• Macron se donne en exemple

    10959774_845351298868553_5836124679482226783_nVoilà ce que l’on lit sur le site Wikipédia en ce qui concerne la biographie d’Emmanuel Macron : « Il est le fils de Jean-Michel Macron, médecin professeur de neurologie au CHU d'Amiens et responsable d'enseignement à la faculté de médecine de cette même ville ; sa mère, Françoise Macron-Noguès, est médecin-conseil de la Sécurité sociale. C'est à sa grand-mère, principale de collège, dont les parents étaient illettrés, qu'il doit, selon lui, son engagement à gauche. En 2007, il épouse Brigitte Trogneux, issue d'une famille de chocolatiers amiénois, au Touquet où il possède une villa11. Il a rencontré son épouse, de 20 ans son aînée12, alors qu'elle était sa professeur de français et animait le club de théâtre en classe de première au lycée privé La Providence à Amiens. » Comme le dit un dicton populaire « les chiens ne font pas des chats » et la haute bourgeoisie provinciale n’a pas donné un énarque de gauche mais un énarque qui fait carrière au Parti Socialiste. Ce fils de bonne famille se permet de donner des leçons de morale dans un poste de ministre qu’il doit à quelques mentors dans l’antichambre du pouvoir.  On ne s’est pas étonné de ses commentaires méprisant sur les « illettrées » de l’entreprise Gad dont il se souciait par charité chrétienne, pas plus que sur d’autres bavures langagières dont il n’a pas vu la portée insultante tant il est ancré dans da mentalité bourgeoise. La dernière de ses insultes vaut son pesant de connerie narcissique : « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre. J’essaierais d’abord de me battre », a-t-il osé dire. Cela fait écho à des propos tenus auparavant par le ministre du travail qui accusait les chômeurs de ne rechercher d’emplois pour justifier un renforcement des contrôles de Pole emplois et appeler des sanctions. On se souvient  que François Hollande s’était opposé à la même suggestion faite par Sarkozy en février 2012. Ce dernier  avait alors déclaré qu’il « faudrait (…) sans doute réfléchir sur la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat ». François Hollande, candidat aux élections présidentielles, défendait alors les chômeurs : « Il n’est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s’en prendre aux plus fragiles » avait-il commenté. Deux ans après, le débat est bien reparti avec Rebsamen et maintenant avec Macron. Faute d’obtenir des investissements et des emplois, le gouvernement prépare certainement de nouvelles mesures contre les chômeurs faute de résultats contre le chômage.  François Hollande ne dit rien et consent, tout en cherchant dans sa politique étrangère une reconnaissance d’homme du compromis en étant prêt à toutes les compromissions avec la Troïka, l’Allemagne et les Etats-Unis. Il s’occupe aussi du commerce international en fourguant des « Rafales » et autres engins de guerre à l’Egypte en proie à des conflits intérieurs tout autant qu’à des menaces de Daesh. 

    Puisque Hollande, Valls, Rebsamen et Macron ne peuvent inverser la courbe du chômage, ce n’est plus de leur faute mais c’est celle des chômeurs. Que ferait Macron à la place du « chômeur assisté » ? Il se battrait lui le fils à papa qui se donne en exemple, lui qui n’a jamais été et ne sera jamais chômeur, inspecteur des finances, banquier, millionnaire devenu ministre après avoir été un conseiller politique. Il sait ce qu’est le chômage sans aucun doute, lui né le cul dans le gâteau et dont les études ont suivi le cours d’un fleuve tranquille pour déboucher sur  une carrière assurée par des relations bien placées.  Il est de gauche, dit-il. Il tient cela de ses arrière-grands parents qui étaient illettrés. Décidément, il voit l’illettrisme chez des ouvrières et à gauche. Il puise sa « sensiblerie » de gauche dans de vieilles photos de famille. C’est bien de sensiblerie dont il s’agit et encore on peut penser qu’elle est feinte. C’est peut-être aussi le souvenir de ses arrière-grands parents qui lui a fait épouser sa professeure de français, issue d’une famille de chocolatiers.  Nous le voyons bien entre deux bouchées de chocolat rédiger sa loi fourre-tout qui contient les ingrédients libéraux de la régression sociale. Il a appris à l’ENA comment appliquer l’expression argotique « être chocolat » par la loi. En argot « chocolat » est alors synonyme de « dupé ». Sa « loi de la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques » est truffée d’articles et d’amendements scélérats. C’est un travail d’énarque dans toute sa perversité. Il aura fallu l’article 49-3 de la constitution pour faire rentrer dans les rangs les frondeurs et les Verts. Hollande a oublié ce qu’il disait de cette procédure de vote à l’assemblée nationale. Il l'a qualifiée de dureté envers la démocratie, de déni démocratique. Manuel Valls considère que c’est un outil politique légal et utile. Il s’en est servi, avec l’aval de Hollande, et compte s’en servir encore. Il peut le faire une fois par séance parlementaire. Ainsi, il suffit de rédiger des lois à larges spectres dans lesquelles ils mettront tous les articles et amendements d’une politique libérale antisociale. Ensuite, si un doute apparaît sur le vote de cette loi, l’article 49-3 fait entrer dans les rangs les frondeurs menacés d’être mis au banc de l’infamie avant l’excommunication socialiste, à moins que tout cela ne soit qu’une comédie pour faire croire qu’il y a encore des élus de gauche au parti socialiste et éviter de perdre un électorat qui rejoindrait le Front de gauche.  

    Nous ne reviendrons pas sur le travail le dimanche et de nuit qui fera l’objet d’un accord entre salariés et patrons, et sur d’autres petites choses qui vont malmener le Code du travail. Dans cette loi Macron, on trouve aussi une mesure fiscale en faveur des actions distribuées gratuitement dont la fiscalité sera diminuée de moitié. Encore un cadeau aux ennemis de François Hollande : 900 millions d’euros pour les plus riches. On va finir par croire qu’il vaut mieux être un ennemi libéral de droite qu’un ami du Chef de l’Etat et de ses cadres. Ils vont encore nous expliquer que, pour relancer les investissements, il vaut mieux imposer le travail que la rente.

    Décidément, avec la plus grande bonne volonté, comment un électeur de gauche peut-il encore penser que la direction du Parti socialiste n’a pas abandonné les idéaux de gauche ? Comment peut-on encore se faire des illusions sur un président de la république qui « promet sans tenir ses promesses » et qui a imposé des personnages comme Manuel Valls et Emmanuel Macron aux plus hauts de niveaux de l’Etat ? Comment peut-on encore penser qu’il changera de cap alors qu’il permet à son premier ministre d’avoir recours à l’article 49-3 lorsqu’il pense ne pas réunir toute sa majorité parlementaire sur un projet de loi ?


    Battone

    Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :