• Comme larrons en foire

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    Il était bien seul Jean-Pierre Mercier, délégué Cgt de Peugeot-Citroën, membre de Lutte ouvrière, lundi soir, 3 mars, sur France 2, lors de l’émission « Mots croisés ». En face de lui, il y avait un aéropage  de gens bien, bon chic, bon genre, composé de Yves Le Guen du Parti socialiste, Henri Guaino, député Ump, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, d’un journaliste du Figaro et de la jeune égérie du Front national Marion Maréchal-Le Pen, toute proprette, l’air innocent, bien lisse. A noter l’absence du Front de gauche ! On ne se livrera pas à une analyse détaillée de cette émission pas particulièrement exaltante. Toujours les mêmes poncifs, les mêmes discours sur la crise et la nécessité de faire des « réformes ». Le plus zélé dans cette affaire, ce fut, et de loin, Yves Le Guen, farouche partisan de la politique d’austérité de François Hollande et de son gouvernement et du génial pacte de responsabilité. Notre homme s’est distingué à plusieurs reprises en s’en prenant avec virulence à Jean-Pierre Mercier, coupable à ses yeux de contribuer à la casse des usines Peugeot-Citroën. On croit rêver. Il s’est félicité que le gouvernement ait pris une participation, à hauteur de 15% dans le capital du groupe automobile, moyennant un apport de 800 millions d’euros. Le délégué Cgt lui a rétorqué que cet argent, loin de résoudre le problème de l’emploi, risquait bien au contraire de l’aggraver, d’autant que la famille Peugeot, principal actionnaire profiterait de cette manne pour s’enrichir un peu plus et spéculer sur les marchés financiers. Monsieur Le Guen, encore lui, s’est dit favorable à des réformes en profondeur, même si ces réformes pourraient faire du mal à la grande majorité de la population. A propos de réforme, on pourrait répondre à ce monsieur que ce mot a une signification bien précise. D’après le Littré, réforme veut dire : « mesures améliorant l’existant ». C’est loin d’être le cas pour la politique menée depuis près de deux ans. Quant aux déclarations fracassantes de François Hollande au Bourget, lors de la campagne des présidentielles, notre social-libéral de service les a balayées d’un revers de main, sans vergogne, au nom du réalisme politique et économique, sous l’œil ravi des autres participants à l’émission, à l’exception de Jean-Pierre Mercier. Dernier mot sur Yves Le Guen. Il a ébauché les contours d’une éventuelle future majorité. On élague à gauche et on s’ouvre au centre et bien au-delà. N’ayons pas peur des mots, il s’agirait toute simplement d’une grande Koalition qui fait merveille en Allemagne, en Italie, en Grèce, par exemple. La boucle est bouclée. Les électeurs de gauche apprécieront.

    Que dire encore du spectacle offert sur les antennes de France 2 ? Il y avait deux mondes qui s’affrontaient sur le plateau. D’un côté Jean-Pierre Mercier, ouvrier gagnant 1.400 euros par mois, placé au cœur même de la crise et de la dure réalité de l’exploitation capitaliste et de l’autre des gens sûrs d’eux, peu bavards sur leurs revenus, arrogants, méprisants, appartenant à la casta pulitica dont le seul souci est de servir avec zèle les intérêts du Capital. A casa a casta.

    Jean Antoine Mariani

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