• Grèce : crime social et politique

    Le parlement grec vient d’adapter un nième plan de rigueur qui prévoit 18 milliards d’euros d’économie supplémentaire d’ici à 2016, pour satisfaire les exigences de la Troïka. Exigences qui peuvent se résumer ainsi : « Vos efforts sont insuffisants, il faut plus d’austérité si vous voulez obtenir le versement des 31,5 milliards d’euros d’aide, promis ». Odieux chantage. Mais que dire de l’attitude du pouvoir grec, pour avoir cédé une fois de plus aux injonctions des marchés financiers, si ce n’est que de la qualifier de « crime social et politique », comme le déclarait un responsable syndical.

    Les Grecs vont devoir se serrer un peu plus la ceinture. Mais y-a-t-il encore quelque chose à  serrer ? Toujours est-il qu’un nouveau paquet de mesures tombe : nouvelles coupes dans les retraites, baisse des salaires dans le secteur public, ponction dans les prestations sociales et les dépenses de santé. L’âge de la retraite est repoussé à 67 ans. Belle affaire dans un pays où le chômage affecte un quart de la population active.

    Le vote au parlement a été acquis de justesse (153 voix sur 300). De nouveaux députés de la majorité ont fait défaut, dont 5 socialistes du Pasok, aussitôt rayés de leur groupe parlementaire. Ce vote s’est fait dans un contexte de grève générale de 48 heures à l’appel des syndicats et des partis de la gauche radicale. Une puissante manifestation s’est déroulée devant le parlement au moment du vote. Elle a rassemblé plus de 100.000 personnes.

    Alexis Tsyras, dirigeant de la gauche radicale et député de l’opposition a réclamé la tenue de nouvelles élections et proposé la constitution « d’un gouvernement de salut social pour sauver le pays de la destruction et du chaos ».

    Une dernière question se pose. Le gouvernement dirigé par Samaras a-t-il prévu des mesures exemplaires à l’encontre des 2039 fraudeurs du fric et grands spécialistes de l’évasion fiscale ? A-t-il pris des mesures pour exiger des armateurs grecs et de l’église orthodoxe d’apporter leur contribution à l’effort national ? Si scemu. On peut toujours rêver.

    Quant à nos dirigeants, ils se font discrets sur la crise grecque. Et pour cause. Leurs amis du Pasok ont une grande part de responsabilité dans cette crise. Et puis ne viennent-ils pas d’adopter un pacte de compétitivité qui sent à plein nez les recommandations de Bruxelles. Pour finir, à noter que Georges Papandreou, ancien chef du gouvernement grec, ancien dirigeant du Pasok s’est reconverti dans les conférences. Thème choisi : l’économie. Les prestations seraient facturées à 40.000 euros, l’une ! Faut-il pleurer, s'indigner ou en rire ?

     Jean-Baptiste Agostini

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