• PHOTOS recup.1 020

    Les Corses partagent, avec d’autres minorités, l’insularité et, en premier lieu, avec sa voisine la Sardaigne. L’idée de défendre une politique des îles a donc germé dans les esprits et fait son chemin.

    Séparées par les fameuses Bouches de Bonifacio, la Corse et la Sardaigne comptent parmi les cinq plus grandes îles de la Méditerranée.

    Le 26 décembre dernier, l’Assemblée de Corse a voté à l’unanimité un premier accord cadre de coopération entre la Collectivité territoriale de Corse et la Région autonome de Sardaigne. L'accord s’inscrit dans la stratégie européenne et internationale définie en 2010 et marque la volonté politique d’un rapprochement durable. Cette avancée pourrait inspirer d’autres partenariats insulaires. Les deux exécutifs, sarde et corse, se réuniront tous les ans pour définir leurs objectifs, retenir des thématiques et fixer les moyens pour mener à terme des projets communs, déjà évoqués dans divers domaines comme l’environnement, les transports ( liaisons entre les deux îles  et avec le continent), la gestion de l’eau, les échanges universitaires et scolaires, la recherche et le développement, la préservation des langues, le développement de l’artisanat d’art ou le recyclage mutualisé des déchets.

    La Sardaigne est très proche de la Corse. Ses côtes sont  visibles de Bonifacio. Il existe déjà des liens culturels et des échanges commerciaux entre les deux îles depuis les Phéniciens qui y avaient installé des comptoirs, en passant par les Grecs de Phocée et les romains qui avaient fait des deux îles une même province sénatoriale. Nos dragulini (marchands ambulabnts) allaient jadis vendre leurs produits chez nos voisins sardes et réciproquement. Des Sardes sont venus travailler et s'installer en Corse. La proximité linguistique est désormais le fruit d’échanges littéraires, culturels et universitaires entre Corse et Gallura sans aucune connotation de type hégémonique ou politique d’un bord ou de l’autre. Aujourd’hui il suffit aussi de citer  le Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) des Bouches de Bonifacio en exemple de coopération avec la création du Parc Marin International des Bouches de Bonifacio officialisé le 7 décembre dernier.

    Le Programme Italie/France ‘Maritime’ 2007-2013 est un programme de coopération territoriale visant à améliorer la coopération entre les zones frontalières- comprises au sein de l’espace maritime et côtier de l’arc nord tyrrhénien- dans les domaines de l’accessibilité, de l’innovation, de la valorisation des ressources naturelles et culturelles afin d’assurer la cohésion des territoires et de favoriser l’emploi et le développement durable. Ce programme est financé par le Fonds Européen de Développement Régional pour la période de programmation 2007-2013 et est doté d’un budget de plus 160 M€ (dont 120 M€ de FEDER).

    Par une politique insulaire, il s’agit d’obtenir un sous-programme « insularité » au sein du programme Opérationnel Italie/France Maritime, explique Mme Emmanuelle De gentili, conseillère exécutive à l’Assemblée de Corse et adjointe du maire de Bastia, qui prévoit même d’aller au-delà, grâce à un volet transnational, pour construire un projet avec les Baléares. Allons-nous assister à la mise en place d’un archipel politique méditerranéen ?...

    Pidone.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • père_Noël_modifié-1U babbu di Natale, quale hè? Veni qui chi t’aghju da cuntà qualcosa! Dicenu chi...

    Le père Noël serait un descendant de Saint Nicolas ou Saint Nicolas lui-même. La dépouille du saint des enfants a été volée au VIème siècle par des marchands italiens puis rapportée à Bari en Italie. Depuis, l’âme de Saint Nicolas prodigue ses bienfaits miraculeux jusqu’en Corse. Son nom était Nicolas de Myre et une erreur d’écriture pourrait être à l’origine de l’absence du " t " de myrte, fruit très répandu en Corse. Saint Nicolas de Myrte donc serait né, nous dit-on, vers 270 dans la ville de Patara au sud ouest de l’actuelle Turquie prés d’Antalya. Faux ! Le scribe ayant enregistré le nom de la ville a été soigné pour dyslexie et légère surdité. Patara serait une déformation du Reparata de Santa Reparata, village dans la région de Balagne en Corse. Antalya est la déformation de " anticaglia" signifiant bric-à-brac et décrivant le lieu de naissance qui explique la vocation de celui qui sera le Père Noël distribuant les cadeaux sortie de son « anticaglia ».

    Le père Noël, si l’on croit les historiens chargés de sa biographie, est la réapparition de Saint Nicolas aux Etats Unis qui en ont fait un produit de marketing en le déguisant en lutin nordique. Il faut le révéler aujourd’hui, Saint Nicolas aurait donc cédé au rêve américain et signé un contrat commercial sous un nom d’artiste. Force est de constater que San Niculau (traduisez Saint Nicolas) est un saint très populaire en Corse où l’on dénombre de nombreuses paroisses et sanctuaires dont il est le patron. On n’en compterait pas moins de 33… Si vous dites 33 dans un de ces lieux sacrés, Saint Nicolas vous guérit car il a réalisé plusieurs miracles, comme celui d'avoir ressuscité trois enfants. Une chanson populaire raconte l'histoire de trois petits enfants partis glaner dans les champs... A la nuit tombée, perdus, ils frappent à la porte d'un boucher. A peine entrés, il les tue, les découpe et les met au saloir... Sept ans plus tard, saint Nicolas passant par là, leur redonne la vie... Saint Nicolas devient alors le protecteur des enfants. Il est devenu le Saint patron des jeunes hommes non mariés. Saint Nicolas est aux garçons ce que Saint Catherine est aux jeunes filles. C'est aussi le patron des navigateurs : il a contribué à sauver des équipages de la tempête. La Corse est une île de navigateurs. La plus grande place de Bastia est la place Saint Nicolas.

    ane-t2906_modifié-1De source sûre, Saint Nicolas voyageait sur un âne. Et si cet âne était Manfarinu ? … L’âne corse de Noël dont l’histoire est racontée dans un ouvrage d’Angèle Paoli aux Edtions Fior di Carta. Il s’agit d’un conte corse de l’Avent, période liturgique qui englobe les quatre dimanches qui précèdent Noël. Traditionnellement, les chrétiens allument une bougie le premier dimanche, puis une de plus chaque dimanche suivant, symboles de la lumière qui va renaître le soir de Noël. De cette période est née la tradition du calendrier de l'Avent : cela consiste, dans une grande planche en carton prédécoupée, à ouvrir des petites fenêtres, une par jour depuis le 1er décembre jusqu'à Noël (24 jours). Chaque fenêtre contient une phrase de l'Évangile (version chrétienne), ou une petite confiserie (version païenne). Extrait de l’ouvrage : " Bien des années plus tard, le soir de la veillée de Noël, au coin du fucone, la zia raconte à ses petits-fils l’histoire de Manfarinu et de sa descendance. Elle raconte à ses petits-fils l’histoire de ce pelage gris des ânes corses marqués une fois pour toutes, une nuit de Noël, par une croix noire et soyeuse tombée du ciel et des étoiles. Il était une fois, dans une île de Méditerranée, un âne gris. Un âne gris qui avait porté Saveria. Saveria et l’enfant gîtant dans son sein. L’âne de Santu et de Saveria. Manfarinu. L’âne de Noël. "

    De nombreux indices laissent donc penser que le visiteur de la première heure du 25 décembre pourrait être d’origine corse. Nous savons qu’en Italie, on cite le passage de la Befana dans la même période. L’hypothèse d’une procréation, malgré le grand âge de ce patriarche, n’est donc pas à exclure. La proximité de la Corse avec l’Italie et l’omniprésence de Saint Nicolas sur l’île sont des points qui soulèvent l’interrogation. Le père Noël aurait-il eu une liaison amoureuse avec la Befana? Tout est possible un soir de Noël. L’affaire mérite des vérifications scientifiques, une comparaison d’ADN notamment. Une analyse déjà réalisée sur le bois du traîneau a révélé qu’il s’agissait de châtaignier corse…

    Un appel est fait à tous les foyers ! Tous les cadeaux apportés par le Père Noël ne doivent pas être manipulés mais remis sous vide à la Police et à la gendarmerie pour procéder à des relevés biologiques. Il s’agit de déterminer le profil génétique du père Noël et son groupe sanguin. Il ne serait pas surprenant d’y trouver le chromosome Corse et le groupe sanguin 2A ou 2B. La découverte serait alors historique car elle mettrait en évidence la supercherie de la maison Coca Cola qui en 1931 a caricaturé le père Noël dans la tenue que, depuis lors, des usurpateurs arborent devant les magasins. Lorsque l’on sait que le Coca-Cola a été créé à partir d’une boisson corse, le vin Mariani, le faisceau des présomptions se resserre. Les Ricains de Coca Cola auraient spolié la Corse en rebaptisant le vin Mariani "Coca-cola " et Saint Nicolas  en " Père Noël ". Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si dans Coca Cola il y a le cola de Nicolas.

    Les mots caracolent et disent les choses et leur rencontre n’est pas le fruit du hasard. On ne peut aussi ignorer que c’est le chanteur mythique corse Tino Rossi qui chante ad vitam aeternam l’incontournable chanson " La belle nuit de Noël ". Enfin, on prétend que le Père Noël résiderait à Rovaniemi (ou Rovanemi) en Finlande. Cette information est une déformation de Rovani sachant que le domaine de Rovani, est sur la commune de Coggia (près de Vico). Des investigations ont été menées sur place où l’omerta a été respectée par tous puisque nous n’avons obtenu aucune réponse aux questions que nous n’avons pas posées.

    On peut estimer plausible la naissance de Saint Nicolas en Corse.  Une enquête à rebondissements qui, faut-il encore le démontrer, fait de la Corse une île mystérieuse et méconnue. Cela explique que les mythes peuvent y devenir des réalités pour ceux qui n’aspirent qu’à les croire…


    Quelques données historiques et culturelles…

    Avant la guerre 1914 - 1918, les enfants corses allaient se coucher sans avoir rangé leurs chaussures en prévision de la visite nocturne du Père Noël. Ni leurs parents ni la maîtresse d’école ne leur parlait du Père Noël. Cette coutume est venue du Continent dans les années 1920, pour s’ancrer dans les années 1930 dans une Corse agro-pastorale avec ses croyances cosmiques. Vers 1930, le père Noël est apparu en Corse après les Etats-Unis, dans les pays anglo-saxons et le Continent.

    En Corse, le jour de Noël est lié à des croyances agro-pastorales plus anciennes. C’est le seul jour où l’on ne tient pas compte de la lune pour semer, planter, couper ou tailler. On peut évoquer quelques dictons  : "Prima di Natale ni freddu, nè fame " ( Avant Noël ni froid, ni faim), " Da Natale in dà, freddu ( ou fretu è fame) in quantità ( Au delà de Noël, froid (et faim) en quantité ), " Un c’è Natale senza gercale " ( Il n’y a pas de Noël sans grecale, qui est un vent froid sec et vif)… Et puis il y a une coutume qui malheureusement se perd : u piattu di u puverattu (L’assiette du pauvre ). Le jour de Noël, on met une assiette de plus au cas où un pauvre hère frappe à la porte.

    Autrefois - et encore de nos jours dans quelques villages - dès le matin du 24 décembre, les enfants se mettaient à prépare le "Rocchiu". Jean-Claude Rogliano dans Mal'Conccilio décrit le Rocchiu : "  Selon la tradition, ce bûcher de la nuit de Noël doit être dressé avec du bois provenant uniquement des jardins ou de champs. Aussi, tous les enclos recevaient-ils la visite de bandes de gamins en quête de souches, de piquets, d'échalas ou de débris de clôtures. Ils les réunissaient en d'énormes fagots qu'ils charriaient à la traîne dans les ruelles, jusqu'à la place de l'église, avertissant les gens de leur passage en criant : "Au Rocchiu !". Et tout le villaage, en chœur, reprenait le même cri. "

    Avez-vous déjà entendu parler des signadore ou signadora ? Ces personnes pourchassent les esprits malfaisants et guérissent parfois les hommes et les bêtes en égrenant leur prière magique. "L’incantesimu" est une séance de purification de l'âme. Un rite qui doit être précédé, pour celui ou celle qui veut le pratiquer, d'une incantation apprise exclusivement la nuit de Noël. Si on transmet cette incantation en dehors de Noël, le pouvoir est perdu. Ce sont les grands-parents qui apprennent ces prières à leurs petits-enfants.

    Le repas de Noël : dans la tradition le repas de Noël, comme celui de Pâques, comprend du cabri ou de l'agneau, rôti ou en sauce (ou les deux), que l'on mange avec des lasagnes ou de la pulenta. Les lasagnes se retrouvent également au menu de l'Epiphanie et du Carnaval. Avec les œufs de mulet, cuits au soleil, la Corse a son caviar, mais prisuttu et coppa forment également une ouverture idéale pour un repas de fête. Une brouillade d'œufs aux oursins à l'huile d'olive, puis du cabri au four ou a l'istrettu par la réduction d'une sauce au vin rouge sont un repas de Noël traditionnel.

    Si vous voulez un peu mieux connaître les Noëls corses, il existe des ouvrages dans les bonnes librairies. Vous pouvez aussi prendre un bateau de la SNCM… car un dicton corse dit : « Cambia di celu, cambierai di stella. » (Change de ciel, tu changeras d’étoile).

    Vérité biblique?

    L’étoile du berger vous la verrez en Corse car le berger aussi est corse… Nous avons aussi des ânes et des bœufs. Les « Marie » sont légions. Quant à Jésus, son nom est au pluriel car l’employé municipal qui a enregistré la naissance a cru qu’ils étaient des jumeaux. Enlever le s, et vous obtenez « Jesu » qui se prononce « Jésou », ce « u » hué est la marque de nombreux prénoms corses. Il y existe aussi des familles Cristi et Cristiani, qui descendraient du Christ. Il ne nous reste plus qu’à établir que l’arche de Noé s’est seulement arrêté sur l’Ararat avant de repartir pour échouer en Corse sur le Monte Cintu. Nous remonterons la généalogie de nos ânes, en Corse « sumere » jusqu’à la civilisation sumérienne pour démontrer l’importance biblique de la Corse et sa civilisation antérieure aux Romains et aux Grecs.. D’ailleurs la Bible a été écrite d’abord en lingua nustrale et traduite ensuite en français. Un éditeur corse en a fait une édition bilingue à partir du texte original datant du 16ème siècle avant Pascal Paoli…

    Si vous ne nous croyez pas en ce 24 décembre 2012,  le Père Noël ne s’arrêtera pas chez vous. Comme vous le savez les Corses sont susceptibles et n’admettent pas qu’on doute de leurs origines.  Comme tout Corse qui se respecte, le père Noël est fier de l’être.

    Felice Natale et bon capu d’Annu !

    U bugiardone

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La guerre des procédures judiciaires est déclarée par l’Etat contre les paillotes installées sur le domaine maritime. Cinq paillotes sur la commune de Coti-Chiavari sont déjà concernées et contraintes à démolir les constructions implantées sur le domaine maritime avant le 15 janvier 2013.

    Sur les cinq paillotes, seul le propriétaire de la paillote construite sur la plage de la Veghja s’est dit prêt à démonter si la loi est appliquée à toutes les paillotes de Corse et à toutes les résidences secondaires construites sur le domaine maritime. Les autres restaurateurs de plage ont décidé de se défendre sur le terrain juridique et leur avocat a fait savoir que certaines constructions étaient sur des terrains privés, ce qui pose des problèmes de droit à la propriété. Il reste à savoir si le droit de propriété permet une construction illégale puisque implantée sur le domaine public. On comprend dès lors la remise en cause de la loi sur le littoral et l’enjeu d’un nouveau PADDUC.

    La Loi Littoral est une loi française qui vise à encadrer l'aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière et à permettre le libre accès au public sur les sentiers littoraux. Cette loi a été votée à l'unanimité par le Parlement français en 1986 et est entrée en vigueur le 3 janvier 1986, date de sa parution au Journal Officiel. La loi comporte un ensemble de mesures relatives à la protection et à l'aménagement du littoral et des plans d'eau intérieurs les plus importants. Elle est codifiée dans les articles L.146-1 à L.146-9 du Code de l'urbanisme. En 2005, le Ministre de l'Équipement a fait voter une loi qui revient en partie sur le dispositif mis en place

    La loi interdit en théorie toute construction et installation nouvelle à moins de 100 mètres du rivage en dehors des zones urbanisées. La « loi littoral » fait obligation aux acteurs publics de l’urbanisme de protéger les espaces naturels remarquables. En pratique, la loi contraint les communes à déclarer l’inconstructibilité de ces espaces : une commune qui ne respecterait pas cet objectif est « susceptible » de voir son plan local d'urbanisme annulé. Cette loi a ralenti la bétonisation du littoral corse mais ne l’a pas stoppée. On peut imaginer les conséquences d’un assouplissement voire d’une suppression de cette loi.

    Vous pouvez suivre l’actualité de la défense de l’environnement corse sur le site de l’association U Levante en cliquant ICI.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Au « Casino Géant » de Mezzavia (commune d'Ajaccio) le personnel a eu un « cadeau » de Noël, d'un genre particulier. En effet, au C.E « informel » (dixit un représentant du personnel) qui s'est tenu début décembre, est arrivé de manière incidente la question de la prime d'intéressement qui équivaudrait à un treizième mois (mais correspond en fait aux astreintes et contraintes acceptées et permettant l'optimisation des profits de l'employeur). A cette question, un acompte ayant été versé en Juillet pour 190 €, il fut répondu : « trop perçu » et « c'est la catastrophe ! », mais pour qui la catastrophe ? Donc, on s’en tient à une prime de « 190€ pour décembre ». Ce qui fait un total de 380 euros pour 2012. E Basta. En 2011, la prime s’élevait entre 1.100 et 1.400 euros ! Une sacrée différence, soit dit en passant. En ces temps d'incertitudes et de pression accrue sur les travailleurs ce qui dans l'esprit de l'employeur aurait pu passer sans douleur, a été reçu comme une gifle et vécu comme une pratique inacceptable, entraînant un blocage du magasin, une occupation digne des « indignés » des aéroports d’Ajaccio et de Bastia, avec tentes, banderoles, pétitions et de nombreuses marques de soutien.

    Ce mardi 18 décembre à midi, dans une certaine confusion liée à une crainte de la volonté de la part de la direction de laisser pourrir et « enliser » le conflit, un médiateur  était attendu et espéré (Préfecture ?).

    Nous assurons les grévistes de notre solidarité et saluons leur courage et leur détermination en ces temps difficiles et à proximité des fêtes quand les finances sont très sollicitées.

    Affaire à suivre.

    A. Nerbatu

     

    photocasino
    Google Bookmarks

    1 commentaire
  • A la question de la littérature corse, le prix Goncourt 2012 répondait en 2009 lors d’un entretien sur le site « L’or des livres » : La question serait plus facile s’il était possible de savoir avec précision ce que signifie littérature « corse ». Il est d’ailleurs tout aussi délicat de savoir de quoi on parle quand on se réfère à la littérature « française ». S’il s’agissait d’une simple question de localisation, il n’y aurait pas de problèmes mais ce n’est bien sûr pas le cas. L’adjectif « corse » a généralement, en Corse comme sur le Continent, des connotations qui me déplaisent et qui, bien que sans rapport avec un projet littéraire, peuvent lui nuire énormément en le faisant disparaître sous des controverses idéologiques sans intérêt. Il m’est arrivé de souhaiter être Albanais ou Bouriate. D’un autre côté, je ne peux pas faire comme si la Corse n’était pas un élément constitutif de mes romans. Mais je refuse l’alternative qui consisterait soit à ne plus se référer à la Corse, soit à vouloir faire de la littérature régionale. L’idée même de littérature régionale me paraît grotesque. Tout roman naît dans une région particulière, il le faut bien, mais son monde est, en droit, celui de la littérature tout court, sans adjectif. C’est là, et là seulement, qu’il doit être jugé. Je souscris totalement aux analyses de Milan Kundera sur ce point. J’ai traduit la plupart des œuvres de Marco Biancarelli non parce qu’il est corse mais parce que la brutalité et la puissance de son style me paraissent uniques. Voici donc mon désir: que les romans soient lus pour ce qu’ils sont. Si tel était le cas, je suis certain que la littérature prendrait naturellement en compte certains écrivains corses et j’en serais ravi. Mais je crains de ne pas être exaucé avant longtemps ». Donc il faut prendre son roman « Le sermon sur la chute de Rome » pour ce qu’il est et non pas pour une littérature corse sur la réalité corse.

    FR3 Corse a diffusé un court-métrage écrit par l’auteur et réalisé par Frédéric Farrucci. « Suis-je le gardien de mon frère ?» (Programmé le 29 novembre 2012 à 0H30 par FR3 Corse). Le synopsis présente le film ainsi: Antoine tient le bar du village. Joseph, assez fruste, vit de l’élevage. L’hiver, ils chassent le sanglier et trinquent le soir avec leurs compagnons. L’été, le village se remplit. Le bar d’Antoine se transforme en endroit à la mode, fréquenté par la jeunesse. Jean-Baptiste, un jeune coq originaire du village, cherche à se mesurer à Antoine et pour le provoquer, s’en prend au naïf Joseph qui devient un sujet de moquerie. Les limites sont franchies, la tragédie se noue et éclate au petit matin…

    Jérôme Ferrari plante son récit "Le sermon sur la chute de Rome" dans le même décor des montagnes corses. Dans un village corse le vieux Marcel Antonetti, est rentré au village ruminer ses échecs. Son petit-fils Matthieu laisse au placard ses études de philo pour s’associer à son ami d’enfance Libero, lui-même étudiant en philosophie, pour reprendre le bar du village pour en faire le "meilleur des mondes possibles". Leur gérance relance l’affaire mais vire ensuite au cauchemar. Ils ne peuvent échapper à la fatalité qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient. On retrouve le scénario du court-métrage comme élément tragique de la fin du monde créé par les deux héros.

    Inutile de dire que la récompense littéraire donnée à Jérôme Ferrari a réjoui les lecteurs corses (parfois peut-être un peu de façon excessive jusqu’à l’agacement). Son roman est bien écrit et l’exercice de style qui consiste à faire de très longues phrases est donc réussi pour les fans de Proust, Faulkner et autres écrivains aimant les longues périodes. Toutefois des lecteurs préfèrent l’usage de la ponctuation et de courtes phrases incisives, étant précisé qu’il s’agit finalement là de la musique des mots qui accompagne le langage. C’est la ponctuation qui donne le rythme à la phrase et évite le piège de la litanie ennuyeuse. On doit reconnaître que le contenu du roman de Jérôme Ferrari évite le piège de la litanie. Cependant l’intrique romanesque est-elle crédible ? Trouve-t-on en Corse un diplômé en philosophie ayant quitté son cursus universitaire pour reprendre un bar de village pour en faire le coin branché des montagnes corses ? Nous n’en connaissons pas. Et c’est là qu’il nous faut nous éloigner des louanges pour parler du fond corse de ce roman…

    Le prix Goncourt permet de vendre des milliers d’exemplaires. Les lauréats sont d’ailleurs le plus souvent sortis des écuries Gallimard ou Grasset.  Si un lecteur corse peut admettre qu’un bar de village soit le théâtre d’un drame et ne voir là qu’un fait divers qui aurait pu se passer ailleurs,  il n’en est pas de même chez les « pinzutti ». Il suffit de se rappeler les derniers propos du roquet de l’Express, le bien nommé Barbier qui a remis sur le tapis le gène corse de la violence. Comme cela a été le cas avec des grands classiques de la littérature française, le lectorat continental risque de ne retenir que les aspects largement négatifs dont cette violence dite culturelle illustrée par la série actuelle de règlement de comptes dont le nombre enfle régulièrement. Dans le roman, la société villageoise corse est  organisée autour d’un bar, théâtre de toutes ses turpitudes, la jeunesse corse instruite ou non  se saoule et rêve d’argent facile en faisant la bringue, la famille corse est un nœud de relations complexes… Le lecteur n’y voit qu’une Corse noire et le côté glauque des âmes. Le racisme anti-corse peut y faire son marché. Ce roman met en scène les archétypes d’une pièce de théâtre pour faire une démonstration philosophique. Il s’agit d’un roman avec une vision métaphysique du monde sans véritable réalisme. Jérôme Ferrari a voulu illustrer une vision universelle des mondes en partant du sermon de Saint Augustin. Il ne faudrait pas que, lorsqu’il s’agit de la Corse, sa visée philosophique des mondes se trompe de cible et entre dans les amalgames médiatiques entretenus notamment sur le caractère violent ou paresseux des insulaires. L’épisode du roman qui a fait l’objet d’un court-métrage met en scène cette violence et, malheureusement, comme les faits divers, pourrait alimenter les poncifs sur un prétendu atavisme corse. En outre, le berger y apparaît comme un homme fruste et frustré qui peut commettre les pires atrocités par vengeance et fierté. Nous connaissons des bergers et des bergères corses plus proches de la philosophie que les Mathieu et Libero du roman.

    Nous ne tomberons donc pas dans le tsunami des louanges inconditionnelles qui font parfois de Jérôme Ferrari le parangon de la littérature corse et son partisan  qu’il n’est pas. Il s’en défend lui-même. Le sermon sur la chute de Rome est un bon roman à lire mais il aurait pu être situé ailleurs. Dans le contexte corse actuel, il aurait même mieux valu qu’il le soit. Cela dit, nous nous réjouissons lorsque des auteurs corses obtiennent des prix en espérant que celui dont on parle ne concourt pas à l’imaginaire collectif entretenu sur les Corses par des journalistes et d’autres écrivains.

    Revenons au fil d’Ariane de ce roman philosophique. Lorsqu’on lui demande ce qu’est un monde pour lui, Jérôme Ferrari répond : Quelle est votre définition de la notion de monde ?”,  il répond: “Chez moi, elle est totalement métaphysique. C’est ma manière ­d’intégrer de la philosophie dans mes fictions sans faire de la philosophie… Ce que je tente dans le Sermon, c’est de donner une réponse de roman à la question : « Qu’est-ce qu’un monde ? J’essaie de la laisser percevoir à plusieurs niveaux, en reprenant Leibniz : dans chaque monde, il y a une infinité d’éléments. Et, dans chacun de ces éléments, il y a une infinité de mondes. Un monde, ce peut être Rome et son empire, un bar de village avec douze personnes ou le corps du grand-père hypocondriaque… Comment naît-il, croît-il, meurt-il ? J’ai vraiment pris au sérieux la phrase de Saint Augustin. Le roman est construit ainsi : il y a la naissance d’un monde, l’acmé et la chute, pour chaque personnage, et à plusieurs niveaux. J’ai fait en sorte que l’histoire évolue autour de ressorts qui ne sont absolument pas psychologiques. Le roman fonctionne selon une cohérence mécanique, une logique de cycles. C’est une mécanique aveugle, qui broie...

    Quelle réflexion, ces propos induisent-ils dans notre vraie vie ? Sortons du roman et, puisqu’il s’agit de pensée universelle, parlons de mondialisation avant de revenir à la Corse. Nous assistons à ce qui devrait être la chute du monde capitaliste, un monde qui ne veut pas mourir même s’il lui faut mettre dans la misère des milliards d’humains. Ce monde n’est pas broyé mais broie. Nous avons retenu un extrait du sermon de St augustin : « Le monde s'en va, le monde est vieux, le monde succombe, le monde est déjà haletant de vétusté, mais ne crains rien, ta jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle ». En Corse, le vieux monde succombera-t-il à la mondialisation et au consumérisme? Tournons notre regard vers le ciel corse pour y chercher des aigles. L’effectif de la population corse des gypaètes barbus serait de 25 à 30 individus répartis sur une dizaine de territoires. Nous avons consulté un site qui leur est dédié. Le taux de ponte et la productivité (nombre de jeunes à l’envol/couple contrôlé/an) ont diminué significativement durant la période 1981-2008. Toutefois une stabilisation de ces paramètres de la reproduction, mais à une valeur très faible, est notée depuis 1988. De jeunes gypaètes ont pris leur envol en Corse. Quistannu chì vene seranu di più… mais l’aigle n’engendre pas la colombe. Toutefois, pour citer Victor Hugo, « On pourrait reconnaître aisément cette vérité à peine entrevue par le penseur, que, depuis l'huître jusqu' à l'aigle, depuis le porc jusqu'au tigre, tous les animaux sont dans l'homme et que chacun d'eux est dans un homme. » Monsieur Marc Picq, anthropologue distingué,  ne démentira le poète puisqu’il préconise une économie darwinienne et anthropologique inspirée par ses travaux sur les singes. En Corse quel animal pourrait nous montrer la sagesse ? L’âne ? Le cochon ? La chèvre ? L’aigle têtu ? Le mouflon hautain? Muvrone altagnu contr’a altagna muvrognu ?...

    S’agissant d’économie, nous ne nous lancerons pas dans un sermon sur la chute des activités pastorales de la Corse. Toutefois, dans un monde ultralibéral et individualiste,  la vie nous apprend qu’il vaut mieux faire l’aigle que la chèvre.  D’aucuns l’ont compris de père en fils. Si nous n’y prenons garde, bientôt il n’y aura en Corse plus que des aigles et des moutons avant que des charognards viennent en bandes finir les restes du monde corse.

    Un autre auteur corse ne voit pas le qualificatif « corse » comme incompatible avec le concept « littérature » et s’est projeté en 2050 dans son dernier opus. Il a imaginé qu’il n’y aurait plus qu’un seul Corse sur l’île, le dernier. Le titre de l’ouvrage est naturellement l’Ultimu avec comme sous-titre « Populu  corsu, Hè sunatu u murtariu ? Il pose la question alors que Marcu Biancarellu a intitulé son roman  « Murtoriu ». Nous vous conseillons ces lectures plus instructives sur la Corse que le prix Goncourt.

    La lecture d’Ultimu est difficile mais prenante.Le recours au roman d’anticipation permet la mise en abyme de l’époque contemporaine surtout lorsque le travail de mémoire se fait dans un contexte politique et social imaginé. A Imiza, en 2050, les gens ne meurent plus mais disparaissent en laissant ouvertes les portes des maisons vides. Sous la domination d’un Big Brother, le monde est entré dans une ère obscure. La tribu résiduelle de ce village se compose de treize habitants âgés de 58 à 107 ans. L’entame du récit est un conseil municipal réuni pour la mise en œuvre les décrets d’une nouvelle loi organique ordonnant la translation du cimetière, c’est-à-dire sa destruction… Est-ce le dernier acte de la mort du peuple corse ? La Corse sera-t-elle en 2050 une île sans mémoire, sans passé humain? Andria Costa, l’Ultimu (le dernier) placé à titre expérimental dans une tour peuplé d’hologrammes fantomatiques, rassemble ses souvenirs, creuse sa mémoire, fouille la généalogie du mouvement de libération de la Corse. Alors qu’il est sous contrôle jusque dans ses pensées, il échappe à l’observation dans ses moments de contemplation, notamment face au bleu… entendez la couleur du ciel et de l'eau. Le bleu symbolise l'infini, le divin, le spirituel. Il invite au rêve et à l'évasion spirituelle, facultés intellectuelles perdues dans un monde soumis à la tyrannie de la raison et des sciences.

    Cette fiction d’un regard sur des fragments d’une histoire individuelle et collective est commentée par Xavier Casanova… « Chacun son fragment. Son attache. Son engagement. Son histoire. Sa vérité. Son parcours. Son destin. Sa Corse. Pour certains, protégée par la rêverie solitaire. Pour d’autres exposée dans les manigances publiques. Et pour quelques uns consommée dans les errements de l’action violente, ou exaltée dans les fastes de la délinquance réussie. La littérature de fragment sied bien à cette histoire là, qui raconte non pas la fin de l’histoire et son éclatement global, mais son ébullition diffuse, permanente et si bien partagée que tous la portent. Tant bien que mal. Envers et contre tout. Jusqu’au dernier. Comme un fardeau. Comme un flambeau. »

    On doit aussi citer le roman « Murtoriu » de Marcu Biancarellu qui aborde des thèmes voisins de ceux trouvés chez Jérôme Ferrari et Jean-Pierre Santini puisqu’il s’agit de l’état de déliquescence de l’identité et de la culture corse. Murtoriu montre la disparition de la Corse agropastorale et stigmatise la politique de l’autruche des Corses qui se raccrochent au folklore pour ne pas voir la vérité en face : le déclin de l’identité et de la langue corses. Quatrième de couverture : « Libraire intermittent et écrivain inaccompli dont la vie sentimentale est un fiasco, Marc-Antoine Cianfarani vit en reclus dans un hameau de la montagne corse d’où, réfractaire à l’attitude de ses contemporains qui, sur la côte, rivalisent de compromissions pour assouvir un matérialisme dévorant, il assiste à l’inexorable pillage d’une île livrée à toutes les formes de dénaturation. Né d’une île, la Corse, et de la langue qui s’y parle, Murtoriu convoque les forces de la subversion dans un texte flamboyant, inspiré et douloureux, et assume son droit universel à la singularité – pour que résonne à nouveau, sur cette terre, le chant perdu du monde ».

    Jean-Pierre Santini concluerait en disant : « Chacun est au commencement et à la fin, premier et dernier. Chacun porte en soi, avec soi, les paroles les rêves et les actes de la communauté humaine où il a pris racine, dont il s'est nourri et qui fait obligation de résister à l'oubli quand vient le terme du temps. ». En écho, Jérôme Ferrari termine son opus par le sermon de Saint Augustin, lequel avant de mourir revoit le regard mouillé de larmes d’une jeune femme qui«  porte devant lui témoignage de la fin, en même temps des origines, car c’est un seul et même témoignage ». On se remémore alors les dernières paroles du « Vieux» à l’agonie dans Murtoriu. Il se bat jusqu’au bout, réclamant encore de quoi écrire «comme un acte final pour triompher de la mort».Triomphe éphémère ?

    Point de sermons à qui ne veut  être sauvé ! Ce proverbe anglais serait peut-être la leçon à tirer des trois ouvrages.

    Pidone

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    Un voyou vient encore de tomber sous les coups d’autres voyous à Calvi. Il sortait tout juste de prison. Il se trouvait dans sa voiture au moment de l’assassinat. A ses côtés, son beau-fils de 11 ans. Désormais les tueurs agissent en plein jour, décomplexés, ne respectant ni femmes ni enfants. C’est la 19e victime depuis le début de l’année 2012. Un record absolu en Europe. Il faut croire que les déclarations fracassantes et les coups de menton de Manuel Valls n’ont eu aucun effet sur les sicaires. Quel terrible pied de nez à l’état de droit!

    Quelques heures après, une nuit bleue commençait. 24 résidences secondaires appartenant à des continentaux et à des étrangers étaient visées par des attentats, non encore revendiqués.

    Face à ces événements, le ministre est monté au créneau en déclarant notamment : « Ceux qui commettent ces crimes, ceux qui font exploser des villas, doivent savoir que la volonté et la détermination de l’Etat de mettre fin à ces agissements criminels est totale. » Cela ressemble fort à de l’amalgame. Il n’est pas très heureux de confondre malavita qui prospère de plus en plus en Corse, sur fond de spéculation foncière et immobilière et actes violents qui s’opposent à cette même spéculation. Certes on ne peut que réprouver de tels actes. Les actions contre la spéculation doivent s’inscrire dans le cadre de la loi, comme le font les associations de défense de l’environnement et des partis politiques, en particulier la Fase et Manca alternativa. Dans le même temps, on se rend compte que rien n’a été fait depuis des lustres pour stopper la criminalité, les dérives mafieuses et la mise à l’encan de la Corse. Trop de complaisance, d’arrangements, de laxisme et de complicités diverses et variées ont favorisé le développement de la malavita. Au-delà des déclarations musclées du ministre de l’intérieur, on est vraiment impatient et curieux de connaître les moyens nécessaires et suffisants pour enfin commencer à combattre, pour de bon, cette malavita.

    Maria Maddalena Lanteri

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    Une étrange campagne est actuellement menée contre les associations corses de protection de l’environnement. D’aucuns essaient perfidement de discréditer ces associations qui ont le mérite de lutter au quotidien contre le massacre de notre littoral. Ils laisseraient entendre qu’elles se livreraient à des attaques insidieuses à l’endroit de certains élus et représentants de l’Etat. D’ailleurs, un de ces derniers, en la personne de Jean-Jacques Panunzi, président du Conseil général de la Corse du Sud a porté plainte pour diffamation. Mais que cache cette campagne  ? Probablement il y a la volonté de se débarrasser d’empêcheurs de tourner en rond. Les dites associations sont sans doute gênantes pour le business qui s’est installé en Corse autour du foncier et de l'immobilier. Business qui rapporte gros et sans effort, suscitant comme on peut l’imaginer beaucoup de convoitises… et de morts.

    Plusieurs questions se posent au regard de la situation que connaît notre littoral. Celui-ci est théoriquement protégé par une loi. Cette loi est-elle respectée ? Il faut croire que non. Il suffit de se balader, par exemple, le long du bord de mer entre Ajaccio et Coti-Chiavari pour s’en convaincre. Des constructions fleurissent en deçà de la limite des cent mètres et dans des zones dites remarquables. Que dire aussi de grands projets immobiliers à Propriano, à Figari, à Porto-Vecchio, sur la côte orientale, etc. Qui donne l’autorisation de construction ? Qui valide en dernier recours ? La réponse est dans la question. Cela veut dire que certains élus et représentants de l’Etat ont une part de responsabilité dans cette affaire. Ou alors ça serait une opération du saint esprit.

    Le laxisme et la complicité de certaines sphères politiques et administratives ne peuvent que favoriser et renforcer la spéculation foncière et immobilière, avec les conséquences néfastes que l’on mesure déjà : la dégradation du paysage corse, la violence et la multiplication des assassinats liées à cette spéculation.

    On a envie de crier Basta. L’Etat ne doit plus se contenter de parler et de montrer ses muscles. L’heure est à l’action. Et les moyens existent.

    Affaire à suivre.

    Ghjuvan Anton Mariani

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Mercredi dernier, le collectif Aiutu Studientinu, composé de syndicats et d'associations étudiantes, s’est réuni afin d'impulser un mouvement contre la précarité étudiante.  Par la voix de ses composantes et de son président, il a lancé un cri d'alarme sur la dégradation de la situation de nombreux étudiants à Corte. Le Collectif en appelle à une réaction solidaire, face à la recrudescence, notamment, des demandes auprès du Fond National d'Aide d'Urgence, mais aussi de la CAF de Haute-Corse. La précarité touche  l'Université de Corse, cela n'est plus un secret. 

    De son côté, toute l’année contrairement aux Restos du cœur qui sont saisonniers,  la banque alimentaire Partage collecte des denrées et les redistribue aux plus démunis. Située juste au dessous de l’église Notre Dame des Victoires à Lupino, elle existe depuis 12 ans grâce à des bénévoles, aux aides de l’Europe et aux subventions de l’Etat. Anne-Marie Cantini  explique que la précarité augmente chaque jour et touche de plus en plus de retraités. L’association qu’elle préside vient en aide à près de 1000 familles, réparties sur Bastia et le grand Bastia, notamment Borgo, Biguglia, Sisco… Depuis trois ans, le niveau de précarité a beaucoup augmenté chez les retraités mais aussi  les jeunes, des familles monoparentales, des filles enceintes, des femmes divorcées, des gens qui touchent le RSA…

    Comment peut-on tolérer que la misère gagne du terrain en Corse pendant que la spéculation foncière enrichit les nantis ? Quand une politique économique et sociale tournée vers l’emploi sera-t-elle enfin pratiquée sur l’île ?

    Le Mal est là et, comme un cancer social, il progresse. La Corse a déjà connu un exode massif et payé un lourd tribut de sang à la guerre. La misère va-t-elle à nouveau pousser les Corses vers d’autres cieux pendant que de riches propriétaires et des touristes viennent y passer leurs vacances ? On peut lutter contre la misère mais la solidarité privée n’est pas une solution à long terme ? Pour l’avenir de la Corse, ce n’est pas de charité dont il s’agit mais de responsabilité politique. Les Corses ne veulent pas vivre de la charité chrétienne mais de leur travail. Faudrait-il qu’il y ait des créations d’emplois et un respect du code du travail ? Faudrait-il encore que les employeurs proposent des salaires décents et des déroulements de carrières ?

    Que doit-on attendre de l’année qui vient ? Une pluie d’euros sur la Corse, tonneau des Danaïdes,  sans qu’il y ait la moindre amélioration mais dégradation dans la vie de la majorité des insulaires ? Des jarres pleines d’or continueront-elles à être transformées en pots de vin ? Doit-on souhaiter la multiplication des pains de plastic ? Le seul choix d’avenir de nos jeunes est-il le chômage ou l’exil ?  L’Etat et nos élus  vont-ils continuer à donner des coups de pioche dans l’eau, conférences, débats, congrès, rassemblements, états généraux, conseils généraux, consultes…etc ?

    U techju ùn crede u famitu. U  capitalismu à chi ùn amazza vitupéria. Da mare in quà, date u vostru parè! Chì ne pensate ? Quistannu chì vene seremu di più...

    Pidone

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Samedi 24 novembre 2012.

    Septèmes les vallons. Centre culturel Aragon.

    L’association kallisté tenait son assemblée générale annuelle. Elle rassemble les Corses et amis de la Corse des Bouches-du-Rhône. Elle est parmi les plus actives et les plus connues du Sud de la France. Au menu des travaux : les problèmes qui touchent à la situation actuelle de notre île. Chômage élevé, violence, malavita et devenir des compagnies maritimes, Sncm et Cmn. Ces problèmes ont suscité un large débat et soulevé beaucoup d’inquiétude. Les intervenants ont déploré a viulenza qui redouble d’intensité, ces derniers temps, avec 18 assassinats depuis le début de l’année. La Corse est devenue la région la plus criminogène d’Europe. Aujourd’hui, on tue en plein jour et en public.

    Au-delà du constat, les intervenants se sont penchés sur les causes qui expliqueraient le regain de violence. L’affairisme, la spéculation foncière et immobilière, l’argent facile ont été pointés. Tout cela sur fond de crise sociale et économique de grande ampleur.

    Les transports maritimes ont été également au centre des préoccupations de l’assemblée. Question importante qui concerne la Corse, mais aussi la région Provence Alpes Côte d’Azur. La présence d’une compagnie low coast trouble le jeu et vient aggraver la crise des transports maritimes, en l’occurrence Corsicaferries, société opaque, dont le siège se trouve en Suisse, battant pavillon italien, employant du personnel originaire, pour l’essentiel, de pays asiatiques, sous payés, sans aucune garantie. A noter que cette compagnie bénéficie d’une aide dite sociale, payée par les contribuables français. En outre, il est bon de préciser qu’elle ne paie pratiquement pas d’impôts en France. Enfin, les intervenants se sont étonnés de l’attitude de l’Assemblée territoriale de Corse. Celle-ci vient de voter à la majorité, moins les voix du Front de gauche, un ensemble de mesures qui risque porter un coup fatal à la Sncm et à la Cmn. Sans compter les conséquences en terme d’emploi et d’activités économiques tant en région Paca qu’en Corse. Sur ce point, les participants à l’assemblée annuelle de Kallisté ont tenu à réaffirmer leur solidarité avec les salariés des deux compagnies maritimes.

     

    287
     
    288

     

     

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Nous publions dans le cadre di u foru une nouvelle contribution.

    "Concernant  le développement du grand banditisme en Corse, l’un de ses soubassements est bien lié à la spéculation foncière et immobilière. A minima, il est donc légitime d'exiger l'application, sans concession, de l'arsenal judiciaire existant, et la mise en application immédiate des sanctions qui en découlent. Il n'y a pas d'outil politique qui porte, au sens militant, cette exigence,
    Ceux qui devraient être aux avant-postes de par leur "idéologie" revendiquée sont atones. Il n'y a pas de crise morale spécifique à la Corse, vouloir l'enfermer sans cesse dans le particularisme, crée l'illusion qu'il pourrait y avoir des solutions miracles uniquement adaptées à cette région cela favorise le réflexe de la délégation de pouvoir à quelques "initiés" et le fatalisme. Mais surtout détourne des causes profondes, qu'elles soient le fait de gangsters ou de multinationales, c’est la recherche du profit à tout prix qui a généré toutes les dérives, et non pas une hypothétique crise morale, la sociale démocratie n'est plus dans une stratégie de réformisme, elle obéit au même titre que la droite classique aux injonctions du capital qui pour se redéployer mondialement, a confié aux gouvernements nationaux le soin de lui préparer le terrain :

    • dérèglementation en matière de droits sociaux
    • flexibilité du salariat
    • renforcement de l'opacité des échanges financiers
    • engagement dans les conflits locaux pour la prise de possession des richesses de tel ou tel pays  d'une façon générale, suppression de toute entrave à la recherche du profit.

    Le créneau du réformisme est occupé aujourd'hui par ceux qui se réclamaient d'une alternative au capitalisme, PC, FG.

    Reste l'échec des groupuscules trotskistes (NPA) rattrapés et anéantis par leurs vieux démons du gauchisme.

    Morne plaine pour beaucoup, raison de s'engager pour très peu, à l'échelle de l'histoire, il n'y a pas à désespérer de la construction d'un outil révolutionnaire."

    Chêne vert

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique