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    Sarkozy continue sa campagne pour prendre la présidence de l’UMP et en faire un parti entièrement dédié à son retour à l’Elysée. Alors il fait des grands écarts lorsqu’il le peut et s’adapte à son auditoire. La presse a largement commenté comment il a été amené à lâcher le mot « abrogation » en ce qui concerne la loi Taubira légalisant le mariage pour tous. Une partie de son public a scandé ce mot alors qu’il avait tenté par des périphrases de le contourner. Il l’a dit et il a précisé son projet qui serait de créer deux mariages distincts, celui des hétéros et celui des homos parce que, dit-il, ce n’est pas la même chose. Lorsque des juristes disent qu’il n’est pas possible d’enlever un droit accordé et de créer de fait une discrimination, son entourage répond  qu’une loi peut être annulée par une nouvelle loi. Quel sens de la démocratie ! Quel respect pour le travail législatif et ceux qui ont voté ! Toutefois pour une nouvelle loi, il faut un vote à l’assemblée nationale et un vote au sénat, sans oublier le conseil constitutionnel. Sarkozy sait qu’il ne pourra pas revenir sur le mariage pour tous mais tout au plus s’attaquer à l’adoption et à la procréation assistée. Les moralisateurs sont légions à droite. Bien sûr, tout est possible si l’on considère que la 5ème république permet à un parti de détenir tous les pouvoirs en obtenant la majorité dans toutes les institutions, mais il y a des limites à ne pas franchir à moins que cette monarchie républicaine ne devienne une dictature.  

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    Comment permettre aux uns et aux unes de se marier autant de fois qu’ils le veulent et interdire le mariage à d’autres pour homosexualité ? Sarkozy a sa solution : Deux mariages ! Et pourquoi pas trois avec des quotas : un mariage avec 50% de chaque sexe, un mariage avec 100% de femmes et un mariage avec 100% d’hommes. Ce sont les quotas qui détermineraient les droits à l’adoption et à la procréation assistée. On peut aller plus loin et créer d’autres mariages : le mariage unipersonnel, le mariage multiple, triple, quadruple, quintuple… en conservant les trois catégories à quotas. Et puis pourquoi ne pas fixer un âge légal du mariage avec obligation de convoler en justes noces. Si les gens ne se marient pas suffisamment, on pourrait instaurer un CDD matrimonial et même le divorce sans justification. Pour faciliter les séparations, au CDD serait joint un devis de divorce. D’autres mesures sont envisageables comme l’octroie d’une prime aux divorcés. Les banques pourraient leur prêter au taux 0 pour se reloger séparément en cas de remariage.   

    Finalement les principaux adversaires du mariage ne sont-ils pas les célibataires qu’ils soient hétéros, homos ou bisexuels ? Pour sauver le mariage, il faut tous les marier de gré ou de force. Le mariage a besoin de toutes et de tous. Le mariage pour tous doit évoluer vers le mariage obligatoire à 25 ans. Il faut supprimer les Catherinettes et les vieux garçons par des mariages de masse. Tout refus devrait être sanctionné par l’obligation d’embrasser une carrière ecclésiastique.

    Une autre idée : la création d’un concours entre ceux et celles qui se sont mariés plusieurs fois avec deux catégories « veuvage » et « divorce ». Sarkozy pourrait y participer mais, avec seulement trois mariages, son score est encore faible. Pour gagner, il faut qu’il fasse un effort de renouvellement dans la catégorie « divorce ». Avoir des prétentions dans celle de « veuvage » ferait de lui un assassin. Par contre, il peut s’essayer le mariage au quota 100% hommes dans l’éventualité où il ne trouverait plus de femme. Le mariage unipersonnel ne serait pris en compte qu’une seule fois.  L’implant de seins et une castration lui permettrait d’accéder au mariage exclusivement féminin. L’idée est lancée. La compétition peut commencer pour prendre de l’avance sur les multirécidivistes du mariage.

    Finalement Sarkozy n’est pas allé assez loin dans son projet improvisé. Dans ses prochains meetings, il faudrait motiver quelques militants UMP pour qu’ils scandent «  mariage obligatoire » ! Il serait capable des les entendre et de retenir l’idée si elle lui apporte des voix. Comme nous l’avons lu dans un article humoristique, il pourrait même proposer à son public réactionnaire d’abroger les lois de la théorie sur la relativité si ses conseillers lui disent qu’il peut ainsi obtenir un pouvoir absolu.

    U sposu

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  • Les-anges-de-la-tele-realite

    Pauvre presse ! On nous sert tous les jours le feuilleton Nabilla. On nous plonge dans le monde de la téléréalité qui n’est en fait qu’un monde virtuel et factice dans lequel les starlettes peuvent passer des paillettes à la dépression nerveuse ou la prison. Les Anges de la téléréalité est l’émission où Nabilla et Thomas se sont rencontrés. Faut-il encore qu’il existe une réalité des anges. Les meilleurs moments étaient les disputes entre les anges, paraît-il ?  Et cela continue en dehors de cette émission basée sur le voyeurisme et le buzz.

    Après les déboires de Loana, voici la violence de Nabilla ! Que la presse s’empare de cette actualité affligeante, on pourrait y trouver un intérêt si cela ouvrait un débat sur le concept médiatique de la téléréalité. Pas du tout ! C’est de la presse people et nos reporters décadents mènent une enquête parallèle sur Nabilla et Thomas avec tous les jours des rebondissements qui ne sont que des soubresauts grotesques. On veut encore nous faire participer à une réalité au raz des pâquerettes qui passe de l’effeuillage de la marguerite eux fleurs du mal. Ce que l’on appelle pompeusement la « grande presse » est gangrené par la pipolisation de l’information et les méthodes des paparazzis. Nous n’en parlerions même pas si Nabilla n’avait pas des origines corses qui ont été révélées, car c’est cela qui nous a fait relevé un fait « très divers » de violences conjugales , qui a pour seul intérêt d’ouvrir un débat sur cette « grande presse »  ne remplissant plus son rôle de contre-pouvoir et se pipolisant à outrance sans la sur-médiatisation de faits divers traités comme des romans feuilletons. La téléréalité fabrique des petits monstres et la pipolisation assure l’après-vente.

    On a déjà vu les dégâts que le feuilleton judiciaire peut causer dans des affaires graves. On se souvient des désastres judiciaires de l’affaire du petit Grégory et, plus récemment, de l’affaire Outreau.  Dans ces deux cas, il ne s’agissait que d’affaires judiciaires exploitées par les médias pour occuper les esprits à d’autres sujets que l’actualité sociale notamment. Avec l’affaire Nabilla, il n’y a pas eu mort d’homme et cela aurait dû rester dans l’ombre des prétoires. Mais voilà !... La bimbo a été hissée au rang de star de la téléréalité, une sorte de modèle pour des jeunes filles qui rêvent de notoriété, de paillettes et de petits amis aux allures de mannequins. Elle est, avec d’autres, le symbole de la réussite due, non pas à un quelconque talent, mais à une silhouette bandante et digne de figurer en photo placardée dans la cabine d’un chauffeur routier ou bien sous le coussin d’un adolescent pubère. L’animateur Cyril Hanouna l’a même accueilli dans son équipe « Touche pas à mon pote ! » pour faire du buzz et s’en servir car, par ses bourdes, elle lui permet de faire des bons mots. Laurent Ruquier avait infligé aux téléspectateurs, dans une émission qu’il animait, les remarques hautement philosophiques d’un autre lofteur, Steevy Boulay. Tous ces lofteurs deviennent leurs propres caricatures dans une caricature de la vie. C'est en cela que la téléréalité est un monde virtuel avec ses imposteurs et ses faussaires.  

    Pour revenir à la Justice, l’affaire de tentative d’homicide reprochée à Nabilla semble tourner aux violences conjugales réciproques. On pourrait parler d'une parodie de tragi-comédie s’il n’y avait pas eu l’usage d’un couteau. A travers les articles publiés, l’affaire semble une suite des épisodes d’une téléréalité dont on aurait prolongé la diffusion.

    Voilà ce que la télévision sert à la jeunesse que l’on veut ancrer dans le consumérisme, l’idolâtrie, la réussite sans effort, le culte du corps au détriment de celui de l’esprit, l’apolitisme de droite... La téléréalité est un concept pseudo-populaire de droite, qui entre dans la stratégie de la propagande libérale. Des programmes qui ne fabriquent pas des contestataires mais des clowns tristes en perdition, des acteurs de mauvais feuilletons qui se terminent mal et renaissent de leurs cendres avec de nouveaux lofteurs identiques aux précédents.  La télévision consacre plus de temps à cette mascarade qu’à l’actualité sociale et à la vraie culture. C’est un travail de décérébralisation de masse et d’exploitation de quelques individus egocentriques au rêve trop grand pour ne pas tourner au cauchemar.

    Oublions Nabilla, Thomas et autres anges de la téléréalité ! Pauvre presse ! On divertit de plus en plus et on informe de moins en moins. En Italie, on parlait de Berlusconisation des médias, c’est tout dire ! Le phénomène n’est pas qu’italien. Sur le plan de la politique intérieur, le feuilleton Fillon/Jouyet /Sarkozy est en cours de diffusion depuis plusieurs jours mais rien sur la manifestation nationale contre l’austérité qui est organisée aujourd’hui par le collectif 3A. Motus et bouche cousue pour éviter d’en faire la promotion, alors que les petites phrases des politiques font les choux gras des rédactions. Lorsque la presse évoque le dépôt de bilan de la SNCM, c’est par un communiqué sans revenir sur le scandale d’Etat qui est à l’origine de cette déconfiture orchestrée par Transdev ( filiale de Véolia) et les Caisse des dépôts et des Consignations (filiale de l’Etat), avec le concours autoritaire de la commission européenne pour donner le coup fatal et favoriser le low cost. On pourrait reprendre d’autres sujets pas traités ou maltraités par la « grande presse » qui préfère utiliser les écrans de télé et des ordinateurs pour des logorrhées journalistiques sur des sujets comme celui  du feuilleton Nabilla. Heureusement, quelques journalistes indépendants et quelques journaux en ligne ont choisi des lignes éditoriales plus dignes du journalisme et de son éthique.  C’est l’occasion de saluer leur indépendance et leur courage.  Grâce à l’Internet, ils font face aux grands patrons de presse et à leurs actionnaires.  Ils sont sortis du mercenariat au service de la propagande libérale et antisociale.

    Fucone

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  • Dans un livre de 271 pages publié mercredi et intitulé "Ça reste entre nous, hein ?" (Flammarion), Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel rapportent un florilège de propos prononcés par Nicolas Sarkozy, qui n'épargne pas François Hollande, mais guère davantage ses camarades de l'UMP (tous des cons !), avec des attentions particulières pour François Fillon (loser), Xavier Bertrand ("petit assureur", "médiocre" et "bon à rien") et Bruno Le maire (un bac+18, quand les gens le voient, ils zappent)

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    L’ancien Président déchu, lorsqu’il sort de sa boîte comme un pantin monté sur ressort, flingue à la kalachnikov. Si l’on devait lui donner un rôle de composition au théâtre, ce serait celui d’un Cassandre qui se prive des bienfaits de l’autocritique. Sarkozy aime se moquer des autres du haut de son mètre-soixante-cinq monté sur des talonnettes. Sa chanteuse d’épouse a déjà ânonné sa composition musicale sur le pingouin dont tout le monde a compris, malgré ses démentis, qu’elle visait François Hollande. Sarko en a remis plusieurs couches, selon les auteurs du livre… "C'est les Bidochon en vacances",  "La seule chose que Hollande sait faire, c'est prendre les ministres dans sa main et les tuer" (janvier 2014), "Il est mal fagoté, il mange des frites, quand on fait un métier public, il faut faire attention", "Hollande, c'est le président ridicule"… Sarkozy n’a pas oublié Valls : "Valls candidat? N'importe quoi... A la limite, Taubira aurait plus de chances que lui à gauche" (janvier 2014),  "Il devrait porter des lunettes, il a le regard fuyant", "il fait un peu illuminé" (avril 2014)

    Voici un florilège des confidences fielleuses relatées par les deux journalistes.

    - Si la vidéo ne s'affiche pas , cliquer ICI------------------------------------------------

    Nicolas Sarkozy se compare à un zèbre ("On ne change pas les rayures du zèbre, mais on s'améliore")… Un drôle de zèbre qui aime mettre les autres en boîte et ferait mieux de rester dans la sienne pour ne pas ouvrir de nouvelles boîtes à pandore d’où sortiraient d’autres affaires judiciaires. D’après la presse, ses conférences à huis clos lui auraient rapporté prés de deux millions d’euros. Il a l’arrogance des gens friqués et la vulgarité qui l’accompagne.

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    Quant à François Hollande, il a fait une piètre prestation hier. Aucun changement de cap. Des échanges avec des quidams qui, pour reprendre l’expression du jour sortie par Jean-Luc Mélenchon, ont complété la « riquiquisation » de la fonction présidentielle dès la première partie réservée à la personne du chef de l’Etat, à sa vie privée et à son impopularité. Parmi les invités, une femme chef d’entreprise a gardé un air souffreteux pendant son temps d’antenne. Cette patronne modèle souhaite ni plus ni moins que la suppression des syndicats dans le dialogue social. Sans aucun doute une fan de Pierre Gattaz. Bien évidemment, François Hollande a expliqué, de façon pédagogique, le rôle essentiel des syndicats, y compris patronaux, dans les accords nationaux, tout en mettant en avant des réformes notamment sur les seuils sociaux et les simplifications administratives. Il n’a fait qu’une seule annonce sociale : de nouveaux contrats aidés pour des chômeurs proches de l’âge de la retraite et le retour à l’allocation de fin de droits. Il s’est fendu d’une annonce pour les contribuables de toutes les catégories sociales : pas d’augmentation en 2015. Il a parlé des mesures envisagées pour les emplois pénibles et les retraites, notamment la mise en place d’un compte personnel de prévention de la pénibilité que le patronat critique. Curieusement  la réforme prévoit la possibilité pour ceux qui ont leur retraite à 55 ans (pour raison de pénibilité dans les services actifs) de prolonger leur activité jusqu’à 65 ans sur la base du volontariat. C’est ce qui est prévu pour les agents de la fonction publique territoriale. De son côte l’ineffable Pierre Gattaz, gonflé à bloc par Manuel Valls, demande l’abandon du compte de pénibilité. Tout laisse à penser que sa mise en place prévue le 1er janvier 2015 réserve des surprises et pas forcément des bonnes. François Hollande a promis une mission sur la mise en œuvre de cette mesure-phare faite pour faire avaler le reste de la reforme des retraites. Qui seront les membres et  quelle seront les conclusions de cette mission ? Attendons de voir.

    François Hollande ressort à chaque fois sa boîte à outils avec son marteau social et son tournevis budgétaire. Il répète comme une incantation « plan de responsabilité ». Il attend la croissance comme on attend le messie.  Il compte sur un « choc de simplification », c’est-à-dire la simplification de toutes les procédures administratives et principalement celles auxquelles sont soumises les entreprises. Le CICE va se muer en « cotisations sociales pérennes »… Le chef de l’Etat aime aussi le choc des mots qu’il manipule comme tous les énarques. Enfin, nous avons relevé son engouement pour le numérique dans l’Education nationale. Il mise gros sur l'équipement des écoliers et des collégiens en PC et tablettes. Ce plan « e-éducation » s'insère en réalité dans les « 34 plans de la nouvelle France industrielle » présentés pour la première fois en septembre 2013 et validés courant juillet. Valls aurait dû confier l’éducation nationale à Fleur Pellerin qui, pour reprendre une formule journalistique dans le journal en ligne « Regards » achève le ministère de la Culture à coups d’algorithmes. (l’article ICI). Et Naja Vallaud-Belkacem alors ? Nous nous attendions à cette question. Elle a été ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans le premier gouvernement Valls. On aurait pu lui donner en plus le « temps libre » , la « culture » et la « Météo ».

    Jouer l Cassandre, ça fait du bien finalement ! De l’apparition télévisée de François Hollande sur TF1, il n’y a rien de nouveau, rien à espérer. Comme Sarkozy, il est content de lui-même. Sarkozy pensait aux élections présidentielles en se rasant devant sa glace. Marine Le Pen dont il aurait dit qu’elle a l’allure d’un déménageur n’a pas tardé à le renvoyer devant son miroir. Elle é répliqué : « Quant aux analyses sur le physique, très modestement je n’y réponds pas, car venant d’un tel Apollon…» et, en parlant de l’ancien Président, elle a ajouté : face à « l’absence de qualités humaines du personnage, il faut d’urgence que Nicolas Sarkozy se regarde dans un miroir. Dans un miroir, il verra le seul responsable de son échec, de l’échec d’hier, et probablement de demain ». Hollande affirme qu’il agit pour pouvoir se regarder dans sa glace à la fin de son quinquennat. Ils ont tous besoins d’un miroir.

    Miroir, O beau miroir…dis-leur la vérité sur eux-mêmes ! Dis à Nicolas Sarkozy de ne plus se présenter à quelque élection que ce soit. Dis à François Hollande qu’il a trahi la gauche. Dis à Marine Le Pen qu’elle déménage.

    Décidément, le président déchu et le président en exercice n’ont pas grandi les fonctions présidentielles. La cinquième république est en fin de vie. Vivement une sixième république pour éviter de nouvelles désillusions et la montée de l’extrême-droite.

      U spechjone

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  • cumulard

    Lorsque l’on parle de république bananière, on pense à Haïti du temps de Duvalier père en fils ou à d’autres républiques de pays constitués par  ce que l’on a appelé la Françafrique et plus généralement d’anciennes colonies où les dictateurs ont été mis en place par les néo-colonisateurs. Pourtant il suffit de regarder du côté de nos institutions pour se rendre compte que, si nous ne vivons pas sous une dictature, nous subissons une politique qui perpétue les inégalités et fait de nos élus des enfants gâtés.  Ces derniers se sont décomplexés et ne reculent devant aucun abus, aucune outrance. Ils cumulent les fonctions électives. Il ne faut pas leur parler de transparence et ils considèrent que tout leur est dû jusqu’au luxe. Le monde politique intéresse la presse people dans laquelle ils ont rejoint les artistes et les footballeurs. Il alimente aussi les chroniques judiciaires, tout en étant protégés par des immunités. Des politiciens « ni droite ni gauche » abandonnent toute idéologie pour une seule : le libéralisme économique. Ils sont devenus les marchands du temple capitaliste et veulent sacrifier les peuples sur les autels de la Finances que sont ses bourses internationales. Plus d’idéologie, plus de morale politique ! Ils sont pro-business !  

    Un article a relevé que, par exemple, une partie de nos députés ont pris l’habitude de salarier des membres de leurs familles. Il ne s’agit pas de familles politiques mais des femmes et des enfants. Le journal en ligne Médiapart a compté 58 épouses, 28 fils et  32 fils rémunérés sur les deniers publics à l’Assemblée nationale.

    Les avantages et les rémunérations de nos élus et des membres du gouvernement sont plus que confortables. Un collectif du « vote blanc » a fait un petit calcul sur la base du nombre de nos élus et des membres du gouvernement : 577 députés, 343 sénateurs, 16 ministres, 17 secrétaires d’Etat. En baissant leurs indemnités et primes de 1000 €, l’Etat économiserait 993.000 € par mois et donc 11.436.000 € par an. Si l’on élargit la mesure aux membres du Conseil constitutionnel, aux conseillers et autres Spin doctors, aux préfets en poste ou hors classe… on pourrait facilement doubler cette économie et la porter à 23 millions d’euros, qui représentent l’aide européenne à la promotion de certains produits agricoles y compris biologiques ou les frais de fonctionnement d’une ville moyenne de province. Certes ! Cela ne représente pas les milliards qui manquent mais c’est autant à ne pas aller chercher dans les poches du contribuable pour les mettre dans celles des enfants gâtés de la république.

    Nos élus ont du mal à digérer les mesures prises pour la transparence de leur situation fiscale et patrimoniale. On vient d’en avoir un exemple avec le président du groupe UMP qui a demandé au président de l’assemblée nationale de déposer plainte, au nom de l’institution,  pour « violation du secret fiscal » après la divulgation de l’affaire Carrez, ce député qui ne s'applique même pas une loi fiscale qui porte son nom. La haute autorité pour la transparence n’a pas beaucoup d’amis chez nos élus, même pas le président socialiste de l’Assemblée nationale qui s’était dit contre la transparence au moment du vote des mesures législatives prises. Rappelons que tout citoyen peut prendre connaissance des patrimoines des élus mais il lui est interdit de les divulguer car c’est un délit puni d’amende et d’emprisonnement. On ne pouvait pas pousser l’hypocrisie plus loin : la transparence doit rester confidentielle, secrète. Le problème n’est pas que le député Carrez soit « en indélicatesse » ( euphémisme employé pour la fraude fiscale des élus) avec le fisc mais que cela ait été divulgué.

    En matière de justice fiscale, Manuel Valls vient d’annoncer que les hautes instances sportives ne seront pas soumises à l’impôt pour les manifestations internationales comme la coupe d’Europe de football en 2016. L’UEFA et ses filiales françaises ne paieront plus d’impôts alors que le bénéfice prévu serait de 900.000 €. Seule la TVA sera collectée mais, dans ce cas, l’UEFA joue simplement le collecteur d’impôt. Ce sont les spectateurs et les collectionneurs d’objets footballistiques qui la paieront au bout du compte. Pire ! La rénovation des stades va coûter 1,7 milliard d’euros. A Marseille, le stade a été rénové et la ville s’est endettée pour des décennies. Marseille est la ville où les taxes locales ont le plus augmenté cette année. Dix villes sont concernées.   

    C’est donc l’UEFA qui va passer à la caisse. Ce ne sont pas les instances du football professionnel qui paient les stades. Un business très lucratif: la commercialisation et la gestion de tous les contrats (sponsors, droits TV, billetterie, produits dérivés, etc.). Alain Juppé est le président de l’association des dix sites qui vont accueillir l’« événement » (outre Bordeaux, l’association regroupe Marseille, Toulouse, Nice, Lens, Saint-Étienne, Lille, Lyon, plus les deux sites franciliens, le Parc des Princes et le Stade de France). Il a reçu à la mairie de Bordeaux, le 23 octobre, Manuel Valls et Michel Platini pour une réunion de travail. Sans doute parce qu’il a mesuré le déséquilibre entre les frais occasionnés par l’infrastructure nécessaire et les bénéfices prévus, il  a annoncé une décision historique : l’UEFA va reverser « 20 millions d’euros à la France », soit 2 millions par site concerné. A Marseille les travaux de rénovation du stade Vélodrome ont coûté 268 millions d’euros. Vingt millions d’euros, c’est pourtant dérisoire, alors que l’UEFA table sur un bénéfice minimum de 900 millions ! Lors de l’Euro 2012, en Pologne et en Ukraine, l’UEFA avait réalisé un bénéfice de 695 millions. C’est 200 Millions que l’UEFA devrait reverser à la France sur ses bénéfices.

    Le cadeau fiscal devrait concerner tous les sports. Cette mesure privera le Fisc de plusieurs milliards à ajouter au CICE, le crédit d’impôt accordé aux entreprises pour 50 milliards sans contrepartie. Manuel Valls a annoncé la bonne nouvelle à Michel Platini, en présence d’Alain Juppé qui, souvenons-nous, avait déjà octroyé des crédits d’impôt au patronat sans contrepartie et s’était montré faussement déçu par l’attitude du patronat qui, obligé à rien, n’avait rien fait pour l’emploi.

    République bananière ? L’expression désigne à l'origine, selon Wikipédia, un pays peu développé, dont l'industrie repose typiquement sur la seule production de bananes, et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire. Par extension, l'expression est utilisée pour qualifier, de manière polémique ou satirique, toute forme de régime politique considéré comme dictatorial et/ou corrompu. Ensuite tout dépend la définition que l’on donne à « dictature » et à « corrompu ». On parle de la dictature des mots : médias, propagande sémantique… On subit la dictature de l’Argent avec ses crises… Derrière, il y a toujours la dictature de quelques hommes qui rêvent d’esclavagisme moderne et pratique le chantage au chômage. Et si l’on parle de corruption, on en revient à l’argent et aux abus. Les exemples de corruptions ne manquent pas et toutes ne débouchent pas sur des sanctions judiciaires.  Quel est le rôle des lobbyistes si ce n’est de corrompre des décideurs ? Que fait la propagande si ce n’est corrompre les esprits. Quand peut-on dire qu’un pouvoir est corrompu ? Sans doute lorsqu’il n’agit pas pour le bien de tous mais d’abord pour l’enrichissement de quelques uns mais aussi lorsqu’il fait l’inverse de ce qui a été promis aux électeurs. .

    Corrompre signifie pervertir. Que peut-on penser des hommes politiques qui font carrière au parti socialiste dans le but d’en faire un parti centriste et d’effacer jusqu’au mot de socialisme. Le parti socialiste va-t-il se laisser corrompre et faire alliance avec François Bayrou ? Le slogan « ni droite ni gauche » n’est-il pas le résultat d’une corruption du combat politique ?

    Le fait est que les politiques libérales et néolibérales enlèvent au citoyen la maîtrise de son existence et le soumet à la violence économique. Le fait est que le pouvoir change de mains mais que rien ne change.

    Cornélius Castoriadis constataient en 1998 que : « Depuis 1983, les socialistes français ont fait une politique, puis M. Balladur a fait la même politique ; les socialistes sont revenus, ils ont fait, avec Pierre Bérégovoy, la même politique ; M. Balladur est revenu, il a fait la même politique ; M. Chirac a gagné l’élection de 1995 en disant : « Je vais faire autre chose » et il a fait la même politique… » Nous pourrions rallonger la liste jusqu’ à  Hollande et son slogan « Le changement, c’est maintenant » et il fait la même politique que Sarkozy qui faisait la même que Chirac. Par médias interposées et sous la dictature de la Troïka, nous sommes soumis à la pensée unique, à la politique libérale et aux mêmes mœurs politiques que celles qui ont inspiré à Henri Verneuil le film « Le président » avec Jean Gabin dans le rôle principal. Dans ce film seul la personnalité du personnage interprété par Jean Gabin n’a pas trouvé une réalité historique et, finalement, il se retire de la scène politique car il n’a rien pu changer lui aussi à la fin du film. Pour ce qui est des mœurs politiques sous la Troisième république, ils se sont perpétués sous la quatrième et sous la cinquième, seule la constitution a changé pour en arriver à une monarchie républicaine.

    Un extrait du film "Le président" (H.Verneuil)

    Quels sont les résultats de cette politique libérale ? Aujourd’hui, la majorité des électeurs se désintéressent de la politique et des élections. Les conditions sociales et économiques sont réunies pour la montée de l’extrême-droite. Les affaires politico-financières, la xénophobie, l’intégrisme islamiste, le chômage, la déception européenne, le « ni droite ni gauche » de l’UMPS… sont autant de causes  de cette montée. Avec Sarkozy, la droite s’est affichée décomplexée. Hollande et Valls ont corrompu le socialisme. L’extrême-droite avance à visage caché dans une opération hypocrite de dédiabolisation du FN, alors que les groupuscules fascistes et néo-nazis sont de plus en plus actifs.

    Il est temps de réagir plutôt que de s’indigner en restant passif. Le 15 novembre prochain, l’appel du collectif 3A  sera l’occasion de manifester contre cette politique d’austérité qui ne fait qu’aggraver la situation économique et sociale de la France. Le collectif 3A regroupe diverses personnalités et organisations syndicales, politiques, associatives et citoyennes. Il est ouvert à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas et veulent construire une alternative sociale et politique. Il y a urgence !

    Le changement commence au niveau local. Les élections municipales ont été annulées à Ajaccio. Mobilisez-vous autour du Front de gauche/ Parti de Gauche, Ensemble/Manca alternative, pour qu’il y ait un candidat Front de Gauche au premier tour.

    D’autres élections vont suivre. Pour changer de cap, il ne faut pas attendre 2017. Pour ne pas tomber dans le piège de l’extrême-droite, les électeurs ont le choix de la gauche radical et écologiste, sans compromission avec la droite et le centre. Voter pour des idées, c’est la meilleure façon de ne pas être déçu par des politiciens soucieux uniquement de faire une carrière politique. Il faut construire une nouvelle force politique mettant l’humain d’abord, fidèle aux valeurs de la gauche qui ont été oubliées par Mitterrand en 1983 et n’inspirent plus ni Jospin, ni Hollande, ni la direction du parti socialiste malgré une petite fronde divisée dont on comprend mal les positions fluctuantes.  Au PS, ce sont les jospiniens, les strauss-kahnien (dont Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Guen, Pierre Moscovici et Christophe Borgel) et les fabusiens qui ont pris le pouvoir. Depuis lors, le PS ne cesse de perdre des adhérents.

    Contre l’UMPS, contre le FN, contre l’Europe de la Finance, contre le « ni droite ni gauche, contre la Cinquième république, contre la politique d’austérité, contre la casse sociale… sortez de l’abstention.

    Pour mettre l’humain d’abord, pour une politique sociale et écologiste de gauche, pour une sixième république, pour plus de démocratie, pour défendre les droits sociaux et syndicaux… votez pour le Front de gauche partout où il présente des candidats en rupture avec la politique menée depuis 1983.

    U picciafocu

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  • défile_jeanne1

    Hier M6 a diffusé, hier soir tardivement,  un reportage sur la  peste brune. Les nazillons et autres fascistes n’ont pas tous le même look : jeunes gens BCBG, intégristes catholiques, mines patibulaires à gros ventres, buveurs de bière, têtes carrées rasées, tatouages exhibés ou cachés (croix gammées, emblème de SS…) Ils sont tous aussi dangereux les uns que les autres. Certains leaders utilisent des méthodes de communication trompeuses comme les identitaires qui, de façon insidieuse, assimile la délinquance (la canaille)  à l’immigration. D’autres jouent la provocation pour que l’on parle d’eux. Le meneur du groupuscule « Jeunesse nationaliste » (dissous par Manuel Valls et François Hollande)  apparaît souvent.  C’est un gros ventre à tête carrée qui se donne un look BCBG. Cette caricature fasciste a fait partie du FN dont il a été exclu pour « salut nazi ». Il était très apprécié de Jean-Marie Le Pen qui s’est opposé à son exclusion décidée par sa fille dans son travail de dédiabolisation médiatique. Elu FN, ce jeune mussolinien décomplexé a toutefois conservé son poste de conseiller régional à Lyon. Il est ouvertement pour l’instauration d’une dictature en France et la suppression des élections, tout en occupant un fauteuil d’élu. Vive la république ! Il a pour modèles d’hommes politiques Pétain et Mussolini. Malgré la dissolution de son  groupuscule, il s’est représenté aux dernières municipales à Lyon avec un autre énergumène issu, comme lui, du FN. 

    L’émission de M6 montre les différentes composantes de l’extrême-droite protéiforme en France. Elle met en évidence le double langage de la plupart de ses leader alors  que leurs militants se montrent crument et ouvertement xénophobes, antisémites et racistes jusqu’à vouloir une Europe de race blanche comme leur fol idole Hitler. Des groupuscules organisent des événements avec combats inspirés de l’Ultimate fighter. La fête se transforme en temple de la virilité avec les saluts nazis pour galvaniser les troupes. Lors des concerts, des hommes torses nus exhibent leurs tatouages nazis et se bousculent sur la piste de danse dans des chorégraphies brutales et improvisées. Curieusement ses homophobes déclarés donnent l’impression de danser dans une boîte gay où le hard rock permet un défoulement tribal.  

    Et dire que des fils à papas, des cathos, des étriqués du bulbe et des nazillons débiles se présentent comme les ultimes défenseurs de la France menacée d’invasion barbaresque ! Quelle image détestable de la patrie de Rousseau ! Ce n’est pas à l’homme naturellement bon mais une régression mentale à la barbarie hitlérienne et mussolinienne. Ils représentent la négation de toutes les valeurs que la France représente aux yeux de peuples soumis à des dictatures (que ce soit justifié ou pas) ! Quelle trahison de  l’Histoire de France !

    Tous ces groupuscules se retrouvent au mois de Mai devant la statue de Jeanne d’Arc à Paris, comme le Front national le fait depuis que Jean-Marie Le Pen a instauré cet hommage grotesque qui détourne l’histoire de cette héroïne d’un autre siècle. Après avoir défilé avec les plus radicaux, le FN organise son propre défilé le 1er Mai alors que les groupuscules les plus extrémistes défilent le 9.  Tous font de la Pucelle le même symbole nationaliste contre les ennemis intérieurs, c’est-à-dire principalement les Noirs, les Arabes et les Juifs, auxquels il faut ajouter à des degrés différents les communistes, les gauchistes et, par extension, tous les démocrates qui ne pensent pas comme eux, y compris à droite.

    Lorsque vous les écoutez, les spartiates BCBG de génération identitaire utilisent des mots à la place d’autres. Dans l’émission de M6, un de ces groupuscules a créé des patrouilles anti-racaille dans le métro lyonnais. Devant les caméras, une conversation se déroule avec deux jeunes Français d’origine maghrébine. L’un des deux jeunes constate finalement que le chef de groupe d’identitaires lui refuse son identité française alors qu’il a sa CNI et que ses parents sont français, en interrogeant : « Alors je ne suis pas français ? »  L’autre lui répond qu’il est d’un autre peuple… Le mot peuple a remplacé le mot « race ». Pour échapper à la loi contre le racisme, -droite a modifié son langage mais le fond raciste n’a pas varié. Ils disent être antimondialiste au lieu de dire qu’ils ne veulent pas d’étrangers en France. Chez eux le populisme est l’outil de propagande pour recruter des militants et certains vont jusqu’à afficher leur anticapitalisme, alors qu’ils sont anti-syndicalistes et ne participent à aucune manifestation de revendication sociale.

     
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    L’extrême-droite joue avec les mots mais aussi avec les symboles. Une croix gammée n’est plus une croix gammée mais un signe hindou… Pourquoi ne pas dire que les initiales SS tatoués à côté de la croix gammée sont celles de la Sécurité Sociale ? Pourquoi cacher aux caméras tous ces tatouages qu’ils exhibent en comités restreints ? Sans aucun doute tous ces extrémistes rêvent-ils de pouvoir exprimer et montrer leur haine au grand jour, de défiler avec tous leurs colifichets nazis sur une musique martiale, en faisant appel à tout ce qu’il y a chez l’homme de plus inhumain et de plus méprisable.   

     Archettu Ghjuvan

    Piqure de rappel antifasciste : Quelques extraits de l’émission de M6 pour comprendre l’ampleur de la déchéance intellectuelle d’une extrême-droite haineuse et héritière d’un passé nauséabond…   

    Autre vidéo sur l'extrême droite en cliquant ICI

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  • A l’assemblée nationale, les conseillers politiques ont été mis sous les projecteurs. Ils sont souvent ces « spin doctors »  comme le peu recommandable Patrick Buisson sous la présidence de Sarkozy. Ils sont aussi les hauts fonctionnaires des cabinets ministériels.

    "Par rapport au gouvernement Ayrault (2013), les rémunérations dans le gouvernement Valls (2014) sont en forte augmentation : +7,1%, à 8 201 euros pour la rémunération brute moyenne d'un agent, et +4,3%, à 2 235 euros pour les indemnités de sujétion [primes], note cet élu de l'Aisne. Il apparaît que c'est au secrétariat d'Etat à l'Enseignement supérieur que l'on est le mieux payé (12 222 euros par mois), soit deux fois plus qu'à la Francophonie, ministère qui paie le moins bien."  C’est un député PS qui a soulevé les lièvres toujours tapis dans l’ombre de la république. Le député René Dosière a dénoncé, jeudi 30 octobre, sur son blog les rémunérations dans les cabinets ministériels du gouvernement Valls.

    matignon

    A Matignon, en un an, le nombre de membres du cabinet de Manuel Valls est passé de 67 à 55, ce qui a fait baissé le total des rémunérations (-1,3% par rapport à 2013), mais, si l’on paye moins de gens, ils sont plus payés avec un niveau élevé de 13.134 € mensuels. En outre les primes appelées "indemnités de sujétion particulières", sont passées à 6,1 millions d'euros, contre 5,85 millions en 2013 et autant en 2012. Le montant sous Fillon était de 6,5 millions pour 67 membres (12 de plus). Ainsi, alors que Manuel Valls présente un budget en diminution, les membres de cabinet sont mieux rémunérés qu’avant 2013. Par ailleurs, la majorité des Français subissent la crise, le chômage et la baisse de leur pouvoir d’achat.

    Voilà comment Manuel Valls (rémunération mensuelle 14.910€) fait économiser 1 millions d’euros tout en augmentant les rémunérations de ses conseillers. Son slogan est donc de moins répartir le travail pour faire gagner plus à quelques uns, tout en réduisant le déficit. Si l’on étend cette logique de management à toute la société, il n’est pas étonnant que le chômage augmente. Si on l’étend à la répartition des richesses, on comprend pour qui Manuel Valls roule. Il fait des « plus » pour quelques uns avec des « moins » pour les autres.

    Depuis 2012, les gouvernements socialistes ont serré la vis, réduit les dépenses, augmenté les impôts, taillé dans les aides sociales… et la rémunération des conseillers ministériels a augmenté en moyenne de 7, 1 % entre 2013 et 2014, alors que l'inflation, pour mémoire, est passée de 0, 6 % en septembre 2013 à 0, 3 % aujourd'hui. La rigueur n’est pas pour tout le monde. Des conseillers gagnent même plus que certains ministres dans 19 ministères sur 31.  Au ministère de la culture, un conseiller gagne 13 744 euros par mois !... à l'Intérieur 12 987 euros, à la Décentralisation 12 680 euros, au commerce (12 369 euros) et enfin à l'Enseignement supérieur 12 222 euros. Ces petites entreprises d’Etat ne connaissent pas la crise. Le gouvernement n'est  pas soumis à la règle qui prévaut à Matignon et à l'Elysée, selon laquelle un membre de cabinet ne peut pas gagner plus que son ministre de tutelle. "Si la règle s'appliquait, on réaliserait une économie de 3,8 millions d'euros, correspondant à 11 % des sommes versées", estime René Dosière. Actuellement les rémunérations d’un ministre ne devraient pas excéder 12.697,54 €. Ces rémunérations auraient bien été baissées malgré l’avis négatif donné par le Conseil, constitutionnel, sans que l’on sache exactement à partir de quand et dans quelles conditions. Il faut relever que souvent les ministres ont été des cumulards jusque dans le premier gouvernement Ayrault qui en comptait 25 sur 39 ministres.  Vingt-cinq cumulaient salaires de ministre et d’élus locaux ! Et les quatorze vertueux qui restaient ne l’étaient souvent que par hasard : neuf d’entre eux n’avaient en effet pas d’autre mandat à leur nomination que celui de député, et un dixième (Fleur Pellegrin) n’avait pas de mandat du tout. En fait, seuls trois ministres (trois femmes d’ailleurs) avaient démissionné de toutes leurs fonctions locales : Cécile Duflot (conseil régional d’Ile-de-France), Dominique Bertinotti (mairie du 4e arrondissement de Paris) et Michèle Delaunay (conseil général de Gironde). Les cumulards ajoutent ainsi des rémunérations de l’ordre de 2.000 € à celles de ministre.

    Notre actuelle jeune ministre de l’éducation nationale, avec son sourire permanent, est une cumularde jusqu’à février 2013, date à laquelle elle n’a gardé que son siège de conseillère générale à Lyon. Elle a connu son mari à l’ENA. Elle a échoué à cette école de technocrates mais son mari est de la même promotion qu’Emmanuel Macron. Boris Vallaud vient de passer du cabinet d’Arnaud Montebourg[1] au poste de secrétaire général adjoint élyséen en remplacement de Nicolas Revel, promis à d’autres fonctions. Voilà comment les énarques font carrière dans les coulisses de la république avec des salaires parfois supérieurs aux ministres. Ils deviennent ensuite ministres comme Emmanuel Macron ou Fleur Pellerin pour en citer deux dans l’actualité politique. Parfois la carrière politique se construit en couple comme Naja Vallaud-Belkacem et son mari, ou comme Ségolène Royal et François Hollande.

    En dehors des rémunérations et de défraiements, du Président jusqu’aux ministres, tous bénéficient d’avantages (transports gratuits en 1er classe SNCF et en avion, logement, voitures avec chauffeurs… etc). Ils n’ont pas oublié de se garantir des retraites avantageuses.   Inutile de revenir aussi sur les privilèges et les retraites de nos élus nationaux et européens qui votent la rigueur sans se l’appliquer à eux-mêmes. Et le train de vie assuré à nos anciens présidents toujours vivants. Et les membres du conseil constitutionnel (anciens présidents compris)... Et les grands patrons avec leurs hautes rémunérations et leurs retraites chapeaux… et les gros actionnaires, les fonds de placement… etc. Aucun ne renonce à une once de privilège. Aucun n’accepte le gel de leurs revenus, la remise en question de leurs retraites. On va s’arrêter là pour aujourd’hui et éviter de se faire monter la tension.

    Il fait beau. Le soleil est généreux même pour ceux qui ne s’enrichissent pas dans l’ombre de la république. Bon week-end !

    Fucone


    [1] Vous voulez des nouvelles d’Arnaud Montebourg ? Il a demandé une bourse pour faire une formation en économie et du business. Lorsque l’on pense qu’il a été ministre de l’économie et du redressement productif, on comprend que des ministres soient moins payés que les membres de leurs conseillers. En plus, il a sollicité une bourse ! Pour l’obtenir, compte-t-il sur son air de fils à papa, étudiant attardé ? A moins que ce ne soit sur ses appuis politiques ? Qu’en penseront les chômeurs qui pointent à l’ANPE sans rien obtenir ?

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  • ane_holande_ena

    Fleur Pellerin, ministre de la culture, a révélé qu’elle ne lisait que les notes, les textes législatifs… mais pas d’autre littérature depuis deux ans. Que Fleur Pellerin ne lise pas, c’est son droit mais, alors, qu’elle n’incarne pas la culture. Elle en représente une conception économique et technologique qui est plus proche de l’anti-culture. Elle ne pouvait même pas se souvenir de la note qu’on a dû lui fournir sur Patrick Modiano, prix Goncourt 2014. Il s’agit d’une femme mais notre propos n’est pas sexiste  car nous pourrions prendre n’importe quel énarque parvenu, et, en premier lieu, l’actuel président de la république. Nous avons simplement puisé dans l’actualité un exemple frappant du système énarchique. L’aveu de Fleur Pellerin est révélateur de l’énarchie qui fabrique des technocrates ambitieux. Les énarques pensent pouvoir faire preuve de compétences dans tous les domaines, y compris là où ils ne sont que des béotiens.  C’est ce qu’exprime une citation de Michel Audiart extraite du film « Le Président » : « On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis ».  Leur gestion comptable s’avère le plus souvent affligeante et leur communication est jalonnée de gourdes plus grosses que leurs ambitions. On pourrait revenir sur les propos d’Emmanuel Macron lorsqu’il parle d’illettrisme ou d’autocars pour les pauvres… etc.

    Avec Nicolas Sarkozy, c’est la profession d’avocat d’affaires qui a rencontré un engouement chez les politiques y compris chez quelques énarques qui se sont inscrits au barreau en faisant valider leurs acquis professionnels (on se demande lesquels ?) et des équivalences de diplômes. Cette reconversion concerne même  un ancien premier ministre de Chirac que nous avons déjà évoqué plus haut, énarque de la même promotion que Ségolène Royal et François Hollande. Dominique de Villepin s’occupe maintenant d’affaires privées de gros sous. Les énarques bénéficient d’une équivalence de diplômes. Jean-François Copé a ainsi ajouté à ces mandats son activité d’avocat d’affaires, ce qui lui a été reproché. François Hollande et Ségolène Royal pourront en faire autant. Avocat d’affaires pour quoi faire ? Si l’on suit l’actualité, les affaires les plus lucratives seraient de lever des fonds de placement, c’est-à-dire de participer à la spéculation. Le professeur d’économie et avocat d’affaires Dominique Strauss-Kahn a enseigné à l’ENA. Moins une, s’il n’avait été rattrapé par ses frasques érotiques, il était candidat aux primaires socialistes, avec les libéraux derrière lui. Aujourd’hui, il revient dans l’actualité à travers un fonds de placement Leyne Strauss-Kahn  Partners et le suicide de son associé, homme d’affaires franco-israélien.

     « L’ENA, c’est purement et simplement deux concours : un concours d’entrée et un concours de sortie. Entre les deux, rien. Et, en particulier, pas de travail de recherche, pas de travail sérieux et approfondi ».  [Jean-Pierre Chevènement, l’Express, 10 juin 1993]. Un énarque en sort  multifonction. Il sait tout faire mais il fait tout de la même façon et rien de bien. Il coûte plus qu’il ne rend service à la société. En fait sa principale préoccupation est son développement de carrière et la politique est une sorte de tunnel qui le mène aux plus hauts postes. Les énarques sont formatés, coulés dans un moule conservateur et libéral. Leurs enseignants et leurs ainés leur expliquent qu’ils sont le gratin de l’élite nationale. Ils le croient, se gonflent d’orgueil et perdent toute modestie. A partir de là, les plus belles espérances de carrière s’offrent à eux,  par le canal administratif ou politique. Il leur faut trouver le bon sillage, celui d’un mentor. Les deux canaux peuvent les conduire jusqu’à un poste de ministre, voir de premier ministre (Le chiraquien de Villepin en est l’exemple, puisqu’il n’a jamais été élu). François Hollande a choisi l’ascension politique en se servant du parti socialiste et de sillage de Lionel Jospin. Il doit cependant son élection au rejet de l’avocat d’affaires Nicolas Sarkozy. Il a été élu par défaut.

    En 2012, nous avons eu le choix entre la république des avocats d’affaires et la république des énarques. Nous savons que ces deux milieux sont poreux et l’élection présidentielle  n’offre plus qu’un choix par défaut. En 2012, Nicolas Sarkozy s’est fait virer et en 2017, il en sera de même pour François Hollande. A droite la bataille des primaires se joue essentiellement entre l’énarque Alain Juppé et l’avocat d’affaires Nicolas Sarkozy qui ne lâche pas l’affaire. Si on en croit les pronostics nous pourrions avoir un deuxième tour entre l’avocate Marine Le Pen et l’avocat Nicolas Sarkozy, à moins que ce ne soit l’énarque Alain Juppé si Sarko ne survit pas politiquement à ses démêlés judiciaires.

    La république est, par défaut, entre les mains d’avocats d’affaires et de technocrates ambitieux qui sont passés par l’ENA. Pour la plupart de ces politiciens, le conflit d’intérêt ne pose aucun problème moral. Selon le principe de Peter ( de la promotion Focus et faux-cul), ils atteignent, grâce au système politico-médiatique, leur niveau d’incompétence mais  l’essentiel, pour les lobbies et le monde de la finance, est qu’ils assurent une alternance libérale et tuent toute tentative de politique de gauche dans l’œuf.

    Si on joue aux anagrammes, on obtient avec l’ENA le mot ANE, le symbole de l’ignorance. Ce n’est pas l’âne sensible et intelligent de Robert Bresson dans le film « Au hasard Balthazar ! » mais celui du bonnet des mauvaises élèves. Jouons avec « avocat », on obtient « Octave » pour ceux qui connaissent la musique. L’avocat est le celui qui parle une octave plus haut que les autres. Les mots disent parfois l’envers des choses. On peut alors penser qu’il faut se garder des technocrates et de ceux qui parlent plus fort que les autres.

    U barbutu

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  • bastia_nice

    La polémique de la présence du drapeau corse dans les stades, lorsqu’une équipe insulaire joue, est née de l’incident à Nice dont les responsables sont un sous-préfet qui a pondu un arrêté stupide, les hooligans niçois soutenus par le capricieux maire, Christian Estrosi, et le président de l’OGC Nice. Cet incident a été ensuite largement exploité par la presse et la Fédération du Football Professionnel s’est vu accusée d’interdire le drapeau corse sur les stades jusqu’en Corse. Il faut revenir à la raison et lire le communiqué de la LFP qui écrit sur son site :

    " La Ligue n'a jamais interdit et n'interdira jamais les drapeaux dans les stades, qu'ils soient corses, bretons, basques ou encore occitans, avant, pendant ou après les matches. Il s'agit là de l'expression d'une identité que la Ligue n'a aucune raison, bien au contraire, d'empêcher. En revanche, il y a bien un protocole d'avant-match à respecter, comme le font la FIFA et l'UEFA. Ce protocole, d'une durée de trois minutes correspondant à l'entrée des joueurs juste avant le coup d'envoi, doit être le même sur tous les stades et pour toutes les équipes. En dehors de cet instant protocolaire, il y a donc toute la place pour les drapeaux dans les stades de Ligue 1 ou de Ligue 2. "

    Le protocole d’avant-match est le même pour tous les stades et toutes les équipes. C’est clair, il n’y a pas là de racisme anti-corse de la part de la LFP sauf à considérer que la tête de Maure devrait être effacée des maillots des joueurs pour ne pas apparaître dans les trois minutes de début de match.  Ce serait une interprétation abusive du protocole d’avant-match. C’est une autre affaire  si des préfets prennent la décision d’interdire le drapeau corse, ne serait-ce que dans les stades, nous rentrerions dans le champ politique.

    bastia_nice1

     

    L’arrêté du sous-préfet interdisant tout objet ou vêtement aux couleurs de la Corse et des clubs sportifs corses est une mesure idiote et incompréhensible du point de vue de la sécurité. On peut s’interroger sur son calcul : Selon lui, les Corses devaient-ils être les agressés ou les agresseurs ? Dans les deux cas, la mesure désigne des boucs émissaires car elle ne s’appliquait pas à tous, y compris donc les Niçois. Par ailleurs, connaissant l’attachement des supporters corses à leur drapeau, elle apparaît comme une provocation inutile. Il est inconcevable de dire que brandir un drapeau est une agression. On sait qui ont été les agresseurs: des supporters niçois.

    Ensuite, l’histoire du bandana à tête de maure sur le front des enfants qui entrent avec les joueurs sur le terrain d’Ajaccio est ridicule. Des élus corses se sont lancés, la tête baissée, dans l’indignation contre la LFP, au risque d’alimenter les préjugés sur  la susceptibilité corse. Si vous allez sur le site de la ligue du football professionnel, l’écusson du Sporting Club de Bastia figure sur la page de la ligue 1. Le communiqué de cette instance sportive et les déclarations de son responsable ne laissent aucune ambiguïté. 

    Il serait temps d’arrêter une polémique lancée par un sous-préfet incompétent et un Maire niçois[1], xénophobe notoire, polémique relayée par la presse prompte à créer de faux débats. Revenons au sport professionnel qui soulève d’autres débats et, en premier lieu, sur les instances du football qui brassent des milliards d’euros. LFP, FIFA et UEFA sont les branches d’une véritable holding de l’industrie sportive dans lesquelles les postes administratifs sont âprement disputés.

    Il est sûrement plus intéressant d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses du sport que ce qui est montré dans les stades. Qui touche quoi? Qui obéit à qui? Qui sont ces personnages mystérieux qui dirigent la Fédération nationale, la Ligue des clubs professionnels? Comment valsent les milliards d'euros, y compris en dessous de table, dans ce monde devenu fou et resté totalement opaque? Comment des contrats dits « à image » sont monnayés dans des paradis fiscaux ? Des ouvrages ont été écrits sur ces sujets. Des affaires judiciaires se sont terminées dans l’oubli des médias. On peut aimer le foot et la Corse sans fermer les yeux et se boucher les oreilles lorsqu’il s’agit de gros sous. Le reste n’est qu’un jeu et un spectacle.

    Ballone



    [1] Estrosi est un nom proche du mot corse « istrosu » qui signifie « capricieux, fantasque, lunatique », en italien le mot s’écrit « estroso ».

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  • hollande_aile_modifié-1

    François Hollande et Manuel Valls sont en train de créer les conditions de la transformation du parti socialiste en parti libéral. Et pour cela, il faut des purges. Entre ceux qui sont exclus pour des délits fiscaux (aux dernières nouvelles, une soixantaine d’élus de tous bords seraient en délicatesse avec le fisc) et ceux menacés d’exclusion pour délits d’opinion, ce parti de mutants politiques va se prendre d’autres déculottées lors des prochaines élections. Ils auront toutefois réussi à créer un courant libéral qui a pris le pouvoir rue de Solférino, à l’Elysée et à Matignon. Ils ont encore le pouvoir à l’assemblée nationale même si une petite quarantaine de « frondeurs » n’ont pas voté le nouveau budget. Tous ces pouvoirs ne leur pas donné l’autorité nécessaire à la conduite des affaires nationales. Alors, ils ont choisi de faire de l’autoritarisme au sein du parti socialiste. Aucune tête ne doit sortir des rangs, sous peine de tomber. Info ou intox ?   

    Gérard Filoche est traduit devant le tribunal libéral du Parti socialiste pour ne s’être pas joint aux hommages excessifs rendus au PDG de Total, mort dans un accident d’avion en Russie. En utilisant le terme « suceur de sang », il aurait commis la pire des injures à un mort et d’aucuns jouent les Danton et Robespierre d’opérette pour demander son exclusion et défendre la mémoire de celui qui dirigeait l’une de ces firmes multinationales qui ont bâti des empires d’essence en exploitant la planète au détriment de l’humain. A-t-il sa place au Panthéon ?  

    Le régime de la Terreur s’installe au parti socialiste. Les députés socialistes, à fortiori lorsqu’ils sont des ministres limogés, n’ont pas le droit de retrouver leur liberté d’opinion. Ils doivent voter avec la majorité comme un seul homme. Même l’abstention leur est reprochée. Trois anciens ministres se sont abstenus sur le vote du budget. Pour cela, Delphine Batho, Benoit Hamon et Aurélie Filipetti  sont mis au pilori par le porte-parole du gouvernement, Olivier Le Foll. Benoit Hamon aurait même franchi la ligne rouge en disant que la politique économique menée "menace la République" et mène vers un "immense désastre démocratique" en 2017. 

    La question qui se pose est de savoir si cette opposition, appelée « fronde », est une mascarade ou, au contraire, si les frondeurs iront jusqu’au bout de leur résistance ? Pour le moment, ils choisissent tous de rester au Parti socialiste, à moins qu’ils en soient exclus autoritairement. Ils représentent donc ce que l’on a appelé l’aile gauche du PS, bien utile pour éviter le départ massif des déçus d’un parti qui n’a de socialiste  plus que le nom. L’aile gauche est tout ce qui lui reste de gauche et perdre cette aile empêcherait tout envol dans les sondages qui font du rase-motte.

    D’aucuns diront que cette aile gauche a reçu l’appui de Martine Aubry. Toutefois, sa dernière sortie ressemble plus à une opération de communication qu’à une opposition réelle à la politique menée par Hollande et Valls. François Hollande a répliqué par l’affirmation encore réitérée que le gouvernement ne changerait pas de cap mais accélérera les réformes, en sachant que des projets antisociaux ciblent les chômeurs, les assurés sociaux, les comités d’entreprises… etc. Cette position autiste, le maintien de Manuel Valls à la tête du gouvernement et l’autoritarisme subie par les « frondeurs » devraient logiquement entraîner une réelle fracture au sein du PS, voire une scission,  faute de quoi il est logique de penser que les frondeurs ne sont que les voitures-balais des militants socialistes de gauche, le dernier rempart contre les départs de militants vers le Front de gauche.  

    Lorsque l’on revient aux dernières élections présidentielles, on mesure l’évolution des élites du Parti socialiste notamment entre Strauskaniens et Fabusiens qui ont fait une sorte d’OPA sur la rue de Solférino. François Hollande a profité des déboires de l’ancien directeur du FMI mais il s’est vite révélé comme étant un strauss-kahnien avec les Strauss-kahniens et un fabusien avec les fabusiens. Cela lui a sans doute donné la victoire sur Martine Aubry. Malgré ses envolées lyriques et ses anaphores de gauche, il n’a fait que poursuivre la même politique antisociale de Nicolas Sarkozy, étant plus à l’écoute des patrons que des travailleurs. Après avoir désigné comme premier ministre, un apparatchik de parti socialiste en la personne du fidèle et obéissant Jean-Marc Ayrault, le chef de l’état a fait sa « sortie de placard libéral » et  l’a remplacé par Manuel Valls, populaire à droite et pour cause. 

    Alors que la croissance est en berne, le chômage endémique et le nouveau budget à l’épreuve de la commission européenne, François Hollande vient de décorer Manuel Valls de l’ordre du mérite. Dans son discours, il a dit à l’impétrant premier ministre : "Vous aimez citer de grands républicains, vous vous inscrivez dans cette tradition … Une des figures qui vous sert de référence, c'est celle de Clemenceau. C'est un personnage controversé, y compris au sein de la gauche française. C'est sans doute pour cela que vous l'utilisez, car vous aimez la controverse, à condition qu'elle soit un facteur de débat, de contradiction et en même temps de synthèse. Car il faut aussi qu'il y ait des hommes de synthèse dans la République. C'est très important... Je connais bien son parcours, parcours très long, ce qui vous laisse grand espoir. (Clemenceau) n'est pas devenu président de la République, mais on peut aussi réussir son existence sans être président de la République… ». Là, il s’est foutu un peu de sa gueule et de celle de Laurent Fabius.

    Il a ensuite félicité le deuxième Premier ministre de son quinquennat pour avoir « fait en sorte que (le) programme (de 50 milliards d'euros d'économies) ne nuise pas à l'objectif de croissance et que le rythme de réduction des déficits publics n'entame pas le potentiel de notre économie ». Ainsi, ce n’est pas le résultat qui compte mais l’intention libérale.  Manuel Valls ne sera peut-être pas Président de la république de gauche mais il aura aidé François Hollande à vouloir tuer la Gauche et à faire du parti socialiste, un petit parti du centre droit, comme le mal nommé Parti radical de gauche. Il aura assuré l’intérim d’une politique de droite, alors que François Hollande a été élu pour mener une politique de gauche.

    L’aile gauche ou la cuisse droite ? Hollande (avec deux « l » au centre)  a choisi, plutôt que l’aile gauche, ceux qui croient être sortis de la cuisse de Jupiter. Pour lui,  au sein du Parti socialiste, l’aile gauche a le poids de la plume et, lorsqu’elle se déploie, elle se prend une volée de plombs libéraux. Aucun doute sur le fait qu’il commande les tirs. En 2015, il y aura les élections cantonales et en 2016 les élections régionales, à moins que le calendrier soit changé pour cause de réforme. Sous la présidence de François Hollande, avec l’aide active de Manuel Valls et des Solfériniens, le parti socialiste va y perdre encore des plumes électorales.  Chacun le sait, une seule plume peut faire pencher la balance d’un côté et, en 2017, notre Président pourrait s’en mordre les doigts de la main droite… et la cuisse droite. Il ne pourra sans doute plus compter sur les 4 millions de plumes du Front de gauche, comptabilisées au premier tour des présidentielles de 2012.

    Fucone

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  • nezrouge

    François Hollande va accélérer les reforme de sa Gauche molle. Il l’a dit fermement à Martine Aubry qui a demandé une « réorientation » d’une politique qui n’a pas porté ses fruits puisqu’elle n’a pas relancé la croissance, ni inversé la courbe du chômage, ni réduit le déficit budgétaire à 3%. Pour exemple, elle réclame plus de moyens financiers pour les collectivités locales plutôt que pour les entreprises privées. Malgré sa sortie de la réserve solférinienne, si elle apporte son soutien aux frondeurs, elle réfute toute ambition personnelle et assure qu’elle souhaite la réussite du quinquennat de François Hollande. Elle donne l’impression d’être venu faire un tour de piste dans le cirque politique.

    Lorsque nous disons cirque, nous ne pensons pas à la rue parisienne du même nom où le Chef de l’Etat allait rejoindre sa dulcinée en scooter, non pas comme un chevalier sur son destrier mais comme un mari volage, alors qu’il ne s’est jamais marié. Le spectacle que nous offrent les personnalités du monde politique est plus proche du cirque que du débat démocratique. On assiste à des numéros d’équilibristes sur des courbes économiques et sur le fil de l’actualité. Chaque camp a ses clowns qui portent sur le visage un nez rouge virtuel, celui du ridicule qui ne tue pas. L’acteur Sim avait confié : « Quand j’étais jeune, je voulais être ministre ou clown.  J’ai choisi la deuxième option car je suis un garçon sérieux ».  D’autres n’ont pas eu sa sagesse. Et puis il y a les dompteurs des fauves « sans dents et illettrés » que sont les chômeurs, sans oublier les Illusionnistes qui font passer les vessies pour des lanternes.

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    Ricor et Gauffre ont portraituré dans un album 29 ténors de notre vie politique et démontrent, texte et images à l'appui, qu'ils sont chez eux dans l'univers du cirque… On y trouve Piccolo l'illusionniste et sa bunny Carlita, Domino le ventriloque et sa marionnette Anita, Fifi l'équilibriste trapézoïdal, Francesco, l'écuyer volant, Nono Belle-Gueule, lanceur de couteaux, Ricky Persiffleur, le charmeur de serpents, Bébert de Paname, voltigeur et bien d'autres... A l’Elysée, les Monsieur Loyal se succèdent sans justifier leur nom de scène mais ils jouent les maîtres de la piste, chef d’orchestre des numéros, particulièrement des entrées de clowns au gouvernement.

    Sous les chapiteaux de la république, les « ventrepreneurs» de la Finance et les « ventripoteurs» de la politique jonglent avec les milliards d’euros et tirent sur des cibles sociales : allocations diverses, 35 heures, seuils sociaux, CDI…etc.  Le cirque médiatique propose des jeux électoraux. Tout est organisé pour faire retomber l’électeur en enfance politique avec toute la naïveté nécessaire à la propagande.

    Tout le monde connaît l’expression « descendre dans l’arène politique ». Nous sommes loin des gladiateurs romains. Dans les grandes arènes que sont l’Assemblée Nationale et le Sénat, il n’y a pas de vrais combats politiques mais quelques chamailleries entre membres de « familles politiques ». Point de grandes corridas et les taureaux à mettre à mort sont les syndicats, la gauche, l’extrême-gauche, le code du travail, la sécurité sociale…etc. Chacun vient planter sa banderille avant de trancher avec le glaive législatif dans le vif, dans l’humain.

    Le grand barnum électoral, c’est pour 2017 !  Le clou du spectacle sera, sans aucun doute, le numéro des contorsionnistes, les rois du grand écart politique, des pirouettes…Piccolo l’illusionniste et Francesco l’écuyer volant se sont déjà taillé chacun un nom dans ces acrobaties. Ils aiment faire leur cirque.  Ils pourraient nous faire un duo : le clown blanc et l’Auguste.  Nombre d’autres politiciens de leurs entourages méritent le nez rouge. Le spectacle sera sans grande surprise. Ils nous prennent pour des animaux  à dresser. Ils attendent de nous le bon geste devant l’urne électorale. Alors ne nous laissons plus dompter par des mots vides et de fausses promesses.  

    Le cirque politique ne nous fait pas rêver et, lorsqu’il nous fait rire, c’est par dérision. Nous arrêtons là notre billet de mauvaise humeur. Il y aurait tant à dire et le temps manque  pour cabotiner davantage. La France ne doit pas rester ce que dénonça Honoré de Balzac : « un pays qui adore changer de gouvernement à condition que ce soit toujours le même ». La politique, ce n’est pas le spectacle que l’on nous impose pendant que tout se joue en coulisse. Droppy[1] avait raison lorsqu’il a dit : « L'art de la politique, dire des choses et ne pas les faire ou faire des choses et ne pas les dire », nous ajouterons, dans le cirque de l’enrichissement personnel de quelques uns et de l’appauvrissement moral.  Au nom d’un pragmatisme sans idéologie, d’aucuns, de la droite au centre jusqu’au PS,  s’emploient à détourner les citoyens de toutes les valeurs défendues dans l’histoire de la Gauche et du syndicalisme, pendant que d’autres exploitent la crise pour insuffler la haine xénophobe dans les esprits. Le machiavélisme libéral veut faire admettre que toute politique de gauche est inefficace, voire suicidaire. L’engagement politique à gauche doit pousser plus que jamais à lutter contre les vents mauvais d’où qu’ils viennent, au nom des principes créateurs des droits de l’homme et de la république. C’est aussi s’opposer à la fois à la propagande libérale et à la dérive xénophobe. Comment peut-on abandonner les acquis sociaux obtenus par la lutte de nos Anciens au nom d’une crise du capitalisme ? Comment admettre qu’un pouvoir se disant « de gauche » impose des reculs sociaux importants et irréversibles ? Comment accepter un retour de la Droite et la montée orchestrée de l’extrême-droite ?  

    Le vrai débat politique, il doit se faire avec le peuple, sur le terrain. Il n’est pas l’apanage d’une élite politicienne et de la Finance.  La politique a besoin de retrouver sa noblesse qui implique de se mettre au service de l’humain et non pas du profit, de la réussite collective et non pas de l’enrichissement  de quelques uns. 

    Battone

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    [1] Droopy est un chien anthropomorphe de dessin animé créé par Tex Avery.

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