• Le changement c'est pas maintenant

    Pendant la campagne des présidentielles, le candidat Hollande ne cessait de répéter : « Le changement, c’est maintenant, 5 ans de Sarkozy, ça suffit. » Aujourd’hui, après six mois de pouvoir, notre nouveau président semble avoir édulcoré son discours, surtout ce mardi 13 novembre 2012, à l’Elysée, devant un parterre de 400 journalistes, lors d’une conférence de presse. Pendant plus de deux heures il s’est évertué à justifier le pacte de compétitivité concocté par le gouvernement Ayrault. A l’entendre, il faudra désormais attendre pour le changement. Le chômage va empirer en 2013, nous prévient-il. Les Français, tous unis, devront faire des efforts supplémentaires pour sortir le pays de la crise. En attendant des lendemains plus heureux, il a énuméré et justifié les mesures prévues dans le pacte de compétitivité. Relèvement du taux de Tva qui passe de 19,60 à 20%. Crédit d’impôt – d’aucuns parlent de cadeaux – pour les entreprises à hauteur de 20 milliards d’euros, à partir de 2014. Réduction de 10 milliards par an, pendant cinq ans, des dépenses publiques. Notre président n’a pas précisé dans quels secteurs, etc. Toutes ces mesures trouvent leur inspiration dans la logique libérale imposée par la Troïka et les marchés financiers, logique qui pourrait se résumer ainsi : « Faire payer la crise à ceux qui n’en sont pas responsables ». Pour s’en convaincre, il suffit d’entendre certains commentaires. Madame Parisot, présidente du Medef cache mal sa satisfaction. Les représentants des Pme se félicitent et voient dans le pacte des éléments très positifs. Madame Merkel opine du chef. Bruxelles acquiesce. A droite, on se frotte les mains et on rit sous cape, même si les deux candidats à la présidence de l’Ump – compétition oblige – font part de leur indignation. Bref, à droite comme dans les milieux patronaux on est contents. « Enfin, Hollande a compris et les mesures prises vont dans le bon sens », y susurre-t-on. Par contre, il n’est pas évident, qu’avec un tel pacte, le président et son gouvernement retrouvent la confiance de ceux qui les ont portés au pouvoir. Et comme on dit en Corse : « A rombu di trià a corda strappa ». A trop tirer sur la corde elle finit par casser.

     Jean-Baptiste Agostini

     

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