• La gauche alternative s'affirme à Ajaccio

    Une force nouvelle est en train d’émerger en Corse du Sud

     

    Ajaccio. Mercredi 25 mars 2015.

    réunion250315-1Une vingtaine de militants de Manca alternativa/Ensemble, membre du Front de gauche, se sont réunis pour tirer les enseignements du premier tour des élections départementales, en particulier dans les 2e et 3e cantons d’Ajaccio. Dans ces derniers, Manca alternativa et le Parti de gauche y présentaient des candidates et des candidats sur la base d’un programme alternatif. La discussion a fait ressortir plusieurs points significatifs.

    Le pouvoir dit socialiste lourdement sanctionné

    François Hollande et son gouvernement essuient un nouvel échec qu’on pourrait qualifier de retentissant, après celui des Municipales. Le Parti socialiste ne recueille que 19,3%. Il paie les conséquences de sa politique d’austérité et de régression sociale.

    L’Ump, l’Udi profitent de l’occasion pour se refaire une santé. Ils sont presque en extase devant les résultats obtenus et espèrent encore pousser leur avance lors du second tour, en oubliant toutefois de dire que la politique menée par Nicolas Sarkozy, pendant cinq ans n’est pas totalement étrangère à la situation sociale et économique du pays. Il est vrai que d’aucuns ont souvent la mémoire courte. D’ailleurs, il y a continuité dans la politique des uns et des autres. Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Elles sont toujours au service des mêmes : la troïka, les marchés financiers, le Capital.

    L’Opa du Front national

    Le Front national continue son ascension. Il faut souligner qu’il bénéfice depuis pas mal de temps de la bienveillance, voire de la complicité de la quasi-totalité des media lesquels ont grandement contribué à « dédiaboliser » le parti de la haine, du racisme et de l’antisémitisme et, à le « crédibiliser » aux yeux d’une bonne partie de la population.

    Le Front national lance une Opa sur le pays en exploitant d’une manière honteuse la misère et la désespérance de millions de Français. Comment un tel parti, cornaqué par la dynastie des Le Pen, vivant dans le luxe et un château, peut-il arriver à séduire un nombre grandissant de nos compatriotes ? La question mérite d’être posée, mais surtout d’être résolue rapidement, au risque de voir le pays sombrer dans le chaos et la désolation. Le Front national reste un parti d’extrême-droite quel que soit son habillage, par exemple « Rassemblement bleu marine ». Un parti en réserve du Capital. N’ayons pas la mémoire courte.

    Un Front de gauche à la peine

    Quant au Front de gauche, il amorce une légère remontée. Il frôle les 10%, malgré les tripatouillages peu glorieux du ministère de l’Intérieur.

    Une question s’est souvent posée lors de la discussion. Pourquoi le Front de gauche n’a pas été en capacité de récupérer les déçus du « socialisme » ? Pourtant, il dispose d’un programme clair, authentiquement de gauche, permettant de sortir de la logique ultralibérale actuelle.

    Les causes sont diverses.

    Tout d’abord, il n’a pas bénéficié de la même bienveillance des media que la bande des trois : Ump, Ps et Fn. Combien de fois a-t-on vu défiler des membres du Front de gauche sur les écrans de télé et sur les antennes de radio, pendant la campagne électorale et même en temps ordinaire ?

    La « gauche » coupable de tous les maux de la société

    Ensuite, aux yeux de beaucoup de gens, il est assimilé au Parti socialiste. Dans l’état actuel des choses, il doit faire face à une équation redoutable. Le Parti socialiste est de «  gauche ». Il le proclame haut et fort. Il suffit d’écouter Hollande ou Valls, sans oublier tous les ténors de la rue Solferino. Mais hélas, la politique qu’ils mènent est loin d’être de gauche et les Français en mesurent les effets. Donc, la gauche est responsable de tous les maux du pays. Résultat. De nombreux électeurs de gauche et d’ailleurs mettent toutes les composantes de la gauche dans le même sac, se réfugient dans l’abstention ou encore pour certains dans le vote lepéniste.

    Enfin, une certaine division en sein même du Front de gauche, entre ses différentes composantes a sans doute jeté le désarroi chez de nombreux électeurs, en particulier lors des élections municipales, à cause d’une stratégie à géométrie variable, selon les villes et les villages. Ca a été encore vrai, dans une moindre mesure pour le premier tour des Départementales.

    Une force nouvelle est en train d’émerger

    Au-delà de ces appréciations pas toujours positives, il y a aussi quelques bonnes nouvelles et quelques espérances. A valoriser impérativement. Par exemple les résultats obtenus par les candidates et les candidats présentés par Manca alternativa et le Parti de gauche. Dans les 2e et 3e cantons d’Ajaccio, les électeurs ont voté à plus de 16%, en moyenne, pour ces candidats. C’est un score remarquable. Il a été possible sans l’aide des media, sans moyens matériels et financiers, sans réseaux. Peu de gens, avant les élections auraient parié sur un tel résultat. Il suffit de lire Corse-Matin, entre autres, pour s’en convaincre. Nous citons : « Il devait y avoir un duel dans le 2e canton d'Ajaccio. Une affiche qui faisait de ce territoire urbain l'un des secteurs les plus disputés de ce scrutin... L'un, Stéphane Vanucci issu de la majorité départementale et bénéficiant de la dynamique des dernières élections municipales et l'autre, François Casasoprana, conseiller général et tête de liste aux dernières élections municipales. Mais le match n'a finalement pas eu lieu. Il fallait incontestablement  compter avec le troisième binôme, composé de Jacques Casamarta et Patricia Curcio représentants Manca Alternativa et le Parti de Gauche. Les 3430 électeurs s'étant déplacés aux urnes ont tranché. »...  Ce résultat a été aussi possible grâce au travail de terrain déployé par des militants, désintéressés, issus des milieux syndicaux, associatifs, salariés, etc. Ces militants ont parcouru des dizaines de kilomètres et gravi de nombreux étages pour rencontrer les électeurs et leur proposer autre chose que des promesses de services à rendre ou d’hypothétiques cadeaux, mais plutôt un programme alternatif au plus près des besoins des populations. Au cours de ces nombreuses rencontres, ils ont pu mesurer, dans certains quartiers de la ville, l’immense détresse, la misère qui frappent des centaines de personnes et la tentation pour certains d’entre eux de voter Fn ou de se réfugier dans l’abstention. Le « tous pourris » revenait souvent dans les discussions avec pour conséquence le repli sur soi et le refus d’entrevoir une vraie solution à leur problèmes. C’est dire l’énorme travail d’explication qui reste à faire pour gagner ces populations et leur prouver qu’elles représentent une force pour un vrai changement.

    Sur la base des résultats obtenus, les militants de Manca alternativa vont travailler pour créer ce mouvement qui fait défaut en Corse du sud. Les perspectives existent. Il faudra s’appuyer sur plusieurs composantes de la vie sociale, comme les milieux syndicaux, le mouvement mutualiste, le secteur coopératif ou encore le monde associatif. Comme il faudra rechercher des coopérations avec des autres forces politiques qui se réclament de la gauche alternative. Cela se fera sans discrimination et sans esprit partisan.

    Oui, c’est possible.

    C’est possible de créer une force nouvelle qui sorte des pratiques claniques, du clientélisme et de la professionnalisation de la politique. Une force au service d’une authentique alternative de gauche, débarrassée de la compromission avec le Capital et ses représentants qu’ils soient de droite ou socio-libéraux.

     

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