• La Grèce ouvre une voie nouvelle

    Syriza à l’épreuve du pouvoir

     

    meeting_siryzaLe nouveau gouvernement grec décide sans attendre de mettre en œuvre le programme électoral de Syriza*. Il y a urgence, surtout à cause du désastre humain et social qui s’est abattu sur le pays. Les causes de ce désastre sont connues. Il est utile de les rappeler à un moment où les forces conservatrices de l’Europe, Troïka en tête, lancent une fantastique offensive contre une équipe démocratiquement élue. Tout d’abord, il y a eu des décennies d’impéritie, de gabegie, dues aux différents gouvernements qui se sont succédé depuis des décennies : socialistes du Pasok, droite, en alternance ou en union : pillage des ressources de la Grèce, évasions fiscales, spéculations en tout genre, politique d’armement inconsidérée, corruption, clientélisme, trucage des comptes de la nation, avec l’aide éclairée de la banque Goldman Sachs, prêts auprès des banques européennes , surtout allemandes et françaises, à des taux prohibitifs : de 9 à 12% ! On pourrait allonger la liste.

    Parmi les mesures préconisées, il y a la restructuration de la dette, honteuse et monstrueuse : 317 milliards d’euros, soit 175% du produit intérieur brut. Le peuple grec ne peut plus payer, en suant sang et eau, les erreurs de politiques verreux et corrompus. Autre mesure : relever le salaire minimum et le porter à 700 euros par mois. Redonner l’électricité à plus de 300.000 foyers qui en sont actuellement privés. Lancer un programme d’accès au logement, gratuité des soins médicaux et pharmaceutiques à ceux dépourvus de couvertures sociales. Arrêt des privatisations, dont celles du port du Pirée et de la Compagnie Nationale d’Electricité, etc.

    A l’annonce de ces mesures, une horde sauvage, cornaquée par la Troïka, s’est mise en marche. Toute une belle clique conseille, fustige, menace. En substance, on presse Syriza de devenir raisonnable, c’est-à-dire de continuer, sans rechigner, la dramatique politique d’austérité et de régression sociale imposée au pays. L’argument suprême : « La Grèce doit tenir ses engagements si elle veut rester dans l’Europe. Il n’y a pas d’autre alternative ». Chez nous, des esprits chagrins ne sont pas en reste et font preuve d’un zèle insolent. Depuis l’annonce des résultats des élections en faveur de Syriza ils s’agitent. Ils parlent de gros sous, mais sans jamais se préoccuper de l’état social, économique et psychologique de la majorité des Grecs. Pour eux l’humain n’existe pas. A la télé, à la radio, dans la majorité de la presse, surtout celle bien-pensante, les chiens de garde ou autres larbins de service rivalisent dans l’art, grotesque, de la dénonciation de la nouvelle équipe gouvernementale à Athènes. Ils poussent leurs plaisanteries jusqu’à agiter l’épouvantail du paiement de la dette grecque par le contribuable français, à hauteur – paraît-il – de 700 euros par foyer fiscal ! « Les Français, martèlent-ils, ne doivent pas payer pour des gens qui ont vécu au-dessus de leurs moyens pendant des décennies ». De quoi parlent-ils ? Qui sont ces gens ? L’ouvrier, l’employé, le petit agriculteur, le pêcheur ? Ou bien les oligarques, l’Eglise orthodoxe, premier propriétaire foncier et immobilier de Grèce, ou encore quelques profiteurs du système ? Nos fins analystes et autres brillants économistes libéraux qui nous rebattent les oreilles en permanence se gardent bien de le préciser.

    Mais que cache en réalité cette grande offensive idéologique, particulièrement méphitique ? Certes les banquiers et autres créditeurs veulent récupérer leurs « sous », bien qu’ils se soient gavés allègrement pendant des lustres sur le dos des hellènes. L’arrivée de Syriza au pouvoir perturbe la logique ultralibérale en Europe. Elle remet en question les politiques d’austérité. A Bruxelles, à Berlin et même à Paris on redoute la contagion. Aujourd’hui la Grèce. Demain l’Espagne, le Portugal, l’Italie et pourquoi pas la France. Un fantastique bras d’honneur s’annonce.

    Le peuple grec ouvre la voie, celle de faire autrement, ayant pour préoccupation principale, l’humain.

    Il doit avoir notre soutien.

    Nous sommes Syriza.

    Angelo Leonetti

     

    * Programme Syriza

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