• Déclaration commune de Manca alternativa/Ensemble (membre du Front de gauche), Europe Ecologie les Verts et de Nouvelle donne à la veille des élections territoriales de Corse

     

    Pour une Corse de solidarité et de fraternité

     

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    C’est dans un contexte d’état d’urgence que les élections territoriales des 6 et 13 décembre 2015 vont se tenir, conséquence des attentats barbares commis à Paris et à Saint Denis par des terroristes, fanatisés, fascistes, manipulés par Daesh et probablement par quelques dictatures du Proche-Orient. La guerre s’intensifie en Syrie et en Irak, avec son cortège de malheurs pour les populations civiles, poussant un grand nombre d’entre eux sur les routes de l’exil, en direction des pays européens. Le risque d’enlisement est grand. Voir l’Afghanistan et l’Irak.

    L’état d’urgence ne doit cacher la réalité sociale et économique du pays

    Dans ces conditions, les élections territoriales sont reléguées au second plan, comme d’ailleurs tous les problèmes de fond auxquels la population française est confrontée : chômage, précarité, perte du pouvoir d’achat, attaques contre les services publics, privatisations, pacte de stabilité, démantèlement du code du travail, etc. Si la situation n’était pas aussi grave, d’aucuns pourraient se risquer à dire que c’est du pain béni pour François Hollande et son gouvernement dit socialiste.

    Pourtant ces élections constituaient – et constituent toujours pour Manca alternativa/Ensemble, Europe Ecologie les Verts et Nouvelle donne, regroupées  dans une coalition sociale, politique, écologique et culturelle, nommée Via – un moment important pour dénoncer la politique d’austérité et de régression sociale du pouvoir en place, comme elles constituent un moment pour dénoncer les pratiques claniques, les combinaisons politiciennes, le règne des dynasties politiques qui emboucanent la Corse depuis des lustres.

    Via poursuit sa lutte pour une autre Corse

    Manca alternativa/Ensemble, Europe Ecologie les Verts et Nouvelle donne ne participeront pas à ces élections territoriales. Elles le regrettent profondément. Une voix inédite ne se fera donc pas entendre. Une voix autre que celles qu’on entend depuis toujours, celles des professionnels de la politique, plus soucieux d’occuper des places plutôt que des servir les intérêts de la grande majorité des Corses. Cela n’a pas été possible pour des problèmes administratifs. La liste élaborée en commun a été invalidée par la commission électorale de la préfecture.

    Pour autant, les trois organisations ne renoncent pas à la lutte politique. Elles s’efforceront de faire entendre leurs voix. Elles feront connaître leur programme qui peut se résumer ainsi : Les propositions s'appuient sur un développement social, économique écologique et culturel, rompant avec la logique actuelle basée sur le profit et la spéculation financière.

    Rompre avec la logique du profit

    VIA est pour la création d’emplois de qualité, utiles pour le développement de l’économie sociale et solidaire, contre l’économie de la rente et du tout tourisme. Elle est pour la transition écologique, pour la protection de l’environnement, pour la relance de l’agriculture, la protection des terres agricoles et l’exploitation maîtrisée de la forêt, pour les économies d’énergie et l’utilisation des énergies nouvelles,  pour le développement culturel et contre la spéculation foncière et immobilière. Un tourisme équitable et durable doit être encouragé. Elle est pour le strict respect des lois de l’urbanisme telles la loi sur le littoral et la loi montagne. Le Conservatoire du littoral doit être conforté dans sa  politique d’acquisition et d’aménagement. Elle est pour une gestion publique de l’eau et pour une compagnie maritime publique. La gratuité dans  transports urbains et interurbains doit être un objectif et   l’intermodalité doit être développée. Elle se prononce pour la promotion de la langue corse et le plurilinguisme, la valorisation de notre patrimoine par une politique publique de la culture impulsée dans les territoires et harmonisée par la Collectivité Territoriale de Corse. La Corse a besoin d'un développement global et durable rompant avec la logique actuelle, basée sur le profit et la spéculation financière. Elle rejette avec force toute forme de xénophobie, de racisme et d’antisémitisme. Elle s’engage à lutter contre toutes les violences, en particulier celle faite aux pauvres, aux femmes, aux réfugiés et autres migrants, celle des armes et des mafie.

    Transparence de la vie politique

    VIA se prononce pour la transparence de la vie politique. Les élus doivent coopérer loyalement avec toute la population, afin de répondre à ses préoccupations et à ses besoins urgents. Le non cumul des fonctions exécutives dans l'espace et le temps (jamais plus de deux mandats) doit être la règle.

    Trois exigences à tenir

    Enfin, VIA rappelle trois exigences fondamentales :

    - dénonciation de la politique d’austérité et de régression sociale du pouvoir dit socialiste,

    - dénonciation des pratiques claniques et des dynasties politiques,

    - pas de compromission au premier comme au second tour des élections avec les représentants ou alliés locaux du Parti socialiste.

    VIA appelle les électeurs à se déterminer en fonction de ces exigences.

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  • REUSSITES ET AUTOCRITIQUES

     

    Par Francis Peretti

     

    Nous n’avons pas réussi à déposer notre liste aux élections territoriales, mais pour autant ce n’est pas un échec.

    Notre liste était attendue par le message politique qu’elle portait et en premier lieu par le rassemblement inédit en Corse de différentes organisations et de simples citoyens de Gauche sur une orientation politique claire contre la politique d’austérité d’Hollande / Valls, du combat écologique, et de l’implication citoyenne pour la démocratie.

    Un rassemblement plein d’espoir.

    Une démarche en rupture avec le système clanique qui gangrène la Corse depuis des décennies et qui, dans le cadre futur de la collectivité unique, aggraverait encore plus la situation, économique et politique de notre région avec un système de type féodal et cela quel que soit la force politique au pouvoir.

    Une réussite, car arriver dans un laps de temps aussi court, moins d’un mois, et notamment depuis la publication du sondage, à constituer une liste de femmes et d’hommes, de parcours politiques différents mais partageant les mêmes valeurs et prêts à participer à la construction d’une force alternative à la dérive libérale de la société, c’était presque impensable.

    Il nous reste donc à poursuivre ce combat, c’est notre but avec d’autres ; ce sera difficile, comme toujours lorsqu’on veut contrarier les habitudes.

    Nous ne serons pas présents pour les Territoriales de décembre, surtout nos idées ne seront pas défendues, car nous ne concevons pas un combat contre l’austérité avec de possibles compromissions avec cette politique.

    C’est, il est vrai, une rupture mais nous ne pouvons plus accepter d’entendre dire la droite et la gauche c’est la même chose.

    Les hommes sont ce qu’ils sont,  les valeurs de Gauche demeurent.

    Que chacun prenne ses responsabilités.

    Si d’un point de vue politique nous avons marqué notre empreinte dans le débat politique insulaire et en particulier à gauche, il nous faut aussi ne pas occulter le nécessaire débat autocritique, car il est vrai, nous sommes tous sous la déception du non dépôt de la liste de rassemblement, mais je rappelle que notre objectif reste d’organiser une force alternative crédible d’ici 2 ans sur la base de la lutte anti austérité et sans compromissions, une force alternative dans la défense de notre environnement, de la démocratie citoyenne.

    Tout cela n’est pas impossible et nous l’avons démontré.

    Pour essayer de comprendre ou ont été nos difficultés.

    Plusieurs raisons s’entrecroisent : difficulté dans un laps de temps très court après la rupture unilatérale du PCF, début octobre. Mais, dès le mois de juillet, date des premières réunions,

    nous avons compris que l’union serait difficile. Le Parti communiste a tout fait pour avancer seul, concevoir que leur priorité était de sauver le maximum d’élu.e.s et donc pas de possibilité d’accord avec nous. Mais ce scénario, même si différent dans la forme, était aussi celui des municipales à Ajaccio en 2013 et 2014….On a vu ce que ça a donné.

    Notre désir de voir notre message politique représenté pour ces élections, la rencontre nécessaire avec d’autres organisations et de simples citoyens, l’accord sur une base politique claire, l’engagement sur une liste dans un laps de temps aussi court, tout cela représentait un défi, difficile à surmonter.

    Se rajoute la division chez nos partenaires d’EELV mais qui aboutira à une clarification positive.

    Nous devons faire notre autocritique, la première c’est que seul nous ne sommes pas en position de force (vous me direz les autres aussi), que notre présence sur le terrain régional est insuffisante, que notre organisation doit être renforcée, et concernant la liste ne pas insister pour la déposer au dernier moment.

    La non présentation de la liste, nos adversaires politiques s’en servent pour essayer de casser ce début de dynamique et au fond, dire qu’aucune alternative n’est possible face à la politique d’austérité, face à la dérive libérale de la société : tout est utilisé pour nous affaiblir, tout est prétexte et nous devons faire très attention à nos expressions personnelles ou communes afin de ne pas prêter le flanc à des critiques, car nous n’aurons pas de « droit de réponse ».

    Francis Peretti  

    Animateur de Manca alternativa/Ensemble

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    On n’ira pas aux élections territoriales
     

    Un petit grain de sable a remis en cause la liste que Manca alternativa, Europe écologie les verts et Nouvelle donne  souhaitaient présenter aux élections territoriales. La commission électorale de la préfecture de Corse a rejeté cette liste sous prétexte d’informations insuffisantes concernant trois candidats et pour incompatibilité, en raison de la fonction exercée, pour deux autres candidats. La déception est grande parmi les militants des trois organisations et les nombreux soutiens, d’autant plus que la liste est le résultat d’un long travail pour  arriver à la constituer et à résoudre toute une série de problèmes matériels et financiers.

    Cette liste, baptisée VIA (Vouloir, Imaginer, Agir), se voulait l’aiguillon, l’empêcheur de tourner en rond, lors de la campagne électorale. Sans prétention, on peut dire que c’était la seule véritablement de gauche. Une liste qui s’apprêtait à dénoncer fermement la politique d’austérité de François Hollande et de son gouvernement, à combattre sans ambiguïté les pratiques claniques et les dynasties qui gangrènent la vie de la Corse depuis des lustres.

    Cette liste se prononçait contre toute alliance au premier, comme au second tour des élections, avec des clanistes même estampillés à « gauche ». Au fait, un Paul Giacobbi ou un Jean Zuccarelli sont-ils de gauche ? Quelle différence y a-t-il entre ces derniers et Camille Rocca Serra ou encore José Rossi ? Pour nous, pas de doute : aucune différence. Ils appartiennent tous à la même engeance. Ces gens-là sévissent dans notre île depuis des décennies. Ils sont tous à des degrés divers des adeptes du néolibéralisme ou du social-libéralisme. Ils soutiennent ou ont soutenus toutes les politiques d’austérité menées un peu partout en Europe, avec les conséquences néfastes, voire dramatiques pour certaines catégories sociales en Corse.

    Quant aux autonomistes, on ne voit pas de grandes différences, sur le fond, avec les ci-dessus cités. Leur seule préoccupation : « C’est de prendre le pouvoir ». Leur diatribe contre les clans ne doit pas masquer leur positionnement idéologique ? Ce sont des libéraux sur le plan social et économique. En aucun cas ils ne se prononcent pour une véritable alternative sociale et économique. Pour une autre manière de faire de la politique. Pour des mesures sociales au service des catégories les plus faibles. Et elles sont nombreuses en Corse. Pour paraphraser le prince Salina, dans le Guépard : « Ils veulent que ça change, pour que rien ne change ».

    Il y a d’autres listes dites de gauche en lice. Aucune ne remet en cause l’austérité et les responsables de l’austérité. Aucune ne se prononce pour des solutions alternatives pour sortir la Corse de la crise.

    Il y a aussi la liste présentée par le Front national, créditée de 12% dans les sondages. Comme au plan national, ce parti de la haine exploite honteusement la désespérance des gens et use et abuse du thème de l’immigration, de préférence musulmane. Il participe et alimente ce qu’on appelle la « guerre entre pauvres ». il doit être combattu avec la plus grande fermeté. Non, le Front national n’est pas un parti comme les autres.

    Reste la liste présentée par le Parti communiste. Cette liste se réclame abusivement du Front de gauche. Il est bon de rappeler un certain nombre de choses. Les dirigeants de ce parti ont refusé une alliance avec Manca alternativa, membre également de ce Front. Les divergences ne portaient pas tant sur l’analyse de la situation sociale et économique du pays, ni sur les  responsables de cette situation, mais plutôt sur le positionnement à avoir au deuxième tour des élections territoriales.. Pour Manca alternativa, il n’était pas question de s’allier, pour quelques sièges, aux représentants locaux ou alliés du Parti socialiste. L’argument des dirigeants du Parti communiste est de dire qu’il faut à tout prix faire barrage, au deuxième tour, à la droite. Dominique Bucchini l’a réaffirmé lors de l’émission Cuntrastu de dimanche dernier. Plus explicitement, il s’agira de faire alliance avec Paul Giaccobbi qui est comme chacun le sait un véritable homme de gauche. Quelques exemples. Il est l’héritier d’une très vieille dynastie politique qui remonte presque à Jésus Christ. A l’Assemblée nationale, il a voté sans rechigner les différentes propositions et projets de loi qui ont participé à l’aggravation de la politique d’austérité et de régression sociale du pouvoir dit socialiste. Sur le plan international, il soutient la politique d’apartheid et de colonisation du gouvernement israélien. Au plan régional, Paul Giacobbi s’est révélé être un adversaire acharné d’une solution positive dans le dossier Sncm. On pourrait multiplier les exemples. Qu’en pense Dominique Bucchini ? Cette position des dirigeants du Parti communiste est en contradiction avec les engagements du Front de gauche. Elle n’est pas faite pour rassurer un grand nombre d’électeurs de gauche dont la plupart s’est déjà réfugiée dans l’abstention. Cela peut se payer très cher. Apparemment les leçons des dernières élections municipales n’ont pas été tirées.

    Pour ce qui concerne Manca alternativa, il ne sera pas donné de consigne de vote. Les électeurs choisiront en toute connaissance de cause.

    Les élections territoriales se présentent sous le signe de la continuité. On ressort les mêmes et on recommence. La lutte des places va prendre le dessus, une fois de plus, sur l’intérêt général.

    Manca alternativa continuera à faire entendre sa voix et à avancer ses propositions pour una Corsica di sulidarità è di fratellanza, sachant que personne ne lui fera de cadeau, en particulier les media.

    Un mouvement nouveau est en train de se développer dans notre île. Manca altenativa oeuvrera inlassablement pour le renforcer et l’amplifier.

     

    Jean Antoine Mariani

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  • Per una Corsica di sulidarità è di fratellanza

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    Une quarantaine de militants et de sympathisants de Manca alternativa, Europe Ecologie les Verts et Nouvelle Donne se sont réunis vendredi 30 octobre 2015, à Ajaccio. Au menu : la situation politique, sociale et économique de la Corse, à la veille des élections territoriales.

    Le débat a porté sur l’emploi, la précarité, le chômage – parmi le plus haut de France. Tous les intervenants ont souligné la gravité de cette situation. Les causes ? Elles sont à rechercher dans les effets de la politique d’austérité menée par François Hollande et son gouvernement. Politique tournant le dos aux engagements de la campagne des présidentielles et s’inscrivant dans la continuité de celle pratiquée auparavant par Nicolas Sarkozy. Cette politique n’a qu’un seul objectif : satisfaire les intérêts des spéculateurs, du grand patronat et des marchés financiers. D’ailleurs, pour s’en convaincre – s’il en était encore besoin – il suffit d’entendre les propos dithyrambiques  tenus par un certain Pierre Gattaz, président du Medef, à l’égard de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron.

    Résignation, désespérance

    Cette politique d’austérité affaiblit un peu plus les couches populaires et engraisse davantage les gros possédants. Elle engendre frustration, résignation et désespérance. C’est sur ce terrain que la dynastie des Le Pen essaie de prospérer. Cette dynastie qui prétend être le meilleur défenseur des pauvres !  Son seul argument : attiser la haine de l’autre, surtout de l’immigré, de préférence de confession musulmane. Le flot des migrants qu’on nous montre en boucle sur les chaines de télévision est exploité honteusement par le FN et ses affidés.

    Résignation, désespérance, donc, avec pour résultat l’augmentation significative de l’abstention et du rejet de la politique politicienne, surtout parmi les électeurs de gauche, écoeurés par la pratique antisociale de gouvernants qui se déclarent encore socialistes. Cette abstention tend mécaniquement à accroître l’audience – déjà trop élevée – du Front national lequel, au passage, bénéficie d’une bienveillance, intolérable, des media dans leur quasi-totalité. Ces derniers n’exerçant pas le même zèle à l’égard de la gauche authentique. C’est particulièrement vrai en Corse.

    Un nouveau pôle à gauche

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    Autre point abordé au cours des débats : la nécessité de créer un nouveau pôle à gauche, pour non seulement dénoncer la politique d’austérité et anti sociale du pouvoir dit socialiste, mais également pour dire qu’il y a une autre alternative sur la base d’un programme novateur et progressiste pour la Corse. Un premier pas a été franchi. Des rencontres ont eu lieu à plusieurs reprises entre Manca alternativa, Europe Ecologie les Verts et Nouvelle Donne. De nombreux points de convergence ont été mis en évidence. La prochaine étape consistera à élaborer une plateforme commune qui sera soumis à l’appréciation de la population de notre île.

    Changer pour que rien ne change

    Troisième point abordé. Les élections territoriales. L’enjeu est de taille, même si la prochaine assemblée élue sera de courte durée : deux ans. Premier constat qui a été fait en examinant les listes en présence, déjà publiées. Toutes, à quelque exception près, relèvent de ce qu’on appelle la casta et les dynasties politiques. Quelles sont la pensée philosophique et la préoccupation des représentants de ces fameuses listes ? Il faut que ça change pour que rien ne change. On ira aux élections en luttant pour les places. Quand on regarde la composition de ces listes, on s’aperçoit que la grande majorité des têtes de liste sont des nouveaux en politique. Quatre exemples seulement : José Rossi, Camille de Rocca Sera, Paul Giacobbi et Hyacinthe Santoni ! Bonjour le renouvellement et le non cumul des mandats.

    Déjà leurs réseaux sont réactivés et le temps des promesses est arrivé.

    Par ailleurs, il a été déploré que le Parti communiste ait refusé de constituer une authentique liste de gauche, avec les différentes composantes du Front de gauche, en particulier avec Manca alternativa. La seule raison : refus de dire clairement non à toute compromission avec les représentants locaux du pouvoir en place et de ses alliés, au second et au troisième tour des élections territoriales. Comment peut-on critiquer la politique de François Hollande et s’allier au plan régional à des gens qui soutiennent cette politique ? Les électeurs de gauche ont besoin de clarté et en ont assez des cumbinazione.

    De la nécessité d’une vraie liste alternative

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    Dernier sujet des débats. En fonction de la situation, à la veille des élections, comment Manca alternativa Europe Ecologie les Verts et Nouvelle Donne feront entendre leurs voix ? Les participants à la rencontre se sont prononcés à la quasi-unanimité pour la présentaion d’une liste commune. La seule susceptible de bousculer l’ordre établi et d’ouvrir de nouvelles perspectives à la Corse. La seule à faire entendre une voix différente. Il est évident que beaucoup de problèmes seront à régler dans un temps très bref. Des problèmes financiers, matériels, humains, des moyens de communication. Sur ce dernier point, les media ne feront aucun cadeau.

    La volonté existe. Tout sera fait pour que cette liste soit présente.

    De toute façon, la lutte per una Corsica di sulidarità è di fratellanza continue.

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    Un combat sans clarté et sans respect entre partenaires est un combat perdu d'avance

     

    Nous avons lu l’article de Michel Stefani, secrétaire du Parti communiste de la Haute Corse, avec beaucoup d’intérêt. Bien évidemment, nous sommes loin d’en partager le contenu et nous le faisons savoir. Qu’il nous soit permis d’en faire une analyse critique, en évitant de sombrer dans une polémique stérile.

    D’emblée, Manca alternativa est accusée de passer une alliance avec « quelques éléments du parti gouvernemental EELV ». Il y a là, déjà, un propos qui ne reflète pas la réalité. Les Ecologistes ne siègent plus au gouvernement. Certes, il y a bien quelques personnages qui piaffent d’impatience pour y accéder. Ces gens-là ont quitté leur parti pour faciliter leur ambition. En plan régional, EELV s’est prononcée sans ambiguïté, à une très large majorité, pour une alliance avec nous sur la base d’un programme anti-austérité et contre toute compromission avec les représentants locaux ou alliés du pouvoir dit socialiste, au second comme au troisième tour des élections territoriales. Peut-on avoir position plus claire ? Enfin, comment Michel Stefani apprécie-t-il la position du Parti communiste en région Paca où une alliance a été scellée avec EELV ? La question mérite d’être posée.

    Deuxième point discutable. Le rôle joué par Manca alternativa sur la scène politique en Corse. Aux yeux de notre ami et camarade, notre mouvement serait quantité négligeable et sans réelle activité sur le terrain. Nous lui conseillons de consulter notre site. Il y trouverait sans doute des réponses à ses préoccupations. Pour mémoire, nous avons consacré de nombreux articles, dossiers, reportages sur le terrain à propos des conflits d’Air France, avec le mouvement des indignés, de la Sncm, de la lutte exemplaire des Fralib. Pour information, lors de notre conférence de presse commune, samedi 24 octobre, sur la place Abbatucci, à Ajaccio, nous avons bien mis en évidence les produits « 1336 » fabriqués par les salariés de la nouvelle coopérative de production, ScopTI. Notre mouvement a organisé également des débats publics sur le devenir du Front de gauche et sur le thème : « Changer l’Europe ». Enfin, sans vouloir allonger la liste, il convient de citer un dernier exemple, celui des dernières élections départementales. Manca alternativa et le Parti de gauche présentaient des candidats dans les 2e et 3e cantons d’Ajaccio. Sans moyen, sans couverture médiatique, ceux-ci ont obtenu des résultats non négligeables, plus de 16% des suffrages exprimés !

    Autre point discutable. Seuls les encartés seraient des communistes. Il est bon de rappeler qu’un bon nombre de communistes se retrouvent dans Manca alternativa et ils entendent le demeurer. D’ailleurs, certains d’entre eux ont goûté sévèrement aux joies de la répression patronale et l’ont payé chèrement.

    A en croire Michel Stefani, nous ferions « le jeu des forces qui s’en arrangent - de la radicalité incantatoire ! – à droite comme à gauche, et dans le mouvement nationaliste ». Si on retourne le compliment, que doit-on penser des alliances contre nature avec des éléments allant d’une certaine « gauche », à certains nationalistes en passant par la droite, comme à Ajaccio, lors des dernières municipales, avec le brillant résultat obtenu ?

    Pour terminer, citons encore une phrase très éclairante sur la position du Parti communiste : « Au soir du premier tour, nous nous réunirons pour décider de la position traduisant au mieux notre démarche anti-austérité et son prolongement au second et troisième tour ». Excellent exemple de langue de bois qui pourrait se traduire : « Nous conclurons des accords avec les représentants locaux du Parti socialiste ou avec ses alliés. Des représentants de la casta, des partisans du clientélisme et des dynasties politiques qui ont, les uns et les autres, avec la droite, tant fait de mal à la Corse et aux Corses".

    A ce rythme la roche tarpéienne n’est pas loin du Capitole.

    Dernier point. Lors de notre conférence du 24 octobre, nous n’avons aucunement traité de nos différents avec le Parti communiste, pour ne pas compromettre la vraie gauche. Nous avons simplement répondu laconiquement à une question posée par un media présent sur l’utilisation du logo Front de gauche. Notre réponse : Ce logo appartient à l’ensemble de ses différentes composantes.

    En tous cas, Manca alternativa continuera sans relâche à lutter pour la création d’un vaste mouvement authentiquement de gauche, sur la base d’un programme alternatif, anti-austérité et per una Corsica di sulidarità è di fratellanza.

     

     

     

    Nous publions ci-dessous l'article de Michel Stefani

     

     

    La gauche antilibérale doit s'unir sur l'essentiel pour redonner l'espoir

     

    Manca Alternativa et quelques éléments du parti gouvernemental EELV viennent de faire connaître leur conception du rassemblement.

    Ce faisant, ils ont dévoilé leur visée pour les prochaines territoriales et ce que devrait être, selon eux, le fonctionnement de l’espace politique de rassemblement qu’est le Front de gauche. Jusqu’à présent, ils ne se sont pas préoccupés de ces questions. En 2010, EELV se préparait à entrer au gouvernement en passant un accord avec le PS, et Manca alternativa n’existait pas. De même nous n’avons rien vu ni rien entendu sur les questions essentielles : services publics, continuité territoriale, politique des transports, relance des chemins de fer, devenir de la SNCM et d’Air France, déclinaison des politiques européennes, PADDUC, ESS, politique du logement social et de la santé, culture et éducation, cherté de la vie, chômage, précarité et pauvreté, bataille pour le référendum et contre la collectivité unique… Peu importe que les élus communistes Front de gauche aient porté, souvent seuls, des choix alternatifs durant la mandature, la sentence tombe : c’est l’échec !

    Pas d’alliance, disent-ils, avec les tenants de l’austérité. Soit, mais, en ce moment même, pourquoi ne demandent-ils pas aux parlementaires EELV de voter contre le budget Valls Macron Hollande ? Selon eux, il faudrait anticiper les résultats du premier tour et s’interdire de réfléchir à la situation politique qui en résultera. Les seuls admis sont ceux qui combattent l’austérité. Les communistes en sont, mais pas suffisamment ! Ils sont suspects, ils devaient signer la charte éthique ! Cette radicalité incantatoire n’a de sens que pour diviser les forces qui construisent, dans le rassemblement citoyen, l’alternative de gauche à l’austérité. En réalité, elle fait le jeu de celles qui s’en arrangent, à droite comme gauche, et dans le mouvement nationaliste.

    A court d’arguments, ils parlent de cumul de mandat… là où il n’y en a pas, et expliquent que la tête de liste à fait son temps à l’Assemblée de Corse. Autrement dit, ils auraient même aimé choisir les candidats communistes à la place des adhérents de ce parti ! Après quoi ils font croire que leur raisonnement n’est pas guidé par « la place » mais uniquement par la noble ambition de faire triompher « l’alternative rouge et verte ». Pour autant qu’ils puissent y arriver, ils feront une liste…ou à défaut se prépareront pour les élections futures. Ce qui ne les empêche pas de se draper dans la lutte contre les pratiques politiciennes et le clientélisme avilissant qu’ils prétendent éradiquer.

    Contrairement à ce qu’ils affirment, la démarche que nous leur avons proposé de partager, et qu’ils ont refusée, consistait à définir un contenu et à construire une liste incarnant la sensibilité antilibérale et anti-austérité, avec des femmes, des hommes, des militantes et des militants, des jeunes impliqués dans le mouvement social et associatif, acteurs du combat pour le progrès social. S’agissant du second tour, nous confirmons ce que nous avons proposé à l’occasion des trois rencontres que nous avons eues depuis le mois de juillet. Au soir du premier tour nous nous réunirons pour décider ensemble de la position traduisant au mieux notre démarche anti-austérité et son prolongement au second et au troisième tour.

    Dans le contexte politique actuel, national et régional, la gauche antilibérale a le devoir impérieux de s'unir sur l'essentiel pour redonner l'espoir.

    Michel STEFANI

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