• Fabius où l'art de la langue de bois

    Nous avons reçu l'opinion d'un auditeur de RMC, à la suite de l'intervention de Laurent Fabius dans l'émission matinale animée par Jean-Claude Bourdin. Nous la publions très volontiers.

    Ce matin, Laurent Fabius était l’invité de Jean-Claude Bourdin sur RMC/BFM. On doit avouer d’emblée que notre ministre des affaires étrangères a excellé dans le maniement de la langue de bois. Quelques exemples significatifs.

    Sur la Syrie, le gouvernement français affiche une ligne offensive et s’aligne allègrement sur les Américains. Aucune analyse sérieuse n’est faite sur les causes de la guerre civile syrienne, meurtrière, ravageuse. L’option militaire n’est pas à exclure, pense Fabius, si Assad venait à utiliser des armes chimiques contre les populations. Pas un mot non plus sur la responsabilité des occidentaux dans la crise actuelle. Croyait-on répéter aussi facilement  l’expérience libyenne ? Assad n’est pas Khadafi et son implantation dans le pays est réelle. Résultat, des milliers de morts et un pays au bord de l’implosion, au plus grand profit des islamistes.

    Sur le dossier iranien, notre ministre a démontré tout son talent pour esquiver les réponses simples posées par Jean-Claude Bourdin. Quelle  serait la position de la France, si Israël attaquait l’Iran ? Il est urgent d’attendre a répondu en substance Fabius. Pourtant la question ne souffrait d’aucune ambiguïté : Ou on approuve ou on condamne. En aucun cas, notre ministre n’a critiqué la politique belliciste du gouvernement israélien. Au nom de quoi et de qui, celui s’arrogerait-il le droit d’intervenir militairement en Iran ? Certes, on doit condamner avec la plus grande fermeté la volonté des Iraniens de se doter de l’arme nucléaire, mais d’aucuns ont-ils émis la moindre critique lorsque l’Etat d’Israël a commencé à constituer son arsenal atomique. Aujourd’hui celui-ci dispose de 200 bombes atomiques ! Dans cette affaire, et si l’intervention se faisait, on assisterait probablement à une vaste conflagration dans toute la région du Proche-Orient et qui n’épargnerait  pas l’Etat d’Israël.

    Sur le traité du pacte budgétaire et de croissance, on a assisté là aussi à un exercice de trapèze volant. Fabius, un des partisans du Non au traité de constitution européenne de 2005, a cherché les mots pour expliquer son nouveau positionnement.  A ses yeux, le traité a évolué positivement, grâce à la mémorable intervention de François Hollande à Bruxelles qui est arrivé à faire amender le texte en inscrivant dans le traité la notion de croissance. Merkel et les marchés financiers en rient encore. La croissance ne se décrète pas dans un texte. Par contre, ce qui est bien réel, c’est la perte d’indépendance des pays européens et leur soumission aux institutions européennes. Par exemple, si un pays venait à dépasser le 0,5% de déficit budgétaire, il serait automatiquement exposer à des sanctions. Par ailleurs le traité prévoit que la commission de Bruxelles pourrait fourrer son nez dans les comptes de la Sécurité sociale et des Collectivités territoriales ! C’est ce qui s’appelle mettre un pays sous tutelle. Qu’en pense réellement notre ministre des Affaires étrangères ?

    Notre nouveau prosélyte s’est prononcé pour que le Parlement vote, dans les prochaines semaines, la ratification du traité. Il appelle, sans rire, les députés et sénateurs socialistes et alliés de serrer les rangs et demande aux récalcitrants de changer d’opinion au nom de la discipline majoritaire.

    Sur cette dernière question, le gouvernement socialiste portera une lourde responsabilité dans le développement de la crise en France et en Europe. Les politiques d’austérité n’ont jamais été une solution à cette crise. Voir la situation de pays comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie. On aurait aimé que Fabius parlât des vrais responsables : la spéculation financière et les marchés financiers.

    Raison de plus pour se mobiliser pour le rejet du traité. Une grande manifestation est prévue, à Paris, le 30 septembre 2012, à l’initiative du Front de gauche, de la Fase et de bien d’autres organisations de gauche, pour exiger un référendum. L’avenir des pays européens ne peut pas être engagé par une poignée d’individus au service du capital financier.

    Cette manifestation sera précédée par des milliers d’initiatives à travers le pays.

     Angelo Leonetti

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