• Le débat continue

    Nous publions une contribution d'un membre de Manca alternativa, dans le cadre du débat général que nous avons lancé il y a quelques semaines. Débat sur les politiques d'austérité menées en Europe, sur la nature du pacte de compétitivité du gouvernement Ayrault, sur le devenir de la Corse, etc.

    "Récemment, un  de nos amis nous avait interpellés  sur l'orientation de Manca alternativa et que sur la Corse nous soyons plus clairs sur les choix politiques. Je comprends très bien son interrogation. Ma réponse se fait sur trois points, tout d'abord sur la situation politique national, puis un petit point sur l'historique de notre combat, dans la continuité de nos idées, et le choix de société que nous voulons.

    Ce texte, bien sûr, devrait servir à de nombreux débats, ouverts au plus grand nombre dans une population de plus en plus dépolitisée. Mais pour cela, la présence de tous, et pas seulement sur la question Corse, est nécessaire

    Le vote du traité européen par le PS nous interpelle car il montre une évolution de ce parti qui s'écarte de plus en plus des valeurs et des principes de gauche. Des camarades de la Gauche alternative faisaient remarquer que des élus PS avaient favorisé l'élection (conseil régional d'Ile de France, le 27 Septembre : l'élu Parti de Gauche éliminé) d'un candidat de droite. Mais que dire alors de Hollande qui à soutenu en Grèce l'alliance du PS avec la droite  pour une politique d'austérité ? Mais que dire des promesses électorales de Hollande et du recul, prévisibles, d'aujourd’hui ? Pourquoi construire un budget sur des perspectives de croissances impossibles ? Pourquoi mentir ? On sait que le retour de la croissance ne sera pas "au bout du tunnel"! Par contre le chômage, lui, aura une forte croissance ! Et que dire des alertes concernant les retraites, la Csg, la tva ?  Ils vont nous ressortir la crise est plus dure que jamais, il n'y a pas d'autres solutions : la REALPOLITIQUE ? Mais pour qui ? Des riches toujours riches et l'austérité, la précarité, pour, nous ? J'allais dire les misérables ! Mais ne sommes-nous pas tous les misérables de demain ? Pour certains d'entres nous, ex PC, ou ex PS, ou associatifs, nous avons critiqué, combattu cette évolution du PS, de la Gauche plurielle : en 2005 pour le Non à l'Europe libérale, en 2007, déjà, pour le rassemblement indispensable des "Gauches alternatives"(mais quel échec!), puis naissance du Front de gauche avec le Parti de Gauche de Mélenchon et du PCF auquel se sont joint nos différentes structures dont la FASE. 8 au total ! Mais beaucoup reste à faire et nous n'avons pas droit à un nouvel échec !  Le résultat des présidentielles et des législatives pose des questions. La première, pourquoi énormément de monde dans les meetings et pourquoi un si fort vote utile ? Pourquoi notre proposition d'une politique économique alternative n'est pas apparue crédible ? Etouffée  par le combat anti Le Pen ? Par l'ensemble des media, de la droite, et des ténors du PS, par les "Experts", par en fait les tenants du pouvoir et de la finance ? Notre faiblesse ? N'aurions-nous pas du axer notre action tout d'abord sur notre projet de société ? Sur une vraie Révolution fiscale ? Puis, autre question: nous gérons mairie, conseil généraux, régions avec le PS : ne sommes-nous pas, de fait, aussi dans le système ? Par conséquent sommes-nous crédibles pour une autre alternative politique ? Le vote républicain est-il toujours d'actualité, d'autant plus que le PS fait tout pour réduire notre influence et n'est-il déjà pas trop tard vu sa défense du système libéral et le soutien de la droite ? Par ailleurs je pense que Mélenchon se trompe lorsqu'il se pose en recours de Hollande (ou feint -de le croire) lorsque la situation va s'aggraver. Avant, nous avons besoin de renforcer notre crédibilité économique. Cela passe par une présence militante et en avons-nous les moyens ? J'en viens à la question de Claude : Manca alternativa est-il axé essentiellement sur la question Corse ?  Ma réponse est pour tous : que ce soit pour ou contre, une évolution positive ne peut s'envisager que dans une société solidaire, avec un fort service public dans une Europe sociale. Nous devons faire attention lorsque nous ouvrons une porte (réforme constitutionnelle, statut, coofficialité) que cela ne soit pas une brèche dans laquelle les forces opposées à notre choix de société s'engouffrent ! La décentralisation, la cassure des services publics, la fonction territoriale, le pouvoir régional, les « nouvelles féodalités » posent beaucoup de questions. Demain qu'en sera-t-il de la solidarité entre les régions riches et les régions pauvres ? Nous avons donc besoin de confronter nos idées, d’unir nos convergences afin d'aller vers une société solidaire où dans le respect des différences, tout peut être construit."

    Francis P.

     

     

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