• Boycottage d'un philosophe de comptoir

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    Dans son roman « La nausée », Jean-Paul Sartre utilise des sobriquets. L'action se situe à Bouville, en vérité Le Havre. L'Autodidacte est le sobriquet d'un personnage humaniste qui se révèle aussi pédéraste. C'est le Corse qui va le prendre la main dans le panier d'un jeune lycéen et qui va lui donner deux coups de poing au visage, en l'humiliant puis le chassant de la bibliothèque. Le Corse va être lui-même humilié par Roquentin. Le Corse est gardien de la bibliothèque de Bouville et son épouse en est la concierge. Dans l'Edition "Folio", à la page 113, on trouve une description du Corse : " Le gardien venait vers nous : c'est un petit Corse rageur, avec des moustaches de tambour-major. Il se promène des heures entières entres les tables en claquant des talons. L'hiver, il crache dans des mouchoirs qu'il fait ensuite sécher contre le poêle..." Ensuite de la page 233 à 236, Roquentin relate l'incident dans la bibliothèque. On apprend que le Corse se nomme Paoli lorsque le jeune sous-bibliothécaire (qu'il terrorise aussi) l'appelle par son nom. Après que Paoli a frappé l'Autodidacte avec un "gémissement voluptueux", Roquentin le prend par le cou et le soulève de terre "tout gigotant"... "il était devenu bleu et se débattait, cherchait à me griffer ; mais ses bras courts n'atteignaient pas mon visage. Je ne disais mot, mais je voulais lui taper sur le nez et le défigurer. Il le comprit, il leva le coude pour protéger sa face : j'étais content parce que je voyais qu'il avait peur..."et il ajoute plus loin : " Autrefois, je ne l'aurais pas laissé sans lui avoir brisé les dents..."

    Pourquoi avoir choisi le sobriquet " le Corse ", pour un personnage petit et rageur qui prend plaisir à jouer les gros bras et se fait humilier par plus fort que lui ? On peut se poser la question lorsque l'on constate qu'il s'agit, dans La nausée, du seul sobriquet évoquant des origines. Peut-être faut-il passer sous silence ce personnage pour éviter de sortir de l'essentiel de l’œuvre et ouvrir un débat sur ce choix inspiré par un racisme anti-corse toujours alimenté par des caricatures tenaces. A chacun de se faire une idée, en relisant une œuvre majeure de Sartre où la seule caricature identitaire tombe encore sur un Corse.

    Nous n’allons pas tomber dans un discours victimaire mais l’anecdote est là. Une fois encore, elle témoigne de l’attention particulière portée aux Corses. Si un Corse est un petit personnage rageur, c’est parce qu’il est corse alors qu’un Périgourdin ou un Franc- comtois " petit et rageur " sera désigné uniquement comme étant " petit et rageur ".

    Plus récemment le « philosophaillon » BHL appelait au boycottage de la Corse : « Si la Corse c'est la Sicile, puissance dix, il faut donner un coup d'arrêt pour que cette minorité de l'île, ces gangsters qui font la loi et qui transforment les politiques en marionnettes, comprennent qu'on ne peut pas jouer sur les deux tableaux".  Des propos que l’on pourrait entendre dans un bistrot où, à l’heure de l’apéritif, les pochetrons refont le monde. Et par la suite  il en remettait une couche : « Ce qui me stupéfie, c’est que tout le monde a l’air de trouver la situation normale. Et, quand je dis tout le monde, je pense aux Corses eux-mêmes, qui sont les premières victimes de ce terrorisme, mais qui le vivent trop souvent comme une sorte de fatalité. De chose contre laquelle on ne pourrait rien, de fait, de nature. Mais je pense surtout aux autres Français, aux concitoyens des Corses et, en particulier, aux responsables de l’ordre républicain qui, eux aussi, ont l’air de trouver tout ça logique : une espèce de folklore local, presque de microclimat, au même titre que le soleil, les plages, les falaises et les paysages magnifiques. C’est révoltant. Cette accoutumance au pire est pire encore que le pire ». Heureusement, il n’y a aucun risque d’accoutumance des Corses à son discours simpliste et caricatural inspiré par de vieux poncifs. Nous serions heureux que BHL continue à aller passer ses vacances dans sa résidence des Alpes maritimes, département dans lequel il n’y a aucun problème de banditisme, c’est connu. Sur l’île, nous n’avons pas besoin d’un touriste comme lui et autres peoples qui, défenseurs de la nation française, se conduisent en néocoloniaux.  

    On peut être un grand ou un petit philosophe de comptoir et avoir ses préjugés "dans un monde où les choses, en perdant leurs fonctions, deviennent innommables et les hommes jouent les imbéciles ou les salauds. " Ce que nous pardonnons à Sartre, nous ne pouvons le pardonner à BHL, ce donneur de leçon qui se mêle de tout et n’explique rien. Il y a longtemps qu’il boycotte l’intelligence et que la politique en a fait une marionnette. Si BHL c’est Monsieur Loyal puissance dix,  il serait bon de donner un coup d’arrêt à cette minorité de pseudo-philosophes de cirque, ces plumitifs qui refont la loi dans le politiquement correct.

    Complicité, servilité, cet intellectuel de gouvernement est un chantre du néo-libéralisme  « dans une France qui s’achemine lentement vers un ordre ethnicisé, au sein duquel une majorité franchouillarde fonde son identité sur l’hostilité aux minorités.

    Signé: Pidone

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