• Le temps des opportunistes ?

    Les nationalistes de la dernière heure

     

    Le temps des opportunistes ?

    La victoire des nationalistes et autres autonomistes ne souffre d’aucune contestation. Ces derniers l’emportent largement avec 56,46% des suffrages exprimés. Ils ont su intelligemment capter une partie du mécontentement et du rejet de la pulitichella, des clans et de la casta, comme ils ont su répondre à un profond désir de changement dans la société insulaire. Ils ont enthousiasmé la majorité – et bien au-delà - de la jeunesse à partir de revendications identitaires, avec lesquels – pour certaines – on peut être d’accord : protection et développement di a lingua nustrale, le droit à l’autodétermination du peuple corse, rapprochement des prisonniers politiques. Cela écrit, il reste que 49,16% des électeurs inscrits se sont, soit abstenus à hauteur de 47,60%, soit ont voté blancs ou nuls,  près de 3%. C’est un niveau jamais égalé pour des territoriales. Ca pose problème. Pourquoi tant de gens ont boudé les urnes ? On ne se livrera pas ici à une analyse fine. On peut toutefois dire que les effets des politiques d’austérité et de régression sociale menées par les différents gouvernements depuis des décennies ont entraîné des dizaines de milliers de Corses dans la pauvreté et par voie de conséquence dans la désespérance et le rejet de la politique. Tous pareils ou tous pourris. C’est ce qu’on a entendu très souvent, parmi les couches les plus défavorisées pendant la campagne électorale. A cela il faut ajouter le spectacle offert et le rôle joué par les dynasties et les clans de droite et d’une pseudo gauche, pendant longtemps. Les unes et les autres, souvent les mêmes, ont sombré dans le clientélisme, la corruption, l’affairisme au détriment de l’intérêt général et ont toujours accompagné les politiques d’austérité.

    La nouvelle majorité ne pourra pas éluder le problème ou le sous-estimer. Elle devra s’en emparer et tenter de le résoudre, en fonction des pouvoirs et des compétences dévolus à la nouvelle institution. Cela suppose de faire autrement que par le passé. Pour cela, il faut rompre avec la logique du capitalisme, source de l’essentiel de nos maux. La nouvelle majorité est-elle prête ? A ce stade de la réflexion, on ne peut qu’émettre des réserves. Pourquoi ? Les nouveaux élus sont pour la plupart d’essence libérale et pro traités européens. Certes ils vont faire, mais à la marge. L’avenir nous le dira. Mais on est prêt à prendre les paris.

    Autre point intéressant des résultats électoraux. A cette occasion on a vu se développer un phénomène singulier. Si on prend en compte quelques exemples en provenance de villages et autres, on constate un transfert significatif de voix de la droite clanique ou du Parti dit radical de gauche vers la liste Pà a Corsica ! Des élus, des maires, des électeurs se sont soudainement découvert de nouvelles vertus. On les surnommera les nationalistes de la dernière heure, comme il y avait dans le passé des résistants de la dernière heure. C’est ce qu’on appelle pudiquement de l’opportunisme. La nouvelle majorité devrait s’en méfier. L’Histoire montre que très souvent ces prosélytes sont ceux qui prennent ou reprennent le pouvoir.

    Dernier point. La vraie gauche sera absente de la nouvelle assemblée territoriale. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la Corse. Elle a été balayée. Malgré un programme avancé, mettant au centre de ses préoccupations la question du social et de l’humain, elle n’a pas reçu une réponse favorable, en particulier de ceux qui souffrent et qui sont dans la désespérance. Là aussi pourquoi ? Les causes sont multiples. Il faudra nécessairement les analyser. Une chose est certaine, mais qui n’explique pas tout. Ce sont les interventions grossières, intolérables de Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui a l’ambition de fédérer le peuple ! Le tribun de la France insoumise a tout simplement condamné la liste l’Avvene, a Corsica in cumunu, composée de salariés, de chômeurs, de retraités, de jeunes, de syndicalistes, de militants associatifs et culturels, dans des termes particuliers élogieux : faussaires, manipulateurs, bras cassés, piteuse équipe, tous des communistes, etc. Résultat. Grâce à celui pour lequel des dizaines de militants de la Corse insoumise et de Manca alternativa se sont mouillés la chemise pendant la campagne de la présidentielle, la gauche ne sera pas présente dans l’Assemblée territoriale, pour y faire entendre la voix du changement. Un grand nombre d’’électeurs de gauche, lassés, désabusés, se sont  réfugiés dans l’abstention.

    Encore un mot. Félicitations Jean-Luc.

    Anghjulu Leonetti

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