• Conférence de presse d'Inseme à manca

    S’unir, agir ensemble pour une autre politique

     

     

    Tel était le thème développé  lors de la conférence de presse organisée par  Inseme à manca, mardi 29 octobre 2018, au Locu teatrale, à Ajaccio. Il faut d’emblée souligner que les organisateurs ont eu la redoutable tâche et le courage de tenir cette conférence, malgré la tempête qui se déchaînait au même moment sur la cité impériale. Une tempête d’une rare violence qui a peut-être découragée plusieurs media. Toutefois, il faut saluer le courage de la journaliste de France bleu qui a tenu à être présente.

    Une quinzaine de membres d’Inseme à manca ont eux aussi bravé la tempête pour participer à la conférence de presse. Rappelons qu’Inseme à manca est issu de la fusion de Manca alternativa et de la Corse insoumise qui avait soutenu la liste l’Avvene, a Corsica in cumune, lors des territoriales de décembre 2017, malgré l’opposition et les attaques injustifiées de Jean-Luc Mélenchon. Comme il est bon de rappeler – ce qu’ont fait les participants à la conférence – que Manca alternativa et la Corse insoumise s’étaient particulièrement investis dans la campagne de la présidentielle pour soutenir sans compter la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Comme disait un ami provençal « Fai de ben a Bertrand te le rende en caguant ».

    La conférence de presse a débuté par une intervention de Jacques Casamarta qui a évoqué la toute récente élection du sieur Bolsonaro, au poste de président du Brésil, homme d’extrême-droite, laudateur de la dictature militaire des années 1964-1985, raciste, homophobe, sexiste, homme de la grande bourgeoisie brésilienne et des multinationales nord-américaines, farouche partisan de Donald Trump. Tout un programme. Le fascisme s’abat sur le Brésil. C’est une menace pour toute l’Amérique latine. Ce qui est en train de se passer en Europe n’est guère plus reluisant, au regard de la situation dans des pays comme l’Italie, la Pologne, la Hongrie. La France n’est pas à l’abri. Alors attenzione.

    C’est Dylan Champeau, jeune militant d’Inseme à manca, qui a présenté l’introduction de la conférence.

    Que peut-on en retenir ?

     

    Dylan Champeau a évoqué en ces termes la situation actuelle du pays : « Emmanuel Macron, homme lige des marchés financiers et de la Troïka(FMI, Banque européenne, commission européenne), accessoirement président de la République française, a enfin tranché pour la composition du nouveau gouvernement. A la télévision, il en a profité pour se livrer à un exercice d’autocritique. Il a même poussé la chansonnette, en s’excusant auprès des Français, pour avoir tenu, parfois, des propos méprisants, blessants à l’égard du menu peuple, des retraités, des jeunes, des chômeurs. Mais en aucun moment notre Jupiter national n’a parlé d’infléchir sa politique sociale et économique qui fait tant de mal à la grande majorité de la population du pays. Les exemples sont nombreux : casse du code du travail, attaques contre les acquis sociaux, augmentation de la Csg, en particulier pour les retraités, augmentation du prix de l’essence, des tarifs du gaz, etc. Dans le même temps, on accorde de nouveaux avantages aux plus riches. Dans le même temps le chômage continue d’augmenter et le pouvoir d’achat du plus grand nombre stagne, mieux diminue. »

    La contre-réforme est en marche

    Et d’ajouter : «  On ne pourra pas dire que notre président a failli à ses engagements électoraux. Mieux, il mène toute une série de contre-réformes à un rythme jamais égalé sous la Ve République. Le meilleur de ces contre-réformes reste à venir : allocations chômages, retraites, Sécurité sociale et accélération des privatisations de tous nos biens communs : aéroports, barrages hydrauliques, gares Sncf, etc. On peut en mesurer les conséquences pour la Corse, région  déjà largement sinistrée socialement et économiquement ».

    La Corse championne de la pauvreté

    Dylan Champeau a ensuite montré que la Corse est championne de la pauvreté: " La Corse a le triste privilège d’être la région la plus pauvre de France, avec un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes, avec des services publics souvent insuffisants et malmenés, notamment dans le domaine de la santé, avec des logements sociaux en deçà d’une forte demande, alors que la spéculation foncière et immobilière va bon train. On préfère investir dans le domaine de l’immobilier, si possible haut de gamme, ou dans des structures pharaoniques, genre hypermarchés à la périphérie d’Ajaccio, par exemple, dont l’utilité reste à démontrer, alors que les investissements productifs laissent à désirer. Il y a plus d’hypermarchés en Corse du Sud que dans la région marseillaise, avec une population dix fois moindre ! Au passage on peut s’interroger sur l’origine des capitaux investis. La question mérite d’être posée. »

    Et de poser la question : «  Alors que faire ? Doit-on seulement aboyer quand la caravane de la contre-réforme passe ? Ou encore se résigner et courber l’échine, comme le font, hélas des millions de Français depuis trop longtemps ? »

    Une seule alternative pour les forces de transformations sociales : s’unir

    Donc pour Inseme à manca : «  Il n’y pas d’autres alternatives pour les forces de transformation sociale que de s’unir - y compris au plan européen - et de mettre fin à des querelles partisanes et aux ego des uns et des autres. Sinon les conditions pour une situation à l’italienne risquent d’être remplies très rapidement. Avec pour conséquences, entres autres, la disparition de la vraie gauche et la montée des forces de la droite dure et de l’extrême droite. La bête immonde comme disait Bertolt Brecht n’est pas morte. N’ayons pas la mémoire courte.« S’unir donc », mais pas à n’importe quel prix, insiste Dylan Champeau, « S’unir sur la base de propositions crédibles, anticapitalistes, claires sur tous les problèmes, y compris sur les questions des migrants et du devenir de la Corse. S’unir pour reconquérir les couches sociales qui ont massivement déserté le camp du progrès social et de la démocratie, en se réfugiant par exemple dans l’abstention ou se jetant dans les bras du parti de la haine et de la peur, ou encore pour ce qui concerne notre île croire que la lutte sur des valeurs strictement identitaires apportera quelque salut à l’ensemble de la population.

    Des propositions concrètes, alternatives pour sortir la Corse de son sous-développement chronique

    Et Dylan Champeau de poursuivre : " Pour sa part  Inseme à manca, apportera toute sa contribution, afin de créer les conditions d’une refondation de la gauche, de la recrédibiliser auprès de milliers de salariés, de retraités, de jeunes, de chômeurs qui s’en sont détournés à cause de pratiques politiques menées par des gens qui se prétendaient de gauche et dont on en mesure aujourd’hui les effets négatifs. Inseme à manca apportera son soutien aux luttes sociales qui ne manqueront pas de se développer dans les prochaines semaines pour s’opposer à toutes les mesures antisociales qui continuent à s’abattre sur la grande majorité de nos concitoyens. Elle mettra en débat public ses propositions pour une autre Corse, plus sociale, plus démocratique, dans les domaines sensibles comme par  exemple la création d’emplois utiles, la sauvegarde et l’amélioration des services publics, la revalorisation de l’agriculture corse – comment est-il acceptable d’importer massivement des tomates ? – l’exploitation maîtrisée de la forêt insulaire, avec la création d’emplois – une forêt entretenue coûte moins cher à la collectivité qu’une forêt laissée à l’abandon – une véritable politique du traitement des déchets, les logements sociaux, la promotion di a lingua nustrale, la lutte contre la spéculation foncière et immobilière et l’économie de la rente, la protection de l’environnement et la stricte application de la loi sur le littoral, trop souvent bafouée. La liste n’est pas exhaustive. »

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