• Quésaco le grand marché transatlantique?

    Jean-Luc Mélenchon s’alarme et nous alerte : « C’est le commencement des négociations en vue de la constitution d’un marché unique transatlantique libéralisé. Des années d’alerte n’ont servi à rien. L’épais tapis de silence médiatico-politique a étouffé le bruit de botte des trusts yankees. Tout d’un coup, après des années de préparation discrète tout s’emballe. Sur une simple déclaration d’Obama approuvée par Merkel, après une visite aussi solennelle que formelle des androïdes Van Rompuy et Barroso, la machine s’est lancée. La commission européenne va se doter d’un mandat de négociation. La négociation commence en juillet. Hollande est aux abonnés absents. Quand à Ayrault… Qui ça ? Et les médias… Les quoi ? Je répartis mes explications en deux chapitres. L’un décrit sommairement l’enjeu du contenu du traité, l’autre analyse le contexte des forces politiques sur le sujet. J’invite fortement mes lecteurs à s’emparer de la question en commençant un apprentissage des faits. Mon post est destiné à y aider. Mais vous avez aussi le livre édité par nous qui vous est proposé dans la colonne de gauche de ce blog. En toute hypothèse cette affaire va surplomber toute notre activité politique pendant des mois et sans doute pendant des années. »


    Jean-Luc Mélenchon: "Le futur grand marché... par politistution

    Les Européens ne vont sans doute pas reprendre confiance en leurs représentants lorsqu’ils apprendront massivement ce que Jean-Luc Mélenchon avait déjà révélé au grand public sur BFM TV, à savoir l’existence d’un projet de "grand marché transatlantique dérégulé, sans droits de douane et sans barrières à la circulation des capitaux et des marchandises", voté (là est le comble) par le Parlement européen, "socialistes inclus", il y a quelques mois, dans la plus grande discrétion. "Nous sommes entraînés, à la date de 2015 dans une aventure où nous ne formerons plus qu’un ensemble économique et social avec les Etats-Unis, et personne n’en parle une seconde où que ce soit" répète-il.

    Le problème posé est le biais atlantiste et étasunien de cette construction européenne. Le Traité Constitutionnel Européen puis le traité de Lisbonne affirment que notre « défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN)  ». A quoi bon construire l’Europe, un ensemble qui pèse économiquement aussi lourd que les Etats-Unis, si c’est pour se mettre dans leurs mains pour les questions de défense ? Et dans la pratique, cet accord semble s’inscrire dans la droite lignée de cette vision atlantiste de l’Europe. Liior Chamla rappelait qu’en 2008, le parlement européen avait voté une résolution disant que « le partenariat transatlantique est une pierre angulaire de la politique extérieure de l’Union Européenne, ainsi que de sa politique économique globale  ». Et ici, la levée des barrières sera totalement hypocrite de la part de Washington puisque rien ne sera fait pour traiter le sujet monétaire alors que la première barrière commerciale est justement la sous-évaluation du dollar…Encore un sujet où le gouvernement semble tenir un double langage, entre un discours ferme pour les citoyens et les concessions faites par la Commission, comme le rapporte Magali Pernin. Assurément un sujet qu’il convient de suivre et qui expose tout ce qui va mal dans cette Europe.

    [Pidone]

    drapeau_etasunien

     

    Marché unique transatlantique? Quésaco? De quoi s’agit-il ?

    En réponse, voici notre contraction d’un long article d'un journaliste indépendant Bernard Martin, publié sur le site Agoravox : La marche forcée vers un grand marché transatlantique unifié.

    Il s’agit de la création d’une union économico-politique réunissant dans un seul bloc les Etats-Unis et l’Union Européenne. Ce projet n’a reçu aucun écho de la part des principaux médias des pays concernés.

    L’objectif affiché était donc ni plus ni moins que l’analyse des différentes modalités d’actions politiques et juridiques disponibles en vue de l’expansion du commerce transatlantique et de la création d’un grand marché unifié entre les deux rives de l’Atlantique nord. Le 12 février dernier, Barack Obama, dans son discours sur l’état de l’union donné devant les membres du Congrès, a donné son feu vert au début des négociations portant sur la mise en place de cette future union économique.  

    Le projet ne date pas d’hier, et est l’aboutissement récent d’une longue maturation d’idées et de palabres s’étant tenus pour la plupart en secret, dans les coulisses du pouvoir, à Washington et à Bruxelles. Il remonte au début des années 1990. Il est apparu à la chute du rideau de fer, dans la Déclaration Transatlantique, signée l’année suivante. Il était question d’encourager la mondialisation du commerce.

    En 1995, un Nouvel Agenda Transatlantique adopté par Bruxelles et Washington. mentionnait explicitement la création d’un nouveau marché transatlantique. Y était souligné également la nécessité d’un rapprochement de l’UE et des USA sur un nombre varié de sujets allant de la promotion de la paix dans le monde à l’établissement de relations économiques plus étroites. Le Transatlantic Business Dialogue (TABD),plus grand lobby de multinationales au niveau transatlantique a été créé.. Ce Nouvel Agenda stipulait aussi le besoin de créer des ponts (sociaux, culturels et scientifiques) à travers l’atlantique.

    En mai 1998, lors du sommet EU-US à Londres, un Partenariat Economique Transatlantiquea été signé. Cette charte prévoit la mise en place d’un marché commun des produits agricoles, la suppression des tarifs douaniers, l’égalisation juridique en ce qui concerne la propriété intellectuelle, l’investissement et le commerce électronique ; la  libéralisation des échanges et de l’investissement … etc. Elle constituait une accélération du processus d’intégration économique des deux continents.

    Le 30 avril 2007, le Conseil Economique Transatlantique (CET), est créé et dirigé conjointement par un commissaire européen, actuellement Karel de Gucht (également commissaire européen du commerce), et un américain, Michael Froman. C’est l’œuvre de George W. Bush, alors Président des Etats-Unis, Angela Merkel, alors présidente du Conseil Européen, et J. M. Barroso, président de la Commission Européenne. Le CET se réunit une fois par an pour définir un cadre concret d’application du partenariat transatlantique, en harmonisant les politiques de régulation afin d’être plus compétitif face aux économies émergentes, notamment la Chine. Le rôle du CET est aussi de produire des recommandations et de restreindre les potentielles envies de protectionnisme des différents acteurs politiques. Il s’agit de fondre dans un bloc politique et culturel unifié les continents européens et nord-américains, « un processus d’absorption de l’Union européenne dans l’espace économique états-unien», selon le sociologue Jean-Claude Paye. C’est la continuation du processus d’américanisation de l’Europe. C’est l’aboutissement du lobbying des think tanks et autres institutions transatlantiques.

    En définitive, il semble que la construction transatlantique se fasse à peu de chose près sur le même modèle que celle de l’Union Européenne depuis les années 1950. Tout commence par une union économique (création d’une communauté du charbon et de l’acier pour l’Europe en 1952), conduisant à une intégration économique et politique progressive (Traité de Rome en 1957) débouchant à terme sur une union monétaire (le passage à l’euro en 1999).

    Il est difficile de prévoir actuellement quel sera le résultat des débats récents sur le sujet, mais il n’est pas utopique de penser, au vu des moyens mis en œuvre, qu’ils finiront par aboutir à un accord concret. Cela pose de graves questions aux populations européennes, notamment en termes d’implications sociales, environnementales et culturelles. Mais, au vu de l’opacité entourant les discussions politiques, cela interroge aussi sur l’avenir de nos démocraties occidentales. Autant de sujets sur lesquels il est impératif de faire toute la lumière. Ce sera l’enjeu principal de ces prochaines années pour tous ceux qui s’y intéressent, journalistes et spécialistes confondus. Il en va de l’avenir de l’Europe et du monde.

    Pour lire tout l’article qui montre comment des décisions, qui ont des répercutions sur chacun de nous, sont prises en dehors de nous qu’on veut endormir avec des grands discours de croissance et de compétitivité… cliquer ICI

    Martin BERNARD, auteur de l’article, se présente sur son site: 

    Actuellement étudiant en sociologie et sciences de l’information et de la communication à Neuchâtel, je suis aussi journaliste indépendant à mes heures perdues. Militant pour un journalisme d’enquête à haute plus-value informationnelle, j'ai notamment collaboré durant plus d’une année avec l’hebdomadaire régional vaudois Le Courier d’Oron-la-ville, et est depuis octobre 2012 modérateur sur le média citoyen français Agoravox. Mes sujets de prédilection sont l’économie sociale et solidaire, et les relations internationales, notamment européennes, avec un intérêt tout particulier porté aux relations transatlantiques entre l’Union Européenne et les Etats-Unis. Récemment, je me suis également penché d’un peu plus près sur la mouvance transhumaniste, qui connait aux USA, sous l’égide financière de certaines grandes firmes internationales telles que Google, un essor vertigineux.

    Son site : Nouvelles Alternatives.

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