• Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent...

    acierlorrain1ArcelorMittal détaillera le 22 avril son programme de recherche qui pourrait assurer un avenir aux hauts fourneaux du site de Florange, dont l’arrêt a été acté cette semaine, a déclaré samedi le PDG de la branche française du groupe sidérurgique. «Nous avons aujourd’hui un programme de recherche et développement, à hauteur de 13 millions d’euros, pour lequel nous sommes en train d’établir une feuille de route qui sera présentée le 22 avril au niveau du comité de suivi», a déclaré Hervé Bourrier sur France Info.  «La direction nous a annoncé qu’une enveloppe de 7 à 8 millions d’euros d’argent public devrait être débloquée, on devrait en savoir plus après la réunion de la commission de suivi le 22 avril», a expliqué pour sa part Jean Mangin, délégué CGT d’ArcelorMittal Florange.

    Le comité de suivi, composé notamment d’élus locaux et de représentants syndicaux, a été mis en place pour veiller au respect des engagements pris le 30 novembre par le groupe sidérurgique. Sa réunion du 22 avril doit avoir lieu à la sous-préfecture de Metz. Dans l’accord passé avec le gouvernement français, le numéro un mondial de l’acier confirmait la fermeture des hauts fourneaux de Florange, entraînant la disparition de 621 postes directs, et s’engageait à investir 180 millions d’euros sur cinq ans dans le site de Florange, dont 53 millions d’investissements stratégiques.

    Le 10 avril dernier, plus de 300 spectateurs ont assisté à l'avant-première du dernier documentaire réalisé sur le combat des salariés d'Arcelor Mittal, à Florange. Le film, signé par Anne Ginztburger pour France 5, retrace le parcours des métallos, de l'élection de François Hollande à la terrible nuit du 30 novembre 2012.

    Aujourd’hui 15 avril le dernier système de chauffe des hauts fourneaux va s’arrêter. Le documentaire « La promesse Florange » est programmé sur la Cinquième chaîne demain 16 avril à 20 H 40

    Soutien de la première heure des métallos, fils de sidérurgiste, ancien sidérurgiste lui-même, Bernard Lavilliers "mène la lutte depuis plus de 30 ans" pour la sauvegarde de l'acier. Touché par le film, il y voit surtout une note et un message d'espoir. Un message adressé aux ouvriers mosellans, mais aussi à ceux de toute la France. Persuadé, aussi, que "l'acier continuera de couler en Lorraine". "Que ce n'est qu'une question de choix". De choix politiques.

    La volonté politique, c’est aussi ce que réclament les ouvriers de PSA Aulnay qui se sont invités dans le Centre des congrès de la Cité des sciences, à la Villette, à Paris, où se tient le conseil national du PS. C’était Samedi dernier vers 11 heures et les chaînes de télévision ont montré les images, Les manifestants ont gagné la salle où venait juste de s'exprimer le Premier ministre, aux cris de "aucune usine ne doit fermer" ou "interdiction des licenciements". Ils ont ensuite déployé une banderole "non à la fermeture de PSA Aulnay". Après quelques instants de confusion, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a invité Jean-Pierre Mercier, délégué de la CGT à s’exprimer.

    Mais les syndicalistes voulaient d'abord interpeller le gouvernement. Ils contestent le plan de PSA qui prévoit la fermeture de l'usine d'Aulnay et sont « en grève depuis treize semaines » « Notre combat est juste parce qu'on défend notre peau, notre famille nos emplois », a commencé le leader CGT de l'usine Jean-Pierre Mercier avant d'avertir. "Si on est seuls devant les patrons, devant les employeurs, forcément au nombre qu'on est, c'est peut-être eux qui vont remporter la manche, mais on le paiera tous parce que c'est un boulevard qui est offert pour le Front national", a-t-il ajouté sous les applaudissements de la salle et sous le slogan "Le changement c'est maintenant" scandé par les autres salariés.  "Le gouvernement, le ministère du Travail doivent absolument prendre leurs responsabilités dans le dossier de PSA Aulnay", a estimé Jean-Pierre Mercier. "La solution, elle est d'intervenir politiquement, de mettre tout son poids dans le dossier PSA Aulnay pour que Peugeot entende raison parce que ce n'est pas à Peugeot de faire sa loi." Pour  défendre les emplois et la sidérurgie, les manifestants réclament la nomination d’un médiateur.

    Le 18 mars, quatre des six organisations syndicales de PSA (FO, CFTC, CGC et SIA) ont apporté leur soutien à un plan de restructuration et de réduction d'effectifs qui prévoit 8 000 suppressions de postes et la fermeture en 2014 de l'usine d'Aulnay. Avant l'entrée en vigueur du plan social, le dernier comité central d'entreprise est programmé le 19 avril. La veille, la justice aura dit si elle lève ou non la suspension imposée à la restructuration.

    L’irruption de syndicalistes n’a pas déplu à l'aile gauche du PS qui réclame un desserrement de la contrainte budgétaire et des signaux sociaux. Il n’en a pas été de même sans doute pour Jean-Marc Ayrault et Pierre Moscovici. Aucun des deux n’a souhaité répondre à Jean-Pierre Mercier qui n’est pas un électeur du PS puisqu’il est engagé au sein de l'organisation trotskiste Lutte ouvrière. Cela n’a pas échappé au Ministre de l’économie et des finances qui a qualifié l’intrusion de politique plutôt que syndicale. Curieuse distinction dans la bouche d’un socialiste. Qualifier une action syndicale de politique, c’est un argument utilisé habituellement par la Droite dont le ministre semble donc idéologiquement proche.

    Le mois d’avril est un temps fort pour les ouvriers de PSA d’Aulnay et d’Acelor Mittal à Floranges. C’est aussi un temps fort pour le président Hollande et son premier ministre Ayrault. Il leur faudra démontrer qu’ils n’ont pas oublié qu’ils ont été élus par la Gauche et au sein de la Gauche par le monde ouvrier. Toutefois, tout laisse à penser que les libéraux de la majorité présidentielle ont fait le choix de se couper de la Gauche. Sans doute chercheront-ils des alliés auprès du Modem et de l’UDI. Une trahison sans doute  étudiée. Un échec politique en marche. L’aile gauche du PS le sent bien. Elle a réservé un meilleur accueil aux ouvriers de PSA Aulnay qu’à Ayrault et Moscovici..

    « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », écrivit Victor Hugo. Les ouvriers de la sidérurgie et de l’industrie automobile n’oublieront pas les promesses non tenues et les reculs sociaux.  Ils savent qu’il existe encore une vraie gauche en France, c’est celle que l’on veut marginaliser parce qu’elle menace le système qui profite à une caste. C’est celle qui n’a pas peur du mot nationalisation et qui veut faire payer la spéculation.  Face à l’imposture et à la confiscation de tous les pouvoirs, la Gauche a le devoir d’être « extrêmement » à gauche plutôt que de se laisser imposer une politique de plus en plus droitière par des libéraux pour qui être de gauche n’est qu’une façon de mentir au peuple.

    Fucone

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