• La nouvelle astuce de Valls

    Agitons l'épouvantail FN

     

    Après son allégeance au patronat à Jouy-en-Jojas, lors de l’Université d’été du Medef et ses imprécations lancées à la gauche, à l’Université d’été du Parti socialiste, à la Rochelle, notre premier ministre s’en est allé chercher du réconfort et un soutien à Bologne. Là, il a participé à la Fête de l’Unità, journal fondé par Antonio Gramsci. Entre parenthèses, ce célèbre journal qui a marqué l’Histoire du mouvement  ouvrier italien, pendant des décennies, ne paraît plus aujourd’hui. Quant à la Fête, elle a perdu de son éclat, de son enthousiasme, depuis pas mal de temps. Le rouge, couleur dominante, la chaleur populaire ont laissé la place au rose bien pâle, sinon au blanc et à une atmosphère bien tristounette. Donc, Manuel Valls a rencontré, lors de cette Fête, son homologue italien, Matteo Renzisconi, grand matamore devant l’éternel qui se faisait fort de rétablir la confiance et la croissance dans le pays, en moins de cent jours ! Le nouveau secrétaire du Parti socialiste espagnol, un certain PedroSanchez était également de la partie. Les trois larrons ont vanté, sans sourciller, les vertus de la social-démocratie, pour ne pas dire du social-libéralisme. Tous les trois se déclarent pour une nouvelle gauche, moderne ! Leur credo : poursuivre et accentuer une politique basée sur des réformes structurelles et une réduction drastique des dépenses publiques. Sans oublier une certaine remise en cause des acquis sociaux, au nom de la sacro-sainte compétitivité. Au grand ravissement de tous les laudateurs du libéralisme.

    Notre premier ministre a poussé la plaisanterie en lançant un cri pathétique devant un auditoire à la fois amusé, surpris et étonné : « Aidez-moi ! ». En outre, il en a profité pour ressortir les bons vieux arguments qui s’appuient allègrement sur la peur. Du genre vote utile (Voir les dernières élections présidentielles et législatives), avec les ravages que cela a causé à la vraie gauche et en particulier au Front de gauche. Ou encore le danger FN. Le parti de Marine Le Pen, selon Valls, serait « aux portes du pouvoir ». Alors, il faut serrer les rangs derrière le président de la République, le gouvernement et le Parti socialiste. Hors cette configuration politique, point de salut. Génial comme argument. Comme par hasard, une presse bien-pensante s’est emparée de l’argument et a fait une publicité d’enfer au Front national. D’ailleurs, notre égérie du château de Montredout ne s’y est pas trompée. Elle a enfoncé le clou, avec délectation, en affichant ses prétentions, celle, entre autres, de prendre le pouvoir. Rien que ça !

    Agiter l’épouvantail FN, ne sert à rien. La peur ne fera qu’amplifier la désespérance, la résignation, le désarroi de larges couches sociales du pays. Il est grand temps de changer de politique, de rejeter toutes ces politiques d’austérité et de régression sociale qui frappent désormais tous les pays européens, y compris l’Allemagne. Le Front de gauche est plus que jamais face à ses responsabilités. Il est grand temps pour lui et toutes les forces sociales et progressistes de s’unir et de formuler des propositions concrètes, crédibles et surtout audibles pour sortir enfin le pays de la crise. Il est urgent de cesser les polémiques et les débats internes stériles qui traversent actuellement le Front de gauche. Il en  va de son rôle historique.

    Maria Maddalena Lanteri

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