• La blanche colombe qui n’aime pas les étrangers, surtout quand ils sont noirs ou arabes, continue à arpenter l’Europe, tant décriée par elle-même et ses affidés. Il est vrai que les élections européennes se profilent à l’horizon – proches, le 25 mai. Il est vrai également qu’on ne va pas cracher sur les confortables indemnités parlementaires octroyées au sein de l’assemblée de Strasbourg. L’ambition de Marine est double : profiter de la consultation pour accroître l’audience du parti de la haine et du racisme, devenir le premier parti de France et jeter les bases d’une internationale noire, rebaptisée pour la circonstance d’association de gens prônant la préférence nationale. Divine mascarade.

    Donc, Marine Le Pen continue ses pérégrinations à travers l’Europe. Elle avait déjà rencontré plusieurs responsables d’organisations de type fasciste ou fascisant - et même dansé avec l’un d’entre eux à Vienne, une valse mémorable – au Danemark, en Suède, en Autriche et un certain Matteo Salvini, coryphée de la Lega Nord, parti xénophobe et séparatiste. La revoilà qui se pointe de nouveau en Italie, non pas pour y apprécier la douceur de la langue locale, ni écouter ses célèbres opéra, encore moins pour jouir de la beauté des « cent villes du silence ». Sa venue dans il bel paese est plus prosaïque. La Le Pen vient y faire du racolage pour obtenir des soutiens à ses projets nauséabonds et se considérer comme le chef de cette « nouvelle armée de la honte ». « La bête immonde », disait Pier Paolo Pasolini, à propos du fascisme. Elle a rencontré à Roma Gianni Alemanno, ex maire de la ville éternelle, ex dirigeant d’Allianza nazionale, ex des jeunesses du Msi (Movimento sociale italiano), d’inspiration fasciste, ex membre du Partito della libertà, dirigé par Silvio Berlusconi. Belle appellation, pour un parti secoué par de multiples scandales, corrompu jusqu’à la moelle des os, au pouvoir pendant deux décennies, dont les exploits ont mis l’Italie à genoux. Gianni Alemanno revient à ses premières amours en participant à la création de « Fratelli d’Italia », épigone du Msi de Giorgio Almirante, padre fondatore, mussolinien dans l’âme, grand ami d’un certain Jean-Marie Le Pen. D’ailleurs ce dernier, rappelons-le pour l’anecdote, a « piqué » le logo du parti fasciste italien. La célèbre flamme tricolore. La seule différence : le bleu a remplacé le vert.

    De belles âmes peuvent invoquer la libre circulation en Europe des biens et des personnes. Donc, Marine est dans son droit. C’est vrai. Il n’est aucunement question de s’y opposer. Mais il ne s’agit pas là de voyages touristiques ou d'affaires, mais de voyages qui ont pour but la propagation de la haine de l’autre. C’est vrai, le parti de la dynastie des Le Pen a une influence croissante dans notre pays. Il se veut un parti honorable et reconnu. Un parti national. Mais il prospère ou essaie de prospérer dans un climat social en désespérance. Doit-on pour autant se taire ou la mettre en veilleuse ? Certainement pas. Le fascisme, quel que soit son habillage, doit être combattu sans répit et sans compromission. Il y a des leçons de l’Histoire qu’on ne saurait oublier, celles de la montée du fascisme en Italie et celle du nazisme en Allemagne et de leurs conséquences catastrophiques. N’ayons pas la mémoire courte.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • Après la Bérézina de dimanche 23 mars, c’est Waterloo. Le Parti socialiste a reçu l’estocade. Il perd plus de 110 villes de plus de dix mille habitants. La sauvegarde de Paris, de Strasbourg ou de quelques autres villes d’importance ne peut masquer une impressionnante défaite électorale. La droite rafle en grande partie la mise et se targue de reprendre la main. Mais sa victoire relative est acquise par défaut. Elle ne saurait lui redonner une virginité. N’ayons pas la mémoire courte. Elle était au pouvoir il y a seulement deux ans, avec les résultats que l’on connaît. Alors pas de leçon à recevoir de ce côté-là et surtout pas de triomphalisme. Le Front national exulte une fois de plus. Il crie au triomphe. Il gagne une douzaine de villes, pour la plupart naguère classées à droite. Sa montée en puissance est moins importante qu’on veut bien le dire. Elle est due mécaniquement, pour l’essentiel, au fort taux d’abstention qui a caractérisé ce deuxième tour des Municipales, amplifiant le premier, soit 38,50%. Mais il ne s’agit pas de minimiser le poids réel du parti de la haine et du racisme, dont la promotion par les media a été assurée sans limite et sans vergogne, au cours des dernières semaines. Bien au contraire, il faudra continuer le combat pour montrer sa vraie nature et dénoncer  son exploitation éhontée de la désespérance, du désarroi et de la peur de l’autre qui règnent dans notre pays. Quant au Front de gauche, il a subi les contre coups du rejet de la politique gouvernementale, parce que associé, aux yeux de millions de Français, surtout appartenant aux couches les plus défavorisées, au pouvoir socialiste. Toutefois, il résiste sur l’ensemble du territoire et réussit à sauvegarder la plupart des villes qu’il gérait, à l’exception d’Aubagne, Villejuif, Bagnolet, Saint Ouen.

    Malgré le caractère local des élections municipales, c’est bien la politique gouvernementale qui a été jugée sévèrement par la grande majorité de la population. Nos gouvernants auront-ils le courage d’en convenir, d’analyser les causes du rejet et d’opérer un changement de politique ? Qu’il nous soit permis d’en douter après les déclarations post électorales des caciques du Parti socialiste -  à l’exception de son aile gauche - en particulier, la déclaration de Jean-Marc Ayrault. Que dit ce dernier ? Le gouvernement n’aurait pas assez explicité sa politique. Nous prendrait-il pour des bourrins ! Cette politique est bonne. Il ne peut y en avoir d’autre. Notre homme est convaincu que tôt ou tard elle portera ses fruits. Par exemple, pas question de renoncer au pacte d’irresponsabilité et au cinquante milliards d’économies sur les dépenses publiques. Donc, on continue la même politique. Un remaniement gouvernemental suffira-t-il au Parti socialiste pour redorer son blason ? Peu probable.

    Pour la vraie gauche, l’heure est à la mobilisation. Il n’est pas question de s’éterniser et se lamenter sur les résultats des élections. D’autres échéances approchent. Dans un premier temps, la marche du 12 avril à Paris, contre l’austérité et pour une vraie politique de gauche, débarrassée du social-libéralisme. Puis les élections européennes, moment fort pour exprimer la nécessité d’une autre Europe, une Europe des peuples, démocratique, anti Troïka, humaine et solidaire.

    Angelo Leonetti

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  • Les urnes ont parlé. La gauche prend une raclée mémorable. Le Parti socialiste paie lourdement les effets d’une politique dévastatrice, soumise aux injonctions de la Troïka. Malheureusement, il entraîne dans son sillage le Front de gauche, même si, de ci de là, ce dernier obtient des résultats non négligeables. Les électeurs n’ont pas voulu ou pas pu faire de différence entre l’un et l’autre, surtout à cause d’une stratégie à géométrie variable du Parti communiste. Autre élément issu des urnes, la forte poussée du Front national qui emporte, dès le premier tour, la municipalité d’Hénin-Beaumont, se place en bonne position à Avignon, Perpignan, Béziers, Fréjus et réalise un score remarquable à Marseille. La Marine Le Pen exulte. Le Front national a su jouer habilement des difficultés grandissantes d’une majorité de Français. Il a, en outre, bénéficié d’une formidable promotion développée par toute une série de media pendant des mois et des mois, laquelle promotion a contribué à sa dédiabolisation. L’exploitation outrancière de la haine de l’autre, de l’immigration a fait le reste.

    Autre élément extrêmement important. Le taux d’abstention : 38,50%. Du jamais égalé pour des élections municipales. Comment interpréter ce taux ? Il est probable qu’il relève du rejet non seulement de la politique ultra libérale de François Hollande, mais également des multiples affaires qui éclaboussent la classe politique. Les abstentionnistes se recruteraient, pour l’essentiel, parmi les couches populaires les plus défavorisées, les chômeurs et les jeunes. A ce taux d’abstention il faut ajouter environ 15% de Français, en âge de voter, qui ne se sont pas inscrits sur les listes électorales. Au total, plus de la moitié des électeurs potentiels aurait donc refusé d’exprimer un choix politique. C’est extrêmement grave pour le devenir démocratique du pays. La question de la légitimité des futurs élus est donc posée.

    Dans ce contexte, comment nos dirigeants politiques ont apprécié les résultats du premier tour des élections municipales ? Si l’on en croit les caciques du Parti socialiste et en particulier Jean-Marc Ayrault, l’heure n’est pas à méditer sur les causes de la claque, mais plutôt au rassemblement républicain ! Il faut faire barrage au Front national clament-ils depuis dimanche soir. Il n’est pas sûr, cette fois-ci, tellement la corde est usée, qu’ils soient réellement entendus.

    Angelo Leonetti

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  • Crimée1_modifié-1

    La Crimée vient de voter son rattachement à la Russie, à plus de 96%. C’est le résultat d’un référendum organisé le 16 mars. Les habitants de cette région autonome de l’Ukraine disent ainsi mettre un terme à une anomalie qui dure depuis 1954. « On rentre à la maison », attendait-on parmi la population en liesse, à l’issue  de la consultation électorale. Donc acte. Mais ce résultat n’est pas du goût de tout le monde, en particulier du nouveau gouvernement ukrainien et des pays occidentaux. Les uns et les autres  font assaut d’indignations et de protestations. « Ce référendum est illégal, illégitime, contraire au droit international », répètent-ils à volonté, sur tous les tons, relayés par la quasi-totalité des media. Dans ce concert de hurlements, il faut souligner le zèle déployé par le pouvoir socialiste, à s’aligner sans retenue sur la position américaine. Le pompon revenant à Laurent Fabius. Il est bon de rafraîchir la mémoire à tous ces vertueux du libéralisme. Que pensent-ils de de la partition de la Yougoslavie, la sécession du Kosovo ? De l’invasion de l’Irak par les Américains, des basses besognes des Occidentaux en Syrie, en Libye et dans bien d’autres endroits de la planète ? De la politique d’apartheid et de colonisation menée par Israël ? Ou encore du coup d’Etat perpétré en Ukraine, ouvrant la voie à l’infiltration d’éléments fascisants, coup d’Etat, avancent certaines mauvaises langues, préparé depuis des mois par les services secrets américains ? Oui, qu’en pensent-ils ?  Cela étant dit, ce n’est pas pour autant que nous soutenons le régime de Poutine. Ce n’est pas notre tasse de thé. Ce régime est ultralibéral, oligarchique, autoritaire, gravement corrompu, construit sur les ruines de l’ancienne Union soviétique. La question de sa démocratisation est posée. Mais la réponse ne saurait appartenir à des tiers. C’est l’affaire des populations de la Fédération de Russie. Il en est de même pour l’Ukraine et pour tout pays de ce bas monde.

    Maria Maddalena Lanteri

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  •  
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    Triste spectacle qui nous est servi depuis deux jours dans les media. Tous les objectifs et les micros, sans oublier de belles plumes, se tournent vers une nouvelle affaire sensationnelle, celle des écoutes téléphoniques  dont seraient victimes notre ancien président de la république et son dévoué avocat. De malheureux persécutés. A droite, c’est la mobilisation générale. On parle d’acharnement, de méthodes policières, dignes d'une dictature. Rien que ça ! Tous les ténors de l’Ump y vont de leur couplet et jouent aux vertueuses indignées, en particulier un certain Jean-François Copé qui crie au scandale, en oubliant au passage sa propre affaire de détournement de fonds de son parti au profit d’une société « amie », la Bigmalion. Dans la foulée, on organise une bronca des avocats et on fait signer une pétition en solidarité avec le collègue Herzog et pour condamner les écoutes contre les gens de la profession. Question ? Les avocats seraient-ils tous des citoyens au-dessus de tout soupçon ? Seraient-ils tous plus blanc que blanc ? Dans cette opération enfumage, menée avec brio, par l’Ump, il faut dire que le gouvernement et certains ministres, en particulier la ministre de la justice, ont donné un sacré coup de main. N’ont-ils pas nié, pendant un certain temps, d’avoir été informé des écoutes ? Ca a permis à la droite d’utiliser allègrement la bévue et  de privilégier la forme plutôt que le fond de l’affaire. Comme dirait monsieur Ricard, ex-secrétaire du Sac, ex-ministre de l’intérieur, un certain Charles Pasqua, fin connaisseur de la politique politicienne, quand on veut faire oublier une affaire, on en invente une autre. C’est ce qui est en train de se produire actuellement. Du coup, les affaires concernant Nicolas Sarkozy, et elles sont nombreuses, sont jetées aux oubliettes. La droite en profite pour se faire une virginité, après deux ans de luttes intestines. Alors on crie au complot. On attaque au passage la magistrature, les juges d’instruction. Il faut dire que tous ces braves gens de l’Ump étaient naguère pour la suppression de ces derniers. Ces empêcheurs de tourner en rond. On réclame à grands cris l’institution d’une justice indépendante du pouvoir politique. Il est vrai que sous le règne de Sarkozy, ce principe éminemment démocratique était scrupuleusement respecté. En résumé, on crie au loup et on serre les rangs derrière Nicolas Sarkozy. Pendant ce temps la politique d’austérité et de régression continue de plus belle. Les mauvais coups pleuvent. Le dernier en date, le gel des retraites complémentaires des salariés. Cela équivaut à une nouvelle baisse du pouvoir d’achat pour plus de 11 millions de personnes. A souligner que ce gel a été approuvé par le Medef, l’ensemble des organisations syndicales à l’exception de la Cgt.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • panneau-henin-beaumont

    Dans notre dernier billet d’humeur nous évoquions les tentations de la pulitichella et de ses conséquences sur la vie politique en Corse. Nous donnions quatre exemples, où semble-t-il, y compris des membres du Front de gauche y succomberaient. A Bastia, dès le premier tour des Municipales, le Parti communiste a sauté sur le char conduit depuis la nuit des temps par la dynastie des Zuccarelli. A Ajaccio, la direction locale de ce même parti a refusé, après avoir traîné les pieds pendant pas mal de temps, de participer à la constitution d’une authentique liste de gauche, avec les autres composantes du Front de gauche, le Parti de gauche et Manca alternativa (Ensemble). Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour y parvenir, comme cela s’est fait dans des villes comme Marseille, Montpellier, Lille, Nice, Toulon, etc. Quelle mouche aurait piqué les communistes encartés d’Ajaccio pour refuser la voie de la clarté ? Nous répétons. On ne peut pas critiquer la politique de François Hollande tout en s’alliant au plan local avec les représentants ou associés du Parti socialiste. Qu’on le veuille ou non, la gestion des affaires communales dépend en grande partie des choix nationaux en matière financière et économique. Ajoutons que la liste de Simon Renucci est loin d’être un modèle de clarté tant au niveau de son programme que de sa composition. Le bon travail effectué par les élus communistes et autres compagnons de route ne saurait être un argument péremptoire, ne serait-ce qu’en raison de la situation économique et politique actuelle. Alors quelles en sont les vraies raisons ? Nous attendons une réponse. A Porto-Vecchio, le Parti communiste s’est allié avec Jean-Christophe Angelini, leader du Pnc, qui représentait encore naguère le « diable ». Là aussi, on peut s’interroger sur l’opportunité d’une telle alliance. Enfin à Sartène, Dominique Bucchini affiche la couleur. Il ira à la bataille électorale avec des nationalistes, ceux-là même qu’il fustigeait il y a quelques années ! Responsables, disait-il alors de sa défaite électorale.

    A Hénin-Beaumont, un sacré revirement

    Nous voudrions ajouter un cinquième exemple. Sans doute le plus discutable. Exemple qui pose avec force un sérieux problème de déontologie et d’honnêteté  intellectuelle. Celui d’Hénin-Beaumont. D’ailleurs, il provoque beaucoup de vagues à gauche et même dans les rangs du Parti communiste. Il suffit pour cela d’aller sur le site de l’Humanité.fr pour s’en convaincre. De quoi s’agit-il ? A Hénin-Beaumont, ville caractérisée par une crise sociale et économique sans précédent et par une influence grandissante du Front national, le Front de gauche était parvenu à constituer une liste conduite par Daniel Noël, du Parti communiste et à élaborer un programme authentiquement de gauche. Tout était en place. Des milliers de tracts étaient tirés et prêts à être distribués. Beaucoup de monde s’en félicitait. Patatras ! A une semaine de la clôture du dépôt des candidatures, Daniel Noël tourne casaque, se retire de la liste avec un certain nombre de candidats, pour aller s’acoquiner avec la liste conduite par un proche du Parti socialiste ! Bien évidemment sans prévenir les autres composantes du Front de gauche. Comment peut-on qualifier une telle attitude ? Pour se justifier, Daniel Noël évoque la menace du Front national. Mais cette menace était connue depuis belle lurette. Il aurait pu y penser avant, sans s’engager dans le Front de gauche. Pour appuyer son argumentation le responsable local du Parti communiste cite un poème d’Aragon. Lamentable. En outre, la décision a été prise à quelques jours de la clôture du dépôt de liste, ne laissant pas aux autres composantes du Front de gauche le temps de reconstituer une autre liste de gauche. Chapeau l’artiste. Tout cela ne sent pas très bon. Le procédé est inqualifiable. Ce genre de comportement n’est pas de nature à redorer l’image de marque de la gauche, déjà souillée par les socialistes, avec toute une série d’affaires douteuses. Il risque de compromettre la lutte pour la reconquête des catégories sociales – souvent des ouvriers, des jeunes, des chômeurs – séduites par le discours démagogique et de haine du Front national. Bien au contraire. Il contribue à écoeurer un peu plus les électeurs à cause de ces minables cumbinazione et les jeter dans les bras de l’extrême-droite ou dans l’abstention. D’ailleurs, n’a-t-on pas vu la Marine Le Pen se frotter les mains et jubiler devant un tel revirement ? Les communistes encartés du Pas-de-Calais, du moins leur direction, ont pris là une sacrée responsabilité.

    Albert Savino

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  • Basta a pulitichella

    Les élections municipales approchent. C’est dans un mois. De ci de là on s’agite, on grenouille, on magouille, on palabre. On noue des alliances au gré des circonstances et surtout des ambitions personnelles. On s’allie parfois avec le diable, naguère vilipendé. On peut dire que toute cette agitation ne se fait pas toujours dans la clarté, mais relève plutôt de la sempiternelle pulitichella qui pollue depuis bien des lustres l’atmosphère de la Corse et sans doute bien au-delà. Sans entrer dans le détail, appuyons-nous sur quatre exemples significatifs. A Bastia, le Parti communiste entend rester fidèle à son alliance avec la dynastie Zuccarelli. C’est son droit, mais au passage il ne saurait se prévaloir du Front de gauche. En face de cette liste dite de gauche, il y a une liste dissidente conduite par François Tati, une autre liste à la tête de laquelle on trouve Gilles Simeoni qui rêve depuis pas mal de temps de s’emparer du pouvoir municipal et de remplacer un clan par un autre, et trois ou quatre autres petites listes. A Ajaccio, Le Parti communiste préfère le douillet confort de la liste du maire sortant à une alliance avec Manca alternativa et le Parti de gauche sous les couleurs du Front de gauche, sur la base d’un vrai programme alternatif. A Porto-Vecchio, le Parti communiste décide de s’acoquiner avec Christophe Angelini, autonomiste qui rêve lui aussi de ravir la ville à l’Ump ! Pourtant ce même parti n’a pas cessé – à juste titre – de critiquer les positions de ce dernier. Là aussi le seul souci, c’est de remplacer le clan Rocca Serra par un autre clan. Belle affaire. Enfin, il y a le cas de Sartène. Dominique Bucchini annonce sa candidature à la mairie. Là aussi, de nouvelles alliances se nouent, naguère considérées comme contre-nature. Des nationalistes feraient partie de la liste !

    Quelle réflexion peut-on avoir sur les cas cités ? Tout cela n’est pas ragoûtant. Ce n’est pas un modèle de clarté pour les électeurs. Pour sa part Manca alternativa tient à se dissocier de ces mascarades politiciennes. Elle renouvelle sa position. Pas de compromissions ni avec les représentants locaux du Parti socialiste ou autres associés, ni avec ceux dont la seule préoccupation tient en une seule phrase : « ôte-toi de là que je m’y mette ». Nous sommes pour une vraie alternative de gauche, tant au plan national que local parce que tout est lié. Nous nous prononçons pour des listes du Front de gauche avec un programme clair qui répond aux besoins et aux préoccupations de la grande majorité des habitants de nos communes. Et non pour une gestion traditionnelle, enfermée dans le carcan budgétaire  imposé par la Troïka. Quelles sont les grandes lignes de ce programme qui doit être discuté et amendé avec les citoyens ? Il sera essentiellement axé sur six grands thèmes : les transports publics et leur gratuité, la gestion publique de l’eau, le logement social, la lutte contre la spéculation foncière et immobilière, la protection de l’environnement et les emplois utiles.

    Pour conclure, nous avons envie d’écrire : les élections, quelles qu’elles soient, doivent être l’affaire du plus grand nombre et non de quelques professionnels de la politique politicienne. A casa a casta pulitica.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • berlus_renzi

    Après une course d’enfer qui aura duré tout juste un an, Matteo Renzi, le fougueux maire de Florence, nouveau secrétaire général du Partito democratico, est arrivé au terme de son ascension. Le voilà nommé président du Conseil des ministres italien, à 39 ans. Une performance dans un pays où la gérontocratie politique sévit depuis des lustres. Pour atteindre son objectif, notre homme pressé n’a pas lésiné sur les moyens, y compris en utilisant la technique de la rottamazione pour renvoyer les vieux caciques du parti à la maison. Il s’est emparé d’une manière magistrale du poste de secrétaire général lors de primaires en novembre 2013, avec une majorité substantielle de voix et a fait le vide autour de lui. Des esprits chagrins prétendent même qu’il aurait reçu un sérieux coup de main de son ami Silvio Berlusconi, l’homme du bunga-bunga, l’homme à qui l’on doit une crise sociale, économique et morale sans précédent dans l’histoire de l’Italie, après vingt ans de pouvoir sans discontinuité ou presque. On susurre que des électeurs de ce dernier auraient fait le déplacement lors de ces primaires pour voter en masse pour le jeune Matteo. Après le parti, ce fut le tour de la présidence du Conseil des ministres. Là aussi, il s’est débarrassé d’Enrico Letta, sans vergogne, ni remord. Procédant à une sorte de révolution de palais qui n’a suscité au demeurant que peu de réactions. La vraie gauche étant en phase de décomposition totale. Pourtant les deux hommes étaient comme larrons en foire. Ils venaient tous les deux de la démocratie chrétienne. C’étaient de bons amis. Voilà donc Matteo Renzi au faîte de la gloire. Il vient d’entamer des consultations pour former son gouvernement. On parle de mettre sur pied une nouvelle grande Koalition à l’allemande, en partie expérimentée par Enrico Letta. Déjà, des voix favorables se font entendre et non des moindres. Celles des milieux d’affaires  italiens, celle de la Troïka et bien d’autres partisans de l’ultralibéralisme. Ce qui veut dire en clair que le nouveau président du Conseil des ministres vient d’être adoubé par tous ceux qui préconisent des politiques d’austérité et de régression sociale, un peu partout en Europe. Donc, il ne faut pas s’attendre à un vrai changement de cap. Matteo Renzi, malgré ses gesticulations et ses logorrhées poursuivra l’oeuvre de ses prédécesseurs, sous le regard bienveillant de Silvio Berlusconi, toujours en embuscade et prêt à revenir dans le jeu politique italien, malgré les nombreuses condamnations et autres gamelles qui lui collent au train. Notre nouvel homme fort promet de faire une réforme par mois ! Avec toujours le même aplomb qui le caractérise depuis le début de son arrivée en politique. Il nous fait penser parfois à un certain homme politique français. Le drame dans cette histoire, c’est qu’il y aura un perdant : la majorité du peuple italien.

    Jean-Pierre Orsi

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  • On a assisté jeudi 6 février 2014, sur Via Stella, à un spectacle affligeant. Corine Bartoli était l’invitée de Jean Vitus Albertini. Elle est candidate « divers gauche » aux prochaines municipales à Propriano. A la place de son époux Paul Marie, maire sortant, conseiller exécutif PRG à l’Assemblée territoriale de Corse et président de l’Office des transports. Un homme anti-cumul des mandats, en quelque sorte. Celui-ci est inéligible jusqu’au 25 mai 2014, à la suite d’une décision du Conseil constitutionnel. Il est reproché à Paul Marie Bartoli de ne pas avoir déclaré en bonne et due forme 4.000 euros, lors de la campagne des législatives de juin 2012. Donc, pour tourner la difficulté, le couple a trouvé une brillante astuce. Etant dans l’impossibilité de se présenter, Bartoli se fait remplacer, comme tête de liste, par son épouse. Fallait y penser ! En cas d’élection et au bout de deux mois, Caroline démissionne de son poste afin de permettre une élection partielle au profit de son illustre époux. L’affaire est dans le sac. Que penser d’une telle pantalonnade ? Et quel mépris pour les électeurs. Que penser d’un tel stratagème, sinon qu’il jette un peu plus de discrédit sur une caste politique, corrompue, plus soucieuse de ses propres intérêts que ceux de la collectivité ? Il est peut-être temps de mettre un terme à ces pratiques politiciennes et d’ouvrir la voie à une nouvelle manière de faire de la politique au sens noble du terme. Nos cousins italiens ont une superbe expression : « Tutti a casa ».  Nous la faisons nôtre. Oui tous à la maison.

    Le couple Bartoli ne sort pas grandi de cette minable affaire. Encore un mot sur la prestation de Caroline Bartoli. Ce fut pour elle mission impossible. Elle s’est noyée dans ses notes. La confusion était à son comble. Ce fut pour elle probablement un calvaire. Mais un calvaire qui ne mérite aucune excuse.

    Maria Maddalena Lanteri

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  • A Bastia, le Parti communiste a décidé de rejoindre la liste de Jean Zuccharelli, représentant d’une célèbre dynastie de la ville, dès le premier tour des Municipales. A Ajaccio, rebelote. Il s’allie au maire sortant Simon Renucci dont la liste, outre des communistes, rassemble des gens en provenance d’horizons différents : écologistes, nationalistes, sociaux libéraux, personnalités plutôt connues pour leurs idées de droite, etc… Dans les deux cas de figure, le Parti communiste, loin de participer à la lutte pour une vraie alternative de gauche, y compris au plan local, contribue à entretenir la confusion. On ne peut pas condamner – à juste titre – la politique d’austérité et de régression sociale menée par François Hollande et son gouvernement dit socialiste et dans le même temps convoler en juste noce avec leurs représentants locaux. Un tel positionnement n’aide pas au renforcement et au développement du Front de gauche en Corse. Bien au contraire. Le risque est grand de voir un nombre important d’électeurs de gauche se réfugier dans l’abstention.

    Un autre scenario du même tonneau semble se profiler dans d’autres villes de Corse. C’est le cas, en particulier, à Porto-Vecchio. Là, le Parti communiste – et non le Front de gauche – a trouvé une idée lumineuse, celle de s’allier à Jean-Christophe Angelini, autonomiste notoire et nullement classé à gauche. Sauf erreur de notre part. Pour une surprise, c’est une surprise. Comment est-ce possible ? La question mérite d’être posée. Naguère, le Parti communiste était très critique à l’égard du mouvement nationaliste. Souvent avec raison. Aujourd’hui, on efface tout, sans débat, et on s’en va bras dessus bras dessous à la conquête de la ville de Porto-Vecchio, tenue par le clan Rocca Serra et ses affidés. Sur quelle base ? Sur quel programme ? Peut-on croire, un seul instant, en une alliance entre la carpe et le lapin ? La lutte des places aurait-elle remplacée la lutte contre le clientélisme et pour une gestion authentiquement de gauche de la cité ? Des réponses s’imposent. En tout cas, là aussi ce ralliement n’est pas de nature à éclaircir le débat. Là aussi, le Front de gauche sera absent de la confrontation électorale. C’est préjudiciable. La pulitichella aurait-elle encore triomphée ?

    Maria Madalena Lanteri

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