• L’Association Kallisté, regroupant les Corses et amis de  la Corse des Bouches-du-Rhône, a tenu ses traditionnelles Journées à Aubagne, du 15 au 17 février 2014. On devait y noter une forte participation. Corsicapolar y était invitée. Nos polardeux de service, toujours en cavale sur le continent, Jean-Paul Ceccaldi et Jean-Pierre Orsi, des incontournables de la manifestation, comme le disaient malicieusement certaines mauvaises langues, se prêtaient volontiers au jeu des dédicaces et palabres sur le rôle du polar dans la vie insulaire. A eux se sont joints deux autres membres de Corsicapolar. La doyenne, Jeanne Tomasini, capcorsine, 92 ans, bon pied, bon œil et Jean-Pierre Simoni, toubib à la retraite, originaire de Ponte Leccia. De nombreux événements ont ponctué les journées Kallisté. Quelques exemples. Le vendredi soir, 15 février, les participants ont pu apprécier la magie du chant traditionnel corse avec la prestation de Jean-Charles Papi. Le samedi après-midi était consacré à un débat sur un thème d’actualité : « La Corse et son service public maritime de continuité territoriale. » Inutile de dire qu’un tel thème a suscité beaucoup d’intérêt, d’interrogations et d’espérance. Le débat était animé par Jacques Lanfranchi, vice-président de kallisté, avec la participation de Fred Alpozzo, secrétaire des mains Cgt de la Sncm et de la Cnm et de Michel Stéfani, élu du Pcf à l’Assemblée territoriale de Corse et président des Chemins de fer corses. La Sncm sort d’une période extrêmement difficile. D’aucuns prédisaient, fin 2013, avec une certaine jubilation, la liquidation de la compagnie maritime. Mais c’était sans compter avec la détermination de la grande majorité de salariés qui ont fait grève pendant une semaine du 2 janvier au 8 janvier 2014. Grève en tous cas décisive dans la conclusion d’un protocole d’accord qui ouvre des perspectives de maintien de la compagnie maritime. Pour autant, comme l’ont rappelé les différents intervenants, la pérennité de l’entreprise n’est pas assurée. Les adversaires de la Sncm sont nombreux et n’ont pas renoncé à lui « faire la peau ». Citons entre autres la Corsica ferries, compagnie pour le moins opaque, battant pavillon suisse, bénéficiant de fonds publics, payant ses salariés à coup de lance-pierre, s’acquittant peu ou pas de ses impôts en France ! Cette compagnie vise bien évidemment le monopole sur les lignes en direction de la Corse. Autre adversaire de taille, la Communauté européenne qui s’acharne sur la Sncm en exigeant d’elle le remboursement de 200 millions d’euros à l’Etat français, autant pour la région Corse, pour aides publiques non conformes à la prétendue libre concurrence. Enfin, il faut ajouter à la liste des adversaires plus ou moins déclarés de la Sncm, les partisans d’une compagnie régionale de transport maritime entre la Corse et le continent. Cette proposition est soutenue par une majorité à la Collectivité territoriale, en particulier par Paul Giacobbi, président de l’exécutif et par Paul Marie Bartoli, maire de Propriano, président de l’Office des transports lequel vient de se distinguer récemment par une triste pantalonnade, via son épouse, sur les antennes de France3 Via Stella. Par rapport à cette proposition, qui entraînerait la suppression de centaines d’emplois directs, y compris en Corse, sans compter les emplois induits, les intervenants ont tenu à préciser qu’il serait quasiment impossible à la Collectivité d’en assurer financièrement le soutien, compte-tenu de son budget à hauteur de 600 millions d’euros. Une telle proposition relèverait plus de la démagogie et de l’opération électoraliste.  Le débat a montré aussi les velléités du pouvoir socialiste dans cette affaire. Ce dernier n’a pas su ou voulu prendre ses responsabilités en temps utile, ne serait-ce que pour éviter la dernière grève. Néanmoins il s’est engagé à faire débloquer la situation. Deux nouveaux bateaux sont en passe d’être commandés. Le syndicat Cgt des marins souhaiterait les voir construire en France, aux chantiers navals de Saint Nazaire.

    Le dimanche après-midi  a été consacré au théâtre. Et quel théâtre, celui de Mascone, célèbre dans l’île de beauté et bien au-delà. Les centaines de personnes présentes ont pu apprécier l’humour ou l’art de la dérision et de l’auto dérision pratiqués par le comédien Dumenicu Maraninchi. Une grande bouffée de rire.

     

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    Nos polardeux en compagnie de Jean-Claude Cesari, président de Kallisté
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  • carta_residenza

    Hier s’est déroulé un débat à huit-clos et sans vote à l’Assemblée de Corse. Les élus corses discutent entre eux d’un sujet sensible : l'instauration ou pas d'un statut de résident pour lutter contre la spéculation immobilière et foncière. C’est une idée lancée par le président du conseil exécutif de Corse Paul Giacobbi qui a reçu le soutien des Nationalistes plus que celui de la gauche divisée. La droite s’y oppose et dénonce la manœuvre politicienne. Le projet vient toutefois de recevoir le soutien (surprenant, étonnant  pour le Figarovenu du président du Conseil économique et social de l'Union européenne (CESE), le Français Henri Malosse. Ce dernier est né à Montpellier et il est originaire du Boziu (Corse). Rappelons qu’au sein du Conseil économique et social européen, Henri Malosse est, depuis sept ans, le représentant du groupe réunissant les employeurs. Pour un mandat de deux ans, la présidence y est tournante avec les deux autres collèges, celui des salariés et celui des associations.  C’est la première fois depuis 1984 qu’un Français a pris la tête de cet organisme. Le dernier était François Ceyrac, qui fut le président du CNPF (l’ancêtre du Medef) entre 1972 et 1981. On peut trouver de nombreux articles qui lui sont consacrés par Corsica infurmazione en cliquant ICI.  À l’invitation du groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse et du Think Tank Alba Nova, Monsieur Henri Malosse est venu en décembre dernier à Ajaccio pour tenir une conférence dont le thème était « La Corse, la réforme institutionnelle et l’Europe » et dans laquelle étaient abordées les questions du foncier et du statut de résident. Donc, rien de surprenant (même venu de Bruxelles) dans le soutien qu’il apporte au statut de résident.

    A Cuttoli, le Conseil municipal a déjà voté le 1er février, en avant première et à l’unanimité, la réservation de l’acquisition foncière sur le sol communal à des résidents corses ; c’est-à-dire à des acquéreurs qui devront justifier de 5 ans de résidence en Corse. Ils seraient donc les seuls à pouvoir acquérir un terrain sur la commune de Cuttoli sauf que, dans les deux mois, la Préfecture rejettera la délibération du Conseil municipal. Pour qu’une telle mesure soit légale, il faudra une révision constitutionnelle. Ce n’est donc pas pour demain la veille même si un projet constitutionnel est à l’étude pour la Corse.

    Dans deux mois les élections municipales seront passées et on peut se demander si cette délibération n’est pas un coup électoral du maire de Cuttoli qui a promis 70 logements à moindre coup en offrant une parcelle de terrain communal aux Corses du village et à ceux qui résident en Corse depuis plus de 5 ans. Cette délibération du Conseil municipal de Cuttoli a dû alimenter les débats à l’Assemblée de Corse qui plus sagement ne procédera à aucun vote sur le sujet.

    Il n’est pas dans notre intention d’occulter les problèmes du logement et de la spéculation immobilière en Corse. Nous en connaissons la réalité mais aussi les chiffres qui montrent que « problème il y a ». La Corse a un taux de résidences secondaires très élevé par rapport au Continent. Il était en 2010 de 36,7% alors que la fourchette va de 9,4 à O,8% sur le Continent.  A contrario, le taux de résidences principales est dans le bas de la fourchette puisqu’il était de 59,1% pour un maximum de 83,4% sur le Continent. Le nombre des logements vacants n’était que de 4,2% dans une fourchette de 3,7 à 7,2. Si on analyse les chiffres, ce sont les résidences principales qui manquent car très peu sont vacants. Par ailleurs, si les résidences secondaires se multiplient sur les côtes, des villages de l’intérieur se sont dépeuplés et un bon nombre n’ont plus âme qui vive. Des maisons en indivision y tombent en ruines lorsque ce n’est pas tout un village qui a disparu sous les ronces.

    Le principe du droit préférentiel à des habitants ayant résidé plus de 5 ans s’apparente à la préférence nationale de Marine Le Pen. Il est contraire aux droits fondamentaux du citoyen et à la constitution française. Il faudrait rappeler que la Corse ne compte plus que le tiers de sa population d’origine insulaire ancienne. Sa population ne serait plus que de 100.000 Habitants sans apport d’ailleurs, sachant qu’il y a prés de 1.500.000 âmes d’origine corse dans le Monde. Il ne faut pas oublier que la Corse est le territoire où, en 2010, le pourcentage des plus de 60 ans était de 15,5 à 16,6% selon le département pour une moyenne nationale de 13,9%. Les enfants de 0 à 14ans représentaient 15,2% de la population pour une moyenne nationale de 18,5%. Tous ces chiffres pour montrer que les facteurs, y compris démographiques, à considérer sont complexes et que le problème du logement ne se règle pas par une décision discriminatoire, plus politique que réaliste. En outre, il faudrait évaluer le nombre des propriétaires qui votent par procuration mais nous doutons que cela plaise à certains maires. Il ne faudrait pas oublié que la spéculation immobilière a un rapport étroit avec la loi littoral et le Padduc. Pendant que la question du statut de résident occupe les esprits, rien n’est fait contre cette spéculation que tous dénoncent en dehors des actions en justice menées par des associations comme Garde ou bien  U levante qui a enregistré des victoires juridiques mais aussi tout le collectif pour la loi littoral. Dans ce collectif, nous n’avons pas noté la présence des partisans du statut de résident.

    Le vrai problème reste donc la spéculation immobilière et il existe d’autres moyens (légaux) d’y mettre fin. Il ne s’agit pas d’empêcher des gens d’être propriétaires d’une résidence en Corse mais de permettre à tous les Corses, d’origine ancienne ou récente, d’être chez eux sur la terre où ils vivent et travaillent. Il faudrait commencer par dénoncer les élus qui participent à cette spéculation au détriment de leurs concitoyens et de la nature corse, ainsi que toutes les dérives que cela entraîne. Il est vrai que le problème se pose sur toutes les zones côtières, avec la flambée des prix du foncier et la spéculation immobilière et  toutes les difficultés occasionnés aux habitants permanents pour se loger selon leurs moyens. Qui spécule ? Qui encourage la spéculation ? Qui favorise la construction de résidences secondaires ? Qui vote des PLU rejetés par les tribunaux ? Sans répondre à ces questions, il ne s’agirait pas là encore de trouver des boucs émissaires « gaulois », corses ou d’ailleurs  pour éluder la réalité politico-financière que tout le monde connaît. Faudra-t-il  continuer à avoir des affinités électives et/ou électorales pour être propriétaire en Corse ? Faudra-t-il avoir bien voté pendant cinq ans pour qu’un terrain devienne constructible ? Faudra-t-il user de passe-droits et de prête-noms pour acheter un terrain et y construire une belle résidence secondaire ?

    La commune de Cuttoli,  près d’Ajaccio,  n’a pas souffert de la désertification et a vu sa population régulièrement augmenter jusqu’à environ 2000 âmes.  Il s’agit donc d’une commune de plus de 1000 habitants qui inaugure le scrutin proportionnelle de listes bloquées sans panachage comme c’était déjà le cas pour les communes de 3.500 habitants. Si une liste obtient plus de la moitié des suffrages, elle aura 50% des sièges, les autres sièges étant répartis proportionnellement entre les autres listes ayant obtenu plus de 5% des votes. Lors de l’éventuel second tour, seules les listes ayant obtenu au premier tour au moins 10% des suffrages exprimés sont autorisées à se maintenir. Elles peuvent connaître des modifications, notamment par fusion avec d’autres listes pouvant se maintenir ou fusionner. En effet, les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés peuvent fusionner avec une liste ayant obtenu plus de 10%. La répartition des sièges se fait alors comme lors du premier tour.

    On se souvient qu’à Cuttoli en 2008, Paul Scarbonchi, sous l’étiquette PRG  avait passé un « contrat de mandature » avec l’actuel maire, Jean Biancucci de Femu a Corsica, tout en refusant ce qu’il nomme lui-même  la pulitichella.  Il avait gagné son pari en remportant les élections à 83 ans. Cet élu divers gauche, maire depuis 1975, conseiller territorial de 1982 à 1998 sur les rangs PRG, suppléant de Simon Renucci à la députation, avait fait alliance avec un nationaliste, enfant du village, conseiller territorial de Femu a Corsica, cela malgré leur antagonisme politique. C’était une première en Corse et elle fait école aujourd’hui. Comme il l’avait promis devant les électeurs, Paul Scarbonchi a rapidement démissionné de son mandat de maire. Il a conservé son siège de conseiller municipal. Et c'est à Jean Biancucci que le vieux maire démissionnaire a remis l'écharpe et le tampon. Décidément la démission après l’élection devient une promesse électorale et nous l’avons vu tout récemment  à Propriano avec l’entretien télévisé de l’épouse du Maire sortant inéligible jusqu’en mai prochain. Une prestation affligeante qui a fait le buzz  jusqu’à Paris et qui a divisé les alliances puisqu’une partie du Conseil municipal a fait sécession, avec à sa tête le Dr Jacques Luciani, 1er adjoint depuis 2001, militant de Femu a Corsica. Paul-Marie Bartoli n’avait pas l’intention de laisser son siège, comme l’a fait l’ancien maire de Cuttoli, et c’est pour cela qu’il a propulsé son épouse tête de liste : une affaire de famille en sorte mais l’intéressé se défend en disant « nous ne sommes pas les Balkany ».

    Finalement en fusionnant dès le premier tour en 2008 avec Nationalistes, Paul Scarbonchi, l’ancien maire de Cuttoli, était en avance sur ce qui se passe aujourd’hui avec les alliances dès le premier tour comme celles conclues  à Ajaccio et à Porto Vecchio notamment.

    De façon générale, le nouveau scrutin des communes corses de plus de 1000 habitants permet au moins une chose : les électeurs savent à quoi s’en tenir sur les alliances dès le premier tour. Il faudra se souvenir toutefois que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent et que les alliances électorales ne durent souvent qu’un printemps. 

    Deux vers ne cohabitent pas dans une même pomme… alors plusieurs encore moins. Les métaphores ne manquent pas. On pourrait parler d’alliance entre la carpe et le lapin ou se demander qui est le chou et qui est la chèvre ? Puisque nous sommes sur une île, on peut regretter que l’électeur ait souvent le choix entre charybde et Scylla. Lorsque les deux font alliance, c’est alors  la démocratie qui s’échoue et sombre.

    U Barbutu

    Les commentaires recueillius par FR3 Corse Via Stella...

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  • Le Front de gauche ne peut pas être absent de la campagne des Municipales.

    Interview de Jacques Casamarta, sur les antennes d'Alta frequenza.

    Cliquer ci-dessous sur le lien...

    http://www.alta-frequenza.com/l_info/l_actu/municipales_a_ajaccio_vers_une_liste_front_de_gauche_66674

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  • Conférence de presse de Manca alternativa (Ensemble) et du Parti de gauche

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    C’est devant plus d’une quarantaine de personnes qu’a eu lieu vendredi 7 février 2014, à 18h30, au Bistrot du Cours, à Ajaccio, la conférence de presse du Front de gauche rassemblant deux de ses composantes Manca Alternativa/Ensemble et le Parti de gauche. Avant d’aborder le contexte des élections municipales prochaines, devant les journalistes présents, les porte-paroles des deux composantes, Jacques Casamarta, Patricia Curcio et Francis Peretti, ont exprimé leur regret face au positionnement du Parti communiste qui dans de nombreuses villes dont Ajaccio a décidé de sortir du Front de gauche pour une alliance avec le Parti socialiste. Manca Alternativa/Ensemble et le Parti de gauche considèrent que se rassembler au niveau local avec des élus qui partagent les orientations nationales d’un gouvernement et critiquer ce même gouvernement par ailleurs, constitue une erreur politique et stratégique. Ils ont réaffirmé leur souci de clarté et de responsabilité vis-à-vis du citoyen en soulignant l’évidence d’une implication de la politique nationale dans les décisions locales.

    Un cap résolument à gauche

    A qui les taxerait d’extrémistes, Manca Alternativa/Ensemble et le Parti de gauche rétablissent une juste vérité et expriment le sentiment de leurs sympathisants qui sont des femmes et hommes de conviction, des femmes et des hommes d’une GAUCHE debout, défendant les valeurs humaines fondées sur la solidarité et la coopération. C’est un cap résolument à gauche qui est pris faisant front au social libéralisme ouvertement affiché de Francois Hollande et son gouvernement. Les élections municipales ne sont plus aujourd’hui et ne peuvent plus être considérées comme un événement uniquement local où l’affectif prendrait le pas sur le bien commun. Les citoyens le vivent dans leur quotidien, la précarité et la pauvreté s’installent et deviennent visibles au cœur et à la périphérie des villes, le chômage ne cesse de progresser n’offrant aucune perspective en particulier pour les plus jeunes et les seniors, les plans de licenciement explosent jetant des familles entières dans le désarroi, les droits fondamentaux à la santé, au logement, à l’éducation sont mis à mal…les inégalités s’accroissent, la catastrophe écologique se dessine. La liste devient longue, très longue, trop longue. Il y urgence à sortir de ce qui ne peut être considéré comme une fatalité.

    Le citoyen au cœur du débat

    Manca Alternativa/Ensemble et le Parti de Gauche veulent à l’occasion des élections municipales replacer le citoyen au cœur du débat car seul son intervention directe peut réinventer l’avenir. Il faut sortir de la domination sans partage du monde financier et affronter ce système capitaliste qui n’a ni de cesse, ni de scrupule à culpabiliser les femmes et les hommes au quotidien. Le programme de « l’Humain d’abord » c’est déjà localement, avec le développement des services publics et les nationalisations, un retour à une régie publique de l’eau avec un prix du service de l’eau moins cher ; la gratuité des transports pour un droit à la mobilité favorisé pour les plus démunis, une politique écologique audacieuse pourvoyeuse d’emplois utiles…

    Manca Alternativa/Ensemble et le Parti de Gauche, au sein du Front de Gauche, informeront  les citoyens ajacciens, sur ces différentes propositions avec des exemples de réalisation concrète.

    Si les deux composantes présentes à la conférence de presse sont prêtes, aujourd’hui, à s’engager dans le débat politique, ce qui les intéressent avant tout, c’est de pouvoir échanger et construire, avec une large majorité de femmes et d’hommes, de nouveaux rapports de force favorables aux travailleurs et aux citoyens, persuadées que la Corse doit et peut inventer un modèle économique audacieux.

    Manca Alternativa/Ensemble et le Parti de gauche réaffirment leur attachement au respect des droits humains excluant toutes formes de discrimination, de discours et de positionnements engendrant la violence. Leur engagement est résolument à Gauche. 

    Pascale Larenaudie

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  • polar_drap2_modifié-1

    Nos amis Jean-Paul Ceccaldi et Jean-Pierre Orsi, polardeux à leurs heures, sont en cavale sur le continent depuis un certain temps. Ils écument les salons, les librairies et autres lieux littéraires pour y présenter leurs œuvres « monumentales ». En fin d’année 2013, à la veille des fêtes ils sévissaient chez Cultura à Sorgues, Mandelieu, Plan de Campagne, Marseille. Fin janvier 2014, on les retrouvait au Salon du Livre corse, à Marseille, organisé par la Fédération des associations corses des Bouches-du-Rhône. Les 2 et 3 février, ils étaient à Drap, dans les Alpes-Maritimes, pour participer au Septième Salon du polar, en compagnie d’une trentaine d’auteurs en provenance des différentes régions de France. De mauvaises langues ont pu dire d’eux qu’ils étaient d’horribles stakhanovistes. Plus sérieusement, il est bon de s’arrêter sur une telle initiative. On pourrait dire qu’il  s’agissait là d’une manifestation banale comme il en existe pas mal à travers le pays. Mais ce n’est pas le cas. Drap est une petite ville située à l’Est de Nice, dans la vallée du Paillon. C’est un des derniers bastions de la vraie gauche et en particulier communiste dans les Alpes-Maritimes. Et elle tient à le demeurer. Elle fait de la résistance face à une droite décomplexée qui a pris le pouvoir dans le département, en particulier face à Christian Estrosi, ex champion motocycliste, partisan de la méthode musclée. Il faut dire que l’homme est taquiné sur sa droite par le Front national particulièrement influent sur la Côte d’Azur. L’un et l’autre usant et abusant du thème de l’immigration, avec les conséquences qu’on peut imaginer, entre autres la montée de la haine de l’autre, du racisme, de l’islamophobie et de l’antisémitisme.

    Donc, Drap résiste et propose, au moins sur le plan culturel, autre chose que des activités aliénantes ou sans intérêt. Le salon du polar s’inscrit dans une démarche d’ouverture et de réflexion. Le polar étant un moyen efficace, parce que immergé dans la société, pour en analyser les contradictions et les rapports sociaux.

    Nos deux compères vont continuer leurs tribulations pour un temps encore, avant de retrouver leurs pénates respectives en Corse. Au préalable, on devra de nouveau les subir chez Cultura Marseille samedi 8 février, le matin et à la librairie de Provence, sur le célèbre cours Mirabeau, à Aix-en-Provence, l’après-midi. Ils finiront leur cavale aux Journées corses organisées par l’association Kallisté, à Aubagne, les 15 et 16 février. Ouf. 

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  • « Méditerranée mer de Paix » est le concept générique autour duquel les actions de « Per a Pace, pour la Paix » s’organisent.

    C'est en 1992 que débutaient les premières initiatives associatives en direction de la Région des Balkans.  Au fil des années, la Corse a été présente, dans des moments souvent difficiles, à travers différentes actions de solidarité, notamment en Bosnie, au Kosovo, en Serbie, en Albanie et plus particulièrement en Macédoine.

    L’association Per a pace est présente à l’Est de la Méditerranée mai aussi au sud et notamment en Algérie. L’année 2005 lui a permis d’élargir le champ d’action avec deux nouvelles destinations. La première en Pologne au nord de l’Europe où, en partenariat avec les Amis de la Résistance et l’éducation nationale, elle a permis à 65 jeunes lycéens d’Ajaccio de visiter les camps d’Auschwitz et de Birkenau. La deuxième au Burkina Faso au cœur de l’Afrique ou en partenariat avec Fina Tawa, une solidarité a été développée

    Parallèlement l'Association a toujours tenu à accompagner cette solidarité d'actions de coopération culturelle, liens indispensables à une entente équilibrée et réciproque.

    Aujourd’hui cette coopération s’est étendue au domaine de l’économie et plus précisément à celui de la formation. La coopération avec des institutions, de grands organismes comme la Chambre des Métiers et son centre de formation des apprentis, l’Hôpital d’Ajaccio ou encore la CCAS, comité d’entreprise des Electriciens et Gaziers donne tout son sens à un travail de solidarité.

    Cette interaction multiple, içi en Corse et avec les peuples qui vivent sur les rives de la Méditerranée est aussi avant tout, une possibilité ouverte, afin de mieux se comprendre dans nos différences, mieux se connaître et partager. C’est mieux comprendre le monde.

    Pour mieux connaître cette association, vous pouvez consulter son site en cliquant ICI, et vous avez l’occasion prochaine de participer à un événement organisé le  8 février 2014 à partir de 20H30 au CCAS Marinca de Porticcio :

     

    COUSCOUS PER A PACE 8 FEVRIER 2014
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  • L’assemblée nationale débat de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires.  Il s’agit d’une convention destinée d'une part à protéger et à promouvoir les langues régionales ou minoritaires en tant qu’aspect menacé du patrimoine culturel européen et d’autre part à favoriser l’emploi de ces langues dans la vie privée et publique. Son objectif est donc essentiellement d'ordre culturel.

    Mercredi dernier, Camille de Rocca Serra était présent sur les bancs désertés de la Droite et écoutait, avec un air contrit,  l’intervention déjantée de l’auteur du tristement célèbre discours de Dakar lu bêtement par son président et mentor Nicolas Sarkozy. Nous voulons parler de l’inénarrable, l’ineffable Henri Guaino, député UMP qui, tel un psychopathe dans l’hémicycle, parlait en furie, défiguré par la haine des langues régionales. Celui qui a participé à une politique d’inféodation de la France à la Finance défendait  « l’exception française », se réjouissant que la France soit un des rares pays concernés qui n'a pas encore ratifié la Charte. Lorsqu’il s’agit de broyer les minorités, cet Européen made in France devient souverainiste. Dans ses logorrhées verbales, au milieu d’un fatras de références historiques et littéraires, il a cité l'interdiction du voile et de la burqa, des sectes... Inquisiteur, il stigmatisait la Charte diabolique… "C'est un retour aux principautés et aux féodalités du Moyen-Age" s’enflammait-il. Celui qui pense que les Africains ne sont pas entrés dans l’Histoire ( connerie reprise par le perroquet Sarkozy devant les Africains) veut en faire sortir les Bretons, les Basques, les Catalans, les Occitans, les Corses… Il les expulse avec les intégristes musulmans et les sectes. L’hérétique qui veut parler sa langue d’origine et la transmettre est un has been pour ce politicien pourtant lui-même archaïque… et ce jacobin de la pire espèce ajoutait : « Vous vous trompez de pays, de culture et d'histoire. La France n'a surmonté sa diversité anthropologique que par un Etat centralisateur et unificateur », dénonçant des « groupes de pression en Europe aux idéaux ethnicistes». « Ethnie » le mot est lâché de façon hypocrite et manipulatrice.Comme si les minorités ethniques représentaient des groupes de pression influents comme ceux auxquels la Droite apporte son concours avec la Troïka. Quel cynisme de mauvais aloi ! Il aurait été capable de faire fusiller pour l’exemple tout Français s’exprimant dans une langue régionale lors de la guerre 14-18. La Charte des langues régionale n’est pas moyenâgeuse mais a un retard de cent ans dû à des mentalités archaïques qui refusent la diversité culturelle.

    Quelques jacobins nationalistes et ringards comme Henri Guaino sont pour la reconnaissance publique des langues régionales et leur coofficialité lorsqu'il s'agit des minorités régionales francophones à l'étranger (dialectophones Québécois, patoisants Acadiens, Wallons, Romands, Valdotains…etc.) et contre lorsqu'il s'agit des Bretons, des Corses, des Basques, des Catalans, des Occitans, des Flamands et des Alsaciens-Mosellans. Ils sont pour le droit à l'autodétermination et le séparatisme lorsqu'il s'agit des souverainistes Québécois ("Vive le Québec libre !") ou des rattachistes Wallons ("la Wallonie manque à la France !") et contre lorsqu'il s'agit des minorités régionales allophones de l'hexagone. Ils sont pour le communautarisme pan-francophone et l'irrédentisme Grand-Gaulois tout en dénonçant dans l’hexagone les provinciaux attachés à leurs origines et à leurs cultures. Ce sont  des néo-colonialistes schizophrènes.

    La seule excuse de Guaino est qu’il n’a pas connu son père, ce qui explique sa névrose patriotique. Bien sûr il a reçu un accueil complice de la part de quelques souverainistes UMP proches du FN comme le député Jacques Myard. D’autres députés, corses, bretons et occitans l’on renvoyé à ses arguments d’un autre âge, à son excessivité et son insignifiance. La ministre de la Culture Aurélie Filippetti l’a plutôt finement mouché en s’adressant à lui en ces termes : Vous semblez penser que l'homme régional n'est pas entré dans l'histoire mais la diversité est constitutive de l'histoire nationale. Plus on apprendra de poèmes de Frédéric Mistral en provençal, plus on apprendra de Victor Hugo. Et dire que ce réactionnaire franchouillard, ridicule à chacune de ses apparitions et qui refait l’histoire de France à sa guise, était l’un des principaux conseillers de Nicolas Sarkozy pendant sa présidence… Un pidochju rifattu !

    Henri Guaino a été récompensé de sa servilité de plume de nègre par un siège de député. Toutefois, il valait mieux pour lui-même qu’il restât dans l’ombre. Son discours est affligeant.

    O Guaino, tais-toi ! O Guaino, zittu !

    Pidone

     

    Apprendre la langue corse, c’est possible en ligne avec la méthode « Imparà u corsu » à l’adresse ci-dessous :

    http://www.interromania.com/impara-u-corsu

    imparacorsu

     

     

     

     

    Et  la ville d’Ajaccio a créé un autre site plus ancien « Parlamicorsu » à l’adresse ci-dessous :

    http://www.parlamicorsu.com/accueil

    parlamicorsu

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  • hoilande_droite

    François Hollande a fait sa conversion publique à la « politique de l’offre », caractéristique de la pensée économique de droite. Il veut aussi redessiner la carte de France pour réduire les dépenses publiques.  C’est un dossier récurrent et le Figaro rappelle que Sarkozy l’avait envisagé en 2008 puis avait renoncé devant les réticences politiques. Le « Monde » estime que les régions, en passant de 22 à 15, pourraient ainsi être plus puissantes, à l’image des Länders allemands, et pourraient devenir « des chefs de file du développement économique.» Chacun y va de son analyse en partant d’un constat : la France est un millefeuille administratif. Commune, communautés urbaines, conseils généraux, conseils régionaux… et maintenant vient s’ajouter le concept de « grande Métropole » déjà étrenné à Lyon.

    Tout le monde est d’accord pour une simplification dans la mesure où le seul souci ne serait pas de faire des économies. On va s’apercevoir rapidement que les avis changent lorsque l’on est directement concerné. Et puis il y a tous ces baronnets de la politique qui cumulent allègrement les mandats. Prenons pour exemple notre Premier ministre chargé de réaliser ce projet présidentiel. Il a déjà émis l’hypothèse de supprimer les départements de la petite couronne englobée dans la mégapole du « Grand Paris ». Les dents de certains élus grincent déjà et le premier à contester est Patrick Devedjian. La Droite s’inquiète. Fief historique de la droite, le département le plus riche de France peut-il échapper des mains de l’UMP ?

    La presse quotidienne régionale a aussi réagi. Quel sera le scénario pour la Champagne-Ardennes ? S’interroge L’Ardennais en consultant les élus sur un rapprochement avec la Picardie.  Le Courrier Picard et Le Midi Libre sont dubitatifs. Hollande veut-il la fin du Languedoc-Roussillon. Et la Basse-Normandie? FR3 Corse pose sur son site  la question à tous : « et si votre région disparaissait ? ».

    Toutes les supputations sont permises, des plus réalistes aux plus folles. La France est divisée sur son redécoupage.

    La Corse a déjà subi de multiples réformes avec la création de ses deux départements, son détachement de la région Paca et son statut spécial. A quelle sauce sera-t-elle mangée ? Va-t-on créer trois mégapoles Ajaccio, Bastia et Corte  ? Va-t-on à nouveau rattacher la Corse à la région Paca et dissoudre la Collectivité Territoriale et les départements ? La Corse va-t-elle rester une petite région esseulée parmi des mégapoles et des grandes régions ? 

    La régionalisation et par la suite le statut spécial de la Corse sont des réalisations politiques faites pour permettre de restituer du pouvoir au territoire et à ses habitants. L’austérité qui est au centre de la politique gouvernemental d’un président libéral et patriote va-t-elle entraîner un retour en arrière ? François Hollande ne cherche qu’à faire des économies pour plaire à la Troïka et au patronat. Comme son prédécesseur, il ne fait rien de bon sur le plan social. Le dossier actuel de la SNCM montre ses atermoiements pour sortir cette compagnie maritime de la crise financière dans laquelle la commission européenne l’a plongée et veut la couler. Les deux ministres les plus présents en Corse sont alternativement Manuel Valls et Christiane Taubira. La Police et la Justice. Rien de rassurant en ce qui concerne l’avenir de la Corse en-de-ça et au-delà des monts.  Le nouveau préfet de la Corse a fait ses vœux de nouvel an. Il les a déclinés en trois mots  « Lucidité, Engagement, Confiance »  avec une mise en garde contre « le morcellement et les séparatismes ». Bien sûr, il n’évoquait pas le projet de réforme territoriale. Il pensait aux visées autonomistes et indépendantistes. Qu’il ne s’inquiète donc pas : les Corses sont lucides et non pas peur de s’engager. Par contre, pour ce qui est de la confiance, si n’appillarà[1]

    Nous avons un président qui se dit « pragmatique ». De quel pragmatisme s’agit-il ? Au lieu de vouloir améliorer la vie des gens, il propose de subir et de s’adapter à une évolution néfaste de nos conditions de vie. Il veut s’attaquer au millefeuille des collectivités locales au détriment des petites régions et de nos campagnes avec, pour modèle, la « grande métropole », c’est-à-dire la grande ville qui phagocyte les petites communes d’un département au détriment de nouveaux banlieusards. Il n’ignore pas qu’une concentration des moyens entraîne la concentration des réalisations. Il va reproduire partout le modèle centralisateur de la cité entourée de zones industrielles et de banlieues dortoirs. Il fait de la concentration urbaine une fatalité administrative.  A qui profitent les grandes métropoles. Le Maire de Lyon, précurseur en la matière, vante la sienne en expliquant que les multinationales s’y implantent et que la France a besoin de ces grandes métropoles pour être attractive.

    On a bien compris que la politique de François Hollande et de son gouvernement n’est pas d’améliorer le service public et les conditions de vie de tous les Français à la ville et au champ, mais de leur faire subir la mondialisation comme une fatalité. Il ménage le patronat et  aménage la France ultralibérale. Il parachève l’œuvre de son prédécesseur. Il ose faire ce que ce dernier ne pouvait pas réaliser en trouvant des partisans à droite et en trompant son électorat de gauche.

    Certes, la France a trop d’institutions mais ne faudrait-il pas commencer par s’intéresser au Senat, au Conseil économique et social, au conseil constitutionnel... En ce qui concerne les collectivités locales, est-ce la région ou le département qu’il faut supprimer ? Est-ce le nombre de députés, de conseillers régionaux ou généraux qu’il faut réduire ?  N’est-ce pas aussi tous les privilèges d’une république devenue bananière qu’il faudrait revoir en commençant par ceux de nos élus et de quelques hauts fonctionnaires ?

    La commune reste la collectivité la plus proche du citoyen et la seule à lutter efficacement contre la désertification de nos campagnes. Elle ne doit pas disparaître derrière le monstre froid d’une grande Métropole. Le maire, à condition qu’il ne cumule pas plusieurs fonctions électives, est le plus proche de ses concitoyens. Dans les petites communes, il est souvent plus proche du bénévolat que d’une rente de situation. Des voix s’élèvent déjà pour dire qu’il y a trop de communes en Corse. La Corse a 359 communes dont 236 en Haute-Corse et 124 en Corse du Sud. Sur l’ensemble de la Corse,  119 d’entre-elles n’atteignent pas 100 habitants, avec une moyenne de 55 habitants. Les 23 plus petites réunies en totalisent à peine plus de 500 - 52 insulaires sur cent vivent dans 10 communes, 48 sur cent dans les 350 autres communes. Des villages désertés de l’Intérieur ont déjà disparu. Toutefois, en dix ans, si 53 communes ont perdu 764 habitants, 307 en ont gagné près de 49 000. Rien n’est figé.  Aujourd’hui l’agglomération de Bastia  a 23.000 habitants de plus qu’Ajaccio : 94 000 pour 88 000. Au-delà de tous ces chiffres qui ne tiennent pas compte des fréquentations estivales, il y a des réalités humaines et historiques. Va-t-on sacrifier le bonheur des gens?

    François Hollande a ouvert une boîte de pandore, sans doute pour occuper les esprits et, une fois encore, les détourner de la réalité de sa politique antisociale. Cette réforme des collectivités locales est un écran de fumée qui va alimenter les polémiques. Lorsque l’on parle de ça, on ne parle pas d’autre chose.

    Notre président, en libéral tardivement assumé, mène une politique de renoncement, d’abdication, de désespérance. Il s’enferme dans un « hollandisme » qui trahit les valeurs de la gauche. Une sénatrice socialiste, après sa conférence, l’a trouvé « moche et minable ». Plutôt que se regarder dans les yeux du peuple de gauche, il est allé chercher un regard amoureux à cent mètre de l’Elysée. Affligeant !

    Dans un entretien avec le Point, après la publication de Closer et une violente dispute avec Valérie TrierWeiler mais avant sa conférence de presse, il déclarait avoir pris beaucoup de coups dans sa carrière politique puis ajoutait : « Alors, au début, on se dit: ‘Mince, ça doit être de ma faute.' Il y a toujours une part de responsabilité personnelle. Et puis, après, on s'aperçoit que c'est un système. Donc, ou bien on cède, on se dit que c'est trop dur, ‘Pouce!', drapeau blanc, et on se range sur le côté. Ou bien on tient. Et je tiens». Il a fini par se persuader qu’il a toujours raison et que rien n’est de sa faute. Consternant et Inquiétant ! Qu’il sache que le peuple de gauche ne sortira pas le drapeau blanc et ne se rangera pas sur le côté. Il tiendra plus longtemps que lui.

    U Barbutone


    [1] « Il fera appel », ce qui signifie : « il pourra courir ». On connaît la lenteur et le caractère aléatoire d’un appel en justice.

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    A la veille de chaque élection on nous refait le coup, celui du vote utile. Au fait, utile pour qui ? Pour les plus larges couches de la population ou pour quelques hommes politiques ou encore pour une certaine politique ? En effet, il faudrait s’entendre une fois pour toute sur la signification du vote utile. On s’en tiendra à celui qui concerne la gauche. Sans remonter jusqu’à Jésus Christ, on en a avalé des couleuvres, en cautionnant le vote utile. Prenons l’exemple de la campagne des présidentielles  et celle des législatives de 2012. « Votez Hollande », nous martelait-on, dès le premier tour, pour deux raisons au moins. Il faut faire barrage à la Marine afin d’éviter la mésaventure de 2002. En outre, étant donné que le candidat Mélenchon  n’a aucune chance d’être élu président de la république, autant voter d’entrée pour le candidat du Parti socialiste. Inutile de perdre du temps. Et puis pour faire bien, on gauchise son discours, comme au Bourget, juste avant le vote. Le même scenario s’est reproduit lors des élections législatives. Le subterfuge a fonctionné à merveille. D’une part, Hollande a pompé quelques pourcentages à Mélenchon et d’autre part, les députés socialistes se sont retrouvés avec une coquette majorité absolue à l’Assemblée nationale. L’audience des empêcheurs de tourner en rond du Front de gauche étant réduite à sa plus simple expression. Disons-le  clairement, les électeurs de gauche se sont fait berner une nouvelle fois. Passé les élections, le pouvoir socialiste s’est engagé allègrement dans une politique d’austérité conformément aux exigences de la Troïka et a jeté aux orties toutes les belles promesses de la campagne électorale. Souvenons-nous : la " finance, c’est l’ennemi " ou encore " le changement c’est maintenant ". Il suffit de voir et d’apprécier toutes les mesures ou presque qui ont été prises par Hollande et son gouvernement depuis lors. Seul Gattaz, président du Medef est aux anges tout en réclamant une louche supplémentaire.  Et voilà que pour les Municipales on agite de nouveau le drapeau du vote utile. Il ne faut pas que la mairie d’Ajaccio tombe entre les mains des revanchards de droite. Alors, il convient de voter pour la liste du maire sortant, dès le premier tour. N’est-elle pas belle la vie ? Que Simon Renucci joue sur ce registre, rien de plus logique. Mais quand il s’agit d’autres colistiers, c’est moins évident et moins acceptable. Auraient-ils la mémoire courte ou bien plus simplement voudraient-ils sauver les quelques strapontins qu’on a daigné leur offrir ? Cela étant dit, il n’est pas sûr que l’astuce du vote utile marche ad vitam aeternam. Les yeux commencent à s’ouvrir, de même les esgourdes à se déboucher. Il est grand temps d’offrir aux Ajacciens une autre politique. C’est la voie que Manca alternativa entend emprunter.

    Jean Antoine Mariani

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  • conseil_constitutionnel

     

    Le Conseil constitutionnel est un club profondément réactionnaire présidé par Jean-Louis Debré, depuis qu’il a quitté le perchoir de l’assemblée nationale. Il est constitué en grande majorité par des gens de droite. On les appelle les Sages, sans les nommer. Faites-en la liste avec les Debré, Sarkozy, Chirac, Giscard d’Estaing et compagnie ! Quel sage ? Les deux retraités cacochymes ? Les deux politiciens retors ?  

    Le 17 mai 2013, le groupe socialiste et Bruno Le Roux, son président, ont déposé une proposition de loi visant "à parachever la mutation du Conseil constitutionnel en véritable Cour constitutionnelle". Une proposition de loi qui n'a toujours pas été inscrite à l'ordre du jour du Parlement. On finit par se demander si le caractère profondément réactionnaire de ce club n’arrange pas la présidence de la République. Les conseillers, sous la houlette de Jean-Louis Debré entouré des anciens présidents de la république, font barrage à des lois pourtant votées par l’Assemblée nationale et le Sénat. On se souvient de la pénalisation du génocide arménien retoquée selon d’obscurs raisons pseudo-juridiques et la liste est longue des lois qui ont subi le même sort et notamment dans le domaine de la fiscalité. Aujourd’hui ce Club de retraités réactionnaires s’attaque aux Arrêtés Miot octroyant un régime fiscal spécial pour les successions en Corse. La ficelle est grosse : les gouvernements accordent des mesures réclamées et le Conseil constitutionnel les annule. C’est un scénario qui se reproduit de plus en plus fréquemment.

    La remise en cause des arrêtés Miot (qui avaient pourtant trouvé un compromis entre les élus corses et le gouvernement) est donc relancée par la torpille du Conseil constitutionnel. Elle a des prolongements politiques sur l’île. Le préfet de Corse a émis jeudi sur l'antenne de France Bleu RCFM, l'idée de l'examen d'un projet de loi pour régler le problème de l'indivision en Corse. Est-ce le second épisode d’une stratégie gouvernementale pour revenir sur le projet de réforme de la Constitution donnant plus d’autonomie à la Corse ? De quoi déclencher la colère des nationalistes car ce projet était réclamé par une large majorité d'élus insulaires, au premier rang desquels les autonomistes et les nationalistes. Le préfet parle-t-il en son nom propre ou bien au nom du gouvernement ? Un revirement du gouvernement aidé par la décision du Conseil constitutionnel va-t-il remettre en cause le nouveau processus de dialogue dont le coup d’envoi a été donné par le Chef de l'Etat lui même à l'occasion des célébrations du 70ème anniversaire de la Libération de la Corse ? Les propos du Préfet auraient-ils pour objectif de créer une fracture entre groupes nationalistes et au sein de l’Assemblée corse ?

    Le groupe Corsica libera a publié un communiqué signé par Jean-Guy Talamoni : Le groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse a pris connaissance des propositions du préfet en matière de fiscalité des successions. Sur le plan technique, la vacuité de l’idée développée est consternante. Sur le plan politique, la manœuvre est cousue de fil blanc. Il s’agit de contester ce qui apparaît désormais à l’ensemble des responsables corses comme une évidence : la nécessité d’une révision constitutionnelle. Pour le préfet, il faudrait traiter les spécificités corses à travers un nouveau droit commun français ! Le premier problème que pose cette intervention est que les élus légitimes de la Corse ont choisi une voie diamétralement opposée à celle préconisée par le préfet, et qu’ils l’ont fait à une majorité massive. Le second problème est qu’il n’appartient pas à un fonctionnaire de prendre le contre-pied des décisions politiques. Plutôt que d’interférer dans les discussions actuellement en cours entre les élus corses et ses supérieurs hiérarchiques , à savoir le gouvernement français, Monsieur le préfet serait mieux inspiré de s’occuper d’améliorer les résultats de son administration dans l’île, calamiteux à tous égards ».

    Au sein même des Nationalistes, ce dialogue n’est pas perçu par tous de la même manière et fait des vagues. Ce qui a rapproché les élus nationalistes et les élus autonomistes n’est pas du goût des militants qui se réclament de la « Conculta nazionale » et considèrent les « élus légitimes de la Corse » selon la terminologie employée dans le communiqué  comme des élus de France, des "élus du peuple français" et non pas du peuple corse. Selon les nationalistes purs et durs, cela a conduit les "indépendantistes" à n'être plus que les supplétifs de l'autonomisme, c'est à dire d'une politique d'intégration définitive du peuple corse dans la république française. Pour leur part, Ils continuent à mener un combat idéologique sans concession contre les politiques du renoncement. L’actualité politique de la Corse reste donc tournée vers la Constitution française et le statut spécial de la Corse.  

    Pour en revenir aux arrêtés Miot, le problème important sous-jacent est celui pratique de la mise à jour des cadastres en Corse avec le recensement des propriétés en indivision depuis des lustres. En ce qui concerne l’information, lorsque l’indivision est ancienne, des successeurs se plaignent de l’absence de réponses à leurs demandes de renseignements. On peut se poser la question du rôle que devraient jouer les maires pour identifier des descendants qui souvent ignorent l’existence d’une succession et pour éviter les éventuelles spoliations. Un énorme travail a été fait par des généalogistes et ce travail pourrait être utilisé pour certaines familles.

    Dans un communiqué de presse daté du 29 décembre 2013, le Conseil constitutionnel a donc annoncé qu'il rejetait une nouvelle fois la prolongation du régime fiscal dérogatoire dont bénéficie la Corse sur les droits de succession immobilières. Bon capu d’Annu ! Le conseil constitutionnel a envoyé ses vœux Exocet et souhaite que la Corse rapporte des taxes à l’Etat. Nous souhaitons que l’Etat économise les frais de ce Conseil trop réactionnaire, torpilleur et à l’écoute des lobbies.

    Les droits de succession à acquitter seraient un frein à la régularisation qui n’a pas besoin de cela dans l’état où elle se trouve pour un bon nombre de biens toujours dans l’indivision.  Il s’agit donc de laisser le temps (que le Conseil constitutionnel refuse) à cette régularisation et de faire appel aux héritiers pour qu’ils passent devant un notaire. La loi est claire sur ce point : nul ne peut être contraint à rester en indivision.

    Le Conseil constitutionnel a examiné d’office l’article 12 de loi de finances pour 2014 et bien sûr les dispositions concernant les droits de succession en Corse. Pourtant il s’agissait d’un retour au droit commun le 1er janvier 2018  adopté par l'Assemblée nationale, le 18 octobre dernier, y compris les trois amendements déposés par les députés corses relatifs à la législation des successions. Ainsi,  pendant encore dix ans, aurait été préservée une exonération partielle des droits de succession sur les biens immobiliers, donc jusqu’en 2023. Elle est retoquée.

    La décision du Conseil constitutionnel fera rentrer la Corse dans un régime de droit commun, avec une taxation portant sur 100% de la valeur des biens situés en Corse, dès le 1er janvier 2018. Auparavant les Corses devront s'acquitter de 50% des barèmes applicables dans le reste du pays. Rappelons que les biens acquis après 2002 en Corse sont déjà soumis de fait au régime de taxation de droit commun. La décision touche donc les indivisions anciennes sans laisser le temps de leur régularisation.

    Il serait peut-être temps de réformer ce Conseil qui abroge des lois votées par les deux assemblées d’élus et qui est un cimetière des éléphants aux décisions souvent incompréhensibles. Certaines abrogations non argumentées sont des atteintes à la démocratie parlementaire et portent la suspicion sur cette institution qui a déjà méprisé des femmes victimes de harcèlements sexuels en retoquant la loi réprimant ce délit (annulant ainsi toutes les affaires jugées) mais aussi les 1.500.000 morts du génocide arménien en ce qui concerne la loi de pénalisation de tous les génocides autres que la Shoah. Aujourd’hui, il traite avec mépris les Corses en refusant un simple délai pourtant nécessaire.

    Pidone

    Un autre article sur le Conseil constitutionnel  en cliquant ICI

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