• Bayrou est de retour

    On l’avait presque oublié. François Bayrou est de retour. Il vient d’annoncer sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Jamais deux sans trois. Voilà qui est fait. L’homme a-t-il changé pendant sa traversée du désert ? Non. Il s’affirme toujours au centre. C’est tellement plus commode. C’est l’apanage des gens courageux. Ceux qui n’osent pas dire qu’ils sont de droite. On peut faire illusion pendant un temps, mais pas tout le temps. D’où vient l’homme ? De l’Udf. Il a participé à divers gouvernements de droite, entre autres, sous la présidence de Jacques Chirac, en tant que ministre de l’Education nationale. Il a par conséquent appuyé, défendu toutes les politiques néolibérales qui ont conduit à la situation actuelle, avec une dette souveraine égale à 80% du Pib.

    Aujourd’hui, il se présente, sans rire, comme un homme nouveau, libre, avec des idées nouvelles. Voyons ça de plus près. Lors de l’annonce de sa candidature -  et il l’a répété hier soir sur France 2 – il a dévoilé les grandes lignes de son programme. Sans entrer dans le détail, prenons quelques exemples significatifs. Pour François Bayrou la crise actuelle ne découle pas de la financiarisation du capitalisme mondial et de la fabuleuse spéculation qu’il a entraînée. Elle puise ses racines dans les dépenses publiques. Alors taillons dans celles-ci. Une vingtaine de milliards doivent être économisés au niveau de l’Etat, une dizaine dans les collectivités locales et une vingtaine dans la Sécurité sociale. Le tour est joué. C’est évidemment une idée généreuse, très sociale. Mais notre centriste oublie de nous parler des conséquences d’une telle amputation dans les dépenses publiques. On va le faire à sa place. Moins de policiers, d’enseignants, d’infirmières, un abaissement sensible de la qualité des services publics, etc. Au niveau des recettes nouvelles, François Bayrou propose une autre mesure particulièrement intéressante : le relèvement de 2 points de la Tva, c’est-à-dire une aggravation de l’impôt le plus injuste qui soit. Par contre, il est d’une discrétion remarquable sur les fraudes, les niches et les évasions fiscales qui coûtent fort cher au pays. La taxation sur les grandes fortunes ? Aux abonnés absents. Le discours de Bayrou sent le déjà vu. Il ne diffère guère sur le fond de celui de Sarkozy. Son rôle ? Faire illusion et capter une partie de l’électorat non encore convaincu de la nécessité d’une véritable rupture avec la politique menée jusqu’ici par le pouvoir en place.

    Par ailleurs, on peut regretter que François Hollande fasse les yeux doux en direction de Bayrou. C’est une démarche qui peut s’avérer dangereuse. L’heure n’est plus à la combinazione, mais au vrai changement sur des bases claires.

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