• La fraude sociale est un sujet qui monte...

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    "Les fraudeurs, c'est un sujet qui monte. C'est normal en cas de crise, et on va mettre le paquet là-dessus", a déclaré un responsable du parti majoritaire sous le couvert de l'anonymat. Dans une grande enquête de l’Ifop, 80% des personnes interrogées jugeaient qu'il y a trop d'assistanat et que beaucoup de personnes abusent des aides sociales. Voilà de quoi mobiliser l'électorat UMP et FN, mais aussi des sympathisants de gauche, si on en croît ce sondage.

    Le Front national a dénoncé pour sa part lundi par la voix de sa présidente, Martine Le Pen, une "explosion de la fraude sociale liée à une explosion de l'immigration". Le député UMP des Bouches-du-Rhône Dominique Thian est l’auteur cette année d'un rapport chiffrant à plus de 20 milliards d'euros par an la fraude aux prestations et cotisations sociales. Il préconise l’instauration de 3 jours de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie. La tactique est toujours la même « diviser pour régner » en montrant du doigt les fonctionnaires et les immigrés. Sur le chiffre avancé par ce partisan de la droite dite populaire, aile dure de l’UMP, les services de l'administration n'ont détecté que 458 millions d'euros en 2010. Le rapport a attribué l'essentiel des 20 milliards de fraudes aux seuls prélèvements, du fait du travail au noir alors que celles aux prestations (indemnités d'arrêts maladie, allocations familiales, RSA...) ne représenteraient qu'entre 2 et 3 milliards. La fraude de loin la plus importante est celle des entreprises qui ne paient pas les cotisations sociales. Malgré cela,  Xavier Bertrand a annoncé la mise en place d'ici la fin de l'année d'un fichier central (déjà annoncé cet été)  permettant de croiser les différentes données et de s'assurer d'une "bonne utilisation de l'argent public, de l'argent de la solidarité". Nicolas Sarkozy n'a pas choisi Bordeaux au hasard pour la présentation de ces nouvelles mesures anti-fraude. Fin octobre, une escroquerie y a été révélée au détriment de Pôle Emploi, révélant un système organisé de triche aux allocations chômage. Cette idée du fichier est soutenue par le ministre des Transports Thierry Mariani, chef de file de la Droite populaire, à partir d'une des propositions du rapport de Dominique Thian - membre du même mouvement. Une fois de plus, cette droite cynique s’attaque aux plus faibles et non aux fraudes des employeurs qui ne paient pas leurs cotisations. Philippe Mediavilla, secrétaire général de la CGT en Aquitaine, a reproché à Sarkozy  d'avoir "toujours eu plus d'empressement à stigmatiser les bénéficiaires des prestations sociales comme étant des fraudeurs potentiels qu'à s’intéresser à ceux qui grèvent le plus les comptes sociaux, les employeurs". La fraude aux prestations ne représenterait que deux à trois milliards d'euros, soit cinq à six fois moins que les fraudes aux cotisations sociales : le "travail au noir" priverait ainsi l'État, en moyenne,  d'au moins 15 milliards d'euros de recettes annuelles, selon le rapport remis à l'Assemblée en juin dernier. 

    Cette thématique de la fraude sociale s'adresse très fortement à l'électorat d'extrême droite, car derrière cette question se cache celle des prestations sociales que peuvent percevoir les étrangers.  D’ailleurs Marine Le Pen profite de l’occasion pour lier l'explosion(sic) de la fraude sociale à celle de l'immigration.

    Une fois encore, Sarkozy et son aile la plus dure affichent un cynisme sans scrupule et stigmatisent la France du bas, tout en préservant les intérêts de la France d’en haut.  Sous le prétexte des fraudes, les assurés sociaux sont tous désignés comme des suspects potentiels et devront lorsqu’ils sont malades perdre 3 jours de salaires. Voilà la punition collective infligée! D’aucuns se laisseront diviser et seront toujours prêts à tendre la joue gauche. Cette mesure contre la santé ne fera qu’aggraver ce qui est déjà constaté : les Français désargentés se soignent de moins en moins depuis les baisses successives des remboursements. Ajoutée à la taxe de 7% sur les mutuelles qui devront augmenter les cotisations ou fermeront, cette mesure est purement antisociale et vexatoire lorsqu’on réalise la morgue d’un pouvoir défenseur d’une oligarchie richissime et plus enclin à réprimer les petits fraudeurs sociaux que les gros fraudeurs fiscaux.

    Les fraudeurs, le sujet monte… et  fait monter la tension. Il divise : un bon sujet pour un Sarkozy en campagne se disant protecteur dans une France déboussolée qui veut culpabiliser.

    N’en doutez plus ! Le défenseur du bouclier fiscal ne fournira pas au peuple  un bouclier social protégeant de son rabot.

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