• Les paillotes: l'ombre d'Erignac et la fumée de Bonnet.

    Alors que Monsieur Patrick Strzoda vient de donné les chiffres sur l’évolution de la criminalité et de la délinquance en Corse, nous apprenons que, ce 17 janvier, il a reçu une lettre de menaces de mort liées à sa demande de démontage des paillotes illégalement installées sur le domaine maritime. Ce courrier anonyme menace de lui « régler son compte » s’il continue à s’intéresser aux « restaurants de plage ». Il y est fait référence à l’assassinat du Préfet Erignac perpétré le 6 février 1998 et dont ce sera bientôt l’anniversaire. Ces menaces sont prises au sérieux par les autorités car elles sont arrivées deux jours après la fin du délai octroyé pour démonter avant démolition.   

    En matière de délinquance générale, le Préfet pouvait parler de « situation bien maitrisée, puisqu’en 10 ans elle aurait baissé de 11% pour la Corse, soit 2 000 faits en moins et elle a aussi légèrement baissé en 2012 par rapport à l’année précédente de 1,1% (soit 170 faits en moins). Toutefois le bilan, en ce qui concerne la grande criminalité, ne semble pas présenter le même tableau et la lettre de menaces reçue par le Préfet en est l’illustration. Si on regarde bien les résultats présentés, ce sont les chiffres des infractions économiques et les vols à main armée qui baissent.  Les autres crimes et délits sont globalement en augmentation et notamment les AVIP(Atteintes Volontaires à l’Intégrité Physique) avec plus de la moitié des faits en Corse du Sud, mais aussi les attentats et les homicides. Sur les 19 homicides de 2012, on compte 16 règlements de comptes auxquels il faut ajouter 17 tentatives. En ce qui concerne les attentats, 64% sont revendiqués par le FNCL. A qui peut-on attribuer les 36% non revendiqués ? Aux contentieux de proximité, au racket, à l’’extorsion et l’intimidation, nous explique-t-on. En Corse, Il y aurait une arme déclarée pour sept habitants (43.000 armes) et la Préfecture délivrerait 200 autorisations par mois. A contrario, les saisies d’armes sont en augmentation (279 en 2012).

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    Aujourd’hui le Préfet est menacé de mort parce qu’il veut faire appliquer la loi-littoral.Comment pourrait-on rattacher ces menaces à l’intérêt des Corses et à une action politique désintéressée? Il s’agit là des méthodes du grand banditisme et d’intérêts privés. Quelques Nationalistes ont dénoncé l’affairisme et le banditisme qui a infiltré leurs rangs. Des ouvrages sont publiés sur le sujet. Il faudrait aujourd’hui que les autorités fassent le tri entre les vrais militants politiques et les gangsters. Le Préfet a annoncé en moyenne annuelle 38% d’affaires élucidées en Corse. Nous verrons si les menaces dont il est l’objet feront partie de ces 38%. Il serait maintenant catastrophique pour la défense de l’état de droit en Corse que la loi-littoral reste bafouée sous la menace du représentant de l’Etat français qui, jusque là, s’était montré peu soucieux de préserver le littoral corse. Il faut dire que le passage du Préfet Bonnet n’a pas arrangé les choses alors que la légalité aurait dû suffire depuis longtemps à régler le problème des paillotes et autres occupations du domaine maritime. Les responsabilités politiques de cet état de non-droit sont aussi bien locales que gouvernementales. Combien de maires et de préfets ont laissé faire ou autorisé les installations jugées aujourd’hui  illégales. Aujourd’hui le Préfet est-il dans le piège des syndromes Erignac ou Bonnet ?

    U zarapiccu

     

     

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  • Commentaires

    1
    Manca alternativa Profil de Manca alternativa
    Mercredi 23 Janvier 2013 à 13:30

    La Ministre de la justice, Christiane Taubira revient en Corse demain 24 janvier avec un programme chargé : visite de la prison d'Ajaccio et discussion sur les conditions de travail des personnels de l'administration pénitentiaire et les conditions de détention pour les prisonniers - rencontre avec des associations de femmes - et une réunion de travail avec les magistrats et les forces de police et de gendarmerie concernant la mise en oeuvre de la circulaire de politique pénale spécifique à la Corse présentée en novembre dernier.

    Elle arrivera donc dans le contexte des menaces contre le préfet. Il serait intéressant de savoir ce qu’elle préconisera sur la démolition des paillotes illégalement installées sur le domaine maritime.

    Tout silence et toute reculade de la ministre de la justice seraient perçus comme catastrophiques pour l’état de droit en Corse et inconciliables avec la circulaire pénale spécifique à la corse.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

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