• Du choc de compétitivité au choc de confiance

     

    Ca y est, le rapport Gallois est enfin entre les mains du premier ministre. Il a été rendu public ce 5 novembre par l’auteur lui-même. Rien de bien nouveau sous la grisaille ambiante. Louis Gallois confirme plusieurs propositions déjà dans l’air, comme par exemple, l’exonération des cotisations (patronales et salariales) pour un montant de 30 milliards d’euros. Comment va-t-on financer cette exonération ? En augmentant la Tva et la Csg, tout simplement. Il fallait y penser. En outre, l’ancien Pdg d’Eads et de la Sncf préconise de reprendre les recherches sur les gaz de schistes en France. Epineux problème aux conséquences insoupçonnables pour l’environnement, déjà bien malmené. Il retient aussi trois priorités : promotion des technologies génériques, de la santé et de l’économie du vivant et de la transition énergétique. Enfin, Louis Gallois propose que les salariés participent, avec voix délibérative, aux conseils d’administration des entreprises de plus de cinq mille personnes. Les patrons vont trembler.

    Voilà pour l’essentiel, les propositions du fameux rapport. Rien de bien nouveau, donc. Ce rapport s’inscrit parfaitement dans la logique libérale et financière actuelle. Il prolonge tout simplement les mesures prises par Sarkozy. D’ailleurs, il suffit d’écouter les commentaires d’un Copé ou d’une Pécresse pour s’en convaincre. Ils sont d’accord avec Louis Gallois. Maintenant, il faut que François Hollande se décide, exigent-ils, et applique les propositions avancées. Il est à craindre une fois de plus que le pouvoir socialiste cède aux pressions de la droite et du patronat. Avec un risque majeur : que le pays s’enfonce un peu plus dans la voie de la récession.

    Le rapport Gallois ne s’attaque qu’au coût du travail, mais il est étrangement silencieux sur le coût du capital. En dix ans, la part des dividendes distribués aux actionnaires, dans la création des richesses nationales, a cru nettement plus vite que celle des salaires. Ces dividendes n’ont pas été réinvestis massivement dans la production et les services, mais ont plutôt pris le chemin de la spéculation financière ou se sont réfugiés dans des paradis fiscaux. C’est cette dérive qui explique en grande partie la crise et non pas le coût du travail.

    Louis Gallois a terminé sa présentation du rapport par un appel au patriotisme pour sauver le pays du déclin. Nul doute qu’il sera entendu par les nouveaux émigrés de Bruxelles.

     Maria Maddalena Lanteri

     

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