• On perd mais on continue

    Valls ou le temps de la mascarade

     

    Manuel Valls continue ses gesticulations et sa logorrhée. On l’a vu intervenir promptement sur toutes les antennes de télé, dès 20h03, dimanche 29 mars 2015, tout juste après la clôture du scrutin du deuxième tour des Départementales. Le verbe était moins haut que d’habitude, plus pondéré. La posture plus humble. Plus de menton en avant. Mardi matin, il remettait ça sur BMF/télé, avec Jean-Jacques Bourdin. Ensuite, il s’est appuyé les députés socialistes. L’après-midi on le retrouvait devant l’assemblée nationale. Qu’a-t-il raconté ? La même chose. La gauche a perdu à cause de ses divisions. Ben voyons, c’est tellement plus facile que de se livrer à une véritable autocritique. Il dit comprendre les Français, en particulier ceux qui souffrent. Il en appelle donc à resserrer les rangs autour de lui et du président de la République. Ainsi, il tente de réembaucher Europe Ecologie les Verts. Parmi ceux-ci, il faut le dire, certains salivent déjà à l’idée d’avoir un maroquin. Belle conception de la politique. Il tente également de colmater les brèches dans le Parti socialiste et de ramener à la raison les frondeurs. Enfin, il veut renouer le dialogue avec le Parti communiste et le Parti de gauche ! Mascarade dans toute sa splendeur.

    Il va donc continuer sa politique, parce que - paraît-il il - n’y en a pas d’autre de possible. Mieux, il accélèrera les « réformes » - que nous préférons appeler contre-réformes. Il est convaincu que celles-ci se traduiront tôt ou tard par une amélioration sur le front de l’emploi. En tout cas, ce n’est pas pour aujourd’hui. Par exemple le groupe Moryglobal, issu du groupe Mory qui avait perdu déjà, l’année dernière plus de 2500 salariés, récidive en annonçant une nouvelle suppression  de 2100 postes de travail. Pourtant ce groupe a reçu de l’Etat 17 millions d’euros  de subventions. Où est passé cet argent public ? Notre premier ministre parle d’aides à l’investissement public et privé. De nouveaux cadeaux au patronat seront prochainement annoncés. Dans quelles conditions ? Comme pour les crédits d’impôts et de recherche et pour le pacte de responsabilité, c’est-à-dire sans engagement des bénéficiaires ? Toutes ces mesures et toutes les exonérations de charges sociales accordées depuis plusieurs décennies ont-elles permis de faire reculer le chômage ? Elles ont surtout profité à grossir les dividendes des actionnaires des grandes sociétés et de favoriser la spéculation financière. Une nouvelle loi Macron se profile à l’horizon, avec le retour prévisible du projet de contrat unique. Un fois de plus, au nom de la compétitivité, on va s’attaquer aux acquis sociaux des salariés. Merci Valls.

    Donc, notre premier ministre va continuer allègrement sa politique d’austérité qui est à l’origine des maux dont souffre une grande majorité de Français, surtout les plus démunis. Faut-il s’étonner des résultats des différentes élections de ces deux dernières années ? Non.  Le pouvoir dit socialiste a redonné une nouvelle virginité à la droite libérale dont la politique que nous avons connue sous la mandature de Nicolas Sarkozy ressemble fort à la politique actuelle. En outre, il a contribué à accroître l'influence néfaste du Front national.Dans le même temps, ce pouvoir dit socialiste a contribué à jeter le discrédit sur l'ensemble la gauche. Le Front de gauche lui-même en a été victime, malgré son opposition claire et nette à la politique d’austérité et de régression sociale.

    Que faire dans ces conditions ? Baisser les bras et accepter de nouvelles déconvenues, se réfugier dans l’abstention ? Ou continuer le combat pour une autre politique ? Mais continuer le combat avec la création d’un vaste rassemblement issu de la vraie gauche, des milieux syndicaux et associatifs, sans esprit partisan ou hégémonique de la part de qui que ce soit. Le temps des coalitions de type électoral est terminé.

     

    Jean Antoine Mariani

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