• A en croire la presse régionale, la Corse a failli connaître une grande catastrophe à cause des grévistes de la Sncm. 400 tonnes de clémentines ont loupé de justesse la décharge sans l’intervention d’un chevalier blanc qui est venu à la rescousse, en l’occurrence le PDG de Corsicaferries. Quel heureux hasard ! Celui-ci, homme au grand cœur, ayant un sens profond de la solidarité, a proposé de mettre en service un bateau supplémentaire pour transporter les fameuses clémentines. Comme l’a dit quelqu’un on a assisté là à une véritable pantalonnade, afin de masquer les vrais problèmes et les responsabilités dans cette affaire. On peut comprendre l’inquiétude des producteurs et des petits transporteurs telle qu’elle a pu s’exprimer ces dernières 48 heures. Mais que représentent 400 tonnes de clémentines au regard de la liquidation possible de 4.000 emplois directs et indirects et ses conséquences sur l’économie insulaire ? La question mérite d’être posée. On souhaiterait que les pourfendeurs de grévistes mettent autant d’ardeur pour défendre la Sncm. Ce serait éminemment plus constructif. Rappelons à ces âmes bien nées qu’il existe un plan industriel pour la sauvegarde de la compagnie maritime, accepté par l’ensemble des partenaires, Etat, syndicats et direction. Et ce plan coûterait cher aux salariés. Un seul exemple : suppression de 500 postes de travail. La seule exigence des grévistes et de l’ensemble des syndicats, à l’exception du Stc, c’est la mise en œuvre rapide des dispositions du plan. Mais d’aucuns font la sourde oreille ou traînent les pieds, comme le gouvernement. A quoi jouent-ils ? Mais où est donc passé notre ministre du redressement productif ? Il est grand temps d’agir avant le début d’une catastrophe économique et sociale qui frapperait durement et pour longtemps la Corse. C’est le message que les grévistes envoient à ceux qui détiennent la clé du problème, en particulier le gouvernement dit socialiste.

    Jean Antoine Mariani

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  • 45 indignati avaient occupé pendant plusieurs semaines les aéroports de Bastia et d’Ajaccio. Travailleurs saisonniers, ils revendiquaient leur intégration dans la compagnie Air France. Nous avions en son temps suivi leur lutte exemplaire et rencontré plusieurs d’entre eux à l’aéroport d’Ajaccio. Nous avions également diffusé plusieurs interviewes sur notre site Manca alternativa*.

    En mars 2012, la cours d’appel de Bastia devait rejeter la demande d’intégration  au sein de la compagnie aérienne, tout en octroyant aux indignati des indemnités allant de 9.000 à 14.000 euros. Rappelons que la plupart de ces salariés n’ont toujours pas trouvé de travail et sont dans une situation précaire. Aussi, la décision de la cour de cassation d’Aix-en-Provence, de ce mardi 24 décembre 2013, leur apporte une grande bouffée d’air frais et quelques motifs de satisfaction. En effet, le jugement annule toutes les décisions de la cour d’appel de Bastia. Il se prononce pour l’intégration en CDI des 17 indignati de Bastia, dans la société Air France. En outre, la compagnie aérienne devra verser 15 millions d’euros d’astreinte, conformément aux décisions des prudhommes. Un nouveau jugement devrait être prononcé, probablement dans le même sens, pour les 28 indignati d’Ajaccio.

    Air France prend acte de la décision de la cour de cassation d’Aix-en-Provence et se dit prête à s’y conformer, tout en n’excluant pas la possibilité de faire rejuger l’affaire.

    Toutefois, nous saluons la décision qui a été prise et nous renouvelons notre soutien aux jeunes indignati de Bastia et d’Ajaccio. E una grande vittoria.

    Cumplimenti.

    * voir vidéos : http://www.youtube.com/watch?v=MfxodmKw0PU#t=33

                          http://www.youtube.com/watch?v=J5oSTZaM-P4

                          http://www.youtube.com/watch?v=jpMkd9tqzWA

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  •  

    Samedi 14 Décembre de 10 à 13 heures s’est tenue à Ajaccio une assemblée à l'initiative de « Manca alternativa, Gauche Alternative /FASE.»    Près de 25 participants.  Le Parti de Gauche, avait mandaté une représentation.

    L'ordre du jour comprenait un compte rendu des assises nationales qui se sont tenues les du 23 et 24 novembre à St Denis. Ces assises préparées de longue date ont donné son élan au mouvement « Ensemble » (Mouvement pour une alternative à gauche, écologique et solidaire...) dont Manca alternativa est partie prenante de par son affiliation à la FASE. Egalement le point sur l’enjeu des élections municipales et européennes et l’incidence sur la construction du FDG.

    Jean Pierre Bizo notre représentant à ces assises nous a exposé l'espoir suscité par la volonté affirmée par les parties prenantes (Alternatifs, Communistes Unitaires, Convergence et Alternative, FASE , Gauche Anticapitaliste et une partie de Gauche Unitaire) de conjuguer leur forces pour construire une alternative lisible, un troisième pilier au sein du Front de Gauche.   Étaient également présents à ces assises  des participants sans affiliation formelle mais d'expérience, comme des membres d'ATTAC, ainsi que d'autres personnalités qui ont illustré l’intérêt de permettre une adhésion directe au FDG.  Cette possibilité concerne également  des collectifs « affinitaires », une représentation par un quota de porte-parole étant retenue.

    Francis Peretti a ensuite exposé la forme politique qui détermine notre action. Renforcer le Front de Gauche en y prenant toute notre place et offrir une perspective à l'action politique ont été soulignés comme étant des nécessites impérieuses. On ne peut s’accommoder de la déliquescence de la situation politique, de « l'économie des privilèges » et du creusement des inégalités, de l'iniquité sociale liée au libéralisme débridé (qui se défausse par la désignation de boucs émissaires !)

    Ces points ont été développés par Jacques Casamarta qui a d'abord remercié les représentants du Parti de Gauche, du POI  et les participants issus d'autres  organisations syndicales, associatives ou culturelles. Il a exprimé la nécessité de « faire de la politique autrement » de valider d'autres pratiques en tirant enseignement des vécus et des expériences, de l’histoire de la gauche, des dérives du « socialisme » dans les pays de l’Est, mais aussi l’engagement et la responsabilité de la Sociale Démocratie dans les dérives libérales actuelles.

    L'échange avec et parmi les présents a pu exprimer la motivation  de remédier dans la mesure de nos moyens à la dislocation du corps social et de dénoncer la prédation capitaliste, ici comme ailleurs, que ce soit la dette illégitime ou les diktats de la « Troïka ».

    Dans la construction du rapport de force permettant l'audibilité de notre parole il a été évoqué le temps électoral, le sens que nous y lisons dans sa portée politique. Ce qui fait sens localement ne peut être détaché d'un contexte global et le municipal ne peut être détaché de ce qui conditionne son économie. Les choix de la cité, gestion de l'eau, transports, culture, environnement, autant de questions avec d’autres qui interpellent et sur lesquels il faut débattre et s’affirmer sur  « quelle politique », donc sur quels choix, voies et moyens pour la cité. Ces échanges ont amené à créer des Ateliers thématiques sur les transports (multimodal), l'eau et sa gestion, l'environnement, la culture et l'associatif; Une quinzaine de militants présents à la réunion et d’autres qui vont s’agréger vont se réunir, traiter les sujets et rendre compte lors d’une prochaine assemblée qui se tiendra fin janvier 2014.

    Enfin, sur proposition de notre collectif GAUCHE ALTERNATIVE/FASE et du PARTI de GAUCHE  une motion demandant l’annulation de la hausse de TVA prévue par le gouvernement au 1er Janvier 2014 a été adoptée après discussion. Ce texte sera publié sous forme d’appel aux élus. Il est demandé à ceux-ci de délibérer dans les conseils municipaux, départementaux et à l’assemblée de Corse. Patricia Curcio du Parti de Gauche proposera cette motion lors du prochain conseil municipal d’Ajaccio prévu la semaine prochaine.

     

    LES ATELIERS THEMATIQUES    

    Transports: Jean-Pierre Bizon, coordonnateur (jp.bizon@laposte.net.fr).              

    Eau:  Patricia Curcio (patricia.curcio@sfr.fr), coordonnatrice.

    Environnement: Jean-Pierre Lovichi (jplovichi12@yahoo.fr), coordonnateur.

    Culture et Associatif: Jacques Casamarta (jacques.casamarta@yahoo.fr), coordonnateur.          

    Les personnes intéressées par notre démarche peuvent s’inscrire dans un de ces ateliers en prenant contact  par email avec le coordonnateur, qui précisera le lieu de réunion, ou un des membres de la commission.

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  • LES BALKANS…

    LE MIEL ET LE SANG… 

    L’Association Per a Pace, Pour la Paix, en partenariat avec la Commission Internationale de la CCAS a organisé en octobre dernier, un séjour solidaire dans les Balkans.

    Un séjour sur le thème de l’altérité et du rapport à l’autre pour permettre à 15 participants de découvrir la richesse de pays voisins, les « Balkans » qui selon une étymologie populaire viendrait de deux mots turcs désignant le miel et le sang...Une découverte de pays quasiment frontaliers si proches et si éloignés à la fois. Macédoine, Albanie, Monténégro, Croatie, Bosnie Herzégovine et Serbie.

    Une région qui fait partie intégrante de l’Europe sur le plan géographique et qui reste pourtant encore méconnue. Un pays, la Yougoslavie, dont faisaient partie La Bosnie Herzégovine, le Monténégro, la Serbie, la Macédoine, connus de tous. Mais peu les situe de façon précise, paradoxalement ils ont marqué de leur empreinte l’histoire avec un grand H. Europe, Asie, Occident, Orient, Empire romain, Empire byzantin, Empire ottoman…Confessions différentes se côtoient, musulmane, catholique, orthodoxe…  Ambiance multi culturelle, multi ethnique, brassage des populations, une région riche de ces mélanges et pourtant toujours à vif, ne la surnommait-on pas à l’aube du vingtième siècle « la poudrière de l’Europe ».

    A la veille de la célébration du centenaire de la première guerre mondiale, Per a Pace a fait un retour sur l’histoire et a permis aux voyageurs de découvrir le cimetière français de Bitola (ex Monastir) ou 13000 soldats qui ont fait partie de l’armée d’Orient ont été inhumés, d’emprunter le « chemin de la 1ère guerre mondiale » qui sur les hauteurs de la ville explique les positions, les tranchées, la vie malgré tout. D’aborder les guerres balkaniques de 1912 et 1913 et de se retrouver à l’endroit où a eu lieu l’attentat de Sarajevo, en Bosnie, avec l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand qui déclenchera la « grande guerre », ce conflit qui connut un nombre de pertes en vies humaines sans précédent. Une rencontre hors du commun, à Drenovac, en Serbie, avec Zoran Radovanovic, passionné d’histoire et enseignant, qui depuis des années, collecte inlassablement des documents qui témoignent des relations entre la France et la Serbie et notamment le lien particulier avec la Corse et les 3000 réfugiés serbes qui ont été accueillis sur l’île pendant ces événements.

    …suivra la seconde guerre mondiale… guerres et conflits vont ensuite se succéder avec notamment en 1991, l’éclatement de la fédération yougoslave, la guerre en Bosnie Herzégovine en 1992 et en 1999 le conflit au Kosovo. Les stigmates toujours visibles dans chaque pays traversé ; Blockhaus, bâtiments détruits à cœur ouvert dans les villes, impacts encore visibles sur la plupart des façades, terrains toujours minés dans certains endroits…

    Une région presque oubliée, parce que compliquée à cerner, à appréhender… Une région à redécouvrir à travers les rapports humains. Au-delà de l’aspect historique très prégnant dans ce séjour, de nombreuses rencontres ont eu lieu : Culturelle avec la chorale « Stiv Naumov » de Bitola, présente en juin dernier en Corse. Solidaires avec le dépôt de la part des voyageurs, de matériel scolaire, chez Alma Camdzic, qui s’occupe à Kladanj en Bosnie, de l’association « Sunce na Dlanu » qui aide les enfants à oublier la guerre par la pratique d’activités d’éveil comme le dessin, la danse, la musique et la chanson. En Serbie, les voyageurs solidaires ont pu mesurer en y participant l’action menée, par Per a Pace qui, dans le cadre du développement durable et solidaire, a amené plus d’une trentaine de vélos pour une toute jeune association vélocipédiste de la ville de Sabac qui a pour souci de faire découvrir sa ville et sa région par un moyen de transport plus écologique et responsable.

    Un séjour solidaire très riche, que quelques lignes ne suffisent pas à résumer, chargé d’émotion.

    Des rencontres chaque jour, qui renforcent les liens et conforte l’association Per a Pace qui, depuis sa création, a décidé d’œuvrer pour qu’à la force des armes se substitue la force du dialogue et de la raison.

    En 2014, l’association participera aux différents événements qui célébreront le centenaire de la 1ère guerre mondiale avec une exposition, la venue de Zoran Radovanovic qui animera une conférence sur ce sujet et une création théâtrale «Lettres des Balkans » avec Théâtre Point.

    Pascale Larenaudie

     

     

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  • Nous n’avons pas été entendus. Les militants communistes d’Ajaccio se sont prononcés largement pour la reconduction d’une liste d’union avec Simon Renucci de Corse sociale démocrate, le Parti socialiste, des radicaux et autres personnalités, dès le premier tour de l’élection municipale. C’est leur droit le plus absolu. Donc acte. 

    Mais qu’il nous soit permis d’émettre quelques réserves sur la justesse de cette prise de position. Pour nous militants de la Fase (Manca alternativa), il s'agit d'une erreur tout à la fois politique et stratégique. Avec un tel engagement, le Parti communiste ne tourne-t-il pas le dos à la stratégie du Front de gauche qui consiste à dénoncer non seulement la nocivité de la politique du pouvoir socialiste, mais également à proposer une alternative novatrice à la crise actuelle ? 

    On ne peut pas dire une chose au plan national et dire son contraire au plan local. Tout est lié. Il en va de la crédibilité du Front de gauche.  Il y a là une contradiction qui risque d’ajouter de la confusion à la confusion ambiante et de décevoir de nouvelles couches de la population, en particulier celles qui avaient voté Mélenchon, lors des présidentielles. 

    Répétons-le, ces élections prendront un caractère national qu’on le veuille ou non. D’ailleurs, la droite et le Front national montent déjà au créneau. Ne pas voir cet enjeu, c’est faire preuve de cécité politique.

    Pour ce qui concerne Manca alternativa, nous nous en tenons à la stratégie définie par le Front de gauche, c'est-à-dire, entre autres, rompre avec le social libéralisme, inféodé à la Troïka et aux marchés financiers. Nous allons continuer à développer cette stratégie à Ajaccio et en Corse. Enfin, il n’est pas exclu la possibilité d’avoir une liste authentiquement de gauche, dès le premier tour de l’élection municipale, avec nos partenaires du Parti de gauche, des syndicalistes, des militants associatifs et toutes celles et tous ceux qui aspirent à un vrai changement, à changer de cap.

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  • La section ajacienne du Parti communiste nous a adressé un compte-rendu de la réunion du Front de gauche du 8 novembre. Nous le publions ci-dessous.

    Les délégations du Parti Communiste, de Manca Alternativa et du Parti de Gauche, se sont rencontrées   le  8 novembre 2013, dans le cadre du Front de Gauche. Un échange a eu sur la situation politique nationale, et a pointé des convergences au cours d'un débat fraternel, condamnant la politique d’austérité du gouvernement social libéral d’Ayrault /Hollande.

    Concernant les élections municipales 2014:

    La délégation du PCF a informé que les communistes de la ville d'Ajaccio doivent s'exprimer par un vote à bulletin  secret sur la stratégie à adoptée. C’est au terme de cette consultation que les résultats seront adoptés et communiqués.

    La délégation de Manca Alternativa  s'est prononcée clairement pour le soutien d'une liste Front de gauche au premier tour et  de  rassemblement au second tour.

    Le Parti de gauche idem.

    Les délégations ont souhaitée se rencontrer  sur les gros dossiers de société et d’actualité pour agir ensemble  dans le cadre du Front de gauche. Chaque parti gardant son autonomie de  décisions et d’actions.

    Les délégations :

    -La délégation du PCF était composée de Jean-Pierre MAGINOT, Serge GORI, Jacques PERONA

    -la délégation de Manca Alternativa : Francis PERETTI, Jean-Pierre ORSI,  Jacques CASAMARTA,  Jean-Pierre BIZON.

    -La délégation du parti de gauche: Patricia CURCIO, Marius  BATTESTI

    Ajaccio le 8 novembre 2013

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  • La SNCM accuserait un déficit d'exploitation de 14 millions et une décision européenne  la  condamne à rembourser 220 millions pour des aides jugées illégales au titre de la DSP 2007-2013.

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    Le feuilleton de la SNCM pourrait s’appeler « Le Sisyphe maritime ». Chaque fois que la compagnie va sortir la tête de l’eau, il y a toujours un pied prompt à l’enfoncer. Elle essaie de remonter sans cesse à la surface alors que ses actionnaires principaux ne font jamais l’effort quand il le faut, lorsqu’ il s’agit de renflouer définitivement le bateau. Le plan de sauvetage de la compagnie maritime a pourtant été entériné par son conseil d’administration le 20 juin dernier mais on ne lui laisse pas le temps d’être appliqué. Tout le monde s’y met, à commencer par la commission européenne qui, après avoir réclamé avec insistance le remboursement des 220 millions de subventions, vient d’annoncer une nouvelle couche de plusieurs millions d’euros. Du coté de la holding de l’actionnaire principal Transdev, après avoir annoncé tardivement vouloir honorer ses engagements financiers toujours retardés, Véolia aurait décidé de larguer les amarres en annonçant ne pas reprendre  les 66 % du capital de la compagnie de transport maritime détenus par sa filiale. Il n’est donc plus question de sa coentreprise avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).  Le PDG de Veolia, Antoine Frérot,  refuse toujours de payer pour une société que son prédécesseur Henri Proglio aurait reprise sous la pression de l’Etat, c’est-à-dire de Chirac et de Villepin. Enrico Porsia avait écrit à ce sujet dans un article sur son site Bakshish : « La tentative de liquider purement et simplement la compagnie nationale arriva, ensuite, avec le gouvernement De Villepin.Ce dernier avait imaginé  de privatiser la SNCM en la confiant à Butler Capital Partnersun fond d'investissement très proche de l'ancien premier ministre, qui envisageait purement et simplement de revendre par étages l'entreprise en récupérant une confortable plus-value en passant. Face à la mobilisation des salariés et face au risque de voir Marseille et la Corse s'embraser, le gouvernement avait changé son programme : Veolia devint l'actionnaire principal de la compagnie, désormais privatisée dans des conditions plus qu'opaques. Face aux pressions amicales exercées par De Villepin et même par le président Chirac, Henri Proglio, à l'époque patron de Veolia, avait accepté, mais… »

    « Ni Transdev ni Veolia ne sont solidaires des engagements de Proglio » reste le leitmotiv d’Alain Frérot. Le député Henri Emmanuelli, président de la commission de surveillance de la CDC avait déclaré devant les sénateurs le 16 juillet : « En tout état de cause, l’objectif de la Caisse des Dépôts n’est pas de revenir dans le capital de la SNCM. Nous n’en avons pas les moyens... » Pour Véolia :« La totalité des risques évoqués est susceptible d’impliquer une charge au niveau de la SNCM de l’ordre de 300 millions d’euros dans une hypothèse haute en 2013 ». Paul Giacobbi, président de l’Exécutif corse a menacé le 24 septembre Veolia de poursuite en responsabilité sur le passif de sa filiale indirecte, c’est-à-dire le remboursement des 220 millions d’euros à la CTC. Du côté de l’Etat, le premier Ministre fait le canard et a évité le sujet SNCM lors de son passage à Marseille vendredi dernier. La commission européenne ne lâchera pas le morceau et on dit déjà qu’elle ira jusque devant la Cour de Justice de l’UE, menace qui déboucherait sur la liquidation de la compagnie maritime, même si l’attitude attentiste de l’Etat en recule l’échéance. Un député européen non nommé par la presse aurait considéré que l'action de Bruxelles est « totalement imparable ». Dès lors, présage-t-il, « la seule question est : à quelle date la SNCM déposera le bilan?»

    Seule l'annonce en octobre 2012 d'un accord élevant la CDC au rang d'actionnaire majoritaire avait permis de ramener un peu de sérénité. L’augmentation de la participation de la Caisse au capital dépend de l'engagement pris par Veolia de reprendre en direct les 66 % du capital de la SNCM détenus par  sa filiale Transdev. Les passifs traînés portés par la compagnie maritime et l’acharnement de  la Commission européenne ont fait ralentir la concrétisation de cet accord, qui devait d'abord survenir cet été, puis a été repoussé à fin octobre avant d’être remis à nouveau en question. Depuis lors, de tergiversation en tergiversation, la clarification de l’actionnariat de la SNCM, avec le passage programmé de 50 % à 60 % de la part détenue par la CDC, semble à nouveau compromise et chacun s’en renvoie la responsabilité. Henri Emmanuelli, déjà très réticent sur la montée de la CDC au capital de la SNCM, menace maintenant de « reprendre les négociations à zéro »

    Le journaliste Pierre Verdi tient sa chronique du dossier SNCM et donne son analyse sur son blog « Pericolo sporgersi » dont nous conseillons la lecture pour aller plus au fond de ce dossier, en cliquant ICI

    On peut imaginer les atteintes au moral des marins et de tous les employés de cette compagnie qui a assuré jusqu’à maintenant la continuité territoriale. Une partie du personnel est déjà poussée vers la porte par un plan social et l’autre menacée de chômage à terme. Depuis des années, le personnel subit une douche écossaise intolérable.

    On note qu’une partie de la presse, prompte à fustiger la SNCM et son personnel, donne peu de place à la parole de ses salariés,  notamment à celle de la CGT, syndicat qui défend les emplois et dénonce les conditions injustes de concurrence dans lesquelles la SNCM a été placée depuis sa privatisation, ainsi que l’attitude irresponsable de l’Etat et des actionnaires. Ils ont vu leur compagnie nationale privatisée puis contestée par des compagnies Low Cost qui battent pavillon international, utilisent les paradis fiscaux et pratiquent le dumping social, tout en bénéficiant de subventions.  A croire que ce n’est pas le destin qui s’acharne sur cette compagnie gérée à l’emporte pièce mais des actionnaires  déficients, les lobbies ultralibéraux et ceux de sociétés offshores. La SNCM et ses subventions sont aussi un enjeu politique pour les Nationalistes qui militent pour une compagnie à 100% corse dans un but politique sans tenir compte de la faisabilité et de la viabilité d’un tel projet. Cette option indépendantiste ne tient pas compte de l’avenir de l’ensemble des personnels de la SNCM. Elle est portée par le Syndicat des Travailleurs Corses minoritaire au sein de l’entreprise. Toutefois l'Exécutif de Corse a créé une commission pour réfléchir sérieusement à la création d'une compagnie régionale publique. A croire que l’idée a fait son chemin chez nos élus dans la foulée des dernières avancées autonomistes votées par l’Assemblée corse. A penser aussi peut-être que les échéances électorales y soient pour quelque chose.

    Frédéric Alpozzo, secrétaire de la CGT des Marins SNCM, ne cesse de réclamer une vraie politique de service public avec la nécessaire régulation des trafics sur l'ensemble de la desserte maritime et le respect des règles sociales et fiscales par toutes les compagnies maritimes et employeurs concernés.Il a déclaré le 22 octobre dans un entretien Nice Matin : « nous avons fait des propositions en vue des prochains choix de la CTC les 8 et 9 novembre pour les liaisons entre Toulon, Nice et la Corse ». Rappelons que ces lignes maritimes ont été sorties de l’appel d’offres en 2002, lignes sur les quelles une « aide sociale » a été mise en place, c’est-à-dire une subvention par passager dans les catégories « jeunes, vieux, familles et résidants dans l’île ».  Cette aide a donc profité aux compagnies low cost sans contrôle de leurs comptes. Il a même été soulevé par le journaliste Enrico Porsia, que la Corsica Ferries, battant pavillon panaméen,  n’encaissait pas directement l’aide sociale qui serait réglée par la CTC à sa holding italo-suisse Lozali S.A,  propriétaire des navires jaunes et dont le siège est en Suisse. Il s’interroge : « Pourquoi l'Etat n'est-il jamais intervenu, alors que les bateaux jaunes perçoivent des subventions publiques françaises  et  que le holding de tête du groupe communément appelé Corsica Ferries est barricadé derrière le secret fiscal des banques suisses et s'exempte même de publier ses comptes? » Et  il ajoute : « En lisant le document confidentiel de l'IGF, signé par  l’inspecteur des finances Christophe Baulinet, nous découvrons que les services de l’Etat, depuis 2007 n'ont contrôlé qu'une seule compagnie maritime… la Sncm! Quant aux italo - suisses de la Corsica Ferries, dès 2007 et jusqu' à la  remise du rapport de l'IGF, le 16 mars 2012, personne n'a jamais vérifié si ils étaient en règle avec le paiement de la taxe sur les transports ou pas. En l'absence de contrôles, difficile, si non impossible, de savoir qui sont les fraudeurs qui ont creusé un trou de 3 millions d'euros par an dans les caisses de la collectivité territoriale ».

    La CGT des marins de la SNCM est un syndicat représentatif des luttes syndicales au sein de la SNCM depuis l’origine de ses difficultés en commençant par le premier projet de vente à un fonds d’investissement et de vente à la découpe. Ce syndicat a toujours dénoncé un projet strictement financier (sans stratégie de développement et sans considération pour le capital humain de l’entreprise) qui est resté sous-jacent et n’aurait jamais été réellement abandonné. En août dernier, les résultats des élections de délégués de bord (Marins) avec tous les navires en flotte ont été favorable à la CGT Marins qui a progressé de façon importante avec près de 60 % des voix et des sièges (800 votants pour la CGT), le SAMMM a progressé aussi, l’ALTERNANCE qui regroupe le STC la CFDT et la CFTC a chuté à 25% des sièges et 28% des voix.  Le STC, favorable à une compagnie insulaire,  représente un peu moins de 10% des voix.

    On a souvent reproché aux marins de la SNCM des grèves alors qu’elles sont leur seul moyen de pression face à tous ceux qui, pour des raisons diverses, veulent la fin d’une entreprise qui fait le lien entre les Corses du Continent et ceux résidants sur l’île. Combien de Corses ont eu des parents marins sur les bateaux de la SNCM, et avant sur ceux de la COMPAGNIE GENERALE TRANSMEDITERRANEENNE, de la COMPAGNIE GENERALE TRANSATLANTIQUE (La TRANSAT), de  la COMPAGNIE GENERALE MARITIME et plus loin encore des MESSAGERIES MARITIMES? Comme toutes ces compagnies qui l’ont précédée, la SNCM n’est pas la Corse mais elle fait partie de l’histoire maritime de la Corse et des Corses, d’une généalogie de marins corses,  ce qui n’est pas le cas de la Corsica Ferries notamment. 

    Matalone

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  • fdg

    Les différentes composantes du Front de gauche (Parti de gauche, Parti communiste, Manca alternativa-Fase) se sont réunies à Ajaccio, vendredi 8 novembre, au Bar le Capitole, place Abbatucci. C’est une première qui mérite d’être soulignée. Jusqu’à présent le Front de gauche était assimilé, du moins en Corse, au Parti communiste. Cette rencontre met fin à des années d’ignorances réciproques et permet d’ouvrir la perspective d’une coordination plus que jamais nécessaire dans un contexte caractérisé par une aggravation sans précédent de la crise.

    Une analyse unanimement partagée

    La discussion a été intéressante à plus d’un titre. Beaucoup de points de convergence ont été notés, sans pour autant occulter les divergences. Les différents intervenants se sont retrouvés sur l’analyse de la situation actuelle. La crise perdure. La politique menée par François Hollande et son gouvernement, grandement inspirée par la Troïka et les marchés financiers, loin d’apporter des réponses positives, l’aggrave encre davantage. Le chômage s’accentue, y compris et surtout en Corse. La défiance des Français à l’égard du pouvoir socialiste est de plus en plus marquée. Un seul exemple. La descente aux enfers du président de la république dans les sondages. Les intervenants se sont accordés à souligner que François Hollande a tourné le dos à ses engagements de campagne et a trompé senza vergogna ceux qui ont contribué à sa victoire. Comme il faut appeler un chat un chat, la politique actuellement menée ne saurait être qualifiée de gauche. N’ayons pas peur des mots. Elle est dans la continuité de celle menée par Nicolas Sarkozy. Le Front de gauche se doit donc de dénoncer avec force cette politique qui jette un discrédit sur l’ensemble de la vraie gauche.

    Les Municipales, une différence d’appréciation

    Par contre, lors de la rencontre, on devait noter une différence d’appréciation concernant les prochaines élections municipales. Deux approches se sont confrontées. L’une, soutenue par les responsables du parti communiste à Ajaccio, consiste à dire que les Municipales doivent être déconnectées du national et par voie de conséquence, qu’il est souhaitable de rempiler avec l’équipe sortante conduite par Simon Renucci. L’argument ? Il faut avant tout tenir compte du bilan de cette équipe. Positif, est-il affirmé. Et d’ajouter que les électeurs, même s’ils ont des griefs à formuler contre le pouvoir national en place, se détermineront exclusivement sur des enjeux locaux ! Toutefois, cette position n’est pas encore définitive. L’ensemble des communistes encartés d’Ajaccio doit se prononcer le 14 novembre prochain.

    Une deuxième appréciation a été formulée par les représentants des autres composantes du Front de gauche (Manca alternativa, Parti de gauche). Ces derniers considèrent qu’on ne peut pas déconnecter le local du national. Tout est lié. Pour plusieurs raisons. Les communes bénéficient de dotations de l’Etat. Celles-ci diminuent singulièrement et ont un impact direct sur les politiques municipales. C’est également valable pour Ajaccio. Ensuite, il faut tenir compte de l’état d’esprit du pays. La droite et le Front national montent au créneau pour faire des Municipales un test contre le pouvoir socialiste ou dit socialiste. D’ailleurs, les différentes élections partielles de ces derniers mois ont servi de révélateur. Les électeurs ont lourdement sanctionné le gouvernement, soit en votant pour la droite ou le Front national, soit en se réfugiant massivement dans l’abstention. Doit-on rester à l’écart de la grande bataille politique qui s’engage déjà et se contenter de parler parking, trottoirs ou autres préoccupations locales ? Doit-on se contenter de quelques sièges au sein d’un conseil municipal et se dire qu’on a bien travaillé ? Doit-on se fourvoyer dans une opération électorale pas toujours très claire ? Que penser par exemple de certaines personnalités sollicitées par le maire sortant pour figurer sur sa future liste ? Que penser également de la présence de Simon Renucci sur la place Foch lors du passage de Marine Le Pen, sinon la considérer comme une contribution, certes involontaire, à la campagne de dédiabolisation du Front national, à l’instar des media ? Ou encore cette embrassade devant les caméras de Via Stella avec un candidat du parti de la haine ?  Il convient donc de s’inscrire dans une démarche nationale dans la plus grande clarté et senza cumbinazione. Toute ambiguïté serait fatale pour les vraies forces de gauche. Attention aux lendemains qui déchantent. Cette démarche s’appuie sur au moins trois objectifs : Montrer la nocivité de la politique actuelle, combattre les prétentions et les campagnes odieuses de la droite et du Front national et proposer une autre politique, radicalement à gauche et anti capitaliste, sans pour autant négliger les besoins de la population au niveau local. Dernier point. Peut-on rejeter les orientations du pouvoir au plan national et dans le même temps nouer des alliances dès le premier tour des Municipales avec les représentants locaux de ce même pouvoir ? Sur la base de ces appréciations Manca alternativa et le Parti de gauche réitèrent leur proposition de présenter une liste autonome du Front de gauche dès le premier tour des Municipales à Ajaccio.

    Les différentes composantes du Front de gauche ont décidé de se retrouver dans les prochaines semaines afin de poursuivre la réflexion sur la nécessité d’une structure de coordination et d’envisager des actions communes contre la politique gouvernementale et le danger que représente la montée du Fnhaine et pour des propositions alternatives crédibles, ancrées résolument à gauche.

    Participaient à la rencontre : Parti de gauche : Patricia Curcio, Marius Battesti, Parti Communiste : Jean-Pierre Maginot, Serge Gori, Jacques Perona, Manca alternativa : Jean-Pierre Bizon, Jacques Casamarta, Jean-Pierre Orsi, Francis Peretti

    Ajaccio, 9 novembre 2013

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  • pommeFN

    Le Front national est devenu la boussole politique de la droite et de la majorité. Marine Le Pen est venu inaugurer la permanence du candidat FN aux municipales d’Ajaccio. Elle a son agence de tourisme politique en Corse. Le maire social-démocrate, Simon Renucci, est venu la saluer,  tout en soulignant qu'il ne partageait pas ses idées. Il a aussi embrassé amicalement le candidat du FN…La démarche du maire sortant n’en reste pas moins un gage d’honorabilité donné à un parti xénophobe et jacobin à l’extrême. Nous avons en outre noté que le reporteur de Fr3  Corse  envoyé sur place a parlé d’un accueil chaleureux alors que quelques petites dizaines de fans se sont déplacés (moins de cent). Le marché était désert et peu de marchands étaient présents à l’heure du passage de la délégation du FN. La promotion de la vague bleu Marine est  assurée sur le plan national mais aussi local par un fonctionnaire de l’audiovisuel et un maire de la majorité présidentielle.

    Marine Le Pen est arrivée deuxième aux Présidentielles dans les urnes ajacciennes. Lors des législatives qui ont suivi, le candidat FN, le secrétaire exécutif du Front National de Corse-du-Sud, a obtenu plus de 10% des voix à Ajaccio au premier tour, doublant presque le score FN de 2007. Si les élus corses et la presse locale continuent à dédiaboliser le FN, le réveil risque d’être douloureux en mars prochain et aux élections européennes qui suivront. A force de jouer avec la flamme FN, ils vont se brûler les doigts car le « vote utile » risque de ne pas jouer le rôle d’extincteur pour sauver les pyromanes.

    Le débatteur sirupeux du FN Florian Philippot peut s’évertuer à badigeonner de vernis l’image du FN, Marine Le Pen est là pour craqueler la fine couche hypocrite. Il faut bien les écouter pour comprendre que, sous les mots choisis à Droite ou empruntés à Gauche, l’idéologie reste la même. Il faut dire que la dédiabolisation du FN se fait maintenant sans Marine Le Pen et la xénophobie s’est installée dans le débat public. Après la droite décomplexée, nous avons l’extrême-droite décomplexée.  Le résultat est là. Il apparaît dans les discours et les actes de malveillance. Il a atteint son apogée avec l’affaire Leonarda qui a renforcé le racisme et la xénophobie et apparaît comme une manipulation médiatique honteuse contre tous les mineurs étrangers scolarisés en France. Comme le souhaitait le Front national, on a fait de l’étranger le « bouc-émissaire ». On connaît pourtant ce type de dérive qui a conduit jadis au nazisme et au fascisme. Tout cela sent la moisissure historique de la pomme de la discorde.

    Comment le FN peut-il s’implanter en Corse ? Il bénéficie de la dédiabolisation médiatique et de la banalisation de la xénophobie. Sans doute vient-il récolter en Corse le fruit pourri des inscriptions « Arabi fora ! » mais ce serait caricatural, même si l’islamophobie joue son rôle dans la vague bleu Marine venue s’échouer sur les plages insulaires avec ses méduses. Les choses sont certainement plus complexes en Corse, archipel politique où rien n’est simple si on en explore les arcanes. Il faut que chaque Corse, chaque parti ou mouvement politique démocratique et humaniste revisite l’histoire de la Corse qui ne peut justifier l’exclusion de ceux qui sont venus pacifiquement repeupler la Corse, y travailler et la défendre. Des Ajacciens sont d’origine sarde. Ils ne devraient pas oublier leur difficile intégration dans la cité impériale à l’époque du lieu que les Ajacciens appelaient la Sardasila[1] et qui a été remplacé par l’immeuble Diamant III. A chacun de s’interroger sur ses origines et leur histoire. Par ailleurs, les Corses se battent contre le Jacobisme depuis des décennies et, après une décentralisation obtenue et évolutive, se jetteraient dans les bras des Jacobins radicaux. Quelle généalogie politique pourrait lier une famille corse à la famille Le Pen ? Aucune si ce n’est militaire dans la colonisation des peuples dont le FN fait aujourd’hui les bouc-émissaires d’une politique basée sur la xénophobie drapée dans la « préférence nationale ». De quel nationalisme s’agit-il ? Il suffit de vouloir regarder les groupuscules qui gravitent autour du FN et les insultes racistes proférées sur la Toile par ses sympathisants pour répondre à la question.

    Les prochaines élections sont les Municipales. Pour connaître les conséquences de l’élection d’un maire FN, il faut ’aller voir dans des villes gérées  par le FN…  Des accidents électoraux ! Toulon, Vitrolles, Marignane. Au delà d’une gestion calamiteuse, les maires FN ont pratiqué la chasse aux sorcières et la sélection idéologique dans l’attribution des subventions. Ils n’ont fait qu’aggraver les tensions au sein des populations en mettant une chape de plomb sur la vie communale.  Le seul maire qui se soit maintenu est celui d’Oranges. Il a quitté le FN depuis longtemps. Il est toutefois connu pour sa gestion autoritaire et le mépris affiché envers ses opposants. Le changement d’étiquette n’a pas modifié le fond de ce personnage contestable.   Tout cela préfigure ce qui se passerait dans d’autres villes si le FN entrait dans des municipalités par la grande porte que d’aucuns lui ouvrent imprudemment...

    Fucone



    [1] C’était un asile, ue sorte de soupe populaire pour les miséreux. Les Ajacciens l’ont appelé « Sardasila » parce qu’il était fréquenté en majorité par des Sardes. La contraction des deux mots peut traduire une affection bourrue mais il a aussi une connotation péjorative et même méprisante avec celui de sardaille (populace sarde).

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  • asterix_figatellix

     

    En mars 2014, les élections municipales seront le théâtre des promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. Des listes concoctées dans les coulisses des partis politiques solliciteront les suffrages des Ajacciens. A l’occasion des élections municipales du 19 décembre 1954, un journaliste de « L’informateur » qui signait « Diogène » avait imaginé le manifeste d’une liste imaginaire baptisée « Comité Ajaccien Contre les Abus ».  Il y aura bientôt 49 ans,  ce manifeste était rédigé comme suit :

    ELECTIONS MUNIICIPALES du 19 Décembre 1954.

    Comité Ajaccien Contre les Abus (C.A.C.A)
     AJACCIENS, AJACIENNES,
     
    Dans notre petite ville de 33.000 habitants (y compris les recensés pour les besoins de  la cause), 124 citoyens réclament vos suffrages…
    Plus on est de fous, plus on rit !
    En vertu du vieil adage, le C.A.C.A présente lui aussi ses 31 candidats… jeunes, dynamiques, au printemps de leur vie, ils mettront leur ardeur et leur virilité au service du bien public.
    Depuis un demi-siècle, les hommes stériles qui ont occupé l’Hôtel de ville vous ont promis : la stérilisation de la Gravona, la démolition du vieux séminaire et autres travaux d’utilité publique qui n’ont pas été et ne seront jamais réalisés.
    Nous pouvons nous vous promettre beaucoup mieux :
    La Gravona, comme la Seine, est un fleuve navigable à condition de l’élargir et  l’additionner d’eau. Grâce à nous, vous pourrez, dans un avenir prochain, aller d’AJACCIO à VIZZAVONA en bateau-mouche.
    L’immeuble du Vieux séminaire, objet de tant de discussions et de litiges ne sera pas démolis ! Nous le transformerons en un monumental chalet de nécessité, avec entrée payante, digne de notre cité impériale et à la mesure de l’incontinence de ses habitants !
    Nous ne pouvons exposer ici en entier notre programme vaste et éminemment constructif.
    Qu’il nous suffise en passant d’apaiser les craintes de la corporation des joueurs professionnels de poker, qui compte dans notre ville tant d’estimables personnalités : nous prévoyons pour eux la retraite des vieux travailleurs avec péréquation.
     
    CITOYENNES et CITOYENS, des signes avant coureurs annoncent notre victoire ! Le C.A.C.A submergera AJACCIO !

    Vive la république ! Vive l’Empereur ! »

    Bien sûr, il s’agissait d’une macagna, un canular qui voulait mettre en garde contre les fausses promesses électorales dont font assaut les candidats en campagne électorale. A Ajaccio, la campagne s’est déjà ouverte avec une bataille des chiffres en perspective annoncée par les premiers assauts entre PS et UMP. Simon Renucci défendra son bilan et le candidat UMP promettra de mieux faire, estimant déjà que les dépenses salariales ont été trop importantes. Ce dernier reste dans la logique droitière de la réduction du nombre des fonctionnaires. Il prétend dépenser mieux et moins avant de promettre de travailler plus pour gagner moins aux employés municipaux moins nombreux. Chacun cherche et trouve des alliances qui feront le jeu du bipartisme pour avoir quelques strapontins. Sur l’ensemble de l’île, les alliances se font donc ou ne se font pas dans la plus grande confusion.  Au-delà des enjeux locaux,  du clientélisme et des unions de personnes, les élections municipales concernent tout le territoire national. Leurs résultats peuvent infléchir la politique du gouvernement et du chef de l’Etat. En, faisant appel à l’esprit de clocher, on veut faire croire aux électeurs que ces élections ne concernent que les communes alors que les maires sont des grands électeurs nationaux qui participent notamment aux élections sénatoriales. Il n’est d’ailleurs par rare que le maire d’une grande ville soit aussi sénateur ou cumule d’autres mandats électifs. Tous les hommes politiques sont rattachés à des appareils et ont donc embrassé les programmes de leurs partis et de leurs leaders. Lorsque l’électeur vote pour un candidat du Front national, c’est la politique xénophobe de ce parti qui sera imposée sur le plan local avec des tensions et les conséquences graves sur le « vivre ensemble » mais aussi sur l’économie de la commune. Un candidat de l’UMP voudra appliquer la politique libérale en ayant recours aux sociétés privées au détriment des services communaux. Il pourra ainsi multiplier les marchés publics et favoriser le clientélisme auprès des entrepreneurs. Si Nicolas Sarkozy se représente aux Présidentielles de 2017, le maire UMP fera campagne pour l’ancien Président de la république comme les maires socialistes pour François Hollande.  Il ne faut pas perdre de vue que les politiques nationales ont plus d’incidences sur la vie de chacun de nous que les politiques locales. Ce ne sont pas les promesses d’un nouveau parking ou la construction d’un crématorium qui changeront la vie du chômeur et de ceux ou celles qui vivent d’emplois précaires. Ce ne sont pas les PLU arrangés par les maires avec la connivence des préfets qui stopperont la spéculation immobilière tant que l’Etat se fera complice et ne fera pas respecter la loi sur le littoral et les sites remarquables. Ce ne sont pas quelques caméras et policiers municipaux qui viendront à bout du sentiment d’insécurité. La sécurité est surtout du ressort de la justice,  de la police et de la gendarmerie qui sont les institutions nationales disposant des moyens juridiques et des compétences nécessaires. En outre, ce n’est pas un conseil municipal qui changera les mœurs politiques pour que cesse la corruption. La question du mode de scrutin majoritaire devenu obsolète dans une démocratie moderne et l’introduction de la proportionnelle doivent faire l’objet d’une loi et non d’un arrêté municipal. C'est l'Etat et ses gouvernements qui contrôlent en grande partie les finances locales et son contrôle s'est accentué depuis la suppression de la taxe professionnelle. C'est l'Etat et le pouvoir législatif qui mettent de nouvelles charges sur les comptes des communes. On pourrait multiplier les exemples…  Les  problèmes locaux importants trouvent leurs vraies solutions dans la politique nationale au niveau du pouvoir législatif, de l’exécutif et du chef de l’Etat.

    Même si la Gravona n‘est pas la Seine et si l’on peut y faire du pédalo, les prochaines élections municipales ont donc bien un principal enjeu national qui devrait exclure les alliances de personnes au détriment des idéaux et de la justice sociale. Ce ne sera pas une bataille fluviale entre deux bateaux-mouches si le pluralisme s’impose. Pour que les choses évoluent, il ne s’agit pas de déclencher une tempête dans un verre d’eau mais de faire bouger les lignes. Ce sont les alliances qui conduisent à l’immobilisme et participent aux croisières du  bipartisme. Il ne sert à rien de se cacher derrière son pavillon local pour espérer échapper à l’alternance programmée de l’UMP et du PS mais aussi à une situation qui profite au FN.  Les quelques maires FN déjà élus ont montré leur gestion catastrophique dans quelques communes. On sait donc où mène le chant des sirènes xénophobes. Voter pour un candidat FN, c’est adhérer au discours de Marine et Jean-Marie Le Pen. Voter pour un candidat UMP, c’est cautionner la politique antisociale de Sarkozy. Voter pour un candidat PS, c’est cautionner celle de François Hollande sans vouloir l’infléchir. Voter pour un candidat nationaliste, c’est espérer l’autonomie puis l’indépendance de la Corse. S’abstenir serait un acte politique si un parti des abstentionnistes prenait place dans la vie politique en mettant en cause la légitimité des élections en dessous de 50% de suffrages exprimés. Ce n’est pas le cas et l’abstention ne fait qu’entretenir une situation pourtant refusée par les abstentionnistes. Les choses doivent être dites clairement aux électeurs : les Municipales auront une incidence sur la politique nationale de la France en l’infléchissant à gauche ou à droite. Si c’est à droite, cela ne fera qu’aggraver les mesures antisociales déjà prises par Sarkozy et poursuivie par  Hollande. Si le changement n’a pas été « maintenant » comme promis, il faut donc l’obtenir pour demain en ne ratant pas les rendez-vous dans les isoloirs des bureaux de vote, dès mars 2014. Dans la BD « Asterix en Corse », on relève un dialogue entre ce héros qui dit à Figatellix : « Chez vous les urnes sont pleines avant les élections ! » et le Corse lui répond : « Oui mais on les jette à la mer sans les ouvrir. Et, après. C’est le plus fort qui gagne. Une coutume de chez nous. » Il ne faudrait pas encore et encore que le résultat des élections soit le même que cette plaisanterie en perpétuant les clans et les fiefs.  « L’humain d’abord ! » Voilà le message à faire passer sur le plan local et national en sachant que « La vérité est si obscurcie en ces temps [nous ajouterons : de campagne électorale] et le mensonge si établi, qu'à moins d'aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître. » (Pascal).

    Mancone

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