• Des insoumis, oui. Des dévots, non

     

     

    Faï de ben a Bertrand, te lo rendrà en caguant

                                                                                                                                                                                                                                      

       Cette célèbre phrase en provençal et très poétique – Fait du bien à Bertrand, il te le rend en caguant, in francese -  s'appliquerait à merveille à tous les militants et amis de Manca alternativa et de la Corse insoumise en guise de remerciement pour s’être engagés sans compter pendant les campagnes présidentielle et législatives, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier particulièrement reconnaissant, s’est en effet déchaîné – c’est un euphémisme – contre la seule liste de gauche qui se présente dans le cadre des prochaines élections territoriales des 3 et 10 décembre 2017. Cela a débuté le 3 septembre dernier. U patro de la France insoumise s’est fendu d’un tweet dans lequel il condamnait un éventuel accord entre la Corse insoumise, le Parti communiste, Manca alternativa et des militants syndicaux, associatifs et culturels. « C’est de la tambouille politique », déclarait-il. Quelle mouche avait alors piqué Jean-Luc Mélenchon, d’autant plus qu’il nous avait habitué à des postures nettement plus brillantes et positives ? Il est vrai qu’il rentrait d’un séjour à la Réunion. En tout cas, la rudesse des propos ont profondément choqué les militants corses dans leur grande majorité. Propos jugés inqualifiables et blessants. Mais Jean-Luc Mélenchon n’en est pas resté là. Le voici qu’il récidive, avec la même violence et le même mépris pour des gens qui ont combattu et combattent sans rien lâcher, toutes les politiques d’austérité et de régression sociale menées depuis des décennies dans notre pays, par les gouvernements successifs. Et ce dans son blog, le 7 novembre. (Voir l’intégralité du texte consacré à la Corse, en annexe). Des gens qui dans notre île combattent également la casta, la pulitichella et proposent une véritable alternative de gauche pour sortir notre île de son sous-développement. Citons quelques gracieusetés qui sont distribuées allègrement. La constitution d’une liste de rassemblement pour les territoriales serait «  une pauvre tambouille qui tourne le dos à toutes les grandes questions qui se posent à la Corse » ! L’allégation est osée. Jean-Luc Mélenchon connaît-il réellement ces grandes questions, connaît-il le programme de la liste l'Avenir, la Corse en commun? Pour les organisations incriminées qui ont choisi l’unité, dans la diversité, la clarté et le rejet de toute compromission avec qui que ce soit, ces grandes questions, ce sont la question sociale, la lutte contre la pauvreté, le logement social, la relance de l’agriculture, la création d’emplois utiles, la santé, l’emploi des jeunes, la lutte contre la spéculation foncière et immobilière, la lutte contre l’affairisme et le clientélisme qui ont pourri la Corse. Arrêtons là la liste. Mais que raconte donc Jean-Luc Mélenchon ? Pourquoi un tel comportement à la veille d’une échéance fondamentale pour l’avenir de notre île ? Que recherche-t-il ? Liquider ce qui reste encore en Corse de la vraie gauche ?

    Autre gracieuseté. « Je déplore que la liste Pcf et des anciens communistes en Corse joue une misérable usurpation de notre sigle. Car oui, une fois de plus, cette méthode de l’usurpation d’identité est utilisée » ! C’est de la divagation, voire de la calomnie pure et simple. La liste de rassemblement s’intitule l’Avenir, la Corse en commun. L’Avvene, a Corsica in cumunu. En aucun cas, il est fait référence à La France insoumise. En aucun cas, il est utilisé le fameux phi.

    Pour couronner le tout, Jean-Luc Mélechon se propose de rencontrer les trois députés nationalistes siégeant à l’Assemblée nationale. C’est son droit. Mais dans le contexte actuel, cette rencontre est particulièrement inopportune. Elle apparaît comme un soutien implicite à des gens – dans leur majorité – qui se déclarent pour l’Europe libérale et qui s’accommodent fort bien du système actuel sous couvert de revendications identitaires. D'aucuns parlent même d'un coup de poignard dans le dos des partisans de la liste de gauche. Rappelons à Jean-Luc Mélenchon que les trois députés nationalistes se sont abstenus lors du vote sur les ordonnances du travail, à l’Assemblée nationale. Les salariés corses apprécieront.

    Dernier point, dans ses amabilités, Jean-Luc Mélenchon a étrangement oublié de s'en prendre aux représentants de la droite traditionnelle et aux prosélytes de la pensée macronienne qui ont une lourde responsabilité dans la situation sociale et économique de la grande majorité des Corses. Comme c'est bizarre.

    A force de dénigrer ceux qui ne pensent pas tout à fait comme lui, u patro risque d’éloigner de la France insoumise des dizaines de milliers de militants prêts à se battre pour une véritable alternative de gauche dans notre pays, pour une rupture avec le système capitaliste. Comme il risque de mettre à mal la construction d’un grand mouvement pour la transformation sociale, économique, politique et écologique dont le pays à grandement besoin. Attenzione, La roche tarpéienne n’est pas loin du Capitole.

    Les partisans de la liste l'Avvene, a Corsica in cumunu, étant des insoumis et non des dévots, vont continuer la lutte pour une Corse plus démocratique, plus solidaire et plus fraternelle, malgré les multiples adversités et autres attaques calomnieuses.

     

    Maria Maddalena Lanteri

     

    Extrait du blog de Jean-Luc Mélenchon, du 7 novembre 2017

    "C’est pourquoi je déplore que la liste du PCF et des anciens communistes en Corse joue une misérable usurpation de notre sigle. Car oui, une fois de plus, cette méthode de l’usurpation d’identité est utilisée. Il s’agit de cette façon de nous « obliger à soutenir la liste » comme le confient les manipulateurs aux représentants du journal du PCF, L’Humanité. Cette pauvre tambouille tourne le dos à toutes les grandes questions qui se posent en Corse à partir du vote des législatives. J’admets que le PCF et ses alliés fassent leur liste. C’est bien leur droit le plus strict. Mais pourquoi vouloir faire croire que « La  France insoumise » en est partie prenante comme l’a déclaré le porte-parole du PCF au nom de la direction de ce parti, aggravant par une nouvelle provocation le divorce déjà consommé entre nous ? C’est une fois de plus une détestable méthode. Je crois que les électeurs en Corse sanctionneront cette façon de tenter de les duper. Pour ma part, refusant cet enfermement lamentable, je rencontrerai bientôt les députés autonomistes Corse pour échanger avec eux et comprendre leur démarche. Le sérieux de la situation Corse mérite de ne ménager aucun effort de pour comprendre et avancer dans le but de continuer la vie commune. Car ce doit être là la seule obsession."

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