• Les églises s'engraissent...

    vasegrec copie

    Tant va le vase grec à l'eau bénite qu'à la fin il se casse...

    En Grèce officiellement les suicides ont doublé mais maquiller le suicide est le moyen auquel les proches de la victime ont recours pour que l’église chrétienne orthodoxe accepte d’inhumer un suicidé.

    La Grèce est dans une crise économico-financière qui tue. L’Eglise grecque interdit le suicide. La doxa orthodoxe est inscrite dans la Constitution, la prière pour les écoliers est obligatoire, 8 500 popes (les prêtres orthodoxes) et 82 dignitaires, sont rémunérés par l’Etat. Est-ce que des licenciements ont été effectués dans le personnel de l’église grecque ? Est-ce que le taux de suicides a augmenté chez les prêtres orthodoxes ? C’est vrai : le suicide est interdit. Suis-je bête ! Est-ce que les rémunérations de ces fonctionnaires ecclésiastiques ont été baissés comme pour les autres ? La question n’a pas été posée à notre connaissance.  Voilà un pays où l’Eglise et l’Etat ne sont pas séparés, ce qui peut entraîner une complicité, voire une osmose. Quel est le poids économico-financier de la riche et puissante Église orthodoxe grecque qui bénéficie d'un régime fiscal privilégié?

    La hiérarchie ecclésiastique entretient un flou artistique sur la fortune de l’Église. On parle d’un patrimoine de trois milliards d’euros en 1987  et puis en 2008 le grand journal “Kathimerini” évalue ses revenus à 11,5 millions d’euros par an, sans compter les dons et legs pour 20 millions d’euros. Aujourd’hui son patrimoine immobilier serait de 700 millions d’euros la valeur des biens immobiliers de l’Église grecque, devenu le plus grand propriétaire foncier hellène. On nous explique alors que la richesse de cette église sert souvent à financer d’importants programmes d’aide sociale…Il ne manquerait plus que l’on découvre que  (la charité bien ordonnée commençant par soi-même) l'église grecque finance son comité d'entreprise.

    L’Eglise grecque bénéficie d’exonérations fiscales sans produire le moindre rapport financier annuel précis. Depuis 1945, elle était tenue de payer tous les ans 25% de ce qu’elle daigne déclaré et sans aucun contrôle. Pour donner une idée, en 2003 l’Eglise a payé  17,6 millions d’euros en 2003 et l’Etat a payé 255 millions de salaires ecclésiastiques. Autant dire que l’ensemble des biens de l’Eglise devraient revenir à l’Etat. Son père n’ayant pas réussi à nationaliser ces biens, Gorges Papandréou a proposé, avant de démissionner, un timide projet de loi : l’Église devrait payer à l’Etat 20% sur ses revenus fonciers, 10% sur les dons fonciers, et  5% sur les dons. Toutefois les monastères du Mont Athos resteront exonérés en jouissant d’un “statut spécial”.

    Devant sa situation privilégiée dans cette période de crise, l’église est divisée sur l’attitude à prendre. Certains dignitaires reprennent les slogans du peuple et ne veulent pas payer pour une crise dont ils s’estiment irresponsables. L’un d’eux a toutefois renoncé à son salaire de 30.000 euros par solidarité avec ses ouailles et trouve l’imposition justifiée. Il s’agit du  métropolite Nikolaos de Mesagaias.

    Il reste que si l’Eglise et l’Etat étaient séparés, les 255 millions d’euros versés depuis des années pour les salaires des prêtres feraient quelques milliards de moins de dette souveraine et moins de chômeurs donc moins de suicides condamnés par l’Eglise grecque qui s’est engraissée.

    Nombreux sont les Grecs qui pensent que la coupe est pleine  Quand un vase déborde, il y a deux manières de résoudre le problème, choisir un vase plus grand ou bien jeter par dessus bord une partie du contenu… mais aujourd’hui tant est allé le vase grec à l’eau bénite qu’à la fin il  se casse.

    De fil grec en église romaine, on sait que l’association trop étroite Eglise/Etat est liberticide et cela ne vaut pas que pour l’Islam. Les Grecs ont eu longtemps la religion inscrite sur leur carte d’identité à l’instar des Turcs chez qui c’est toujours d’actualité. Dans une démocratie, la laïcité devrait faire que l’Eglise ne bascule pas dans le parti des riches et ne participe pas, qu’elle le reconnaisse ou non, à la fameuse dette qui résulte de la spéculation financière. Nous serions curieux de connaître les placements boursiers faits par les financiers de cette église capitaliste grecque mais aussi ceux du Vatican, de son Opus dei et par filiation ceux du clergé français.

    En France, nous avons un Président qui fustige les signes ostentatoires religieux chez les Musulmans mais qui est allé chez le pape recevoir son adoubement de chanoine dans le faste du Vatican. On se souvient que cette église apostolique et romaine a étouffé quelques scandales financiers qui se sont soldés par la mort du banquier retrouvé pendu sous un pont anglais. Et il faut citer l’Opus Dei aux moyens de financement peu clairs et inavoués, à la pratique sectaire, considérée par ses membres comme "sacrée, sans tache, immuable", comme  le "reste qui constitue la véritable Église". Prélature personnelle des papes,  cette organisation cherche à noyauter toutes les institutions sociales et politiques en vue d'instaurer un nouvel ordre catholique. Ses préférences pour les partis d'extrême-droite sont connues. En 1995 un journaliste dénonçait dans le Monde diplomatique, l’infiltration de l’Opus dei dans le gouvernement Juppé sous la présidence de Jacques chirac.

    Force est de constater que les arcanes religieux ne sont pas que spirituels mais aussi financiers. Aussi, les ecclésiastiques ne remettent pas en cause le système capitaliste et sont le plus souvent du côté du pouvoir en place qu’il soit une démocratie ou une dictature, dans la mesure où ce pouvoir ne remet pas en cause celui de l’église.

    On entend plus que jamais sonner l'angélus et les vêpres pour des offices européennes. Ite missa est !  La messe est dite pour une Europe pieuse devant son dieu: le grand Capital.

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