• Fascismu Fora ! Razzismu Fora !

    razzismu_foraLe problème posé par les migrants donne de la voix aux racistes et aux fascistes qui jouent sur le contexte social pour tromper un électorat maintenu dans un sentiment d’insécurité par une presse qui attise les peurs. Le Front national et ses satellites d’extrême-droite veulent faire croire qu’ils défendent les chômeurs et les SDF français contre l’invasion barbaresque. La Corse n’échappe pas à des flots de propos ambigus ou franchement xénophobes pour ne pas dire racistes. Des petits groupes se forment comme celui qui s’est intitulé « Vigilance Nationale Corse ». Il s’agit de quelques individus qui prétendent parler au nom du peuple corse alors qu’ils n’ont aucune légitimité pour le faire. On en retrouve certains sur de réseaux sociaux où ils viennent donner des leçons de corsitude dans un charabia hypocrite et bourré de fautes d’orthographe. Nous vous proposons quelques extraits reproduits in extenso (copier-coller) sans les noms des Internautes car ce qui importe ce n’est pas leurs identités mais le niveau du discours…   

    « Bonjour à tous .... VNC est un collectif créé pour défendre les intérêt des Corse ( culture traditions emplois logements ) tous vous savez aujourd'hui combien il est dure de trouvé un emplois sur notre île ou un logement quand beaucoup de corses vivent sous le seuil de pauvreté ... quand le peuple demande une augmentation des retraites ou des allocations ou des pensions c est systématiquement refuser sous prétexte qu' il n y a plus d argent dans les caisses quand des jeunes Corse et moins jeunes font une demande de logement sociaux et que ont leurs répond qu' il n y a pas de logement libre personnes ne dit rien ....quand on leurs donne gratuitement l accès au soins alors que nombres d entre nous qui vivons dans la précarité n y on pas droit .... mais quand le gouvernement impose d accueillir des migrants de les logé de leurs donner plus que ce que touchent nos retraités ou handicapés la les politiques et pseudos natio sont d accord ? Vous préféré donc vous occupé d étrangés avant de vous occupé des vôtres alors je désolé je ne suis n y raciste n y fachiste ...... mais mon peuple et ma terre d abord que l on s occupe de nos pauvres et de nôtre jeunesse avant de s occupé d étrangé… J oubliait 100 000 e ont été débloqués pour 200 migrants n aurait il pas pu servir à autres choses ..... comme aider des familles corse ? Ou des jeunes Corse pour trouvé emplois ou logements ? »

    « Et vous vous êtes quoi ?? Vous laissez crever les gens !!!! Même la vieille à côté de chez vous vous ne l'a calculer pas et vous voulez aider les autres ? Mais d'abord souciez vous de aide 2b de ceux qui sont en attentes de logements en attente d'aide d'emploi etc... C'est bientôt noël vous croyez que tout le monde peut bien le fêter pour moi vous êtes la honte du peuple corse ! Les corses les vrais se soucis des leurs toute cultures confondues qui vivent et travaillent ici chez nous qui payent comme tout les mondes cotisent pour rien car ils n'ont plus droit à rien ! Mais bien donner aux migrants car nous avons suffisamment pour nourrir notre peuple Ben voyons vous donnez la gerbe… »

    « Honte à vous Corse qui veulent aider des migrants ».

    « De toute façon vous êtes pour la plupart des personnes aisées qui se soucient que de son propre intérêt donc je ne commenterais plus c'est perdre mon temps avec des personnes qui ont un QI de moins de 80 ! Sur ce bonne journée les fachos qui ne respectent pas le peuple corse… »

    Un Internaute, fier de son QI à forte proportion xénophobe, traite les antifascistes de « fachos ». Ne vous y trompez pas ! Derrière ses propos liés au paupérisme en corse, l'étranger est l'Arabe. Nous n'avons pas voulu reporter d'autres propos d'Internautes ouvertement racistes. Nous avons volontiers relevé une réponse digne à l'internaute cité. Une dame corse nous parle d’une mémoire généalogique que les xénophobes insulaires n’ont pas ou ont oublié… On notera la différence de ton et d’utilisation des langues française et corse.

    « Aux fascistes corses, facisti corsi, qui disent de nous que nous sommes des gens aisés, des intellos… ect, Je répondrai ceci et ce sera ma dernière contribution, (parchi," à zappà 'n'acqua, un ghjòva, o serva, à nudda" !), que, malgré parfois nos noms (!!), nous sommes issus de grands parents souvent peu fortunés, qui travaillaient de leurs mains, "pà stintassi la", dans nos villages de montagnes, parfois dans des hameaux de trois maisons, descendants de bergers ou de petits agriculteurs, "nobles métiers", qui ne connaissaient ni la Sécu, ni les Mutuelles, ni les HLM, ni les CAF, ni les RSA, ni les CMU, ni les retraites, ni les médecins, ou très peu. Certains, trop pauvres ou orphelins, au moins d'un parent, n'avaient pas pu aller à l'école, souvent classe unique de leurs hameaux de montagne (par ex, Ghjalgacciu, hameaux de Ghisoni, sous le col de Sorba, grand-mère maternelle orpheline de mère a sept ans, qui à 80 ans en pleurait encore, le racontant, car il lui fallut élever ses frères plus petits...). Ils ont poussé après, mariés, (ayant, les hommes, connu le traumatisme de 14-18, pour la Corse, comme ailleurs), travaillant toute leur vie, leurs enfants, nos parents, si et dès qu'ils le purent, à faire des études, Ecole, Collège de village, École Normale à Ajaccio, avant guerre, les filles notamment, déjà, qui ainsi devinrent institutrices, laïques et de gauche, engagées, dans la Résistance en particulier, et toute leur vie ensuite, socialement et politiquement, avec leurs maris, en Corse et ailleurs. Pourquoi ? Parce qu'elles (ou ils !!) avaient connu la misère, l'exploitation de leurs parents, le racisme, les dégâts et atrocités du fascisme, (39-45 !), les situations coloniales ensuite, où certains corses s'enrichirent eux aussi... Nous sommes les enfants ou petits enfants de ceux-là. Nous savons ce que nous devons au courage de nos grands-parents, de TOUS nos ancêtres !! (Corsi, o Taliani, o altri, chi ci sò in tutti i nosci famiddi corsi !!!...). C'est pour cela que nous sommes humanistes, progressistes, voire de gauche, anti-fascistes, anti-facisti (qu'ils soient Corses ou Mongoliens-extérieurs...de Mongolie !! Ungnunu t'ha i soi !!!). Et que nous ne lâcheront jamais rien là-dessus !!! Au passage, fachos corses, facisti corsi, donnez-vous de votre temps à des associations caritatives, des Ong, genre "Médecins du Monde", "Secours Populaire", ou autres, qui aident non seulement les pauvres, jeunes et vieux, corses, mais tous les pauvres de Monde, car, comme disait Jaurès, "Au fond, il n'y a qu'une seule race, l'HUMANITE"...!!!  É avà, piantu ! Basta !! In tutti i sensi !! Un ghjova à nudda di zappà 'n' acqua !! "É un c'hè peghju ciuncu, chi quiddu ch'un voli senta !!!

    Que peut-on ajouter ? Beata quella panca duv’ella posa barba bianca ! Respect à nos anciens ! Si nous faisons appel à la mémoire collective, il faudrait aussi rappeler que, depuis des millénaires, des individus d’origines différentes se sont intégrés en Corse. Parmi eux, certains persécutés s’y sont réfugiés et y ont fait souches. Que ceux qui stigmatisent les migrants se retournent sur leur généalogie ! bon nombre sont issus d’ancêtres non corses. En outre, de quel droit un individu quel qu’il soit parle-t-il au nom d’un peuple comme s’il s’agissait d’une entité dont il serait propriétaire ?  Pourquoi réduire le peuple corse aux résidants insulaires ? Le peuple corse est aussi composé de 1.500.000 migrants corses ou descendants de migrants corses répartis dans le vaste monde. Il faut rappeler en outre que, sur 300.000 résidents corses, 90.000 sont issus d’une généalogie insulaire ancienne. La Corse a toujours été une île d’émigration et d’immigration, n’en déplaise à celles et ceux qui voudraient établir l’existence d’une race corse là où il y a une histoire qu’ils méconnaissent, une culture qu’ils ignorent et une terre commune qu’ils s’approprient… n’en déplaise aussi à celles et ceux qui réduisent la « corsité » à une résidence insulaire et au paiement des taxes locales. La corsité est une identité et une humanité. Les Corses sont une communauté de destin comme d’autres communautés et tout destin a une histoire. Chaque Corse devrait s’inscrire, intra ou extra muros, dans l’histoire de son peuple et cette histoire (pour qui la connaît) ne peut avoir pour destin le fascisme et le racisme, que l’on soit indépendantiste ou non. Pour être corse, point besoin d’afficher, de façon ostentatoire, un corsisme qui exclut les pinzuti, les Arabes, les Juifs, les Noirs, les Jaunes… et pourquoi pas l’humanité entière, lorsque l’on sait que d’aucuns stigmatisent aussi la diaspora corse en traitant ces Corses de « pinzutiti » ou d’empinzutés, c’est-à-dire devenus des pinzuti et donc déchus de leur identité pourtant liée à une généalogie insulaire qui remonte à la nuit de temps.

    Parmi les Corses qui refusent aujourd’hui les migrants, nous n’ignorons pas que se trouvent des chômeurs, des gens dans la précarité qui connaissent des difficultés de toutes sortes (santé, logement…etc.) Toutefois qu’ils ne se laissent pas abuser par des racistes et des fascistes qui se cachent derrière un discours faussement social et faussement même nationaliste corse. Sur les réseaux sociaux, ils en arrivent vite à l’invective et à l’insulte. Ils ont la bouche pleine et le cœur fermé. Ils éduquent leurs enfants dans l’intolérance. Ils ne parlent plus en public de « bougnoules » ou de « nègres » mais d’islamistes et de gens de couleur.  Ils n’ont pas changé. Ils veulent transformer les électeurs égarés, victimes de la dureté de la vie, en gros beaufs avec des idées fachos et réactionnaires. Ils distillent un racisme rampant pour mener ensuite des actions violentes. Un fasciste reste un fasciste avec toute sa haine de l’autre. Il attise les peurs pour promouvoir son idéologie fascisante.

    Parmi ceux qui rappellent  les racines chrétiennes de la Corse, combien mangent dieu et chient le diable, pour reprendre un dicton trivial corse ? Doit-on leur rappeler les paroles du pape François et donc de l’église apostolique romaine, à l’occasion de la 100e journée mondiale des migrants et des réfugiés le 19 janvier 2014, sur le thème: «Migrants et réfugiés: vers un monde meilleur» ? Il a incité à  « surmonter les préjugés et les peurs » pour « faire fructifier une culture de la rencontre ». Il a invité chaque paroisse des pays d’Europe à accueillir une famille de migrants du Moyen-Orient ou d’Afrique. Est-il chrétien de refuser l’hospitalité à des réfugiés ?

    Des écrivains et des artistes corses se sont regroupés pour un recueil collectif contre le fascisme et le racisme. Nous saluons cette action littéraire qui sera suivie de débats, nous disent-ils. En matière de débat la Cimade en a organisé un qui a été perturbé par une poignée de xénophobes dont l’intolérance passe souvent à la violence. Les faits qui se sont déroulés lundi soir à Bastia sont d’une extrême gravité. Un groupe d’une vingtaine de militants et sympathisants d’extrême-droite ont empêché physiquement la tenue d’un débat public portant sur la question des migrants, débat organisé par la CIMADE. L’espace public et la liberté d’expression doivent être défendus contre le péril fasciste, en Corse comme ailleurs. Les faits ne doivent pas être minimisés car ils sont comparables en tout point à des mécanismes que l’on n’avait plus vus à l’œuvre depuis les années 30. On demanda un jour au philosophe Diogène ce qui pesait le plus sur la terre. Il répondit « Un ignorant ». Plus le raciste se croit intelligent, plus l’étranger lui semble bête. Si on vous demande un jour ce qui pèse le plus sur notre pauvre Corse, vous pourrez répondre sans craindre de vous tromper : un fasciste.

    A celles et ceux qui disent « Arabi fora » et « Francesi fora », répondons « fascismu fora » et « razzismu fora », car, contrairement à eux, nous ne rejetons personne. Nous espérons que chacun peut encore être touché par la rédemption. Nous refusons l’inhumain, la haine, le racisme, la xénophobie, le fascisme, le néonazisme, la violence…

    L’idéologie fasciste ne ressemble pas à l’humanité de la grande majorité des Corses. C’est pour cela qu’il faut la dénoncer lorsqu’elle s’insinue sournoisement dans des stades de foot, aux comptoirs des bistrots et sur des réseaux sociaux dans une période qui lui est propice sur le plan national et international. Les fascistes utilisent les éléments de langage de la lutte nationaliste corse et de la gauche radicale pour diffuser leur idéologie. Ils oublient que les Corses, dans leur plus grand nombre et leur diversité politique, ne l'ont jamais acceptée, ne l'acceptent pas et ne l'accepteront  jamais.

    Babbone

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