• Laurence Parisot est aux anges ou presque

    Parisot_medefLaurence Parisot, présidente du Medef, a retrouvé le sourire lors de son passage sur Rmc/Bfmtv, ce vendredi 4 janvier 2013. Cela tranchait singulièrement avec ses coups de gueule contre la nationalisation, même provisoire, avancée un temps par le gouvernement Ayrault, du site de Florange du groupe ArcelorMitttal, il y a quelques semaines, sur la même antenne. Elle était plutôt sereine, rassurée. Elle l’a dit. Elle est confiante dans l’avenir, malgré la dégradation du marché de l’emploi. La bourse clôture l’année 2012 avec un bilan positif. Les grandes entreprises affichent des bénéfices substantiels. Que demande le peuple ! La patronne des patrons se veut plus conciliante avec le gouvernement Ayrault. Une des causes ? Le fameux crédit d’impôt alloué aux entreprises. « C’est un signal positif, a-t-elle déclaré, il peut arrêter le processus de destruction d’emploi et redonner de l’espoir ». Bien évidemment il faut aller plus loin et alléger la fiscalité des entreprises, trop lourde à ses yeux. Un petit nuage est toutefois venu obscurcir la sérénité de la présidente du Medef lorsque Jean-Jacques Bourdin lui a demandé ce qu’elle pensait de l’absence de condition dans l’attribution du crédit d’impôt. Elle a essayé de s’en tirer en faisant appel à la liberté des entreprises de disposer de leur sort et qu’il serait inacceptable de leur imposer des contraintes. Argument pour le moins spécieux. Rappelons à madame Parisot que le crédit d’impôt, c’est de l’argent public et cet argent ne doit pas servir à liquider des emplois, à délocaliser des entreprises et à augmenter la part du gâteau des actionnaires. Le risque existe et on va sans doute en mesurer l’ampleur et les effets  dans les prochains mois.

    Autre sujet abordé par la présidente du Medef : la négociation sur la « réforme » du marché de l’emploi entre syndicats des salariés et patronat. Elle souhaite parvenir à un accord historique lors de la prochaine rencontre, prévue courant janvier et sortir de la logique du conflit, c’est-à-dire avoir des syndicats à sa botte. Selon elle, l’accord devrait porter sur l’officialisation et la généralisation du chômage partiel - selon le modèle allemand - de la baisse des salaires et du temps de travail en fonction de la conjoncture. Il s’agirait d’un recul sans précédent et non pas d’un accord historique. On pourrait rétorquer à Laurence Parisot que certains travailleurs français ont déjà expérimenté la formule, en particulier chez Conti. On leur avait demandé de se serrer la ceinture afin de préserver l’emploi. Résultat, au bout de deux ans de sacrifices, tout le monde a été viré. Merci patron. Les syndicats succomberont-ils aux sirènes du Medef ?

    Jean Antoine Mariani

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