• Gattaz prend les salariés pour des blaireaux

    Dans un précédent billet d’humeur, nous évoquions la lumineuse idée développée par le patron des patrons, Pierre Gattaz, fils d’Yvon Gattaz, président du Cnpf de 1981 à 1986. Notre homme, Pdg de la société Radiall qui affiche des résultats très positifs, proposait très généreusement et sans rire l’installation d’un Smic jeune, en dessous du Smic officiel (1445 euros bruts par mois). D’autres esprits tout autant éclairés, genre Pascal Lamy, ancien directeur de l’Omc, Hubert Vedrine, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, tous deux éminents socialistes, formulaient des propositions semblables. Ils étaient relayés par de grands penseurs économistes, comme Philippe Aghion, Gilbert Cette et l’inévitable Elie Cohen, conseillers de François Hollande. Tous trois socialistes ou socialisants, partisans eux aussi d’un petit quelque chose pour les jeunes afin de mieux favoriser leur insertion  dans le monde du travail. Nous avons là l’exemple même d'union sacrée qui pense très fort à l’avenir de notre jeunesse. Il vaut mieux payer, même à coup de lance-pierre nos jeunes, plutôt que de les laisser traîner dans la rue, au risque de développer chez eux de mauvaises pensées. Il fallait y penser. Merci patron. Merci messieurs.

    Pierre Gattaz s’étaient également distingué en lançant à la cantonade son fameux slogan : « le patronat se fait fort de créer un million d’emplois nouveaux, à condition de baisser encore plus les charges des entreprises. » Tartarin de Tarascon en pâlirait de jalousie. Il approuvait bien évidemment des mains et des pieds le pacte d’irresponsabilité et anti solidarité du pouvoir dit socialiste. Et pour cause. Dans le même temps, notre Pdg s’octroyait en 2013 une confortable rallonge de 29% sur ses rémunérations (bonus compris). D’un côté on demande aux manants de se serrer la ceinture et d’accepter l’inacceptable, d’un autre côté on se fait une grande gâterie ! Saine conception de la bonne répartition des richesses créées par les entreprises. Certains fayots de service – malheureusement trop nombreux – surtout parmi les experts en économie qui emboucanent les media, disent et clament que cette gâterie est normale. Pierre Gattaz a beaucoup travaillé pour sa société laquelle fait depuis plusieurs années pas mal de bénéfices. Donc, rien à redire. On pourrait rétorquer à ces laudateurs de la pensée unique ultralibérale que les richesses créées sont aussi et surtout le fait du Travail. L’accumulation de capital n’est pas un don du ciel. Il est produit par le Travail. Sans exploitation parfois outrancière des salariés, point de dividendes. Alors on peut dire en outre à Pierre Gattaz, « Monsieur un peu de pudeur, moins de conseils. » Il est bon aussi de lui rappeler que les dividendes versés en 2013 aux actionnaires de la société Radiall, soit 646.843 euros proviennent pour l’essentiel du fameux crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) concocté par François Hollande et le gouvernement Ayrault. Combien d’emplois Pierre Gattaz a-t-il réellement créés dans son entreprise ? Si l’on en croit certaines sources, seulement 24 salariés en CDI, 40 intérimaires et 5 CDD en 2013. Il y a là manifestement un détournement intolérable de l’argent public.

    Maria Maddalena Lanteri

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