• Franc comme un âne qui recule...

    Emmanuel Macron commence à reculer sur la déréglementation de certaines professions libérales.  Il a annoncé que la question du statut d’avocat d’entreprise ne figurerait finalement pas dans le projet gouvernemental. « Je préfère que ce point soit laissé au débat parlementaire », a-t-il fait savoir.  Son projet de loi  prévoyait la création d’un statut d’avocat d’entreprise devant permettre aux juristes qui travaillent en entreprise depuis au moins cinq ans  de devenir avocat après emmanuel_macronavoir passé un examen de déontologie. Ils auraient bénéficié, au titre d’avocat, du « privilège de confidentialité », sans toutefois plaider.

    Lorsque la dérégulation touche des professions libérales en majorité à droite, il suffit qu’elles grondent pour que notre fringant Ministre de l’industrie fasse marche arrière, à l’image du Premier ministre et du président de la république. Lorsque le code du travail fait l’objet d’attaque par la doxa libérale et le patronat, la déréglementation devient la solution à tous les problèmes économiques. Que des centaines de milliers de salariés défilent dans les rues contre l’austérité et la politique antisociale, les policiers ne savent plus compter et le pouvoir en place, assisté d’une majorité à sa botte, passent outre en détricotant tous les acquis sociaux.

    ane_légion

    On l’a bien compris : les critiques gouvernementales faites sur les provocations de Pierre Gattaz ne sont que des simagrées de gôgôche. Emmanuel Macron a la franchise de l’âne qui recule. Il aurait encore menti sur les conditions de l’entrée d’investisseurs chinois au capital de l’aéroport de Toulouse. Selon Médiapart un pacte secret d’actionnaires aurait été signé et contiendrait des dispositions qui contredisent les propos publics tenus par le ministre de l’économie qui a affirmé que l’Etat garde la main alors qu’il l’a passé à l’actionnaire. Au titre II du pacte caché, consacré à la gouvernance,  l’État se serait engagé à voter en faveur des candidats à la fonction de membres du conseil présentés par l’acquéreur. Il serait aussi consigné noir sur blanc que « l’État s’engage d’ores et déjà à ne pas faire obstacle à l’adoption de décisions prises en conformité avec le projet industriel, tel que développé par l’acquéreur dans son offre». De même, « l’État s’engage par ailleurs, sauf motif légitime, à voter au conseil dans le même sens que l’acquéreur pour les décisions importantes ».  L’Etat a donc renoncé à tous ses droits d’actionnaire et a donné les pleins pouvoirs aux investisseurs chinois. L’Etat n’aura aucun regard sur les rémunérations du nouvel état-major de la société mis en place par l’investisseur. Selon le terme anglo-saxon, l’Etat est devenu un « sleeping partner », un actionnaire dormant à la botte de l’investisseur chinois. L’Etat reste actionnaire pour sauver la face. Cette attitude fait penser à la SNCM dans laquelle l’Etat s’en est remis à l’actionnaire Transdev/Véolia dont l’objectif était de se défaire de la compagnie maritime en passant par un dépôt de bilan et une procédure collective. On voit où la carence de l’Etat a mené puisque la compagnie maritime est en redressement judiciaire avec la menace à court terme de passer en liquidation. Emmanuel Macron est un libéral et ce n’est pas lui qui va inverser le cap pris par Hollande et Valls dans un contexte où le libéralisme s’affiche en niant ou occultant toute alternative possible.

    Battone

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