• Oui, c'est possible !


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    En Grèce l’avenir peut commencer

     

    Pas de fumée blanche au-dessus du Parlement grec, ce lundi 29 décembre 2014. Le candidat de droite Stevros Dimas, ex-commissaire européen, soutenu par tout le gratin bruxellois et la Troïka n’a pas réussi à réunir les 180 voix nécessaires à la validation de son élection, à l’issue du troisième tour de scrutin. Au grand dam de tous les laudateurs des politiques d’austérité et de régression sociale qui secouent toute l’Europe. Pourtant d’énormes moyens ont été mis en œuvre pour assurer la victoire de Dimas. Y compris des moyens peu orthodoxes, sans jeu de mots, comme par exemple des pressions, des propositions d’achat de voix, etc. En vertu de la constitution grecque, des élections législatives seront donc organisées. Elles auront lieu le 25 janvier 2015. Cette perspective est différemment appréciée selon le positionnement des uns et des autres. Syriza, qui a actuellement le vent en poupe (28% des intentions de vote) se réjouit d’un tel résultat.  Alexis Stypras, leader de cette formation de la gauche radicale a déclaré : «  C’est un jour historique, l’avenir peut commencer. »

    Autre son de cloche à droite et chez les sociaux-démocrates du Pasok. Là, c’est la consternation. Les premières conséquences se sont vite fait sentir. Les places boursières européennes ont toutes décroché, subissant des baisses significatives, en particulier celle d’Athènes. Le Fmi, à la tête duquel plastronne Christine Lagarde, récemment mise en examen dans l’affaire Tapie, suspend son aide financière à la Grèce jusqu’aux prochaines élections. Les media officiels se sont aussitôt mis au travail. Haro sur Syriza. On parle même de « terrorisme médiatique ». Antonis Samaras, premier ministre crie au loup et refait le coup de la peur. « Eux ou nous, l’Europe ou le chaos », éructe-t-il. Quel culot ! Lui et sa clique qui sont responsables de la situation catastrophique que connaît le pays. Le chaos existe déjà. La grande majorité des Grecs est à genou. Le chômage explose, les retraites sont littéralement laminées, le système de santé démantelé. Les biens publics comme l’énergie, l’eau, les transports, privatisés. Même certaines magnifiques îles grecques n’ont pas résisté au vent de l’ultralibéralisme. Dans le même temps les armateurs sont toujours exemptés d’impôts, de même la riche église orthodoxe. La spéculation continue allègrement et l’évasion atteint des records. Les banques européennes continuent d’encaisser les intérêts des dettes, avec délectation. Les ingérences étrangères déferlent, y compris françaises. Voir la lamentable déclaration de Pierre Moscovici, nouveau commissaire européen. Nos pseudo-socialistes craignent l’arrivée de la gauche radicale au pouvoir, et son effet possible de contagion à d’autres pays européens.

    La Troïka cache mal son irritation. Dans le concert des critiques pro-libérales, le pompon revient aux Allemands. Le ministre des finances Wolfgang Schäuble déverse sa bille et montre son arrogance et son mépris pour les Grecs. Ce n’est pas nouveau. Souvenons-nous des déclarations particulièrement amènes à notre égard, d’une députée européenne, lors de l’émission des « Paroles et des actes, sur France2. Que dit en substance ce brave ministre.  Le pays devra poursuivre les réformes engagées, sans autre alternative. La messe est dite. Il est bon de rappeler à Schäuble que la Grèce ne doit rien à l’Allemagne. Par contre, l’inverse  est vrai. Trois exemples suffiront. Il est temps de tordre le cou à des idées complaisamment distillées en France et ailleurs, idées selon lesquelles l’Allemagne serait la vache à lait des pays de l’Europe du Sud. Premier exemple. Les dettes de guerre non payées par l’Allemagne. Elles sont estimées à 160 milliards d’euros ! Deuxième exemple. Où sont passées les réserves en or que les nazis ont volées à la banque centrale grecque ? Enfin, il est utile de préciser que les marchands d’armes allemands se sont gavés copieusement en suréquipant l’armée grecque, bien au-delà de ses propres besoins. On pourrait encore rajouter quelques exemples significatifs, dont celui des banques allemandes qui ont prêté de l’argent à la Grèce. Ces prêts n’ont rien de philanthropiques. Les taux sont particulièrement élevés, presque au niveau de l’usure, de 8 à 12%, alors que ces mêmes banques empruntent auprès de la Banque centrale européenne à 1%, voire moins.

    Les grecs iront aux élections le 25 janvier 2015. Ils seront seuls habilités à choisir leur sort. Syriza et toutes les forces de progrès du pays iront à la bataille avec la conviction de gagner et de proposer une voie nouvelle pour sortir la Grèce du marasme actuel. Cette bataille sera dure. En face les ennemis déclarés ou anonymes déploieront des efforts gigantesques pour casser l’espoir qui est en train de naître. La victoire est possible. Les forces de progrès grecques compteront aussi sur la solidarité internationale. Ié e pussibule.

    Forza Syriza.

    Maria Maddalena Lanteri

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