• On a repris la Bastille...

     

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    Un an ! On a repris la Bastille! Depuis l'élection présidentielle, la première grande manifestation à l'appel d'une partie de la gauche a été un succès malgré le chiffrage ridiculement bas du Ministère de l’Intérieur où Manuel Valls qualifiait Jean-Luc Mélenchon de « théoricien du chaos » pendant que Harlem désir l’accusait de mettre en œuvre la « stratégie du fracas ». Malgré ces critiques affligeantes, c’est un gros coup de semonce qui est donné à François Hollande.

    Le Front de gauche n’était pas seul. S'était jointe une foule de personnalités, dont Eva Joly (EELV), candidate des écologistes en 2012, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, et le journaliste Edwy Plenel, fondateur du site Médiapart. Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot était là.

    Place de la Bastille, des balais s’agitaient au milieu des drapeaux, des banderoles et des pancartes sur lesquelles les slogans étaient nombreux. On lisait notamment « séparation du Medef et de l'Etat » ou « Hollande passe la 6e ».

    Le Front de gauche a mobilisé « contre l'austérité, contre la finance et pour une VIe République », des dizaines de milliers de déçus de la gauche pour dire haut et fort que « le compte n'y est pas » et réclamer « que ça change vraiment ».

    Deux œillets rouges à sa boutonnière, une écharpe rouge autour du cou, Jean-Luc Mélenchon est monté sur l’estrade et affirmé que la période d'essai était terminée et que le compte n'y était pas.  Il a reproché  à Hollande de ne pas respecter ses engagements de campagne. « Nous n'avons pas changé d'avis, nous ne voulons pas de la finance au pouvoir, nous n'acceptons pas les politiques d'austérité », a-t-il averti.

    Avant lui, plusieurs discours ont été prononcés : Pierre Laurent (PCF), Eva Joly (EELV), Clémentine Autain (La Fase). Derrière lui se tenaient des représentants des "entreprises en lutte" (Fralib, ArcelorMittal, Sodimedical, Carrefour, Prestalis, Air France, Sanofi...), qui ont ensuite pris place dans le cortège, derrière le carré de tête où étaient réunis les représentants du Front de Gauche déjà cités  mais aussi Marie-George Buffet (PCF) ou Christian Picquet (gauche unitaire). 

    Pierre Laurent, brins de muguet à la boutonnière, a déploré « une année gâchée pour le changement » ajoutant « Un an plus tard, c'est le gâchis et la colère ». Cette « marche citoyenne », a-t-il insisté, est « un appel à la remobilisation, un appel à reprendre le combat là où le gouvernement a trop vite renoncé ». Eva Joly, dont le parti ne s'est pas associé à la manifestation, a invoqué « les dizaines de milliers de militants de la gauche et de l'écologie qui veulent que ça change maintenant, qui veulent que ça change vraiment ». Elle a demandé à François Hollande de « retrouver l'esprit du Bourget, lorsqu'il disait vouloir combattre le pouvoir de l'argent ».

    Sans citer Hollande, Jean-Luc Mélenchon moquait le «petit monarque hors de tout contrôle» et brocardait les institutions de la Ve République, symbole d'une «monarchie verticale qui permet à la finance d'étendre ses tentacules».«C'est pour en finir avec ce système que nous appelons à une assemblée constituante» pour une VIe République, poursuivait-il.  Il proposait de «mettre un terme à ces politiques» d'austérité «qui nous conduisent au désastre (...)». Il en appelait au  principe de «la souveraineté du peuple français» qui doit prévaloir face aux institutions européennes et au Fonds monétaire international. « Rien ne sera plus puissant que ce mouvement que nous construisons ensemble. Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue » prédisait-il ? « Nous ne voulons pas de la finance au pouvoir ! », martelait-t-il pour conclure un discours émaillé des appels à la résistance faits par la foule, en lançant :«Vive la République, vie la sociale, vive la France !».

    Discours ( audio)  en cliquant ICI  

    Comme il fallait s’y attendre, la réaction des ministres socialistes interrogés par la presse a été méprisante et négative. Jean-Marc Ayrault est intervenu au journal du soir sur la Première chaîne pour se livrer à un exercice d’autosatisfaction et refuser le terme d’austérité comme l’avait fait Fillon avant lui. Il jetait toutefois une annonce provocatrice  en ce jour de grande manifestation dans laquelle se trouvaient des salariés d’AcelorMital… « Nous envisageons que dans un certain nombre d'entreprises publiques où le taux de participation de l'État est très important, nous puissions dégager une partie pour financer de l'investissement. Pas pour boucher les trous du budget »… Ainsi il annonce que l’Etat va se désengager dans des groupes sans les nommer pour investir ailleurs et notamment dans l’extension du  réseau Haut-débit de l’Internet. Alors que l’Etat a refusé de sauver des entreprises comme AcelorMittal, c’est un grand pas de plus vers de nouvelles privatisations. Cela ne va pas rassurer les salariés de la SNCM entre autres.

    Il est à craindre que le message envoyé par des dizaines de milliers de manifestants n’ait pas été entendu par les Solfériniens. Attendons la réaction du Chef de l’Etat sans nous faire d’illusion.

    L’enjeu était de démontrer la capacité du Front de gauche à mobiliser au-delà des militants et des sympathisants. C’est réussi puisque d’autres forces politiques, des associations mais aussi  des syndicalistes et des personnalités étaient là. Ils ont venus tous en très grand nombre. C’était visible. D’autres actions seront nécessaires sur tout le territoire. Afin de prolonger la mobilisation du 5 mai, à l'appel du Front de gauche, "contre l'austérité et la finance et pour la VIe République", le conseil national du Parti communiste français (PCF), qui s'est réuni samedi, a appelé à des "assises pour une refondation sociale et démocratique", le 16 juin à Paris. Voir le communiqué complet. Ce jour-là, d’autres actions pourraient être envisagées dans tous les départements.  

    Pidone

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