des pauvres dans les mêmes lieux, inégalités massives, chômage trop élevé, discriminations insupportables"…  selon lui, malgré les efforts engagés depuis 30 ans. Il s’est ainsi inscrit dans l’incurie des politiques libérales tout en affirmant être et avoir agi comme un président de gauche. Comme son premier ministre et le ministre de l’économie, il éprouve la nécessité de s’affirmer de gauche parce qu’il ne l’est pas, ou bien c’est une gauche de posture par rapport à la droite, une gauche qui a renié sa généalogie et ses valeurs depuis 1983. Ce n’est pas la nôtre. C’est à toute la gauche qu’il porte préjudice en incarnant la politique d’austérité voulue par la doxa libérale et sa politique antisociale inspirée par le Medef. C’est cette politique néolibérale qui détourne les nouvelles générations de la lutte sociale, du syndicalisme, de l’engagement politique,  des urnes et de la citoyenneté. C’est cette alternance libérale depuis 1983 qui fait le lit de l’extrême-droite, sans résoudre les dérives identitaires et religieuses, faute de ne pas réduire les inégalités sociales qui se sont creusées. Sarkozy n’a fait que jeter de l’huile sur le feu et Hollande a laissé brûler la braise. Tous, depuis 30 ans, portent la responsabilité de la situation actuelle et de la fracture sociale, y compris le Front national et sa flamme bleu-blanc-rouge, symbole dévastateur qui entretient les feux de la haine. En  2015, ce ne sont pas des feux de solstice qui, dans la joie, annoncent l’été et des temps meilleurs. Ce sont les feux de l’inquisition  et de l’autodafé venus du Moyen-Orient.

    Si, en Grèce, Syriza représente un espoir dans cette Europe constituée contre les peuples par des technocrates à la botte des lobbies financiers, on sait que la Troïka et les dirigeants acquis au libéralisme économique feront tout pour empêcher  qu’une autre politique européenne prenne racine en Grèce. La BCE tente déjà un coup d’Etat en menaçant de faillite les banques grecques. Podemos représente un nouvel espoir en Espagne. Sera-t-il déçu ?

    Quel avenir pour le Front de gauche en France ? Quel avenir pour la gauche démarquée du libéralisme et de la politique économique imposée par la Troïka et Bruxelles ? Pour peser dans le débat politique, il faudra remporter des victoires électorales et dépasser les scores du Front national. Cela ne pourra être possible qu’en ramenant à la citoyenneté les catégories négligées du peuple français et en redonnant confiance à ceux que la peur a fait basculer dans la paranoïa xénophobe du Front national. Il faut redonner confiance en une gauche rassemblée près du peuple dont les élites se sont coupées. Il faut redonner à la lutte sociale et au syndicalisme toute sa place. Pour cela, il faut regarder toutes les réalités en face, tenir un langage de vérité et de bon sens. Le bon sens, c’est le sens commun, les intérêts communs et les valeurs universelles sans démagogie, à la lumière de la raison et des leçons de l’Histoire. Le sens commun demande une redistribution des richesses par le travail plutôt que par la rente, par la solidarité plutôt que par le profit.

    Un travail de reconquête des électeurs de gauche refugiés dans l’abstention ou tentés par le Front national apparaît nécessaire. Comme Syriza, le Front de gauche doit apparaître comme un mouvement capable d’assumer une alternative politique à l’alternance libérale en faisant face aux fractures sociales, aux dérives identitaires ou religieuses, sans angélisme idéologique qui ferait renoncer par bribes à la laïcité, ciment d’une société multiculturelle.

    Evidemment, les propos tenus ci-dessus à bâtons rompus n’engagent que leur auteur dont l’intention n’est pas d’apporter des réponses mais de susciter un questionnement dans le cadre des valeurs de gauche et dans la perspective d’une victoire de ces valeurs. Il s’agit de sortir de la culture de l’échec, malgré un pouvoir socialiste compromis avec la droite européenne et qui  rejette dans les extrêmes le Front de gauche et le socialisme.

    U barbutu

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