• Le Squale de la DCRI se requinque dans le conseil privé.

    squarcini

    Alors que le ministre de l’intérieur a parlé d’erreurs, de failles et de fautes dans le travail de la DCRI au sujet de l’affaire Mohamed Merah, l’ancien directeur de ce service sarkozyste, Bernard Squarcini, a créé sa société d’intelligence économique,  baptisée Kyrnos , sans doute en hommage à ses origines insulaires. Personnage contesté, il n’a pas survécu à l’alternance puisqu’il a été remercié dès le 30 mai 2012 et nommé préfet « hors cadre ».

    Un livre « L’espion du Président » lui a été consacré et on y apprend de la bouche d’un de ses subordonnés : « Depuis l’arrivée de Sarkozy, il pense être fort, très fort, trop fort peut-être. Il ne se rend plus compte. Je ne dis absolument pas qu’il est corrompu. Je dis qu’il est compromis. » Ses auteurs ont enquêté en secret auprès des membres de la DCRI. Un outre ouvrage, écrit par David Dufrêne, est revenu sur l’affaire Tarnac. 

    tarnacCette affaire, qui devait démontrer l’efficacité de la nouvelle DCRI,  a été un fiasco, que l’auteur résume dans un récit appuyé sur de nombreuses pièces du dossier. Squarcini, patron de la DCRI, aurait mis en pratique, dans cette affaire, une conception de la police proche de celle de « Précrime » chez Philip K. Dick dans sa nouvelle « Minority Report » : mettre les gens hors d’état de nuire avant même qu’ils ne passent à la délinquance. Cela rappelle les élucubrations d’un ancien ministre de l’Intérieure élu président de la République. Pour Mohamed Merah, la politique du « Postcrime » a été tragique.

    Le Squale n’a pas attendu un nouveau poste qui aurait été moins prestigieux que celui qui lui vaut aujourd’hui les reproches de Manuel Valls.  Donc malgré la crise, Bernard Squarcini, promis à un placard, a choisi de monter sa petite entreprise dans le septième arrondissement de Paris. Elle vient toujours d’être enregistrée auprès du tribunal de commerce.  Au magazine Rue89 il a expliqué pourquoi il l’a appelé « Kyrnos » : «  Il fallait bien trouver un nom, faire les choses dans les règles. Il y avait beaucoup de formalités à faire auprès de la commission de déontologie de la fonction publique, des tas de pièces à fournir ». Il a évité de dire que Kyrnos est le nom donné par les Grecs anciens à la Corse.   Kyrnos Conseil a pour objet social : « La prestation de services et la fourniture de conseils en matière de sécurité, d’analyse de risques, de gestion de crise et de stratégie auprès de personnes morales et de personnes physiques. »

    Avec cela, il pourra offrir ses services à de grandes entreprises du CAC 40, comme LVMH, le géant du luxe. Un autre Corse, Charles Pellegrini, ex-patron de l’Office central de répression du banditisme (OCRB),  l’a précédé avec sa boîte d’intelligence économique. Il pourrait, selon la rumeur, s’associer tous les deux avec  le président de l’Aviation Club de France, le plus vieux cercle de jeux français, tenu par la famille corse Francisci.

    Lorsque Rue89 lui a posé la question, Bernard Squarcini, surnommé le Squale dans la police, en a rajouté en disant : « Il n’y aura pas que Pellegrini, il y en aura plein d’autres... Et ils auront tous des noms en “i” ! » . Toutefois Bernard Squarcini est toujours sous le coup d’une mise en examen pour «collecte illicite de données » dans l’affaire des fadettes (les relevés d’appels téléphoniques) d’un journaliste du Monde. Ce problème judiciaire est-il compatible avec sa nouvelle activité ? Apparemment oui. Il a d’ailleurs reçu le feu vert de son ancienne administration. Il pourra donc rejoindre les professionnels de l’intelligence économique dont on dit qu’ils la conçoivent dans un esprit d'éthique et de déontologie.

    Au-delà de la personne et de cette reconversion, il est fréquent et choquant que des fonctionnaires fassent d’abord des carrières administratives par le biais de leur implication politique. Ensuite, comme les politiques sans mandat, ils se reconvertissent dans des entreprises de conseil dont l’activité est pourtant liée à leurs anciennes fonctions dans le service public. M. Squarcini n’est pas le seul. Loin s’en faut. Toutefois, tout cela est-il anodin ? Ces reconversions ne sont-elles pas la porte ouverte à des abus dans la mesure où les activités privées succèdent à des fonctions ou des mandats qui ont fourni des carnets d’adresses et s’inscrivent dans des domaines proches.  Dans tous les cas, ce type de carrière n’apparaît, pour le moins, pas déontologique.

     U polpu.

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